Le marché de la voiture de collection se porte très bien

Le marché de la voiture de collection se porte très bien

Cabinet Scala

PAR Cabinet Scala / 11 Fév. 2015

Le marché de la voiture de collection se porte très bien

Les chiffres laissent souvent rêveurs. La vente aux enchères Artcurial, organisée le 6 février dernier en marge du Salon Rétromobile 2015, nous en offre une nouvelle illustration. 16,3 millions d’euros c’est, en effet, le montant déboursé par un collectionneur international pour devenir l’heureux propriétaire d’une Ferrari 250 GT SWB California Spider de 1961. Dans le même ordre d’idée, une Maserati A6G 2000 Gran Sport Berlinetta Frua de 1956 s’est adjugée à 2 millions d’euros au profit d’un collectionneur américain.

A chiffres exceptionnels, histoire exceptionnelle ! Ces deux véhicules de collection, véritables stars de la vente de vendredi dernier, constituaient une partie de la collection Baillon.  

imageAprès, la seconde guerre mondiale, Roger Baillon, fou de mécanique revient dans sa région natale du Poitou-Charente. Il décide d’acquérir différents camions de l’armée américaine pour les aménager en véhicules utilitaires. Il inventera par la suite un camion citerne permettant le transport de matières à risque. Les usines de Melle, fabricants de produits chimiques situés dans la région niortaise, ont souvent recours au nouveau type de transport proposé par M. Baillon. Les relations commerciales commencent à se développer jusqu’à ce que les Transports Baillon soient en situation de dépendance économique vis à vis du fabricant. Les liens entre les deux sociétés se dégradent au début des années 1970, le fabricant reprochant au transporteur la vétusté de ses engins qui diminue la sécurité des marchandises durant les trajets. En 1978, la rupture définitive des relations commerciales pousse les Transports Baillon à la faillite.

Roger Baillon, passionné d’automobile, carrossier et inventeur fantasque avait entrepris, dès 1950, en compagnie de son fils Jacques, de se constituer une collection de véhicules anciens pour ouvrir un musée de l’automobile. M. Baillon qui préférait se séparer de ses biens immobiliers, voit néanmoins une partie de ses véhicules saisis pour désintéresser les créanciers et l’administration fiscale. Une soixantaine de véhicules est donc définitivement vendue dès 1979, pour un montant de 1,285 millions de Francs. Puis en 1985, trente voitures sont vendues pour un montant cette fois de 2,557 millions de Francs. Les journaux locaux attendent avec impatience la vente du troisième lot. Mais le temps passe et atténue les souvenirs de chacun. Finalement, seuls les héritiers finissent par se rappeler de la présence des voitures de collections sous des abris de fortune. Ce n’est qu’avec le décès de Jacques, fils de Roger, dans le courant de l’année 2013 que les héritiers se tourneront vers Artcurial pour la vente de la collection.

Les deux véhicules phares de la désormais dénommée « Collection Baillon », étaient estimés entre 9,5 et 12 millions d’euros pour la Ferrari 250 GT California et entre  800 000 et 1,2 millions d’euros pour la Maserati A6G Gran Sport. Finalement, les montants versés par les acquéreurs de ces deux lots, constituent des nouveaux records mondiaux aux enchères pour chacun des deux modèles. L’événement d’Artcurial aura été l’occasion de battre, en tout, dix records mondiaux. L’ensemble des lots de la « Collection Baillon » ont été vendus pour un total de 25,15 millions d’euros, la vente dans sa globalité ayant réuni 46 millions d’euros. Avec une augmentation moyenne des prix de 395% en seulement 10 ans, cet événement nous apporte une nouvelle fois la preuve que le marché de la voiture de collection se porte très bien