Produits structurés : Stellantis, le revers d’un rendement trop séduisant
Comme le rappelait récemment la journaliste de L’Opinion Carole Papazian dans un article consacré aux produits structurés, ces placements représentent aujourd’hui entre 5 et 20 % du portefeuille de nombreux clients patrimoniaux.
Sur le papier, les performances affichées ont de quoi séduire, particulièrement lorsque les marchés offrent un terrain favorable. Mais en matière d’investissement, aucun rendement n’arrive sans contrepartie. Un taux élevé signifie aussi, bien souvent, un risque élevé.
Pourquoi les produits structurés Stellantis à décrément ont-ils perdu autant de valeur ?
L’épisode Stellantis en fournit une illustration particulièrement brutale. Derrière le succès commercial des produits structurés se dessine l’une des déconvenues patrimoniales les plus sévères de ces derniers mois : l’effondrement de milliers de produits adossés au constructeur automobile. Avec, en filigrane, une question que l’on aurait tort de réduire à ce seul cas : celle de la diversification lorsqu’un produit repose sur un sous-jacent unique.
Plus de 2 300 produits structurés seraient encore liés à Stellantis en France, selon Structured Retail Products. Longtemps, le titre avait tout du sous-jacent idéal : une forte capitalisation, une liquidité confortable, une volatilité suffisamment généreuse pour permettre de construire des produits attractifs et, surtout, un dividende particulièrement élevé, supérieur à 7,5 %.
Puis le décor s’est brusquement fissuré.
De 1,55 euro en 2024, le dividende est tombé à 0,68 euro, avant d’être purement et simplement suspendu en février dernier. Problème : dans la mécanique du décrément, un dividende théorique continue, lui, de s’appliquer jusqu’à l’échéance du produit, parfois à hauteur de 1,34 à 1,55 euro. Un décalage qui, mois après mois, érode la valeur de l’indice synthétique, indépendamment de ce que l’entreprise verse réellement à ses actionnaires.
Derrière le produit, la question de l’indépendance du conseil
Chez Scala Patrimoine, le constat est sans détour. « Certaines valorisations se sont effondrées à des niveaux parfois inférieurs à 10 % du nominal. Il est encore possible, en théorie, pour certains investisseurs de récupérer leur mise. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. Sur un produit Stellantis à décrément, récupérer son capital suppose désormais un rebond très important du sous-jacent », explique le multi-family office dans des propos rapportés par L’Agefi.
Reste une leçon, peut-être la plus importante. Le cas Stellantis ne raconte pas seulement l’histoire d’un sous-jacent qui s’est retourné. Il met aussi en lumière les fragilités d’une architecture de distribution dans laquelle les niveaux de rétrocommissions peuvent parfois dépasser 10 %. De quoi poser, une nouvelle fois, une question que l’on ne peut éluder : jusqu’où peut aller l’indépendance d’un conseil lorsque celui qui le dispense est rémunéré par le produit qu’il recommande ?
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