Les meilleurs placements pour 2026
« La chose la plus importante que l’on puisse faire est de diversifier son portefeuille. La diversification est la clé. » Cette maxime de Paul Tudor Jones, figure emblématique de la gestion d’actifs américaine, n’a jamais été aussi pertinente. L’année 2025 en a offert une démonstration éclatante : les sources de performance ont été multiples, confirmant une nouvelle fois l’importance d’une allocation diversifiée.
Placements : le bilan de l’année 2025
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Les marchés actions, moteurs de performance
Les marchés actions ont signé une année remarquable.
En Europe, l’Euro Stoxx 50 s’est envolé de 19,4 %, porté par le rebond des valeurs bancaires et la dynamique du secteur de la défense.
Outre-Atlantique, le S&P 500 a progressé de 17,3 % en devise locale, soutenu par la résilience et la domination des grandes capitalisations technologiques.
En Asie, les actions chinoises ont gagné 15 % en euros, là encore grâce à la technologie, tandis que le marché japonais s’est distingué par une hausse supérieure à 10 % en euros.
Les marchés obligataires n’ont pas été en reste.
L’indice obligataire européen, intégrant les dettes souveraines et d’entreprises, affiche une performance de +4,69 % en 2025.
Dans le détail, l’indice Euro Government progresse modestement de 0,63 %, tandis que l’Euro Corporate avance de 3,03 %. L’Euro High Yield, plus dynamique, s’adjuge 5,15 %.
Du côté des matières premières, l’or a littéralement crevé l’écran. En l’espace de douze mois, le prix de l’once est passé de 2 600 dollars à plus de 4 500 dollars, soit une envolée spectaculaire de près de 70 %.
À l’inverse, les cryptomonnaies ont connu une année difficile : le bitcoin a reculé de 9 % en 2025, rappelant la forte volatilité inhérente à cette classe d’actifs.
Du côté du marché immobilier, les prix au mètre carré, ont augmenté de 1,6% en France. Une bonne nouvelle après les baisses de 2,1% en 2024 et de 3,9% en 2023. Les prix à Paris sont aussi bien orientés (+2,3 % sur un an), alors qu’en 2024 ceux-ci avait reculé de près de 7 %.
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2026 : bis repetita ?
La question est désormais sur toutes les lèvres. Peut-on espérer une année de même acabit en 2026 pour vos placements ?
Les grandes tendances de fond identifiées l’an dernier demeurent intactes. L’essor de l’intelligence artificielle, les enjeux de souveraineté, l’électrification des économies et le rôle stratégique du secteur de la santé continuent de structurer les perspectives de long terme.
Pour autant, des risques à court et moyen terme persistent et pourraient raviver la volatilité : tensions géopolitiques, conflits commerciaux, incertitudes autour du niveau des taux d’intérêt.
Dans ce contexte, une conviction s’impose. À condition de s’inscrire dans une vision de long terme et au sein d’une gestion patrimoniale rigoureusement diversifiée, les marchés financiers — actions et obligations —, le private equity, la dette privée et l’immobilier restent des placements pertinents pour bâtir et consolider un patrimoine équilibré.
Plus que jamais, la diversification n’est pas une option : c’est un pilier incontournable de toute stratégie.
1. L’immobilier résidentiel parisien
Après une phase de correction prolongée, le marché immobilier français semble enfin sortir de l’ornière. Si cette reprise demeure progressive et encore fragile à l’échelle nationale, elle se manifeste avec davantage de netteté dans les grandes métropoles, et tout particulièrement à Paris. La capitale conserve en effet des caractéristiques structurelles singulières, portées par une tension locative persistante et une attractivité patrimoniale intacte.
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Le contexte
Les derniers chiffres publiés par la Chambre des notaires confirment ce frémissement. Sur 12 mois glissants, le volume de transactions dans l’ancien atteint désormais 945 000 logements, en progression de 12 % sur un an. Un rebond significatif, mais encore insuffisant pour renouer avec une dynamique pleinement fluide. À titre de comparaison, les échanges demeurent inférieurs d’environ 25 % au sommet observé à l’été 2021. Les professionnels du secteur estiment qu’un seuil d’1 million de transactions annuelles constituerait le socle d’une normalisation durable du marché.
– Des prix qui repartent à la hausse
Après plusieurs trimestres de repli, les prix marquent également une inflexion. À l’échelle de la France métropolitaine, les logements anciens enregistrent une hausse modérée de 0,7 % sur un an. Paris se distingue une nouvelle fois : les prix des appartements y progressent de 1,9 % sur la période, portant le prix moyen au-delà de 9 600 euros le mètre carré.
Cette reprise s’explique en grande partie par l’assouplissement progressif des conditions de financement. La baisse des taux directeurs engagée par la Banque centrale européenne depuis deux ans a permis un certain desserrement du crédit. En novembre, le taux moyen des nouveaux prêts immobiliers s’établissait à 3,10 %, hors renégociations.
Toutefois, la dynamique reste contrainte. La BCE a récemment annoncé une pause dans son cycle de détente monétaire, tandis que le maintien du rendement de l’OAT à 10 ans autour de 3,50 % limite la capacité des banques à proposer des conditions sensiblement plus attractives. Dans ce contexte, une baisse significative des taux à court ou moyen terme apparaît peu probable.
– Des tensions locatives persistantes
Si le marché de la transaction esquisse une reprise, le segment locatif demeure le principal point de fragilité. Depuis 2021, l’offre de logements à louer a été divisée par deux au niveau national. L’année 2025 a prolongé cette contraction, avec un recul supplémentaire estimé à 10 %. À Paris, le constat est encore plus sévère : le stock de biens disponibles reste inférieur de 30 à 40 % à son niveau d’avant la crise sanitaire.
La réforme de la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE), susceptible de reclasser près de 700 000 logements auparavant considérés comme des passoires thermiques, pourrait apporter un léger desserrement. Mais les tensions demeurent particulièrement vives dans les zones les plus attractives, au premier rang desquelles la capitale.
À ces déséquilibres structurels s’ajoutent des incertitudes persistantes : contexte macroéconomique encore fragile, prudence des banques centrales et environnement géopolitique instable continuent de peser sur les anticipations.
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Nos convictions pour vos placements
L’immobilier demeure l’un des placements incontournables sur le long terme. Plusieurs facteurs soutiennent une lecture constructive du marché. La réouverture graduelle de l’accès au crédit, l’ajustement des prix observé depuis 2 ans et la volonté affirmée des établissements bancaires de relancer la production de crédit constituent autant de leviers favorables.
Si l’investissement locatif a été fragilisé par un cadre réglementaire et fiscal mouvant, l’instauration d’un nouveau statut de bailleur privé dans la loi de finances pour 2026, bien que perfectible, pourrait contribuer à restaurer une partie de l’attractivité du secteur.
– Paris, la valeur sûre
Dans ce contexte, les zones caractérisées par une forte tension locative restent à privilégier. L’immobilier résidentiel parisien conserve, à ce titre, des fondamentaux solides.
« Le marché immobilier entre dans une phase de recomposition, où la sélectivité devient primordiale », analyse Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine. « Paris reste un marché à part, porté par une rareté structurelle de l’offre et une demande locative soutenue, ce qui en fait un socle pertinent pour une stratégie patrimoniale de long terme. »
Les biens de qualité continuent ainsi de trouver preneur rapidement. Les contraintes énergétiques, souvent perçues comme un frein, créent également des opportunités d’acquisition sur des actifs anciens décotés, à condition d’intégrer une stratégie de rénovation maîtrisée. Dans ce cadre, les investisseurs disposent aujourd’hui de marges de négociation plus favorables face aux vendeurs.
Le marché parisien n’en demeure pas moins profondément hétérogène. Chaque arrondissement, chaque micro-quartier obéit à des dynamiques propres, rendant indispensable une connaissance fine du terrain.
– Une forte demande pour les petites surfaces
Les petites surfaces concentrent l’essentiel de la tension locative. Les logements meublés représentent désormais près de 58 % des locations, reflet d’une demande croissante de flexibilité, notamment de la part des cadres dirigeants et des chefs d’entreprise en mobilité.
« Pour les investisseurs patrimoniaux, l’immobilier conserve toute sa pertinence comme outil de diversification et de valorisation du patrimoine familial », souligne Guillaume Lucchini. « Il combine protection contre l’inflation, visibilité sur les flux de revenus et potentiel de revalorisation dans le temps, à condition d’adopter une approche disciplinée et résolument tournée vers le long terme. »
2. Les marchés actions
En dépit d’une année 2025 marquée par de nombreux soubresauts — droits de douane américains en hausse, tensions géopolitiques accrues (Venezuela, Iran, Taïwan…) — les marchés actions ont défié les pronostics.
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Le contexte
Les tensions géopolitiques restent un thème dominant pour vos placements en actions. Aux États-Unis, les discussions autour des zones stratégiques, comme le Groenland, renforcent un sentiment d’instabilité. En Asie, les relations sino-japonaises, notamment autour de Taïwan, demeurent un point de vigilance.
Malgré cela, Romane Azzopardi observe que « les marchés semblent s’être acclimatés à l’incertitude structurelle ; les risques géopolitiques ne sont plus autant intégrés dans les cours qu’auparavant tant que l’on n’anticipe pas une rupture durable des chaînes de valeur, comme ce fut par exemple le cas lors de la crise du Covid ». »
Les prix du pétrole, la disponibilité des matériaux critiques et les politiques monétaires restent des variables essentielles. Dans ce cadre, la croissance des bénéfices des entreprises américaines, avec des perspectives de +15 % pour le S&P 500, soutient l’appétit pour le risque, même si « ce rythme pourrait être mis à l’épreuve si les anticipations ne sont pas confirmées par les publications trimestrielles », nuance Azzopardi.
Dans ce contexte, les investisseurs chercheront encore à diversifier leurs placements afin de limiter le risque d’un retournement de marché après trois années de performances à deux chiffres.
Enfin, les métaux précieux continuent d’attirer les investisseurs et les banques centrales désireuses de briser leur dépendance au dollar. Leur récente flambée — largement alimentée par la recherche de sécurité — interroge certains acteurs, mais cette hausse s’inscrit aussi dans une demande réelle de diversification face aux risques globaux.
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Nos convictions pour vos placements
Sur les marchés actions, la diversification géographique et sectorielle est, la aussi, importante. Les grands indices boursiers restent fortement concentrés autour des grandes valeurs technologiques américaines, ce que certains qualifient déjà de signal d’alerte.
– Un retour des marchés européens
« La concentration sur quelques mastodontes technologiques amplifie le risque de correction si les perspectives bénéficiaires ne se matérialisent pas comme prévu », prévient Romane Azzopardi.
Dans ce contexte, l’Europe — notamment au travers de secteurs comme la défense et la finance — pourrait fournir des relais de performance intéressants pour vos placements, même si certaines valorisations sont déjà élevées. Cela dit, l’Europe continue de pâtir de déséquilibres structurels par rapport aux États-Unis, avec une croissance moins soutenue et des moteurs économiques plus timides.
Les marchés américains conservent donc leur attractivité, portés par une économie robuste et une dynamique de consommation toujours solide.
– Une préférence pour les secteurs défensifs
Les marchés financiers sanctionnent désormais plus sévèrement les déceptions. La correction observée chez certains titres technologiques — à l’image de Microsoft quand ses perspectives Cloud ont déçu — illustre cette réalité.
Les secteurs défensifs — santé, matériaux, infrastructures de transition énergétique — offrent un potentiel de relais pour les investisseurs à long terme. Ils combinent un profil de croissance plus régulier à une meilleure résistance aux cycles économiques.
Sur le plan géographique, l’Asie revient sur le devant de la scène. La Chine, malgré des défis structurels (confiance des ménages limitée, fragilités du secteur immobilier), se repositionne comme une zone d’opportunités. Le Japon, soutenu par un plan de relance budgétaire ambitieux, bénéficie également d’un regain d’intérêt, même si les valorisations restent sensibles.
Pour Romane Azzopardi, « dans cet environnement complexe, l’analyse fine et l’adaptation constante restent les meilleurs atouts pour préserver et valoriser vos placements. »
3. Marchés obligataires
Une déconnexion nette des trajectoires de taux longs entre les États-Unis, l’Europe et le Japon s’est concrétisée en 2025. Une rupture de tendance qui rebat les cartes de l’allocation obligataire et redéfinit les opportunités pour les investisseurs.
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Le contexte
En Europe, le mouvement est clair : la courbe des taux s’est fortement repentifiée. Les rendements longs ont progressé de 40 à 50 points de base, portés par l’augmentation des besoins de financement, notamment pour soutenir des secteurs jugés stratégiques.
« La repentification massive de la courbe des taux reflète l’ampleur des programmes d’investissement européens », souligne Romane Azzopardi.
À l’inverse, les États-Unis suivent une trajectoire opposée. Les taux longs américains ont reculé d’environ 40 points de base, conséquence directe de la stratégie d’émission de dette adoptée par le Trésor américain, privilégiant les maturités courtes et intermédiaires.
– Le regard tourné vers les banques centrales ?
Le début de l’année 2026 a toutefois ravivé la volatilité. Sur le mois écoulé, les rendements obligataires américains ont progressé de 7 points de base, sous l’effet combiné des inquiétudes budgétaires et des interrogations croissantes sur le statut de valeur refuge des actifs américains.
Les prises de position répétées de l’administration Trump contre le multilatéralisme alimentent en effet les craintes d’une érosion progressive du rôle du dollar dans le système financier international.
L’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, en remplacement de Jerome Powell, marque également un changement de ton. Proche de Donald Trump, le nouveau président de la Fed incarne une approche plus politique de la banque centrale.
– Le besoin de financement des états
La montée des déficits publics demeure un élément central du paysage obligataire. L’alourdissement de la charge d’intérêts accroît les besoins de financement des États, les contraignant à recourir à des émissions obligataires de grande ampleur pour se refinancer.
Ce cercle budgétaire exerce une pression structurelle sur les taux longs.
En résumé, « les maturités courtes ont principalement réagi aux anticipations de baisses de taux de la BCE et de la Fed, tandis que les segments longs sont restés sensibles aux débats sur les dépenses publiques et aux interrogations ponctuelles sur l’indépendance de la Fed », explique Romane Azzopardi. Un environnement qui favorise la pentification des courbes, aussi bien en zone euro qu’aux États-Unis.
Malgré ces incertitudes économiques et monétaires, l’appétit des investisseurs pour les obligations reste intact. Le marché primaire s’est montré particulièrement dynamique ces derniers mois, avec des émissions largement absorbées grâce à une demande soutenue. Un signal clair de la résilience de la classe d’actifs.
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Nos convictions pour vos placements
Nous conservons une vision positive sur les marchés obligataires, portée par un cadre globalement favorable.
– Un positionnement axé sur les maturités courtes
La pentification des courbes de taux nous conduit à privilégier les maturités courtes, qui devraient bénéficier directement des futures baisses de taux.
« Cette conviction est renforcée par les incertitudes liées au financement des déficits publics, susceptibles de limiter la détente des taux longs et de les maintenir à des niveaux élevés », précise la responsable de la gestion financière de Scala Patrimoine.
En l’absence de récession, avec une inflation maîtrisée et des politiques monétaires accommodantes, les obligations d’émetteurs privés offrent des perspectives attractives.
Les fondamentaux des entreprises demeurent robustes et la quête de rendement continue de soutenir la demande. Au-delà de la diversification, ces titres permettent de capter un surcroît de rendement par rapport aux obligations souveraines.
Les risques géopolitiques resteront néanmoins un facteur de volatilité, tant sur les marchés obligataires que sur les marchés actions, compte tenu de la multiplicité des foyers de tension (Groenland, Taïwan, Ukraine).
– Un biais européen affirmé
« Nous sommes notamment positionnés sur les obligations libellées en euro », souligne Romane Azzopardi. Ces instruments répondent à des stratégies combinant distribution régulière de coupons et protection contre une poursuite de la baisse du dollar.
La récente hausse des taux longs européens a créé un point d’entrée attractif pour vos placements sur le crédit investment grade européen, notamment sur les maturités intermédiaires. Ce contexte renforce l’attrait des stratégies de portage, dont la performance repose principalement sur le rendement courant.
Sur le segment du haut rendement, le refinancement massif opéré en 2025 a repoussé le mur de refinancement à 2028, réduisant les risques à court terme.
Si le taux de défaut reste historiquement bas, la dispersion des situations impose une sélection rigoureuse des émetteurs. D’autant que la performance du high yield demeure plus sensible à un élargissement des spreads que celle du crédit investment grade, dans un contexte de primes de risque déjà comprimées.
Enfin, « les obligations investment grade émises par les établissements financiers européens, qu’elles soient seniors ou subordonnées, présentent des opportunités particulièrement intéressantes », estime Romane Azzopardi.
Elles offrent un rendement supérieur à celui des obligations d’entreprises non financières de notation équivalente, tout en s’appuyant sur un secteur bancaire solide, bien capitalisé, et bénéficiant de revenus d’intérêts soutenus par la hausse des taux observée en 2025.
4. Le private equity
L’année 2025 restera comme l’une des plus heurtées pour le marché du private equity.
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Le contexte
Le paradoxe est frappant : alors que plusieurs indicateurs étaient orientés favorablement — crédits disponibles, détente progressive des taux et environnement macroéconomique globalement porteur — l’activité a marqué le pas. En cause, principalement, la persistance des tensions géopolitiques et commerciales, qui ont pesé sur la confiance des investisseurs et freiné la dynamique transactionnelle.
– Un net ralentissement de l’activité
Le marché français illustre clairement ces difficultés. En 2025, un peu plus de 420 acquisitions ont été annoncées par des fonds en France, pour un montant total de 23,3 milliards de dollars. Cela représente un recul de plus de 20 % sur un an, atteignant un point bas inédit depuis la crise sanitaire.
À l’échelle mondiale, le private equity a néanmoins enregistré près de 900 milliards de dollars de transactions, un volume largement porté par les États-Unis, qui concentrent à eux seuls plus de 60 % de l’activité mondiale.
L’un des principaux freins au redémarrage du marché réside dans le décalage persistant entre acheteurs et vendeurs.
Adrien Tourbet, responsable des investissements non cotés chez Scala Patrimoine résume la situation « Les vendeurs continuent de se référer aux niveaux de valorisation observés entre 2019 et 2022, tandis que les acheteurs intègrent désormais des taux durablement plus élevés, un coût du capital accru et des perspectives de croissance moins linéaires. »
Cette divergence explique la forte polarisation des valorisations selon les secteurs. Toutefois, des signaux positifs émergent : selon Preqin, un rapprochement progressif des prix entre acheteurs et vendeurs est déjà observable, laissant entrevoir une reprise plus tonique de l’activité.
– Un modèle en mutation
Dans un environnement où la liquidité n’est plus aussi abondante, le private equity est contraint d’évoluer. La création de valeur fondée de ces placements essentiellement sur l’effet de levier montre ses limites.
« Dans un environnement de taux durablement plus élevé, la contribution des leviers opérationnels redevient centrale dans la génération d’alpha », insiste Adrien Tourbet.
Les secteurs capables de répondre à cette exigence continuent de tirer leur épingle du jeu. Les actifs exposés à la santé, aux services essentiels ou à certaines niches technologiques conservent des multiples élevés. Plus récemment, la défense et l’aérospatial s’imposent comme de véritables locomotives d’activité et d’innovation.
Malgré le ralentissement, le secteur dispose encore de marges de manœuvre significatives. Selon PitchBook, le private equity totalise 6 100 milliards de dollars d’actifs sous gestion à fin mars 2025, dont 1 800 milliards de dollars de “dry powder” prêts à être investis.
Parallèlement, la pression s’accentue sur les équipes de gestion (GPs) pour restituer du capital aux investisseurs (LPs) et générer des retours, un facteur qui pourrait accélérer les cessions dans les mois à venir.
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Nos convictions pour vos placements
« Le private equity s’adresse avant tout à des investisseurs de long terme, disposant d’un horizon sur leurs placements supérieur à huit ans. Sur la durée, les performances restent solides. Le capital-investissement français affiche ainsi, sur 15 ans, un rendement moyen annuel de 13,3 %, net de frais et de carried interest. » explique Adrien Tourbet.
Malgré les incertitudes macroéconomiques, l’attrait pour les actifs non cotés ne faiblit d’ailleurs pas. En revanche, une prudence accrue amène les investisseurs à se concentrer sur un nombre restreint de gérants reconnus, dont les levées sont souvent sursouscrites et bouclées rapidement.
À l’inverse, une part croissante du marché fait face à des levées de fonds plus longues. La durée moyenne de levée a ainsi atteint 26 mois au premier semestre 2025, contre 16 mois en 2020.
– Une vision de long terme
Pour capter le potentiel du private equity tout en maîtrisant les risques, le multi family office indépendant Scala Patrimoine préconise une approche diversifiée et résolument long terme. Nous recommandons ainsi de se tourner vers des placements en :
– stratégies secondaires, pour leur stabilité et la visibilité des rendements
– capital-risque, afin de cibler des opportunités à fort potentiel dans des secteurs innovants
– LBO (Leveraged Buyout), pour bénéficier de l’effet de levier dans des structures éprouvées
– Growth equity, pour accompagner la croissance d’entreprises matures et prometteuses
« Cette allocation vise à conjuguer performance durable et gestion proactive des risques pour vos placements, tout en restant attentive aux grandes transformations sectorielles, notamment dans la santé et la transition énergétique. » conclut le responsable des investissements non cotés de Scala Patrimoine.
5. La dette privée
La dette privée connaît une croissance spectaculaire. Cette classe d’actifs pèse désormais près de 1 700 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Selon Moody’s, elle franchira la barre des 2 000 milliards dès 2026 et pourrait approcher 4 000 milliards d’ici quatre ans. Un développement impressionnant, mais qui ne doit pas masquer les risques sous-jacents à ces placements.
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Le contexte
Les difficultés commencent d’ailleurs à apparaître. Pour l’instant, les pertes réalisées restent limitées. Mais le taux de défaut des crédits privés aux États-Unis est en légère hausse, passant de 5,4 % à 5,6 % en décembre 2025, selon Fitch.
Le constat est donc clair : beaucoup d’argent à investir, mais peu d’opportunités réellement attractives. Dans ce contexte, certains fonds de dette commettent l’erreur de relâcher leurs critères d’investissement, au risque de diluer la qualité de leurs portefeuille. « Un marché avec moins de grands deals signifie plus de concurrence, donc plus de compression des marges, des covenants et davantage de levier », tient à rappeler Adrien Tourbet.
Cette prudence se traduit dans les chiffres : les montants levés reculent à 166 milliards de dollars en 2025, contre 195 milliards en 2024. L’Europe, elle, bénéficie d’un environnement plus favorable, avec des spreads plus élevés (25 à 50 points de base) et des taux de défaut plus faibles, même s’ils progressent légèrement de 0,4 % en 2024 à 1,25 % en 2025.
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Nos convictions pour vos placements
La dette privée n’est pas une classe d’actifs homogène. Parmi ses segments, le Direct Lending se distingue : il s’agit d’un financement bilatéral accordé à des entreprises non cotées, en remplacement ou en complément des prêts bancaires traditionnels. Aujourd’hui, ce segment constitue le cœur du marché de la dette privée.
En France, le marché du Direct Lending est strictement encadré par l’AMF et opère via des fonds spécialisés. Ces prêts sont destinés au financement de l’exploitation des entreprises et se déclinent en plusieurs sous-catégories, chacune présentant un profil de risque et de rendement distinct.
Le Direct Lending offre aux entreprises une alternative précieuse aux prêts bancaires classiques. Moins contraint par la réglementation prudentielle, il permet de financer des profils plus complexes et offre une grande flexibilité. Pour les sociétés, les avantages sont clairs : rapidité, adaptabilité et solutions sur mesure pour accompagner leur croissance ou leurs besoins opérationnels.
Trois catégories se détachent pour les investisseurs :
– La Dette senior : prioritaire au remboursement et souvent garantie, elle offre visibilité et rendement modéré, idéale pour les investisseurs prudents.
– La Dette junior et mezzanine : subordonnées et plus risquées, elles procurent rendements supérieurs, parfois complétés par des instruments hybrides.
– L’Unitranche : combine dette senior et mezzanine dans une seule tranche, offrant rendement intermédiaire et simplicité opérationnelle..
– Une approche centrée sur la diversification
Pour vos placements en dette privée, nous recommandons un positionnement diversifié entre ces trois segments de marché. En veillant à sélectionner des gérants de fonds expérimentés, capables de performer dans des environnements difficiles et disposant d’un track-record les plaçant dans le premier quartile.
Une sélectivité d’autant plus importante que le marché montre des signes de faiblesses. « Dans un environnement exposé à certains risques, l’une des clés consiste à s’orienter vers des fonds de dette privée où les investisseurs institutionnels sont fortement présents, car ils ont tendance à réagir avec moins d’émotion aux événements de marché, offrant ainsi une plus grande stabilité. » précise Adrien Tourbet.
Pour le responsable de des investissements non cotés, « la dette privée reste un terrain fertile, mais la prudence et la sélection rigoureuse sont plus que jamais indispensables pour sécuriser le rendement et saisir les meilleures opportunités. »
C’est d’ailleurs dans les périodes les plus instables, que les meilleurs gérants de private equity réalisent leurs meilleurs performances.
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