Devenir rentier : les pièges à déjouer selon Guillaume Lucchini pour Mieux Vivre Votre Argent

Devenir rentier ne consiste pas simplement à disposer d’un capital important. Encore faut-il savoir le préserver, le faire fructifier et transformer les revenus qu’il génère en une rente durable. Fiscalité, diversification, choix des enveloppes, liquidité des placements : une fois le patrimoine constitué, les arbitrages changent de nature. Et lorsque l’essentiel de la fortune repose sur des actifs financiers, ils deviennent particulièrement déterminants.

Comment construire une rente dans la durée sans sacrifier la liquidité, prendre des risques excessifs ou laisser une part trop importante de la performance à la fiscalité ?

Pour répondre à ces questions, le journaliste Léo Monégier a interrogé Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine, dans un entretien publié par Mieux Vivre Votre Argent.

Distinguer rendement brut et rendement net

Après des années consacrées à constituer un patrimoine, vient, pour certains, le moment d’en vivre. Un changement de perspective qui n’a rien d’anodin. Il ne s’agit plus seulement pour le rentier de rechercher de la performance, mais de trouver le bon équilibre entre revenus, préservation du capital et fiscalité.

Comment dégager des revenus réguliers sans entamer trop rapidement son capital ? Comment continuer à le faire fructifier tout en conservant suffisamment de liquidités ? Et que devient cette stratégie lorsqu’un projet d’expatriation entre en ligne de compte ?

Ces questions se posent à de nombreux chefs d’entreprise après une cession, à des sportifs de haut niveau au moment de mettre un terme à leur carrière, à des héritiers qui viennent de recevoir une succession importante, mais aussi, plus simplement, à ceux qui préparent leur retraite.

Premier enseignement de Guillaume Lucchini : le rendement affiché n’est pas nécessairement celui qui compte. « Ce qui compte vraiment, c’est ce que vous gardez après impôts », rappelle-t-il.

Avant même de comparer les performances, le choix de l’enveloppe fiscale mérite donc d’être posé. L’assurance-vie conserve, à ce titre, des atouts importants, notamment grâce à son régime fiscal qui permet de distinguer la part de capital de celle correspondant aux gains lors des retraits. La holding patrimoniale peut, quant à elle, trouver sa pertinence dans certaines situations, notamment après la cession d’une entreprise.

Quand la structuration finit par immobiliser le patrimoine

Mais une stratégie patrimoniale peut aussi devenir contre-productive pour le rentier lorsqu’elle fait perdre de vue un élément essentiel : la disponibilité du capital.

Guillaume Lucchini revient notamment sur le cas d’un couple ayant vendu son entreprise de pompes funèbres pour 4 millions d’euros, avant de voir l’essentiel de son patrimoine immobilisé dans des investissements de private equity illiquides dans le cadre d’un dispositif de réemploi.

Une situation qui rappelle une règle souvent oubliée : un montage patrimonial ne devrait jamais dicter les besoins du client. C’est l’inverse.

Dernier volet de l’entretien : l’expatriation. Île Maurice, résidence fiscale, contrat luxembourgeois… Autant de sujets qui peuvent ouvrir de nouvelles possibilités patrimoniales, mais qui exigent aussi de regarder de près les règles fiscales applicables. Car quitter la France ne suffit pas, à lui seul, à effacer les liens avec l’administration fiscale française.

L’intégralité de l’entretien avec Guillaume Lucchini est à retrouver dans Mieux Vivre Votre Argent et sur le site d’Investir Les Echos.