Assurance Vie et Fonds en Euros – Comment gérer son argent en 2017?

Si en 2017 l’assurance-vie devrait continuer à rester le placement préféré des Français, au regard notamment de la fiscalité qui y est attachée, ce contrat amorce depuis ces dernières années un certain déclin. En effet, la baisse des taux a eu un impact considérable sur la performance des Fonds en Euros, support recherché par tout investisseur qui souhaite aujourd’hui protéger son épargne. Et la loi dite Sapin 2 adoptée fin 2016 a mis un nouveau coup à ce placement en autorisant un possible gèle des rachats en cas de crise obligataire. Si désormais la baisse des rendements garantis est écrite, il reste encore à l’investisseur des supports d’investissements qui lui permettront d’optimiser son épargne tout en limitant son risque.

Le Fonds Sécurité Pierre Euro du contrat Sérénipierre est l’un d’entre eux. Assuré par Suravenir, la filiale du Crédit Mutuel Arkéa, et commercialisé par Primonial, celui-ci affiche une performance nette de 3.60%  cette année. Il s’assure avec ce rendement une nouvelle fois la tête du classement des Fonds en Euros.

Le Fonds Sécurité Pierre Euro conseillé par notre cabinet depuis son lancement accuse tout de même cette année une baisse de 0,40 point par rapport à 2015. Mais d’après Bernard Le Bras, président du directoire Suravenir, « Le rendement brut 2016 est égal à celui de 2015. Le taux servi aux clients sur ce contrat subit cette année une baisse volontaire, qui correspond à de la mise en réserve »…  « Nous avons fortement augmenté la PPE (provision pour participation excédentaire). Une réserve qui a été portée à 1,1% des provisions mathématiques à fin 2016.». Il semble s’agir là d’une conséquence directe de la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique (dite “Sapin 2”) qui a été adoptée par le sénat le 16 novembre dernier. En effet, l’article 21 bis vient désormais encadrer la rémunération des fonds en euros en permettant au HCSF la possibilité de « moduler les règles de constitution et de reprise de la provision pour participation aux bénéfices », et ce dans l’objectif de limiter les risques en cas de remontée des taux et de crise obligataire. Au regard des rendements affichés cette année par de nombreux assureurs, il semblerait que cette règle ait été anticipée par le marché.

 La performance élevée de ce Fonds en Euros s’explique par la composition du fonds investi à 79,7 % (au 31 décembre 2016) en immobilier tertiaire (bureaux et commerces). « L’immobilier est encore un moteur fort de performance », selon Laurent Fléchet, Directeur général délégué de Primonial. En outre, le Fonds en Euros ne comporte pas d’investissement OAT. Pour dégager cette performance, Primonial poursuit sa stratégie d’investissements initiée en 2012 en bureaux dans des immeubles neufs ou récents, avec de nouvelles normes environnementales, dans des villes à fort potentiel ; dans des commerces de proximité et des actifs dédiés à la santé et l’éducation. Pour préserver cette performance sur le long terme, Primonial entend par ailleurs poursuivre “une stratégie misant sur des classes d’actifs alternatives”, dont l’immobilier de la santé (où les rendements avoisinent les 6 %) et les commerces. Depuis 2015, le groupe diversifie également les investissements vers l’international, principalement en Allemagne en Italie et en Belgique notamment à Bruxelles en investissant dans un centre commercial, ce type d’investissement possédant un rendement bien supérieur aux rendements que l’on pourrait trouver sur des investissements similaires dans l’hexagone.

A noter toutefois que pour souscrire au Fonds en Euros Sécurité Pierre Euro, chaque versement doit comporter au minimum 50% de supports en unités de compte et que la part investie sur ce Fonds en Euros en particulier ne doit pas excéder 35%, les 15% restants pouvant être investis sur l’un des deux autres Fonds en Euros proposés par Primonial . En 2016, le contrat Sérénipierre a enregistré une collecte de 700 M€ portant l’encours du Fonds en Euros à 1,8 Md€ sur les 2,5 Md€ d’encours du contrat. Cette limitation est justifiée selon Bernard Le Bras pour “protéger les rendements” mais aussi “maîtriser la collecte”.

En 2017, seulement quelques Fonds en Euros passent encore la barre des 3% mais avec des versements sous contrainte. Un versement sur des contrats en unités de comptes de l’ordre de la moitié du montant total investi est exigé. C’est donc bien aujourd’hui la fin du placement garanti à 100 % sur la totalité de votre portefeuille. La plus grande partie des compagnies proposent aujourd’hui des contrats avec des taux situés entre 2% et 2,5%, les Fonds en Euros plus grand public allant même jusqu’à servir des taux situés sous la barre des 1%.

Le choix de votre contrat d’assurance-vie ainsi que les différents arbitrages réalisés sur vos contrats en unités de compte se révéleront donc déterminants en 2017 pour faire fructifier au mieux votre épargne tout en conservant un niveau de risque modéré. En effet celle-ci ne pourra plus être investie totalement en Fonds en Euros si vous souhaitez obtenir, in fine, un rendement de votre portefeuille supérieur à 1%. Après la baisse du taux effectif du livret A le 1er août 2015 qui porte aujourd’hui le taux à 0.75 %, les opportunités en termes de placement garantis attractifs se font rares.

En cette période de taux bas, il semble donc opportun de revoir les contrats d’assurance-vie auxquels vous avez déjà souscrit et d’analyser quatre points essentiels.

Votre contrat vous offre-t-il toujours un rendement intéressant au vue de ce que proposent les meilleurs acteurs du marché actuellement ? Votre contrat en unités de compte est-il bien géré ? Votre contrat possède-t-il des plus-values latentes très importantes ? Et enfin, quelle antériorité a votre contrat ?

La fiscalité ne doit plus être un point bloquant si vous envisagez de sortir de votre ancien contrat d’assurance-vie qui affiche aujourd’hui des performances décevantes. En effet, cette fiscalité peut très vite être gommée par l’excès de performance apporté par votre nouveau contrat et ce d’autant plus si votre contrat possède de modestes plus-values latentes ou s’il possède une certaine antériorité.

Télécharger (PDF, 371KB)