Pasqal : la licorne française qui révolutionne l’informatique quantique
L’excellence de la recherche française en informatique quantique continue de s’affirmer. Aux côtés d’Alice & Bob, C12 ou Quobly, Pasqal s’impose comme l’un des fers de lance d’une nouvelle génération de start-up hexagonales. Basée à Palaiseau, la société vient de boucler une levée de fonds exceptionnelle de 340 millions d’euros.

Un acteur majeur du quantique français
Fondée en 2019 au sein de l’Institut d’Optique par Georges-Olivier Reymond, Christophe Jurczak, Alain Aspect (prix Nobel de physique 2022), Antoine Browaeys et Thierry Lahaye, Pasqal compte aujourd’hui plus de 275 collaborateurs.
L’entreprise développe des ordinateurs quantiques basés sur la technologie des atomes neutres. Ces atomes sont refroidis à des températures proches du zéro absolu pour limiter leurs mouvements. Puis ils sont piégés par des faisceaux laser jouant le rôle de “pinces optiques”. Exploitant les propriétés quantiques des atomes, Pasqal est capable de manipuler des qubits — l’unité de base de l’informatique quantique — pour effectuer des calculs extrêmement complexes.
Les atomes neutres présentent des avantages significatifs. Ils sont identiques par nature, abondants, et leur fonctionnement peut se faire à température ambiante. Ce qui présente l’avantage de limiter les besoins énergétiques. Cette technologie ouvre, en pratique, la voie à une transformation radicale de l’informatique, promettant des puissances de calcul supérieures à celles des ordinateurs classiques.
Les applications potentielles sont vastes : optimisation logistique, conception de nouveaux matériaux, chimie, énergie, recherche pharmaceutique et découverte de médicaments, intelligence artificielle ou encore finance.
Une concurrence internationale féroce
Malgré son positionnement innovant, Pasqal doit affronter une concurrence mondiale intense. La Chine investit massivement dans les communications et l’informatique quantique. Tandis que de nombreuses start-up nord-américaines telles que IonQ, D-Wave ou Rigetti sont déjà cotées au Nasdaq.
IQM, en Finlande, prépare une introduction en bourse via un SPAC, avec une valorisation proche de 1,8 milliard de dollars. Les géants technologiques — Alphabet, Amazon, IBM, Microsoft — maintiennent également des divisions consacrées au quantique.
En France, si la recherche académique est de haute qualité et le tissu économique favorable aux start-up, le passage à l’échelle industrielle reste complexe. Les synergies entre technologies quantiques émergentes et industries existantes sont difficiles à établir. Le financement, en particulier, demeure un défi face à l’ampleur des besoins, surtout comparé aux États-Unis ou à la Chine.
Pasqal, première licorne française dans le domaine du quantique
Pour financer son développement, Pasqal a donc réalisé une levée de fonds internationale de 340 millions d’euros. Celle-ci est toutefois structurée en deux volets. Une levée classique de 170 millions, puis un financement via un SPAC (Special Purpose Acquisition Company) en vue d’une double introduction en bourse.
La première tranche a mobilisé des investisseurs internationaux tels que le fonds américain Parkway Ventures, le taïwanais Quanta Computer, le coréen LG Electronics et le transporteur français CMA CGM, ainsi que des actionnaires historiques comme Temasek, EIC Fund, Saudi Aramco Entrepreneurship Ventures, Daphni et ISAI. Bpifrance conservant un rôle stratégique au sein du capital.
Le second volet prépare une introduction en bourse à New York (Nasdaq), avant de s’introduire à Paris (Euronext). Une opération qui valorise la société à environ 2 milliards de dollars. Pour le Spac, le véhicule est déjà identifié : Bleichroeder Acquisition Corp. II, avec la participation de fonds comme Inflection Point et Large Ventures de Bpifrance.
Michel Combes, un sponsor stratégique
Pour accélérer ce projet, Pasqal s’appuie sur Michel Combes. L’ancien PDG de SFR et directeur général d’Altice jouant le rôle de sponsor financier. L’avantage du SPAC ? Une exécution plus rapide qu’une introduction classique, avec une valorisation négociée à l’avance, évitant la volatilité immédiate des marchés. L’opération reste toutefois soumise aux autorisations réglementaires, avec un bouclage attendu dans la seconde moitié de 2026.
« Nous devenons une licorne quantique française », se réjouit Loïc Henriet, directeur général. « Ce choix nous donne un accès rapide à des capitaux du monde entier, tout en affirmant notre ancrage français et européen. »
Des ambitions claires pour l’avenir
Les fonds levés serviront à renforcer la R&D et les capacités industrielles de Pasqal. L’entreprise prévoit de doubler sa production en deux ans, d’augmenter ses effectifs de 20 % et de développer un ordinateur quantique avancé tolérant aux fautes d’ici la fin de la décennie.
Un système tolérant aux fautes est, en effet, capable de détecter et corriger ses erreurs tout en poursuivant des calculs complexes. Un atout indispensable pour l’industrialisation des technologies quantiques.
L’industrie du calcul quantique nécessite des investissements massifs, souvent supérieurs à ce que le marché européen du capital-risque peut absorber. Le choix d’un SPAC, bien que risqué, permet à Pasqal de gagner un temps précieux face à une concurrence internationale accrue.
Souhaitons désormais que Pasqal réussi son pari et propulse la France dans une nouvelle dimension quantique !
encore plus
d’articles.




