Aurélien Florin
Guillaume Lucchini intègre le classement Choiseul Finance de Demain 2025
Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine, figure parmi les 200 jeunes leaders qui façonnent l’avenir de la finance. Une liste qui a été publiée lors de seconde édition du classement Choiseul Finance de Demain 2025.
Un classement qui met en avant les talents de la finance
En collaboration avec CFNEWS et Haussmann Executive Search, l'Institut Choiseul publie la deuxième édition du classement Finance de Demain. Une publication qui met en lumière les talents de moins de 40 ans incarnant une finance innovante et engagée.
Le palmarès distingue les leaders de six grandes catégories : Private Equity, Financement, Advisory, Asset Management, Wealth Management et Fintech.
Dans chacune de ces disciplines, cinq profils particulièrement prometteurs ont ainsi été sélectionnés. Nous sommes très heureux de vous annoncer que Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office Scala Patrimoine, figure parmi ces personnalités, remarquées dans la catégorie Wealth Management.
Les nouveaux visages d’une finance engagée et en pleine transformation
Cette nouvelle édition du classement Choiseul Finance de Demain 2025 met en avant les acteurs d’une finance plus transparente, responsable et tournée vers les grands enjeux de demain.
Guillaume Lucchini réagit à cette distinction. "Au-delà de cette reconnaissance, je mesure chaque jour la chance d’exercer un métier exigeant et stimulant, aux côtés de familles, d’entrepreneurs et de sportifs de haut niveau. Cette distinction reflète également le combat que nous menons chez Scala Patrimoine. Apporter toujours plus de transparence à la gestion de patrimoine et redéfinir le rôle de la finance pour concilier performance et impact sociétal.
Elle illustre aussi la vision stratégique qui nous anime depuis plus de 10 ans. Celle de défendre une approche indépendante et engagée du conseil en gestion de patrimoine. Une finance responsable, c’est avant tout celle de nos clients, qui voient l’argent non comme une fin en soi, mais comme un levier de transformation. Je tiens également à remercier chaleureusement nos partenaires – experts en finance, comptabilité et droit – avec qui nous partageons la conviction qu’un conseil interprofessionnel et horizontal est un véritable catalyseur de succès pour nos clients."
Nous félicitons l’ensemble des lauréats ainsi que tous ceux qui œuvrent pour bâtir une finance plus éthique.
Investir sur des SCPI : analyse des risques et des opportunités
Les déboires des plus grandes SCPI, à commencer par celles de Praemia REIM (anciennement Primonial), Primovie et Primopierre, font les gros titres des médias patrimoniaux. Une trentaine des acteurs les plus influents du marché ont ainsi annoncé une dépréciation significative de la valeur de leurs parts, rattrapés par la montée des taux d’intérêt et le retournement du marché immobilier.
Cette préoccupation est partagée par l’Autorité des marchés financiers qui, dans un récent rapport, a rappelé que, à l’instar du secteur immobilier, le capital des investisseurs n’est en aucun cas garanti : « La valeur de l’immobilier peut baisser, et les niveaux de rendement ne sont aucunement assurés. »
Mais avait-on pleinement mesuré les risques inhérents aux placements immobiliers, et en particulier à ceux des SCPI ?
Le succès retentissant de ces véhicules entre 2015 et 2020 a pu altérer la perception du risque. À l’époque, la presse économique était dithyrambique. Le journal Les Échos vantait notamment la diversification avantageuse de ces placements, tandis que Le Figaro mettait en lumière leurs rendements attractifs.
Aujourd’hui, les SCPI sont généralement classées au niveau 3 sur 7 sur l’échelle des risques, une notation suggérant un risque modéré, entre faible et moyen.
Un classement qui semble pourtant bien éloigné de la réalité d’un marché immobilier en pleine mutation. Plus que jamais, l’immobilier se trouve à la croisée des chemins.
Les SCPI ont-elles, pour autant, perdu tout intérêt patrimonial ? Nous ne le pensons pas. Certes, le contexte économique actuel invite à la prudence, mais ces véhicules d’investissement conservent des atouts indéniables. Sur le long terme, leur présence au sein d’un portefeuille diversifié peut se révéler judicieuse, à condition d’opérer une sélection rigoureuse et d’en évaluer avec précision les risques inhérents.

La fin de la tempête pour l’immobilier ?
La crise du Covid-19, suivie du choc inflationniste de 2022, a durement éprouvé le secteur de l’immobilier. Pourtant, le pire semble désormais derrière nous. La baisse des taux, orchestrée par les banques centrales, redonne un peu d’oxygène aux acteurs du marché.
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Des secousses conjoncturelles et structurelles
Le marché immobilier a subi de plein fouet la flambée de l’inflation et la remontée brutale des taux directeurs imposée par les banques centrales. Les conditions de financement des investisseurs se sont rapidement détériorées, entraînant un net ralentissement des transactions en immobilier d’entreprise. Nombreux sont les vendeurs qui, dans l’attente d’une correction des prix, ont préféré temporiser.
Dans ce contexte, la prime de risque offerte par l’immobilier s’est révélée bien moins attractive face aux actifs financiers comme les placements monétaires ou les obligations, dont les rendements ont grimpé en flèche.
Comme si le choc des taux ne suffisait pas, d’autres mutations profondes sont venues secouer le secteur. Béatrice Guedj, Directrice de la Recherche et de l’Innovation chez Swiss Life Asset Managers France, souligne : « À cette pression financière s’ajoutent des transformations structurelles – démographiques, sociétales, technologiques et environnementales – qui bouleversent l’ensemble des classes d’actifs immobiliers, en particulier le bureau et le résidentiel. »
Un état des lieux confirmé par Vincent Lamotte, directeur général délégué en charge des finances et de la stratégie des fonds chez Perial AM : « Certains actifs tertiaires deviennent obsolètes avec l’émergence de nouveaux bureaux conformes aux dernières normes énergétiques, le développement du télétravail et l’essor de l’intelligence artificielle. »
Heureusement, une éclaircie semble se dessiner à l’horizon. Avec la décrue progressive des taux, le marché immobilier entrevoit enfin le bout du tunnel.
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Une baisse salutaire des taux d’intérêt
Le revirement de la politique monétaire des banques centrales commence enfin à porter ses fruits. En zone euro, le taux d’inflation annuel est retombé à 2,5 %, après avoir dépassé les 8 % en 2022. L’objectif des 2 %, fixé par les banquiers centraux, semble désormais à portée de main. Et au vu des difficultés économiques que traversent les grandes économies européennes, tout laisse à penser que la baisse des taux devrait se poursuivre en 2025.
États et banques centrales ont un besoin impérieux de soutenir l’économie européenne, d’autant plus que l’Allemagne, l’un de ses principaux moteurs, s’est contractée en 2024 pour la deuxième année consécutive, tandis que l’activité en France affiche de préoccupants signes de faiblesse.
Ce mouvement constituerait, bien évidemment, une excellente nouvelle pour le marché immobilier, et plus particulièrement pour les SCPI. Le recul des taux d’intérêt pourrait en effet redonner de l’élan aux investisseurs, favorisant ainsi un redémarrage du marché et, à terme, une remontée des prix immobiliers dans les mois à venir.
Malgré ces éclaircies, Christophe Inizan de la société de gestion immobilière La Française, appelle à la prudence et met en garde contre tout excès d’optimisme : « Certes, l’élément tant attendu, à savoir la baisse des taux, est enfin là, mais il reste encore insuffisant. La reprise n’est pas encore au rendez-vous, notamment dans l’immobilier de bureau. Il faudra des actions plus marquées de la part de la BCE pour voir un véritable retournement de tendance. »
Un ajustement des valorisations
La baisse des valorisations d’une partie des SCPI reflète les difficultés du marché de l’immobilier tertiaire, en particulier celui des bureaux.
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Un marché des bureaux en pleine mutation
Comme mentionné précédemment, ce marché connaît une profonde transformation sous l’effet de plusieurs facteurs. L’essor du télétravail a réduit la demande d’espaces, tandis qu’une offre bien trop abondante sur les marchés périphériques et un contexte économique plus difficile pour les entreprises accentuent cette mutation.
La périphérie n'a plus la côte
Selon Béatrice Guedj, « les trajectoires varient fortement selon les localisations. L’hypersélectivité est le maître mot de la période. Les valeurs des marchés de référence, pour des actifs bien situés, bien connectés, conformes aux normes environnementales et adaptés à de multiples usages, se maintiennent, voire se renforcent. »
À La Défense, par exemple, 22 % des surfaces de bureaux sont actuellement vacantes. Trouver un locataire pour ces immenses tours devient un véritable défi. Cette tendance affecte également les prix des immeubles de bureaux en première couronne parisienne. On assiste ainsi à une polarisation extrême du quartier central des affaires, où les taux de vacance sont inférieurs à 5 %. Sur ces axes stratégiques, la demande locative demeure soutenue et ne rencontre aucune difficulté. Les loyers des biens prime atteignent d’ailleurs des niveaux records, avoisinant 1 200 €/m² par an hors charges !
Les petites surfaces privilégiées ?
« Nous sommes à un moment où la segmentation du marché des bureaux est particulièrement marquée. Les actifs de petite taille verront leur valorisation se stabiliser, tandis que les biens plus vastes, moins bien situés et dont l’obsolescence s’accélère face aux critères ESG, nécessiteront une transformation plus profonde. D’ailleurs, ces actifs ont déjà commencé à quitter les fonds, cédés par les gestionnaires. » estime d’ailleurs Vincent Lamotte.
Dans les années à venir, le marché du bureau devra inévitablement se réinventer.
Un constat partagé par Stéphanie Galiègue, Directrice générale déléguée en charge de la Recherche et des Études à l’IEIF, qui souligne : « Le ralentissement de la croissance de l’emploi tertiaire, l’optimisation des surfaces immobilières liées à l’adoption du télétravail, ainsi que les potentiels impacts de l’intelligence artificielle sur les métiers et les modes de travail de demain transforment en profondeur l’équation de création de valeur des investisseurs en bureaux. »
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Une trentaine de SCPI concentrent les difficultés
Entre 2023 et 2024, près de trente SCPI ont vu leur valorisation chuter, principalement celles spécialisées dans le secteur des bureaux. Une trentaine de SCPI sur plus de 200, cela reste relativement limité. Le problème, c’est que les véhicules les plus durement touchés sont aussi parmi les plus importants en termes de capitalisation et souvent les plus connus du grand public.
Les SCPI ont surtout été victimes de leur propre succès. Face à une collecte massive, elles ont dû investir des sommes colossales, ce qui les a naturellement conduites à acquérir en priorité des actifs de bureaux de grande taille. Malheureusement, la pandémie a bouleversé la donne.
Christophe Inizan revient sur cette rupture : « Les bureaux constituaient historiquement la classe d’actifs privilégiée des investisseurs. Le marché était profond, mature et facilement accessible. Or, depuis quelques trimestres, il traverse une crise majeure. En parallèle, nous observons l’essor d’autres segments, comme la santé, l’hôtellerie ou le résidentiel. Autrefois, les bureaux représentaient 80 % des investissements, pour des volumes atteignant 40 milliards d’euros. Aujourd’hui, ces volumes ont chuté à 12 milliards d’euros. L’exposition des investisseurs aux bureaux se réduit donc considérablement. »
Le marché de l’immobilier tertiaire devra ainsi s’adapter à cette nouvelle réalité et explorer de nouvelles dynamiques pour retrouver un équilibre durable.
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Des valorisations toujours en baisse en 2024
En 2023, le prix moyen des parts (pondéré par la capitalisation) avait chuté de 4,9 % à la suite d'annonces de baisses concernant 29 % des SCPI, selon l'Association Française des Sociétés de Placement Immobilier (Aspim).
Des baisses qui touchent une minorité de SCPI
L’année 2024 semble suivre une trajectoire similaire. Globalement, le prix moyen des parts, pondéré par la capitalisation, a reculé de 3,76 % au cours des neuf premiers mois de l’année.
Cependant, toutes les SCPI ne sont pas affectées de la même manière. Seuls 23 % des véhicules du marché ont vu leur prix de souscription diminuer, tandis que 68 % l'ont maintenu inchangé. Fait notable, 9 % des SCPI ont même réhaussé leur prix.
Sans surprise, ce sont les SCPI investies dans l’immobilier de bureau qui enregistrent les baisses les plus marquées (-6,3 %), suivies par celles à prédominance santé et éducation (-4,1 %). Les autres typologies restent relativement stables, avec de légères corrections comme la logistique et locaux d’activité (-0,1 %).
Ce sont principalement des SCPI issues de grands groupes bancaires, créées dans les années 1980-1990, qui ont massivement investi à l’époque dans l’immobilier de bureau parisien et francilien. Elles sont aujourd’hui les plus touchées. De plus, les SCPI doivent désormais ajuster le prix de leurs parts tous les six mois, et non plus annuellement, dans une fourchette de plus ou moins 10 % par rapport à la valeur estimée de leur patrimoine par les experts. Ce nouveau cadre réglementaire induit naturellement une plus grande volatilité du marché.
Une collecte mal maitrisée
Au cœur de cette tempête figure notamment Praemia (ex-Primonial), qui a annoncé en janvier 2025 une nouvelle baisse des prix de part pour quatre de ses SCPI : Primopierre (-8,7 %), Primovie (-11,3 %), Patrimmo Commerce (-9,1 %) et Patrimmo Croissance Impact (-7,7 %). Dans le détail, la SCPI phare du groupe, Primopierre, avec ses 2,2 milliards d'euros de capitalisation, subit la correction la plus sévère. En quatre dévaluations successives depuis septembre 2023, son prix de part a chuté de 44,7 %.
Malgré un patrimoine immobilier de grande qualité, la société de gestion paie aujourd’hui les conséquences d’une collecte effrénée ces dernières années et d'un endettement très élevé pour certaines de ses SCPI. Ces mêmes véhicules sont aussi ceux qui enregistrent le plus grand nombre de parts en attente de retrait.
Or, dans un marché atone, où les acheteurs se font rares, les sociétés de gestion concernées risquent d’être contraintes de céder en urgence certains actifs de qualité.
Pour Jérôme Grumler, directeur général délégué de Sofidy : « le rapport de force entre acheteurs et vendeurs s’est totalement inversé. Les acquéreurs ont désormais la main et sont en position de force. Mais on peut regretter qu’ils restent encore peu nombreux. Les sociétés de gestion qui tireront leur épingle du jeu dans les années à venir seront celles qui présentent un faible niveau d'endettement et disposent de liquidités. »
D'autant que les conditions de financement commencent à s’améliorer pour les acheteurs, portées par la baisse des taux.
Un marché qui se recentre sur les SCPI diversifiées
Malgré les difficultés rencontrées par les plus grandes SCPI, la collecte nette demeure positive, principalement concentrée sur les véhicules d’investissement les plus récents.
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Une collecte en baisse, mais toujours positive
Au troisième trimestre 2024, les SCPI ont enregistré une collecte nette de 807 millions d’euros, marquant une baisse de 11 % par rapport au trimestre précédent (907 millions d’euros). Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 2,5 milliards d’euros, soit un recul de 49 % par rapport à la même période en 2023.
Comme le souligne l’Aspim dans sa dernière analyse de marché, la tendance reste fragile : « Le volume d’ordres de rachat a fortement diminué d’un trimestre à l’autre, passant de 412 millions d’euros au deuxième trimestre à 264 millions d’euros au troisième trimestre 2024. »
Au 30 septembre 2024, la valeur des parts en attente demeure stable à 2,6 milliards d’euros, soit 2,9 % de la capitalisation du marché. Toutefois, la situation varie considérablement selon les acteurs : sur un total de 215 SCPI, 93 SCPI, gérées par 18 sociétés de gestion, affichent des parts en attente de rachat, tandis que 122 SCPI, administrées par 44 sociétés de gestion, n’en présentent aucune.
Ce sont essentiellement les SCPI sans parts en attente qui captent la majeure partie de la collecte brute : 1,07 milliard d’euros, soit 86 % des souscriptions du troisième trimestre 2024.
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Les SCPI diversifiées en tête
Le marché de la pierre-papier s’organise désormais en deux catégories : d’un côté, les jeunes SCPI ou celles les plus solides, qui ont su tirer parti de la baisse des prix immobiliers pour saisir de nouvelles opportunités d’investissement ; de l’autre, celles qui ont massivement collecté lorsque le marché était au sommet et qui peinent aujourd’hui à s’adapter.
Un marché à deux vitesses
Ce constat est partagé par Raphaël Bouhnik, directeur conformité et ESG chez Iroko : « Nous avons aujourd’hui un marché des SCPI à deux vitesses. D’un côté, les gestionnaires historiques, qui ont beaucoup collecté entre 2012 et 2022 à des prix élevés, rencontrent aujourd’hui de grosses difficultés de liquidité. Alors que de l’autre côté, les SCPI les plus récentes, qui ont en moyenne moins de cinq ans, sont plus dynamiques. Elles ont collecté au moment où les taux étaient élevés et ont donc de bons rendements aujourd’hui. »
Longtemps plébiscitées par les investisseurs, les SCPI à dominante "bureaux" sont désormais délaissées, ne rassemblant plus que 13 % des montants investis.
Deux tiers de la collecte vers les SCPI diversifiées
Ce sont les SCPI diversifiées qui dominent désormais le paysage, attirant à elles seules 69 % de la collecte brute du troisième trimestre. Elles devancent les SCPI à thématique "santé et éducation" (7 %), "logistique et locaux d’activité" (6 %), et "commerces" (3 %). Les SCPI "résidentiel" et "hôtels, tourisme, loisirs" représentent quant à elles respectivement 2 % et 1 % des souscriptions.
Christophe Inizan résume ainsi en quelques mots les difficultés structurelles du secteur : « Maîtriser la taille des véhicules a constitué un défi majeur en raison de la collecte exceptionnelle des dernières années. Cela a engendré un effet dilutif sur la performance et contraint les sociétés de gestion à acquérir des biens de plus en plus imposants. Or, ce sont précisément ces biens qui se sont avérés moins en phase avec les besoins des entreprises dans un contexte post-Covid ».
Un taux de distribution toujours attractif
Les SCPI sont, avant tout, des solutions de rendement. Elles offrent aux investisseurs l'opportunité d'accéder à des revenus réguliers en investissant dans des biens immobiliers. Sur ce point, ces véhicules d'investissement accomplissent leur mission avec efficacité.
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Des revenus annuels supérieurs à 4 %
La grande majorité des SCPI, même celles ayant traversé des périodes plus difficiles, ont su démontrer la remarquable résilience du secteur, affichant des taux de distribution stables : 4,52 % en 2023, après 4,53 % en 2022 et 4,45 % en 2021.
Les acomptes de distribution pour les trois premiers trimestres de 2024 laissent présager des niveaux similaires à ceux de l'année passée. Selon l'Aspim, « 35 % des SCPI du marché ont distribué, sur les trois premiers trimestres de 2024, le même montant que l'année précédente, 38 % ont augmenté l'acompte, tandis que 27 % l'ont diminué. » Rapporté au prix de référence au 1er janvier 2024, le taux de distribution moyen des SCPI, toutes catégories confondues, s'établit à 3,44 % sur les trois premiers trimestres de 2024, marquant ainsi une légère hausse par rapport à 2023 (3,25 %). Les taux de distribution varient, selon les SCPI, de 2,11 % à 8,82 %.

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La bonne dynamique des jeunes SCPI
Cependant, un bémol s'impose en ce qui concerne les SCPI les plus récentes. Il serait hasardeux de comparer les taux de rendement de nouvelles SCPI, qui n'ont jusqu'à présent collecté que quelques millions d'euros, à ceux de SCPI plus anciennes, dont les encours atteignent plusieurs centaines de millions d'euros.
Il est, en effet, fréquent que des SCPI en phase de lancement versent des dividendes initiaux particulièrement élevés, grâce à l'effet relutif d'un patrimoine en plein développement, dont les premiers loyers sont répartis sur un nombre encore limité de parts, du fait du délai de jouissance.
Les performances des plus jeunes SCPI ne sont pas nécessairement représentatives de leur rentabilité future. À long terme, leur rendement peut se normaliser en fonction de l’évolution de leur patrimoine et des contraintes du marché immobilier. Les SCPI récentes ont souvent une stratégie plus opportuniste et peuvent cibler des actifs avec un potentiel de valorisation rapide. Les SCPI plus anciennes, elles, privilégient la pérennité et la stabilité des revenus à travers une diversification plus large. Comparer leurs rendements sans prendre en compte ces différences pourrait donc conduire à une évaluation biaisée.
Vincent Lamotte insiste sur l'importance d'adopter une vision à long terme lorsqu'il s'agit d'investir dans l'immobilier. « Il est naturel que les véhicules d’investissement immobilier traversent des cycles, à l’image des actifs qu’ils détiennent. Tous les cycles ne leur sont pas favorables, mais sur le long terme, l’impact négatif d’une phase défavorable tend à s’estomper. Aujourd’hui, le marché est trop focalisé sur une vision court-termiste de l’investissement. Or, on n’achète pas une SCPI pour le court terme. »
Quelles perspectives pour 2025 ?
Les sociétés de gestion immobilière seraient-elles en train d’apercevoir la lumière au bout du tunnel ?
L’année 2025 pourrait marquer l’atterrissage tant attendu. Les marchés anticipent un "soft landing" porté par la baisse des taux directeurs. Autre bonne nouvelle, les revenus devraient se maintenir à un niveau intéressant à court et moyen terme, une opinion partagée par Jérôme Grumler, directeur général délégué de Sofidy : « Les rendements immobiliers devraient demeurer relativement stables dans les mois à venir. »
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Une situation économique qui interroge
Toutefois, la situation économique en Europe devra être surveillée de près, car une recrudescence des défaillances d’entreprises pourrait impacter significativement le secteur.
Si Jérôme Grumler estime que « le bas de cycle devrait perdurer encore un peu », il prévoit qu’en 2025, « il y aura matière à déployer des investissements dans des conditions très intéressantes ». Convaincu du potentiel du marché, il affirme même que « le moment est opportun pour investir ».
Les acteurs disposant de liquidités semblent effectivement profiter d’opportunités attractives. Nombre des acquisitions réalisées l’an passé ont été conclues à des taux de rendement immédiats supérieurs à ceux des années précédentes.
Christophe Inizan le confirme : « Les opportunités d’acquisition se concrétisent avec une décote importante sur de beaux actifs ».
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Des opportunités à saisir ?
Malgré les difficultés du marché, ce contexte favorable a permis le lancement de 14 nouvelles SCPI en 2024, portées par des tendances sociétales majeures telles que le développement du télétravail et l’impératif écologique. Ces SCPI se réinventent en ciblant des actifs adaptés à ces mutations : des immeubles mixtes situés en périphérie urbaine et des bâtiments à haute efficacité énergétique. Cette transformation s’accompagne d’une attractivité renouvelée, offrant des rendements potentiellement prometteurs.
Concernant le secteur du commerce, la disparition ou les difficultés de nombreuses enseignes d’habillement pèsent sur le taux d’occupation. Toutefois, l’indexation des loyers sur l’inflation pourrait compenser ces pertes en augmentant les revenus des SCPI détenant des emplacements premium, lesquels trouvent rapidement preneur.
L’avenir du marché immobilier semble donc s’orienter vers une phase de stabilisation et de renouveau, où les acteurs bien positionnés pourront tirer parti des nouvelles dynamiques en présence.
SCPI : une stratégie patrimoniale de long terme
Si le contexte récent a bousculé un grand nombre de SCPI, ce placement n’a en rien perdu ses atouts, bien au contraire. Les stratégies patrimoniales de long terme demeurent plus que jamais pertinentes.
Les SCPI constituent une solution d’investissement particulièrement attractive pour ceux qui souhaitent se constituer des revenus réguliers. La durée de détention recommandée est d’au moins dix ans. Ce placement s’adresse donc à ceux et celles qui cherchent à se procurer des compléments de revenus, notamment en vue de la retraite.
Notre approche repose sur une vision patrimoniale, favorisant soit l'effet de levier du crédit, soit le démembrement de propriété. Cette stratégie nous donne actuellement raison. Car cela permet aujourd’hui aux investisseurs d’atténuer l’impact de la baisse de valorisation de certains actifs.
En finançant l’acquisition par emprunt, l’investisseur bénéficie d’un double avantage : il se constitue un patrimoine à moindre effort – car le remboursement est assuré en partie par le versement de revenus distribués par la SCPI - tout en déduisant les intérêts d’emprunt des revenus fonciers perçus. Cette stratégie s’est révélée particulièrement intéressante durant la période de taux historiquement bas que nous avons connue entre 2014 et 2022.
L’achat en nue-propriété permet, quant à elle, de bénéficier d’une décote significative. L’investisseur renonçant temporairement aux loyers, qui reviennent intégralement à l’usufruitier. Toutefois, à l’issue de la période de démembrement, il récupère automatiquement la pleine propriété des parts et commence alors à percevoir l’ensemble des dividendes.
Conclusion
L’immobilier ne réagit pas avec la même rapidité que les marchés actions cotés. Lors de la crise du Covid, puis à l’annonce des premiers vaccins, les marchés financiers avaient retrouvé leur niveau d’avant-crise en à peine quelques semaines. Il en va tout autrement pour l’immobilier. Ce secteur évolue sur un temps long, contraint par des délais incompressibles inhérents aux transactions. Ainsi, le marché immobilier accuse systématiquement plusieurs mois de décalage avant de refléter pleinement les bouleversements économiques qui l’affectent.
Au cours des prochains mois, le marché des SCPI évoluera donc naturellement à deux vitesses. D’un côté, les acteurs disposant d’une forte capacité d’investissement, aptes à saisir les opportunités offertes par le marché. De l’autre, les SCPI ayant subi une forte décollecte ces derniers mois, qui mettront davantage de temps à retrouver leur équilibre.
Malgré ces disparités, les rendements attractifs de ce placement, la mutualisation des actifs et son potentiel de valorisation sur le très long terme demeurent autant d’arguments en faveur des SCPI.
Pour les investisseurs avertis, elles restent une option à considérer avec attention. En veillant, comme l’ont toujours préconisé les équipes de Scala Patrimoine, à diversifier ses positions entre plusieurs sociétés de gestion et stratégies d’investissement lorsque cela est possible. Cette approche permet de mutualiser les risques et d’atténuer l’impact d’une éventuelle baisse des valorisations, comme cela a pu être observé ces derniers mois.
Budget 2025 : les mesures qui concernent votre patrimoine
Après des semaines d’atermoiement, qui a notamment provoqué la chute du gouvernement Barnier, les parlementaires sont enfin parvenues à un accord sur le budget 2025. Les députés ayant rejeté la motion de censure visant le gouvernement, proposée par La France insoumise (LFI).
Les mesures patrimoniales sont finalement très proches du projet de loi de finances présentée en septembre dernier. Mesure phare de la première mouture, la contribution différentielle sur les hauts revenus sera bien mise en œuvre.
Fiscalité personnelle
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Indexation du barème de l’impôt sur le revenu à l’inflation
Le barème de l’impôt sur le revenu sera bel et bien indexé sur l’inflation (+1,8 %). Cette revalorisation, appliquée de manière rétroactive, évite ainsi un gel du barème.
Grâce à cette mesure, 400 000 contribuables sortiront du champ d’application de l’impôt sur le revenu.

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Contribution différentielle sur les hauts revenus
Le projet de loi de finances pour 2025 introduit une nouvelle « contribution différentielle ». Celle-ci instaure une imposition minimale de 20 % à l’impôt sur le revenu et à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR).
Cette mesure concernera les contribuables résidant en France dont le revenu fiscal de référence (RFR) 2025 dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple. Si le montant de leur impôt sur le revenu et de leur CEHR est inférieur à 20 % de leur RFR, ils devront s’acquitter de la différence au titre de cette nouvelle contribution.
Initialement prévue pour une durée de trois ans, cette disposition sera finalement temporaire et ne s’appliquera qu’aux revenus perçus en 2025. Un acompte de 95 % sera toutefois prélevé entre le 1er et le 15 décembre 2025 auprès des 24 300 foyers concernés.
Selon les estimations du ministère de l'Économie et des Finances, cette mesure devrait rapporter 2 milliards d’euros à l’État.
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Pérennisation du dispositif de Dons aux associations
Les parlementaires ont validé la pérennisation de la réduction d’impôt « Coluche », accordée pour les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté, dans la limite de 1 000 euros. Ils ont également reconduit la réduction d’impôt pour les dons aux organismes luttant contre les violences conjugales.
Ces deux dispositifs continueront de bénéficier d’un taux de réduction d’impôt majoré à 75 %.
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Nouveau régime de Dons familiaux pour l’acquisition d’une résidence principale
Le budget 2025 instaure une exonération temporaire pour les dons de sommes d’argent consentis à un enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant ou, en l’absence de descendance, à un neveu ou une nièce. Cette exonération s’applique lorsque les fonds sont utilisés pour l’acquisition de la résidence principale du bénéficiaire ou pour des travaux de rénovation énergétique de celle-ci.
Aucune limite d’âge n’est fixée pour le donateur. Toutefois, le dispositif prévoit une double limite :
- 100 000 € par donateur et par bénéficiaire,
- 300 000 € maximum par bénéficiaire, tous donateurs confondus.
Cette mesure s’applique aux sommes versées à compter de la publication de la loi et jusqu’au 31 décembre 2026.
Fiscalité professionnelle
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Prorogation de l’abattement pour transmission d’entreprise
Les parlementaires ont validé la prorogation, jusqu’au 31 décembre 2031, de l’abattement fiscal de 500 000 € accordé aux dirigeants de PME partant à la retraite.
Une autre mesure favorable concerne les agriculteurs : la nouvelle loi de finances instaure un abattement fiscal de 600 000 € pour les chefs d’entreprise agricoles prenant leur retraite, lorsque la cession est réalisée au profit de jeunes agriculteurs.
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Clarification du régime fiscal des gains issus des management packages
Les parlementaires ont apporté une clarification fiscale concernant le traitement des gains liés aux management packages.
Le texte voté instaura un régime fiscal des management packages, qui permettra de sécuriser ces dispositifs en appliquant aux gains de cession des titres lorsqu’ils ont été souscrits ou acquis par des salariés ou des dirigeants en lien avec l’exercice de leurs fonctions au sein de la société émettrice le régime des plus-values mobilières.
La fiscalité immobilière
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Durcissement du régime de la location meublée non professionnelle (LMNP)
Sans surprise, le législateur a décidé de durcir le régime d’imposition des plus-values immobilières issues de la vente de biens soumis au statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP).
Jusqu’à présent, les contribuables relevant de ce régime pouvaient, sous certaines conditions, déduire les amortissements liés au logement loué de leurs recettes locatives imposables, sans que ces amortissements n'affectent le calcul de la plus-value lors de la revente du bien.
Malheureusement pour les investisseurs, ces amortissements seront désormais pris en compte dans le calcul de la plus-value. Toutefois, les amortissements liés aux dépenses de travaux restent exclus de cette mesure.
En outre, cette réforme ne s’applique pas aux biens affectés aux résidences de services destinées aux personnes âgées ou handicapées, ni à ceux accueillant des étudiants, des personnes de moins de 30 ans en formation ou en stage.
Ces nouvelles dispositions entreront en vigueur pour les cessions réalisées à compter de la publication de la loi.
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Extension du Prêt à taux zéro
Le budget 2025 étend Le prêt à taux zéro (PTZ), destiné aux primo-accédants, à l’ensemble du territoire. L'accès au dispositif se faisant sans distinction, pour l’achat d’un logement neuf, qu’il s’agisse d’une construction individuelle ou collective.
En revanche, les conditions d’éligibilité pour l’achat d’un logement ancien restent inchangées. Le bien doit faire l’objet de travaux de rénovation énergétique, et ce, jusqu’à fin 2027.
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Hausse des frais de notaire
La loi permet aux conseils départementaux de relever le taux de publicité foncière à 5 % (contre 4,5 % actuellement). Cette disposition concerne les actes conclus entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028.
Ce relèvement portera ainsi les droits d’enregistrement sur les ventes d’immeubles à un maximum de 6,3 % (hors frais notariés). Les départements sont toutefois libres de ne pas l'appliquer.
Toutefois, cette hausse ne s’appliquera pas aux primo-accédants qui achètent un bien destiné à être leur résidence principale.
En parallèle, les parlementaires ont prolongé le dispositif "Loc'Avantages" (ex-Louer abordable) jusqu’à fin 2027. Il en est de même pour l’exonération liée à la cession d’un droit de surélévation d’immeuble jusqu’en 2026.
Autres mesures
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Remboursement des arrêts maladie des fonctionnaires
Le législateur fixe le taux d’indemnisation des arrêts maladie des fonctionnaires à 90 %, au lieu de 100 %. Toutefois, en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’indemnisation reste maintenue à 100 %.
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Relèvement de la taxe sur les billets d’avion et autres mesures écologiques
Le Budget 2025 prévoit une hausse de la taxe sur les billets d’avion. Celle-ci passera de 2,63€ à 7,40€ par billet pour une destination européenne à compter du 1er mars 2025.
Par ailleurs, les parlementaires ont également validé le renforcement du malus écologique sur l’achat de véhicules thermiques et une augmentation des taxes sur les chaudières à gaz.
Les 100 qui font le patrimoine en 2025
Le groupe Ficade a dévoilé la liste des 100 personnalités qui font le patrimoine en 2025. Guillaume Lucchini, Associé-dirigeant de Scala Patrimoine y figure.
Guillaume Lucchini parmi les personnalités qui comptent
Les journalistes de Gestion de Fortune, Décideurs Magazine, Profession CGP, Patrimoine24 et Investissement Conseils se sont réunis pour désigner les "100 personnalités qui font le patrimoine" en 2025.
Ces lauréats, dévoilés lors du Grand Forum du Patrimoine, ont été sélectionnés pour leur action déterminante et leur influence au sein de l’écosystème financier et patrimonial. Un univers professionnel dévoué au service des épargnants, des familles, des dirigeants d’entreprise et des entrepreneurs.
Nous sommes très heureux de vous annoncer que Guillaume Lucchini, président fondateur de Scala Patrimoine, figure parmi ces personnalités prestigieuses, pour la seconde fois après l’édition 2023. Il rejoint un cercle d’élite aux côtés d’avocats, de notaires, d’universitaires, de family officers, ainsi que de banquiers privés de renom.
Le portrait de Guillaume Lucchini publié par le groupe Ficade
Fort d'une expérience acquise au sein de cabinets de conseil, Guillaume Lucchini fonde en 2014 Scala Patrimoine. Ce multi-family office indépendant s’adresse à une clientèle exigeante — entrepreneurs et sportifs de haut niveau — pour les accompagner dans la gestion de leurs enjeux patrimoniaux et entrepreneuriaux. Fidèle à une vision à long terme, Scala Patrimoine conseille ainsi ces familles sur plusieurs générations. Sa mission : optimiser et valoriser leur patrimoine tout en incarnant une approche sur mesure et innovante.
Récompensé par le Trophée de la Gestion de Patrimoine, décerné par le magazine Gestion de Fortune, Guillaume Lucchini partage ainsi son expertise en intervenant dans les Masters 2 en Droit du Sport d’Aix-Marseille et de Lille.
Guillaume Lucchini défend un modèle fondé sur l’excellence du conseil et l’absence totale de conflits d’intérêts. Ce positionnement repose sur un système de rémunération exclusivement basé sur des honoraires de conseil, garantissant une indépendance et une impartialité totales. Œuvrant en interprofessionnalité, il a par ailleurs su rassembler autour de lui une équipe de professionnels aguerris, unis par une adhésion forte aux valeurs d’excellence et de transparence portées par Scala Patrimoine.
Présent à Paris, Marseille et Genève, le multi-family office s’inscrit dans une dynamique résolument internationale. Le cabinet s’appuie pour cela sur une approche consolidée des patrimoines et sur les outils numériques les plus avancés.
La réaction de Guillaume Lucchini, Président de Scala Patrimoine
« Cette reconnaissance met en lumière notre modèle fondé sur l’excellence du conseil et l’absence totale de conflits d’intérêts, des principes qui guident notre action depuis la création de Scala Patrimoine en 2014. Elle valorise également le travail remarquable accompli par nos équipes ainsi que la stratégie de développement ambitieuse que nous avons menée au service des entrepreneurs et des sportifs de haut niveau.
Avec des implantations à Paris, Marseille et l'ouverture en 2024 de notre filiale à Genève, notre multi-family office s’inscrit donc dans une dynamique résolument internationale. Travaillant en interprofessionnalité, nous avons su rassembler autour du cabinet une équipe de professionnels expérimentés, habitués à gérer des opérations transfrontalières complexes.
Je profite donc de ces quelques lignes pour remercier chaleureusement l'ensemble de nos partenaires – professionnels du chiffre et du droit – pour leur précieuse collaboration à nos côtés. »
Loft Orbital : une nouvelle licorne pour le New Space français
Le New Space français accueille une nouvelle licorne ! La start-up franco-américaine Loft Orbital vient de franchir le cap symbolique du milliard d’euros de valorisation, grâce à une levée de fonds de 170 millions d’euros.

Pionnier de la location de satellites partagés
Fondée en 2017 par les Français Pierre-Damien Vaujour, Antoine de Chassy, et l’Américain Alex Greenberg, Loft Orbital s’impose comme un acteur clé de l’infrastructure satellitaire en orbite basse. Avec des bureaux à Toulouse, San Francisco et Golden, la start-up a fait le pari audacieux de simplifier l’accès à l’espace.
Les fondateurs sont partis d’un constat simple mais frappant : le développement et le lancement d’une mission satellitaire nécessitent aujourd’hui plusieurs années de travail, avec des délais souvent imprévisibles. Grâce à Loft Orbital, cette complexité appartient au passé. Ses clients n’ont plus besoin de concevoir leurs propres satellites : l’entreprise leur propose une solution clé en main, reposant sur une infrastructure mutualisée.
Concrètement, les charges utiles – capteurs, instruments ou logiciels – des clients sont intégrées sur un satellite générique conçu par Loft Orbital. Ce modèle réduit considérablement les coûts et les délais, tout en offrant des analyses en temps réel des missions spatiales.
« Fabriquer un satellite de zéro peut prendre jusqu’à sept ans. Avec Loft Orbital, nos clients gagnent un temps précieux grâce à notre adaptateur universel, qui permet d’embarquer des charges utiles sur différents satellites », explique Pierre-Damien Vaujour.
L’entreprise se distingue également par sa capacité à supporter l’exécution en orbite de technologies avancées, comme l’intelligence artificielle, au service de domaines stratégiques tels que l’environnement, la sécurité et la défense.
Parmi ses prochaines missions figure le lancement d’un système de communication dédié à des applications variées : prévisions météorologiques, surveillance de la pollution, détection des feux de forêt et exploitation de l’IA.
Une portée internationale
Malgré sa jeunesse, Loft Orbital s'impose déjà comme un acteur incontournable du secteur spatial, forte de ses 250 collaborateurs répartis entre la France et les États-Unis. La société a su séduire une clientèle prestigieuse, accumulant 500 millions d’euros de contrats signés et opérant actuellement une flotte de cinq satellites. L’avenir, quant à lui, s’annonce radieux : pas moins de 30 nouveaux satellites sont en cours de production.
Parmi ses partenaires de renom figurent la NASA, l’US Space Force, la Space Development Agency, Microsoft, ainsi que des géants de l’intelligence artificielle tels qu’Earth Daily.
Pour étendre son influence et accroître sa compétitivité, Loft Orbital ne recule devant aucune initiative stratégique. En 2024, elle a franchi une étape majeure en créant Orbitworks, une joint-venture innovante avec Marlan Space, destinée à renforcer sa présence au Moyen-Orient. Ce partenariat a d'ailleurs donné naissance à la première entreprise privée d’infrastructures spatiales de la région
Une levée de fonds d’envergure
Afin de soutenir son développement, Loft Orbital a bouclé une levée de fonds de série C, atteignant 170 millions d’euros. Cette opération, pilotée par Tikehau Capital, a également attiré Bpifrance, Temasek (fonds souverain de Singapour), ainsi que de nouveaux investisseurs stratégiques tels que Supernova Invest et Tribeca Venture Partners, aux côtés des investisseurs historiques.
« Cette levée de fonds nous permettra d’accélérer le déploiement à grande échelle de notre flotte de satellites, de renforcer nos activités à l’international et de jouer un rôle central dans les développements de l’intelligence artificielle appliquée au secteur spatial », déclare Pierre-Damien Vaujour, cofondateur et CEO.
Avec un total de 300 millions d’euros levés depuis sa création, Loft Orbital ambitionne désormais d’atteindre la rentabilité d’ici deux ans.
Après les succès récents de The Exploration Company, Spartan Space et Exotrail, Loft Orbital confirme que l’espace s’impose plus que jamais comme le nouvel eldorado des start-ups françaises.
Le rendez-vous des marchés financiers - Janvier 2025
Marchés financiers & économie : les points clés
- Les marchés financiers ont réalisé de belles performances en 2024.
- Le mouvement de hausse des taux s’essouffle aux États-Unis où les taux d'intérêt enregistrent même une légère remontée.
- À peine élu, Donald Trump brandit déjà la menace de nouveaux droits de douane pour amener sur la table des négociations ses principaux partenaires commerciaux.
- Face à l’instabilité politique française, Moody’s a décidé de rétrograder la note de la dette souveraine de la France, la faisant passer de Aa2 à Aa3.
Quelles performances sur les marchés financiers ?
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2024, une belle année pour les marchés financiers
Portés par les « Magnificent 7 » — Alphabet, Amazon, Apple, Meta Platforms, Microsoft, Nvidia et Tesla —, les marchés actions américains ont brillé en 2024, enregistrant des performances remarquables. Le S&P 500 et le Nasdaq, en tête de ce mouvement haussier, ont bondi de près de 30 %.
En Europe, certains indices se sont également illustrés, à l’image du DAX allemand, qui a progressé de près de 20 %.
En Inde, le Nifty 50 a gagné 8,8 % en 2024, tandis que l’indice phare du Japon, le Nikkei 225, a grimpé de 19,2 %. Enfin, en Chine, le Shanghai Composite a enregistré une hausse notable de près de 13 %.
Cependant, l’année dernière, le mauvais élève fut le CAC 40 : l’indice français a reculé de 2 %.
Du côté des obligations, les titres High Yield ont affiché une performance impressionnante, avec des gains de 8,6 % dans la zone euro et de 8,2 % aux États-Unis. Les obligations de catégorie « Investment Grade » ont, quant à elles, progressé plus modestement, enregistrant une hausse globale de 1,1 %.

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Une décoté des marchés financiers européens
Le désamour des investisseurs pour les marchés actions européens ne faiblit pas. L’Europe accuse une décote historique par rapport aux États-Unis, affichant des multiples de résultats prévus pour 2025 à 13,7 fois, contre 22,2 fois de l'autre côté de l’Atlantique.
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des investissements chez Sycomore AM, observe toutefois que « peu de choses suffiraient à ranimer les actions européennes : un plan de relance de l’économie chinoise, une résolution du conflit en Ukraine, un éventuel sursaut économique européen, ou encore la stabilisation des crises politiques en Allemagne et en France, pourraient suffire à inverser le sentiment de marché. »
Il souligne par ailleurs que l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, bien qu’il suscite de nombreux débats, n’aura selon lui qu’un impact économique et financier limité.
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Une remontée surprise des taux d’intérêt américain
Le mouvement de hausse des taux semble s'essouffler, particulièrement aux États-Unis. Depuis quelques semaines, les taux d'intérêt américains enregistrent même une légère remontée. Les rendements des obligations d'État à 30 ans sont ainsi revenus à des niveaux proches de 5 %, tandis que ceux à 10 ans s'établissent à 4,65 %. Pourtant, ce dernier taux avait chuté à 3,6 % en septembre.
Cette inversion trouve son origine dans une inflation persistante, qui reste supérieure aux objectifs fixés par la Réserve fédérale, ainsi qu'un déficit public atteignant des sommets historiques.
Le niveau d'endettement des États-Unis est désormais si élevé que certains économistes redoutent une dégradation de leur note souveraine. Moody’s, l’agence de notation, pourrait retirer aux États-Unis leur prestigieux « triple A », la meilleure évaluation possible.
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Une explosion de la dette mondiale
La dette mondiale a connu une hausse vertigineuse de plus de 12 000 Md$ au cours des trois premiers trimestres de l’année, atteignant un sommet historique de 322 900 Md$. Aux États-Unis, le déficit budgétaire s’est élevé à 1 800 Md$ pour l’exercice 2024, établissant un record inédit en dehors de la période exceptionnelle liée à la pandémie de COVID-19.
Par ailleurs, les projections relatives au coût de la dette américaine laissent entrevoir un avenir préoccupant : d’ici dix ans, un quart des recettes fiscales du pays pourrait être consacré au seul paiement des intérêts de cette dette.
États-Unis, une croissance financée par la dette ?
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Donald Trump donne déjà le ton
L’imprévisible Donald Trump s’apprête à devenir, le 20 janvier prochain, le 47ᵉ président des États-Unis. Pour ce second mandat, l’homme d’affaires a déjà annoncé la couleur : il ambitionne de réduire drastiquement le rôle de l’État, d’alléger la fiscalité et de simplifier les réglementations qui pèsent sur les entreprises.
Sur la scène internationale, le président réélu entend renforcer davantage encore les rapports de force en faveur des États-Unis. Sa stratégie repose sur une approche résolument bilatérale, privilégiant des accords négociés au cas par cas avec chaque nation ou organisation, en lieu et place des compromis multilatéraux traditionnels.
Avant même de s’asseoir à la table des négociations, il adopte une posture offensive : il brandit la menace de droits de douane de 10 à 20 % sur toutes les importations, et jusqu’à 60 % sur les produits en provenance de Chine.
Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore AM, apporte cependant un éclairage nuancé sur cette rhétorique martiale : « Donald Trump pourrait n’utiliser la menace de nouveaux droits de douane que comme un levier dans des négociations musclées, sans réelle intention de les appliquer, ou en les limitant à des proportions bien inférieures à celles annoncées. Une guerre commerciale ouverte et prolongée entre les États-Unis et la Chine reste, de ce fait, peu probable. »
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Une économie toujours résiliente, mais explosion de l’endettement
Les récentes statistiques publiées aux États-Unis dressent le portrait d’une économie toujours vigoureuse. La production affiche une accélération supérieure aux prévisions, passant de +2,6 % à +3 % en rythme annuel. La confiance des petites et moyennes entreprises, mesurée par l’indice NFIB, rebondit de manière spectaculaire, grimpant de 93,7 à 101,7 points.
L’indice ISM des services pour décembre 2024 se révèle également meilleur qu’attendu, atteignant 54,1 contre un consensus établi à 53. Parallèlement, l’ISM manufacturier progresse davantage que prévu, passant de 48,4 à 49,3 sur la même période. Dans le secteur immobilier, les prix des maisons continuent leur ascension, enregistrant une hausse annuelle de 0,4 %.
Sur le marché de l’emploi, un atterrissage en douceur semble se profiler. La Réserve fédérale (FED) prévoit une légère augmentation du taux de chômage, qui pourrait atteindre 4,3 % en 2025. Le rapport JOLTS, quant à lui, témoigne d’un marché du travail encore dynamique, avec près de 8,1 millions d’offres d’emploi recensées en novembre, contre 7,84 millions le mois précédent.
L’un des sujets d’inquiétude majeurs reste toutefois l’endettement des ménages. Les défauts de paiement sur les cartes de crédit ont atteint 46 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2024, soit un niveau inédit depuis 2010 et une augmentation de 50 % en un an. L’encours total des dettes de cartes de crédit atteint, lui aussi, un sommet historique de 1 166 milliards de dollars.
Néanmoins, l’endettement global des ménages demeure sous contrôle, avec un ratio dette/revenu de 82 %, inférieur à celui observé avant la pandémie de Covid-19 (86 %).
Enfin, les faillites d’entreprises connaissent une hausse de 8 % sur un an, atteignant des niveaux proches de ceux observés après la crise des subprimes.
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La FED temporise
Les pressions inflationnistes continuent de peser sur l'économie. Le rapport sur l'indice des prix à la consommation pour le mois de novembre a révélé une augmentation de l'inflation de 2,7 % par rapport à la même période de l'année précédente (contre 2,6 % en octobre). Ce léger rebond démontre, hélas, que la lutte de la Réserve fédérale pour réduire les tensions sur les prix n'est pas encore achevée. Atteindre l'objectif de 2 % fixé par la Fed semble, en effet, un défi de taille.
Pourtant, la Fed a procédé à une troisième réduction de ses taux directeurs depuis septembre. Celle-ci a été de 0,25 point, ramenant les taux dans une fourchette comprise entre 4,25 % et 4,50 %.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a toutefois souligné que « cette décision a été difficile à prendre, mais nous avons jugé qu'elle était la bonne ». Autant dire que la probabilité de nouvelles baisses de taux à court terme par la banque centrale américaine semble désormais se réduire.
En 2025, la Fed devrait ainsi ralentir sa politique d'assouplissement, faute de visibilité quant à l'impact inflationniste des mesures envisagées par Donald Trump.
Le président de la Réserve fédérale d'Atlanta, Raphael Bostic, va même plus loin en déclarant : « Je pense que notre approche politique devra faire preuve de plus de prudence, car nous ne voulons pas réagir de manière excessive à un seul indicateur dans un environnement où les choses peuvent rebondir de manière significative. »
Europe : les pays moteurs en difficultés
Les services de la BCE prévoient une croissance de l'économie de la zone euro de seulement 0,7 % en 2024 et de 1,1 % en 2025.
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Des indicateurs mal orientés
Au cours du troisième trimestre de 2024, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a progressé de 0,4 % par rapport au trimestre précédent, selon les données publiées par Eurostat.
En ce qui concerne l'emploi, les chiffres restent globalement rassurants. Le taux de chômage est demeuré stable en novembre dans la zone euro, à 6,3 % de la population active, un niveau inchangé depuis août. Il en va de même pour le taux d'emplois vacants, qui s'est établi à 2,5 %, en légère diminution par rapport aux 2,6 % enregistrés au deuxième trimestre de 2024.
Cette stabilité se reflète également dans le secteur de la production industrielle, qui a connu une hausse de 0,3 % en octobre dernier par rapport au mois précédent.
Cependant, cette relative accalmie ne saurait dissimuler les nuages qui s'amoncellent au-dessus de la zone euro. Selon les premières estimations, celle-ci a enregistré un excédent de 6,8 Md€ dans ses échanges de biens avec le reste du monde en octobre 2024, mais cet excédent marque une diminution de près de 3 Md€ par rapport à l'année précédente.
Plus préoccupant encore, la confiance des acteurs économiques s'effondre inexorablement. L'indice de confiance des investisseurs Sentix, par exemple, a chuté de -12,8 à -17,5.
L'Indicateur de Sentiment Économique (ISE) de la zone euro a, quant à lui, enregistré une baisse significative, tombant à 93,7 en décembre 2024, son niveau le plus bas depuis novembre 2020, contre 95,8 en novembre, bien en deçà des prévisions qui étaient de 95,6. La dégradation de la confiance s'est particulièrement accentuée parmi les industriels (-14,1) et les consommateurs (-14,5).
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La France voit rouge
Alors qu'elle représente 17 % du PIB de la zone euro, la France se trouve désormais à l'orée de la récession. De nombreux indicateurs témoignent du fort ralentissement de l'activité dans l'Hexagone.
Mais au-delà de la crise économique, le pays doit faire face à une instabilité politique qui semble loin d’être résolue. Le gouvernement dirigé par Barnier a chuté, incapable de faire adopter le budget 2025 en raison de l'impasse parlementaire. Et il paraît tout aussi difficile pour le nouveau gouvernement, formé sous l'égide de François Bayrou, d'obtenir un accord avant la fin du mois de mars.
Comme on pouvait s'y attendre, cette instabilité n'est guère appréciée des agences de notation. La première à réagir fut Moody’s, qui a décidé de rétrograder la note de la dette souveraine de la France, la faisant passer de Aa2 à Aa3. L'agence américaine a justifié cette décision en arguant que « les finances publiques du pays seront considérablement affaiblies au cours des prochaines années. La probabilité que le gouvernement à venir parvienne à réduire durablement l'ampleur des déficits budgétaires au-delà de l'année prochaine est désormais très faible. »
Selon les dernières prévisions de l'INSEE, la croissance du PIB français devrait se limiter à 0,2 % au premier et au deuxième trimestres de 2025.
Face à ce constat, la Banque de France a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2025 et 2026. Cette année, la croissance ne devrait pas dépasser 0,9 %, soit 0,3 point de moins que ses précédentes estimations. En 2026, les perspectives s’annoncent encore plus modestes, avec une prévision de croissance anémique de 1,3 %.
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L'Allemagne, elle aussi en difficulté
De son côté, l’Allemagne semble également pouvoir éviter la récession cette année. Toutefois, la Banque fédérale d'Allemagne a elle aussi ajusté ses prévisions à la baisse, annonçant désormais une hausse de 0,2 % du PIB en 2025, contre 1,1 % dans ses dernières projections de juin. Pour 2026, la croissance attendue ne devrait pas dépasser 0,8 %, contre 1,4 % auparavant.
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La BCE joue la carte de l’apaisement
La Banque centrale européenne (BCE) n'est pas aveugle. Elle ne saurait se résigner à observer, les bras croisés, le ralentissement de la zone euro, en particulier de ses économies majeures. En 2024, la BCE a ainsi décidé de procéder à quatre baisses successives des taux d'intérêt. Son principal taux, celui de la facilité de dépôt, qui s’élevait encore à 4 % en juin dernier, se situe désormais à 3 %.
Dès lors, les taux d’intérêt en zone euro s'approchent de ce seuil jugé « neutre » pour l'économie. « Si la diminution de l'inflation se confirme au cours des prochains trimestres, comme nous l’anticipons, il serait raisonnable de continuer à réduire les taux, sans relâcher l'effort, jusqu'à atteindre ce taux neutre d'ici l'été prochain », déclare François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Ce taux, selon les estimations de la BCE, se situe en moyenne autour de 2 % en zone euro.
Ainsi, l'institution européenne pourrait abaisser ses taux jusqu'à un niveau proche de 2 % d’ici à l’été.
Une telle décision, selon lui, favoriserait « le financement optimal de l’économie, le recul du taux d’épargne des ménages, ainsi que la reprise du secteur immobilier ».
Toutefois, un bémol persiste : l'inflation en zone euro a fait un léger bond en décembre, atteignant 2,4 % sur douze mois, contre 2,3 % en novembre. Cette légère poussée a été alimentée en grande partie par une hausse modérée des prix de l'énergie.
La Chine : le spectre d'un grand ralentissement
L'économie chinoise poursuit son ralentissement. Il semble peu probable que l'objectif de 5 % de croissance soit atteint en 2024. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit en effet une expansion de l'économie chinoise limitée à 4,8 % pour l'année à venir.
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Un ralentissement structurel ?
En Chine, les ventes de détail ont déçu en novembre, n'affichant qu'une croissance de 3 % en rythme annuel, loin des 5 % espérés.
Les investissements, bien que toujours en hausse, sont également inférieurs aux attentes, progressant de 3,3 % contre 3,5 % anticipé.
Côté production, le secteur industriel a enregistré une performance solide (+5,4 % en rythme annuel), tout comme le secteur des services (+4,7 %).
Autre point positif, la confiance des directeurs d'achats s'est améliorée en décembre, offrant une agréable surprise dans le secteur des services, où l'indice PMI a bondi de 50 à 52,2. En revanche, dans le secteur manufacturier, l'indicateur est resté quasi stable, passant de 50,3 à 50,1. Néanmoins, la consommation reste atone.
Les exportations demeurent un des principaux moteurs de la croissance, représentant 2 points au troisième trimestre, sous l'effet d'une nette baisse des prix.
Pour mieux saisir l'ampleur des difficultés actuelles de l'économie chinoise, Wilfried Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Finance, souligne : « La Chine est capable de produire à elle seule 90 % des batteries au lithium, 120 % des climatiseurs, et même 140 % des panneaux solaires demandés dans le monde ! Pourtant, malgré un rythme d'exportation soutenu – le pays représentant 14 % des exportations mondiales de biens – cela ne suffit pas, et plus de 30 % des entreprises industrielles du pays enregistrent des pertes. »
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Le moral des acteurs économiques au plus bas ?
Ces difficultés se reflètent également dans le secteur immobilier, qui peine à sortir de la crise dans laquelle il est plongé. Les mesures annoncées en octobre par le gouvernement chinois n'ont semble-t-il pas produit les effets escomptés. Les ventes de nouveaux logements ont chuté de 17,1 % au troisième trimestre, tout comme les prix, qui ont reculé de 6 % sur la même période.
Wilfried Galand se montre par ailleurs prudent lorsqu'il s'agit d'évaluer la situation économique de la Chine : « Le moral des ménages et des entreprises privées reste faible. Les enquêtes auprès des directeurs d'achat du secteur manufacturier flirtent depuis l'été avec les seuils de contraction, les salaires stagnent et le chômage des jeunes a repris sa hausse, atteignant plus de 19 % malgré la révision méthodologique opérée cet été. »
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Un nouveau plan de relance pour convaincre les marchés financiers ?
Conscients des défis auxquels le pays fait face, ainsi que des éventuelles complications que pourrait engendrer le retour au pouvoir de Donald Trump, les dirigeants chinois ont d'ores et déjà annoncé un nouveau cycle de soutien économique pour l'année 2025.
Le Politburo sous la direction du président Xi Jinping a pris l'engagement d'adopter une politique monétaire « modérément souple » en 2025, une décision qui laisse présager de nouvelles baisses des taux d'intérêt et la fin d'une stratégie jugée « prudente ».
Certains analystes prévoient que Pékin pourrait augmenter le déficit budgétaire à hauteur de 3 % lors de la session parlementaire annuelle qui se tiendra en mars. Toutefois, à ce jour, le Politburo n'a pas encore divulgué d'objectifs économiques précis ni de mesures détaillées qui pourraient être mises en œuvre.
Selon Lisheng Wang, analyste chez Goldman Sachs China : « L’assouplissement budgétaire portera principalement la responsabilité de stabiliser la croissance, mais sa composition sera probablement bien différente des cycles passés, mettant davantage l'accent sur la consommation, la production de haute technologie et la gestion des risques, plutôt que sur les investissements traditionnels dans l’infrastructure et l’immobilier. »
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Le bilan des marchés financiers
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Un mois de décembre décevant …
En décembre, les marchés financiers ont offert un tableau contrasté. Les places boursières des économies développées ont marqué une pause.
L'indice MSCI Monde a enregistré un repli de 2,6 %, témoignant de prises de bénéfices et d'une prudence accrue face aux incertitudes pesant sur les orientations monétaires de l'année à venir. Aux États-Unis, le S&P 500 a reculé de 2,5 %, affecté par une révision des attentes concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale.
En Europe, le MSCI Europe hors Royaume-Uni a également terminé en territoire négatif, reflétant des perspectives économiques assombries. En revanche, l’Asie a fait preuve d’une plus grande résilience, notamment en Chine, où les marchés ont bénéficié de nouvelles mesures de relance, et au Japon, qui a affiché une progression notable de 4,3 % en monnaie locale, soutenu par un yen affaibli et des réformes économiques structurelles.
Enfin, les marchés financiers émergents se sont globalement mieux comportés que leurs homologues des pays développés, portés par des flux financiers positifs, notamment en direction de Taïwan.
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… mais une année 2024 remarquable
En 2024, les marchés financiers ont offert une performance remarquable, reflétant l'absence de récession, bien que marqués par des dynamiques régionales contrastées.
Aux États-Unis, la domination fut éclatante. Le S&P 500 a enregistré une progression spectaculaire de +25 %, propulsé par la vigueur des grandes entreprises technologiques et une économie résiliente, affichant une croissance moyenne trimestrielle du PIB de 2,6 %.
En Europe, en revanche, les marchés financiers ont affiché une performance plus modeste (+8,1 %), freinés par la faiblesse persistante du secteur manufacturier et des turbulences politiques en France et en Allemagne.
En Asie, les actions chinoises ont connu un net rebond en fin d’année (+19,8 %), porté par une série d’annonces gouvernementales visant à stimuler la demande intérieure. Le Japon, quant à lui, a vu ses indices progresser de +20,5 %, soutenus par des réformes structurelles ambitieuses et une inflation maîtrisée.
Les marchés financiers émergents ont enregistré une hausse de +8,1 %, grâce aux solides performances de l’Inde et de Taïwan. Cependant, l’Amérique latine s’est trouvée en retrait, peinant à suivre le rythme de ses homologues.
Les marchés actions
En Europe, les valorisations boursières apparaissent nettement plus attractives qu’aux États-Unis, étant situées sous leur moyenne historique.
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Des situations économiques contrastées
La Banque centrale européenne (BCE) semble appelée à poursuivre la réduction de ses taux à un rythme plus soutenu que celui de la Réserve fédérale américaine (Fed). Elle bénéficie, en effet, d'une inflation désormais proche de son objectif cible et de l’apaisement des craintes d’un retour d’un rebond inflationniste. Cette politique pourrait, en théorie, constituer un levier pour dynamiser l’investissement en Europe.
Toutefois, les perspectives pour 2025 laissent entrevoir une croissance robuste outre-Atlantique, bien que légèrement atténuée par rapport à 2024. Les prévisions placent ainsi la progression de l’économie américaine au-delà de 2 %, tandis que celle de l’Europe devrait plafonner autour de 1 %.
Cette divergence illustre l’exceptionnalisme économique des États-Unis, porté par une politique budgétaire audacieusement expansionniste, favorable à l’investissement, malgré la persistance de taux directeurs élevés. En revanche, l’Europe demeure bridée par une rigueur budgétaire renforcée, limitant ainsi ses capacités d’action pour stimuler son activité économique.
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Une concentration de la performance des marchés financiers sur les grandes valeurs technologiques
La vigueur de la consommation américaine et la robustesse de l’investissement, stimulées par une baisse de la fiscalité et une intensification de la déréglementation, incitent à privilégier cette région malgré des niveaux de valorisation élevés. Bien que l’été ait marqué un certain recul dans la concentration des performances, initialement dominées par les grandes valeurs technologiques américaines, ces dernières ont su maintenir leur avance et surperformer le marché en fin d’année.
Cependant, les mesures pro-business et propices à la croissance pourraient également profiter à d’autres segments, en particulier aux petites et moyennes capitalisations, davantage tournées vers le marché domestique. En revanche, l’Europe demeure entravée par des défis politiques locaux et des tensions géopolitiques, invitant à la prudence vis-à-vis de la zone euro. Et ce, malgré les espoirs placés dans un assouplissement monétaire à venir et des valorisations attractives. Enfin, la nouvelle coalition gouvernementale en Allemagne est attendue avec intérêt, notamment pour sa capacité potentielle à impulser une dynamique d’investissement renouvelée dans le pays.
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Des actions américaines toujours privilégiées
Dans ce contexte, nous maintenons une allocation privilégiant les actions américaines, au détriment de leurs homologues européennes et émergentes. Néanmoins, certaines opportunités de croissance subsistent au sein de segments spécifiques, rappelant l'importance d'une approche rigoureuse et ciblée dans la sélection des titres.
Parmi les marchés émergents, notre préférence se porte sur l’Inde et Taïwan, deux économies que nous jugeons capables de continuer à attirer des flux d’investissements significatifs dans la région. À l’inverse, nous demeurons prudents vis-à-vis de la Chine, où la crise persistante du secteur immobilier assombrit l’horizon économique. De surcroît, les risques associés à une politique commerciale agressive, que Donald Trump semble vouloir intensifier, pourraient constituer un frein supplémentaire à la dynamique chinoise.
Toutefois, cette situation pourrait pousser le gouvernement chinois à intensifier ses mesures de relance économique, notamment en stimulant la demande intérieure. Les récentes données macroéconomiques laissent entrevoir quelques signes d’amélioration, avec notamment une légère reprise du moral des acteurs dans le secteur des services. Ces évolutions pourraient, à moyen terme, ouvrir la voie à des perspectives plus encourageantes pour l’économie chinoise.
Les marchés financiers obligataires
La hausse des taux d'intérêt observée au cours du dernier trimestre, en particulier aux États-Unis, traduit les inquiétudes face à une pression inflationniste grandissante, potentiellement exacerbée par les politiques commerciales et migratoires que l'administration Trump pourrait mettre en place.
Cette dynamique ouvre une nouvelle opportunité d'investissement intéressante dans le domaine des obligations. Nous réaffirmons ainsi notre position favorable envers cette classe d'actifs, tout en prenant soin de considérer les disparités existantes et en maintenant des préférences spécifiques selon les segments du marché obligataire.
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La dette souveraine
Les obligations américaines offrent un rendement réel plus élevé que celles d'Europe, et ce, malgré une inflation plus importante. La pente de la courbe des taux s'est également inversée de manière plus marquée aux États-Unis, ce qui accentue l'attrait pour les maturités longues.
Les rendements des obligations d'État à long terme sont soutenus, en particulier, par des perspectives de croissance toujours solides aux États-Unis, avec une prévision de +2,2 % pour 2025. Toutefois, il convient de rester vigilant face à la volatilité des taux, qui devrait demeurer élevée, notamment en raison des effets inflationnistes potentiels induits par la politique commerciale et migratoire envisagée par Donald Trump. La récente hausse des taux à long terme aux États-Unis pourrait être perçue comme une occasion d'achat, offrant des valorisations plus attractives.
Dans ce contexte, nous privilégierons actuellement les placements monétaires aux obligations souveraines européennes. Bien que cette solution reste une option d'attente, en raison de la tendance baissière des taux directeurs de la BCE, les rendements peu stimulants des obligations souveraines européennes – et ce, malgré l'augmentation des rendements à long terme en 2024 – rendent les placements monétaires plus avantageux.
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La dette corporate
Les taux de défaut devraient demeurer en deçà de la moyenne historique. Notre attention se concentre principalement sur la robustesse des bénéfices des entreprises ainsi que sur l'évolution de la situation économique en Europe.
Bien que les rendements du crédit aient enregistré une baisse en 2024, le portage restera avantageux en 2025, avec des niveaux de rendements réels positifs.
Le marché européen
En Europe, nous privilégions le crédit investment grade par rapport aux obligations souveraines, en raison du rendement plus attractif offert par le crédit et des spreads qui, bien qu’ayant diminué, demeurent supérieurs à leurs niveaux historiques. Ainsi, nous favorisons l’Investment Grade à l’High Yield, au regard des risques pesant sur l’activité économique européenne.
Le segment de la dette à haut rendement peut être envisagé comme une source de diversification sur les marchés financiers permettant d’optimiser le rendement attendu. Toutefois, il convient de privilégier les durées courtes, inférieures à deux ans, ainsi que les notations de crédit élevées. L'absence de perspective de récession pour 2025 demeure favorable à ces entreprises, mais la sensibilité du segment à haut rendement à une dégradation de l’activité économique européenne reste plus marquée que pour les entreprises les mieux notées.
Le marché américain
Aux États-Unis, au regard des perspectives de croissance solides et de la robustesse des bilans des entreprises américaines les mieux notées, soutenues par une politique fiscale avantageuse, les spreads devraient demeurer serrés. Le risque baissier concernant les valorisations du crédit investment grade américain reste faible. En outre, les perspectives favorables pour le dollar en 2025, avec un différentiel de taux d’intérêt en faveur des taux américains, suggèrent que le portage sur des niveaux de rendements attractifs pourrait être bénéfique.
Concernant le segment à haut rendement, nous restons prudents, en raison des risques haussiers liés à une possible remontée des taux en cas de retour de l'inflation aux États-Unis, ce qui serait défavorable aux sociétés les plus fragiles.
Les obligations financières ont été l’un des segments obligataires les plus performants en 2024 sur les marchés financiers, continuant de servir des rendements plus attractifs que le reste de la classe investment grade. La dette financière subordonnée émise par de grandes banques investment grade s’avère particulièrement attractive. Une prime de risque est offerte en contrepartie d’un risque plus élevé (le remboursement dépendant de celui des autres créanciers), mais ce risque reste soigneusement maîtrisé pour des émetteurs de qualité, dont les bilans ont été renforcés par le durcissement continu de la réglementation bancaire.
Les marchés financiers alternatifs
Dans le cadre de nos stratégies de gestion prudente, nous continuons de privilégier les approches alternatives long/short sur les actions, en particulier dans des marchés actuellement en difficulté, tels que l’Europe. Ces stratégies se révèlent particulièrement adaptées pour naviguer dans un contexte d’incertitude, offrant à la fois une protection contre les baisses et un potentiel de surperformance dans des conditions de marché complexes.
En permettant aux gérants de tirer parti des inefficiences du marché, les stratégies long/short offrent la possibilité de prendre des positions longues sur des actions sous-évaluées et des positions courtes sur celles jugées surévaluées. Cette flexibilité s’avère cruciale dans des environnements volatils, car elle permet une décorrélation par rapport aux indices traditionnels.
Les produits structurés
Véritables alternatives aux marchés financiers classiques, les produits structurés offrent la possibilité de s’exposer à une diversité de marchés tout en personnalisant le niveau de risque et les rendements cibles. La récente hausse des taux observée au cours des deux derniers mois a largement profité aux produits adossés à des sous-jacents obligataires, permettant de capter des opportunités de rendement qui se révèlent souvent plus attractives que celles d’une exposition directe aux marchés obligataires.
De surcroît, ces produits structurés ouvrent des perspectives intéressantes sur les marchés actions, notamment grâce à des structures plus complexes. Ils représentent ainsi une alternative pertinente pour les investisseurs désireux de s’exposer aux actions tout en atténuant la volatilité propre à cette classe d’actifs. Cette flexibilité en fait une solution stratégique de choix pour diversifier et optimiser un portefeuille dans le contexte actuel.
Les actifs non cotés : Private Equity et Private Debt
L’intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les actifs non cotés persiste, même dans un contexte économique marqué par des incertitudes. Cette dynamique, soutenue par la baisse progressive des taux d’intérêt en 2024, oriente également les flux de capitaux vers des fonds désormais plus accessibles au grand public.
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Un horizon qui s’éclaire
Bien que le marché fasse preuve d’une certaine prudence, notamment en raison des incertitudes politiques et économiques, nous demeurons confiants quant au potentiel du private equity. Les stratégies secondaires, en particulier, continuent d'attirer l'attention en raison de leurs opportunités de valorisation prometteuses. Par ailleurs, les fonds de co-investissement, toujours au cœur de nos priorités, offrent une combinaison subtile d'optimisation des rendements et de maîtrise des coûts.
Les stratégies de dette privée, telles que la dette mezzanine et le growth buyout, gagnent en popularité pour accompagner les entreprises en phase de croissance. De plus, le capital-risque, particulièrement dans les secteurs technologiques et ceux liés à la transition énergétique, connaît un renouveau, offrant ainsi des perspectives enthousiasmantes pour les startups innovantes.
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L’allocation conseillée
Pour exploiter pleinement le potentiel des investissements non cotés tout en maîtrisant les risques, nous recommandons une stratégie diversifiée et résolument orientée vers le long terme. Cette approche comprend :
- Des stratégies secondaires, gages de stabilité et de rendements solides.
- Une exposition au capital-risque, visant des opportunités à fort rendement dans des secteurs à la pointe de l’innovation.
- Des investissements dans le LBO (Leveraged Buyout), permettant de tirer parti de l’effet de levier.
- Le growth equity, qui offre la possibilité de profiter de la croissance d’entreprises matures et prometteuses.
- La dette mezzanine, avec ses taux attractifs, comme un outil essentiel de diversification.
Face aux évolutions constantes de l’environnement économique, cette allocation vise à allier performance et gestion proactive des risques. Nous restons vigilants quant à l’évolution du marché, tout en capitalisant sur les opportunités qu’il offre, en particulier dans les secteurs stratégiques tels que la santé et la transition énergétique.

Les meilleurs placements pour 2025
Les placements boursiers ont connu une année faste en 2024. Les indices américains, avec le S&P 500 et le Nasdaq en tête, ont enregistré des performances insolentes, dépassant les 30 %. Même le DAX allemand, alors que l’économie nationale flirte avec la récession, affiche une progression de près de 20 % !
Les marchés obligataires n’ont pas été en reste, et le crédit noté « high yield » se distingue parmi les leaders des classements de performance, tant en Europe qu’aux États-Unis, à l’égal de la dette émergente.
En France, le tableau est plus sombre. L’instabilité politique et le déficit public vertigineux ont inquiété les investisseurs. Le CAC 40, ainsi, enregistre une chute de 2 % sur l’année civile écoulée.
Ces incertitudes se font également ressentir sur le marché immobilier. À Paris, les prix reculent de près de 7 %.
Quels placements privilégier dans ce contexte ?
Loin de succomber à l'attentisme, nous pensons que les périodes d’incertitude peuvent offrir des opportunités d’investissement uniques. Dans un environnement marqué par des baisses de taux et une instabilité économique, particulièrement en Europe et en Chine, trois placements se démarquent : l’immobilier, les marchés obligataires et le private equity.

1. L’Immobilier résidentiel Parisien
Après plusieurs années de forte progression, le marché immobilier parisien marque une pause depuis 2022. Selon les chiffres communiqués par le Conseil supérieur du notariat, les prix ont reculé de 5,7 % en 2023, puis de 6,7 % en 2024. Ainsi, le prix moyen au mètre carré avoisine désormais les 9 500 € dans la Ville Lumière.
Cependant, des signaux encourageants laissent entrevoir une reprise. La production de crédits repart à la hausse, tandis que les taux d’intérêt amorcent une baisse progressive.
Le contexte
Le marché immobilier semble enfin toucher son point d’équilibre après près de deux années de déclin.
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Des indicateurs encourageants
Comme le dit l’adage, après la pluie vient le beau temps. En 2024, le nombre de transactions immobilières en France a chuté de 17 %, avec seulement 780 000 transactions enregistrées sur les douze derniers mois, contre 1,13 million en 2022. La contraction a été encore plus marquée pour les crédits immobiliers, en baisse de 56 % par rapport au pic de 2022.

Fort heureusement, à partir du deuxième trimestre, les chiffres ont commencé à s’améliorer. Les grands indicateurs influençant le marché immobilier parisien s’orientent désormais à nouveau dans le bon sens. Les banques, en particulier, ont relancé la production de crédits immobiliers, facilitant ainsi l’accès au financement pour les acheteurs. Selon la Fédération bancaire française, la production de crédits à l’habitat s’est élevée à 10,4 milliards d’euros en octobre, marquant une reprise notable par rapport au creux de 6,9 milliards enregistré en mars 2024.
Autre bonne nouvelle : les taux d’intérêt sont en baisse. Sous l’impulsion de la Banque centrale européenne, le taux moyen d’un prêt immobilier sur 20 ans s’établit désormais à 3,5 %, contre 4,35 % en décembre 2023. Certains courtiers estiment même que les taux pourraient flirter avec la barre symbolique des 3 % dans les mois à venir.
Pourtant, Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office Scala Patrimoine, tempère : « Bien que cette perspective soit encourageante pour le marché parisien, il ne faut pas s’attendre à un retour aux taux proches de 1 % observés avant 2020. Cela dit, la correction des prix offre une véritable opportunité. Les acquéreurs sont en position de force, et il serait regrettable de ne pas en profiter. »
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Des marges de négociation plus importantes ?
Autre signe d’évolution favorable : les propriétaires se montrent plus disposés à négocier les prix. Marc Hofer, directeur du département immobilier de Scala Patrimoine et de l'Offre DEMARCEAU, confirme : « Les vendeurs acceptent désormais la réalité du marché. Les marges de négociation à l’achat s’élargissent, et il n’est pas rare de voir des baisses de l’ordre de 15 % dans les quartiers les plus prisés de Paris. »
La profondeur du marché s’est également accrue au dernier trimestre de l’année. Après les Jeux Olympiques, de nombreux biens ont été mis en vente, souvent à des prix trop élevés. Mais faute d’acheteurs, les vendeurs ont dû revoir leurs prétentions à la baisse.
Marc Hofer met notamment en avant deux cas concrets qu’il a rencontré : « un appartement de 27 m² dans le 7ᵉ arrondissement initialement affiché à 399 000 € n’a reçu aucune offre. Finalement négocié à 350 000 € avec des travaux à prévoir, il a trouvé preneur à un prix proche de 13 000 €/m², contre 17 000 €/m² avant la crise. Un autre bien, dans le 17ᵉ arrondissement, de 26 m² avec un balcon de 5 m², initialement proposé à 355 000 €, a été vendu pour 310 000 €, là aussi avec des travaux nécessaires. »
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Un optimisme retrouvé ?
L’élément le plus significatif reste peut-être la confiance retrouvée des ménages français. Depuis septembre, selon l’INSEE, les intentions d’achat immobilier progressent nettement (de -86 en février à -81 en novembre). Ce regain d’optimisme touche autant les particuliers que les professionnels.
L’instabilité économique et politique pourrait-elle freiner cette dynamique naissante ? La croissance économique reste anémique (+0,2 % au premier semestre 2024), alors que les tensions politiques perdurent. Mais Marc Hofer se veut toutefois rassurant : « Ces éléments ne semblent pas encore influencer directement les décisions des vendeurs ou des acheteurs. Nos clients cherchent avant tout des investissements patrimoniaux durables, indépendants des aléas économiques et politiques à court terme. »
Nos Convictions
Pour guider nos clients dans leurs investissements, nous appliquons un principe intemporel : « l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement ». Selon nous, l’attractivité d’un bien dépend avant tout de sa localisation.
C’est pourquoi nous privilégions les zones où la tension locative est forte. À cet égard, l’immobilier résidentiel parisien, en particulier les petites surfaces, reste un choix judicieux. Marc Hofer le souligne : « Paris est non seulement considérée comme la plus belle ville du monde, mais ses prix immobiliers restent attractifs à l’international. Investir à Paris, c’est miser sur l’émotion, le prestige, et la stabilité. Même en temps de crise, les prix à Paris évoluent positivement. »
Autre avantage notable : la forte demande locative. Les biens de qualité trouvent preneur rapidement, sans difficulté. Par ailleurs, les nouvelles réglementations énergétiques offrent des opportunités intéressantes pour acquérir des biens anciens à des conditions attractives, avec l’objectif de les rénover.
Enfin, l’immobilier parisien reste hétérogène. Chaque arrondissement répond à des dynamiques spécifiques. Il est donc crucial de faire preuve de sélectivité, tant dans le choix de l’emplacement que dans les conditions d’acquisition. Comme l’explique Marc Hofer : « Lors de la dernière crise, certains quartiers, comme les 4ᵉ, 6ᵉ, 7ᵉ et 8ᵉ arrondissements, ont nettement mieux résisté que d’autres. »
2. Les marchés obligataires
Le scénario idéal que nous avions esquissé il y a un an pour les marchés obligataires en 2024 s’est concrétisé : une baisse des taux dans un contexte d’inflation maîtrisée et un atterrissage en douceur de l’économie mondiale. Et pour 2025 ? Les indicateurs semblent toujours au vert, augurant une année pleine d’opportunités.
Le contexte
Après une longue période de désamour, les marchés obligataires ont retrouvé leurs lettres de noblesse. Attirés par des rendements attrayants, les investisseurs manifestent un appétit croissant pour les titres de dette, qu’il s’agisse d’obligations d’entreprise ou d’État. Les nouvelles émissions, tant sur le segment corporate que public, trouvent ainsi rapidement preneur.
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Un alignement des planètes en 2024
De nombreux facteurs favorables ont redonné de l’éclat aux marchés obligataires : la baisse des rendements monétaires, le ralentissement de l’inflation et la diminution des taux directeurs initiée par les banques centrales. Un alignement des planètes confirmé par Michael Lake, le directeur des investissements obligataires de Schroders : « Les obligations présentent des valorisations attrayantes. L’anticipation d’un recul de l’inflation renforce cet attrait, car elle préserve la valeur réelle des paiements d’intérêts tout en facilitant la baisse des taux d’intérêt par les banques centrales. »
En 2024, les investisseurs ont ainsi pu jouer sur les deux tableaux : le potentiel de revenu offert par les obligations et la réalisation de plus-values potentielles.
La plus grande confiance des investisseurs s’est également traduite par un resserrement des écarts de taux, ou spreads. L’écart de rendement entre les placements sûrs (comme ceux de l’Allemagne ou de la France) et ceux plus risqués (tels que la Grèce, le Portugal ou l’Espagne) s’est, en effet, significativement réduit. « Cette tendance reflète la confiance des investisseurs, désormais enclins à s’exposer davantage aux actifs risqués. Ce rétrécissement des spreads est le fruit d’une croissance économique robuste, d’une forte demande pour les obligations et d’anticipations d’un environnement macroéconomique favorable » abonde en ce sens Julien Houdain, le responsable de la gestion obligataire mondiale flexible chez Schroders.
Ce constat mérite toutefois d’être nuancé. Les taux des obligations à dix ans des grandes puissances étatiques – Allemagne, Royaume-Uni, France, États-Unis – ont connu une hausse significative, marquée par de profondes disparités entre les nations. Cette situation s’explique notamment par le poids du risque politique pesant sur les pays européens, conjugué à l’érosion des anticipations de baisse des taux directeurs et à la vigueur persistante de la croissance économique aux États-Unis.

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Des fondamentaux prometteurs
En 2025, les fondamentaux du marché du crédit devraient rester solides. La baisse attendue des taux directeurs par la BCE, et dans une moindre mesure par la FED, devrait continuer à offrir des rendements intéressants. « Lorsque les taux d’intérêt baissent, le prix des obligations augmente, car les paiements fixes qu’elles offrent deviennent plus attractifs par rapport aux autres investissements disponibles sur le marché » précise Michael Lake.
Par ailleurs, les bilans des entreprises inspirent confiance. Les taux de défaut des émetteurs restent proches de la moyenne des 25 dernières années, rassurant ainsi les investisseurs. Karim Chedid, responsable de l’équipe d’investissement EMEA chez BlackRock, traduit l’état d’esprit général des investisseurs obligataires à Morningstar : « Malgré une croissance morose en Europe, nous pensons que les fondamentaux des entreprises resteront solides. Nombre d’émetteurs se sont désendettés ces dernières années, partant ainsi d’une base financière saine. »
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Des zones d’ombre subsistent
L’évolution des risques politiques et géopolitiques pourrait hélas ternir ce tableau. L’incertitude demeure, notamment sur la scène américaine, où le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche pourrait bouleverser les équilibres. Son programme, axé sur des baisses d’impôts et une hausse massive des tarifs douaniers, a toutes les chances de raviver les pressions inflationnistes et de creuser le déficit public américain.
Dans une note transmise aux investisseurs, un analyste de Fidelity met ainsi en garde : « Les changements dans les droits de douane commerciaux pourraient accentuer les tensions sur les flux économiques internationaux. Or, cette hausse risquerait d’alimenter l’inflation à un moment où la Fed cherche à réduire les taux d’intérêt. »
En effet, la partie longue des taux d’intérêt américains a déjà grimpé en flèche ces dernières semaines, un signe que les investisseurs intègrent ces risques dans leurs anticipations.
Nos convictions
Bien que nous restions optimistes à l’égard des marchés obligataires, certains facteurs de risque nous incitent à faire preuve d’une grande sélectivité dans nos choix d’investissement.
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Les taux souverains
Les obligations américaines affichent un rendement réel supérieur à celui observé en Europe, et ce malgré une inflation plus élevée. Par ailleurs, la repentification de la courbe des taux a été plus marquée aux États-Unis, renforçant l’attrait des maturités longues. Ces dernières bénéficient notamment de perspectives de croissance toujours robustes, avec une progression attendue de +2,2 % en 2025.
Romane Azzopardi, responsable de la gestion financière chez Scala Patrimoine, met cependant en garde : « Les investisseurs devront rester vigilants face à une volatilité persistante des taux, exacerbée par les pressions inflationnistes probables liées aux politiques commerciale et migratoire annoncées par Trump. Néanmoins, la récente hausse des taux longs américains peut être perçue comme une opportunité d’achat, offrant des valorisations plus attractives. »
Dans ce contexte, nous privilégions les placements monétaires aux obligations souveraines européennes. Bien que ces placements monétaires constituent principalement une solution d’attente, en raison de la tendance baissière des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE), ils apparaissent plus attractifs. Les rendements peu compétitifs des obligations souveraines européennes, malgré une légère hausse sur les maturités longues en 2024, renforcent l’intérêt pour ces supports monétaires.
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Les obligations corporate
- En Europe
Bien que les taux de défaut devraient demeurer inférieurs à la moyenne historique, nous privilégions néanmoins les fondamentaux et les entreprises présentant des bilans solides. Dans cette optique, notre attention se porte sur la robustesse des bénéfices des entreprises et sur l’évolution de la situation économique en Europe.
Romane Azzopardi, responsable des convictions chez Scala Patrimoine, souligne : « Bien que les rendements du crédit aient diminué en 2024 (entre 70 et 150 points de base selon la notation crédit), le portage demeurera avantageux en 2025, avec des rendements réels positifs. »
En Europe, nous privilégions le crédit investment grade par rapport aux obligations souveraines, en raison du rendement plus attractif du crédit et des spreads qui, bien qu’ils se soient resserrés, restent au-dessus de leurs niveaux historiques. « En comparaison, les spreads du crédit investment grade aux États-Unis ont davantage diminué et se rapprochent des points bas historiques », précise Romane Azzopardi.
Nous favorisons ainsi l’Investment Grade plutôt que l’High Yield, en raison des risques qui pèsent sur l’activité économique en Europe. Nous nous efforçons de sélectionner des entreprises aux fondamentaux solides et aux bilans sains, gages de confiance pour les investisseurs étrangers.
« Le segment High Yield peut constituer une source de diversification afin d’amplifier le rendement attendu. Toutefois, il est préférable de privilégier les durées courtes (moins de 2 ans) et les notations crédit élevées. L'absence de perspective de récession pour 2025 reste favorable à ces entreprises, mais la sensibilité du segment High Yield à une dégradation de l’activité européenne demeure plus forte que celle du segment Investment Grade », observe Romane Azzopardi.
- Aux États-Unis
Aux États-Unis, compte tenu des perspectives de croissance robustes et de la solidité des bilans des entreprises américaines les mieux notées, soutenues par une politique fiscale avantageuse, les spreads devraient rester serrés. Le risque baissier sur les valorisations du crédit Investment Grade américain demeure faible. « Comme en Europe, avec des perspectives positives pour le dollar en 2025 et un différentiel de taux d’intérêt favorable aux États-Unis, nous estimons que le portage sur des rendements attractifs pourrait s'avérer bénéfique », ajoute Romane Azzopardi, responsable de la gestion financière du Multi Family Office Scala Patrimoine.
Concernant le segment High Yield, nous adoptons une posture prudente, compte tenu des risques haussiers sur les taux en cas de résurgence de l'inflation aux États-Unis, ce qui pourrait pénaliser les sociétés les plus fragiles.
Les obligations financières ont été l’un des segments les plus performants en 2024, continuant de délivrer des rendements plus attractifs que le reste de la classe Investment Grade. La dette financière subordonnée émise par de grandes banques Investment Grade se révèle particulièrement séduisante. Comme le précise Romane Azzopardi : « Une prime de risque est offerte pour un risque plus élevé (le remboursement dépend du règlement préalable des autres créanciers), mais ce risque est très maîtrisé lorsqu’il concerne des émetteurs de qualité, dont les bilans ont été renforcés par le durcissement continu de la réglementation bancaire. »
3. Le Private Equity
Le capital-investissement fait face à de nombreux défis, entre incertitudes économiques et ralentissement des levées de fonds. À l’aube de 2025, un redémarrage prudent est attendu, porté par des valorisations ajustées et une gestion plus active des portefeuilles. Malgré tout, le private equity conserve son potentiel, notamment grâce aux stratégies secondaires, à la dette privée et au capital-risque, ouvrant des perspectives prometteuses pour les investisseurs avisés.
Le contexte
L’attrait des investisseurs pour le private equity ne se dément pas, malgré les nombreuses incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale.
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Les atouts de la classe d’actifs
Le private equity a su s’imposer comme une composante incontournable de l’allocation d’actifs des investisseurs particuliers.
Mais comment expliquer un tel engouement ? Cette appétence s’explique avant tout par le besoin des investisseurs privés de diversifier leurs positions. En effet, le private equity offre un accès à des entreprises au profil bien différent de celles cotées en bourse. Les fonds de capital-investissement se concentrent sur des entreprises non cotées – start-ups, PME, ETI – à des étapes charnières de leur développement, lorsque leur potentiel de croissance est, en théorie, à son apogée.
Un autre atout majeur réside dans la proximité que ces fonds entretiennent avec les entreprises et leurs dirigeants. Cette relation privilégiée leur confère des leviers d’action significatifs pour orienter la stratégie des sociétés en portefeuille, favorisant ainsi un impact direct et concret sur l’économie réelle.
Enfin, sur le long terme, le private equity brille par ses performances. D’après une étude de France Invest, cette classe d’actifs a enregistré un taux de rendement interne (TRI) net de 14,2 % par an au cours des dix dernières années, consolidant ainsi sa position parmi les placements les plus attractifs.
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Une période de doute
Depuis 2021, avec le début de la guerre en Ukraine, le marché du private equity doit affronter un environnement économique marqué par une adversité croissante. La reprise tant espérée demeure également plus lente que prévu, révélant une attitude d'attentisme persistant au sein du secteur.
En France, ce ralentissement se traduit par une baisse des levées de fonds et une paralysie des transactions. Durant le premier semestre 2024, 14,7 milliards d’euros ont été investis dans 1 463 entreprises et projets d’infrastructure. Ce chiffre reste stable par rapport à la même période en 2023, mais accuse un recul de 4 milliards d’euros par rapport à 2022. Les levées de fonds, elles, enregistrent également un net repli : 13,3 milliards d’euros ont été mobilisés auprès des souscripteurs, soit une diminution de 8 milliards d’euros par rapport à 2022.
« Bien que ces tendances observées sur un premier semestre ne reflètent pas nécessairement l’ensemble de l’année, elles traduisent un marché qui n’a pas encore retrouvé sa pleine vigueur sur certains segments », reconnaît Bertrand Rambaud, président de France Invest.
Les incertitudes politiques des deux côtés de l’Atlantique contribuent à alimenter cette prudence généralisée. Nicolas Tixier, directeur national du Conseil Financier chez Grant Thornton, analyse ainsi la situation : « La création de valeur par les acteurs du capital-investissement reposera probablement, pour quelque temps encore, sur un travail approfondi sur les portefeuilles existants, via des stratégies de consolidation et de croissance externe. »
Cette posture attentiste est également soulignée par Adrien Tourbet, responsable des investissements non cotés chez Scala Patrimoine : « 2023 et 2024 furent deux années marquées par une certaine retenue des acteurs du private equity. Nous anticipons toutefois une reprise progressive du marché en 2025, portée par les grandes opérations sur le segment large cap. »
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Un redémarrage en douceur ?
En 2025, le marché du private equity nourrit l’espoir de tirer parti des mesures d’assouplissement monétaire adoptées par les banques centrales. Toutefois, Adrien Tourbet appelle à modérer les attentes les plus optimistes. « La baisse des taux ne suffira pas, à elle seule, à relancer le marché du capital-investissement. Pour cela, il faudra non seulement que les acteurs retrouvent confiance, mais également que les fonds s’adaptent aux nouvelles conditions du marché. Ces derniers devront revoir leurs exigences à la baisse afin de céder leurs actifs et ainsi faire remonter des liquidités à leurs actionnaires et favoriser ainsi de nouveaux réinvestissements. »
Actuellement, près de 2 600 milliards d’euros de transactions restent immobilisés dans les portefeuilles des fonds de private equity européens. Cette durée d’immobilisation, inhabituelle, prive les investisseurs de retours en numéraire et freine les futures levées de fonds. Cependant les fonds, après avoir accumulé d’abondantes liquidités (dry powder), devraient se lancer prochainement dans la course aux acquisitions.

Ces acquisitions pourraient d’ailleurs être facilitées par la baisse des valorisations. Alors qu’en 2020, les fonds déboursaient en moyenne 12,4 fois l’Ebitda pour leurs cibles, celle-ci est retombée à 9,9 fois l’Ebitda.
Adrien Tourbet confirme cette tendance : « Bien que les indices de valorisation doivent toujours être analysés avec un certain recul, ils reflètent néanmoins une évolution nette : les valorisations ont diminué au cours des trois dernières années. Cela dit, certains secteurs très prisés, comme celui de la santé, continuent de faire figure d’exception. »
D’autant que l’état de santé des entreprises ne suscite guère d’inquiétudes : leurs bilans restent, dans l’ensemble, relativement solides.
Nos convictions
Malgré les incertitudes qui jalonnent l'horizon économique, nous demeurons convaincus du potentiel offert par le private equity. Les stratégies secondaires, en particulier, se distinguent par des opportunités de valorisation prometteuses, tandis que les fonds de co-investissement continuent d’occuper une place centrale dans nos démarches, alliant l’optimisation des rendements à une gestion maîtrisée des frais.
Parallèlement, les stratégies de dette privée s’affirment comme des solutions de financement de plus en plus prisées. La dette mezzanine et le growth buyout, notamment, jouent un rôle clé en accompagnant les entreprises dans leurs phases de croissance, offrant ainsi des perspectives de développement solides. Quant au capital-risque, il bénéficie d’un nouvel élan, particulièrement dans les secteurs technologiques et ceux liés à la transition énergétique, ouvrant des horizons captivants pour les startups les plus innovantes.
Dans ce contexte, nous préconisons une stratégie résolument diversifiée et ancrée dans une vision de long terme. L’équilibre apparaît comme le maître-mot : une approche mesurée et réfléchie permet de saisir les multiples opportunités tout en atténuant les effets des soubresauts conjoncturels.
Conclusion
En conclusion, l'année 2025 se profile comme un terrain riche en promesses pour les investisseurs avisés. Toutefois, dans un contexte économique et politique aussi mouvant, il est essentiel de respecter quelques principes fondamentaux. Avant tout, la diversification demeure un pilier incontournable. Comme le souligne à juste titre Guillaume Lucchini, « c’est elle qui permet de répartir les risques en évitant de concentrer ses investissements dans une seule classe d'actifs ou un unique scénario de marché ». En diversifiant ses placements, on se prémunit contre les fluctuations négatives d’un secteur tout en tirant parti des opportunités qu’offrent d’autres marchés.
Ensuite, il est crucial d'adopter une approche régulière dans ses investissements, au fil de l'eau, plutôt que de céder à l'attente du « moment parfait ». Cette stratégie permet de lisser les prix d'achat, d'éviter les décisions impulsives et de mieux résister à la volatilité à court terme. Enfin, il ne faut jamais oublier que l'investissement est avant tout un jeu de patience. Comme le rappelle le président de Scala Patrimoine : « Adopter une vision à long terme permet de traverser les périodes turbulentes tout en restant focalisé sur l'objectif de valoriser votre capital sur plusieurs années ».
Une stratégie également conseillée par le brillant économiste américain Paul Samuelson, qui aimait dire : « Investir devrait plus ressembler à regarder de la peinture sécher ou à observer l’herbe pousser. Si vous recherchez de l'excitation, prenez 800$ et allez à Las Vegas. »
Décideurs Patrimoine : Adrien Tourbet décrypte le rôle des fonds infrastructures
Les infrastructures constituent l’épine dorsale du développement d’un pays. À l’heure où l’humanité fait face à une croissance démographique fulgurante, à une révolution numérique d’une ampleur inédite et à l’urgence impérieuse de la transition écologique, les défis sociétaux ne cessent de se multiplier. Dans ce contexte, les besoins d’investissements dans ce domaine atteignent des sommets. Et sur cet aspect, les fonds de private equity spécialisés dans les infrastructures jouent un rôle essentiel. Adrien Tourbet, responsable des investissements non cotés au sein du multi-family office Scala Patrimoine, analyse pour le magazine Décideurs Patrimoine leurs actions.
Des besoins colossaux
Les besoins mondiaux en infrastructures, estimés à 2 500 milliards de dollars par an sur les vingt prochaines années, dépassent largement les capacités financières des pouvoirs publics. Ce déficit de financement impose donc un recours aux capitaux privés. Les fonds de private equity dédiés à cette classe d’actifs suscitent d'ailleurs un intérêt grandissant des investisseurs en raison de leur stabilité, de leur faible corrélation avec les cycles économiques et de leur résilience face aux crises, qu’il s’agisse de la pandémie de Covid-19 ou de la guerre en Ukraine.
Adrien Tourbet confirme cette robustesse dans les colonnes de Décideurs Patrimoine : « cette classe d’actifs se distingue par sa résilience face aux turbulences économiques. Fournissant des services essentiels à la population, les infrastructures répondent à des besoins constants. Au fil des années, ces fonds ont démontré leur solidité, traversant sans encombre des crises majeures. »
Ces fonds se caractérisent également par des rendements souvent indexés sur l’inflation et se concentrent sur des actifs stratégiques : infrastructures essentielles (transport, énergie, bâtiments publics), numériques (centres de données, fibre optique) et écologiques (énergies renouvelables, gestion des déchets).
Une dynamique positive
Structurés en véhicules d’investissement fermés, généralement sur une durée de 10 à 15 ans, ces fonds se déploient sur des projets dits greenfields (projets naissants) ou brownfields (actifs matures). Le secteur des infrastructures connaît une croissance accélérée, soutenue par des levées de fonds records. À titre d’exemple, Brookfield a mobilisé 28 milliards de dollars, tandis qu’Antin Infrastructure Partners a levé 9,8 milliards d’euros. Selon les projections, ce secteur pourrait s’imposer comme la première classe d’actifs sous gestion d’ici 2026.
Une étude de France Invest révèle qu’en 2021, les acteurs français de l’infrastructure ont investi 8,9 milliards d’euros. Un chiffre qui a doublé depuis 2017. « Les infrastructures pourraient, dès 2026, surpasser l’immobilier pour devenir la première classe d’actifs sous gestion. Avec un volume estimé à 1 870 milliards de dollars » observe ainsi Adrien Tourbet.
Une classe d’actifs portée par « les investissements verts »
Portés par la transition énergétique, ces fonds contribuent à la décarbonation et à la modernisation des infrastructures. Ils stimulent également l’innovation tout en favorisant la création d’emplois.
Cependant, ils ne sont pas exempts de défis. La régulation, la faible liquidité, la concurrence accrue entre acteurs sont autant d’obstacles à surmonter.
Malgré ces contraintes, Adrien Tourbet conclut sur une note optimiste : « Les fonds de private equity jouent un rôle de catalyseur économique. En modernisant les infrastructures, ils soutiennent la croissance, stimulent les avancées technologiques et encouragent la création d’emplois locaux. »
Loi spéciale 2025 : les conséquences sur votre patrimoine
La motion de censure a fait l’effet d’une bombe, dont les déflagrations continuent de se propager avec intensité. Le gouvernement Barnier a été renversé. Depuis, François Bayrou a pris les rênes, formant un nouveau gouvernement pour tenter de restaurer la stabilité politique.
Pourtant, l’urgence persiste. Le budget 2025 n’a pu être adopté dans les délais impartis, ouvrant la voie à une crise budgétaire. Afin d’éviter l’impasse d’un « shutdown » paralysant, une loi exceptionnelle a ainsi été promulguée le 20 décembre dernier. Cette mesure transitoire doit permettre au pays de fonctionner jusqu’à l’adoption définitive du budget.
Ce n’est cependant pas la première fois que la République se trouve dans une telle situation. En 1980, le gouvernement de Raymond Barre avait dû présenter en urgence une loi permettant de percevoir les impôts existants, après que le Conseil constitutionnel avait censuré la loi de finances pour vice de procédure.
Qu’est ce que la loi spéciale ?
La loi de finances pour 2025 est morte ! Vive la loi spéciale. Une loi dite spéciale s’est, en effet, substituée au projet de loi de finances (PLF) initial. La Constitution autorise le gouvernement, en cas d’impossibilité de voter le budget dans les délais, à déposer un « projet de loi spéciale ».
Présentée devant l’Assemblée nationale, cette loi vise à garantir les ressources nécessaires pour assurer la continuité de la vie nationale. En d’autres termes, son objectif unique est de préserver le fonctionnement régulier des services publics en 2025.
Cette loi n’a pas vocation à remplacer le budget, mais à gérer une situation provisoire. Son périmètre est strictement limité : elle autorise uniquement la perception des impôts et des ressources publiques indispensables au financement des dépenses essentielles.
Concrètement, les fonctionnaires recevront leur salaire, et les retraités leurs pensions. Cependant, aucune dépense nouvelle ou non essentielle ne peut être engagée. Laurent Saint-Martin, ancien ministre du Budget, décrit d'ailleurs cette loi comme un « pis-aller », un simple moyen de limiter les dégâts en attendant une solution durable.
Les discussions budgétaires entre le gouvernement et les parlementaires se poursuivent donc, et un accord est espéré d’ici la fin février.
Les principales conséquences sur votre patrimoine
Les principales mesures fiscales et économiques prévues dans le projet de loi initial ne verront pas le jour, du moins pour l’instant.
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Le projet de loi de finances relégué aux oubliettes
Présenté en septembre par Antoine Armand, ministre de l’Économie, le projet de loi de finances 2025 portait les ambitions politiques du précédent gouvernement. Parmi les mesures désormais abandonnées figurent la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et les dispositifs destinés à soutenir le marché immobilier (extension du prêt à taux zéro).
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Les retraités
Initialement, le projet prévoyait de retarder de six mois l’indexation des pensions. Avec la censure du gouvernement, cette disposition est abandonnée. Les retraités bénéficieront donc d’une revalorisation automatique de 2,2 % dès le 1ᵉʳ janvier 2025.
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Les dirigeants partant à la retraite
Sans autres mesures prises par les parlementaires, l’abattement de 500 000 € pour départ à la retraite du dirigeant d’entreprise (Article 150 O-D Ter du Code Générale des impôts) ne s’appliquera plus pour les cessions signées à partir du 1er janvier 2025.
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Le barème de l’impôt sur le revenu
Pour la première fois depuis des années, le barème de l’impôt sur le revenu n’a pas été ajusté pour tenir compte de l’inflation. Mais l’espoir n’est pas perdu ! Les parlementaires disposent encore de plusieurs mois pour parvenir à un accord.
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La baisse du taux du PEL
Le taux d'intérêt nominal annuel applicable à la rémunération des Plans Épargne Logement (PEL) ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2025 s'établit à 1,75 %. En comparaison, les PEL ouverts en 2024 bénéficiaient d’un taux plus avantageux, fixé à 2,5 %.
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Le clap de fin pour le dispositif Pinel
Le dispositif Pinel de défiscalisation immobilière arrive à son terme. Et les parlementaires ne semblent pas enclins à le proroger.
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Les performances énergétiques d’un logement
Sauf modifications décidées par les parlementaires dans les mois à venir, la mise en location d’un logement situé en métropole et classé G est interdite depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, lorsque le bien sert de résidence principale au locataire. Par ailleurs, la vente d’un logement classé E impose désormais la réalisation obligatoire d’un audit énergétique.
Les mesures soutenues par le gouvernement
Au cours des prochaines semaines, le Gouvernement entend défendre la prolongation des mesures fiscales suivantes :
- le crédit d’impôt collection (CIC) ;
- l’exonération d'impôt sur les sociétés sur les revenus patrimoniaux des établissements scientifiques, d'enseignement et d'assistance ;
- la réduction d’impôt Loc’Avantages ;
- le crédit d'impôt au titre des dépenses de remplacement pour congé de certains exploitants agricoles ;
- le crédit d’impôt au titre de l’obtention d’un label haute valeur environnementale (HVE) ;
- l’abattement sur la plus-value sur l'actif professionnel lors du départ en retraite du chef d’entreprise ;
- la suppression de la réduction d’impôt au titre des dépenses engagées pour la tenue de la comptabilité et l’adhésion à un organisme de gestion agréé (OGA).
- les mesures d’incitation à la transmission des exploitations au profit des jeunes agriculteurs ;
Les discussions restent donc ouvertes, et de nouvelles mesures pourraient encore être ajoutées au fil des débats parlementaires.
Le rêve spatial de The Exploration Company prend forme
The Exploration Company poursuit son ambition céleste. La jeune start-up franco-allemande vient de lever 150 millions d’euros, une somme qui lui permettra d’achever la conception de la toute première capsule spatiale européenne. Une prouesse technologique dont le vol inaugural se déroulera en 2028.

Un marché stellaire de 300 milliards de dollars
Le domaine de la logistique spatiale ne cesse de captiver les investisseurs, séduits par des perspectives des plus prometteuses. La multiplication des stations spatiales en construction et l’augmentation des missions habitées contribuent à l’essor fulgurant de ce secteur, dont la valeur pourrait atteindre 300 milliards de dollars d’ici la décennie 2030.
« Aujourd’hui, seuls trois pays maîtrisent l’art complexe des capsules spatiales : la Chine, la Russie et les États-Unis », explique Hélène Huby, cofondatrice et présidente de The Exploration Company. Mais l’horizon s’élargit. Des nations comme l’Inde, l’Australie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis aspirent également à se hisser parmi les puissances spatiales.
L’Europe, loin de rester spectatrice, entend bien prendre sa part dans cette course vers les étoiles. La création de The Exploration Company en 2021 incarne cette ambition politique : concevoir un cargo spatial réutilisable et ravitaillable, et faire émerger l’un des leaders mondiaux de la conquête spatiale.
Le rêve européen
Malgré les sommes colossales en jeu, les entreprises privées prennent peu à peu le relais des États. À l’avant-garde de cette révolution, SpaceX, dirigée par Elon Musk, incarne cette nouvelle ère où les initiatives privées s’imposent comme le moteur du progrès.
Pour Hélène Huby, cofondatrice de The Exploration Company, un tel projet ne pouvait voir le jour qu’à l’échelle européenne. « Si nous voulons bâtir un géant mondial, cela doit se faire entre pays européens. 98 % de nos actionnaires viennent du continent, ce qui prouve que l’Europe est prête à soutenir des entrepreneurs audacieux », affirme-t-elle avec une conviction sans faille.
Pilotée par d’anciens ingénieurs d’Airbus et d’ArianeGroup, The Exploration Company nourrit une ambition forte : réduire de moitié le coût des vols spatiaux, et plus particulièrement le prix au kilogramme des objets envoyés dans l’espace. Son vaisseau spatial sera capable de transporter jusqu’à 4 000 kg de fret vers les stations orbitales, avant de ramener sur Terre une charge de 3 000 kg, établissant ainsi un record mondial pour la masse descendante.
Autre prouesse : le cargo sera conçu pour être réutilisable, rendant les missions spatiales à la fois plus durables et plus économiques. Toutefois, le calendrier s’annonce serré. Le deuxième vol prototype est prévu pour 2025, tandis que le premier vol opérationnel du Nyx Earth, destiné à acheminer du fret pour l’Agence spatiale européenne (ESA) vers la Station spatiale internationale, est programmé pour 2028.
Bien que le projet en soit encore à ses débuts, l’entreprise, implantée à Bordeaux et à Munich, connaît déjà un succès retentissant, avec un carnet de commandes bien rempli. 800 millions d’euros de contrats ont déjà été signés, notamment avec les stations spatiales privées américaines Axiom, Space et Starlab, ainsi qu’avec l’ESA.
Une levée de fonds record !
Et la start-up se donne les moyens de ses folles ambitions. Elle vient, en effet, de boucler la plus importante série B jamais réalisée en Europe dans le domaine du New Space.
Sous la conduite des fonds Balderton Capital et Plural, ce tour de table s’est matérialisé par une levée de fonds exceptionnelle de 160 millions de dollars. De nouveaux investisseurs prestigieux ont rejoint l’aventure, parmi lesquels Bessemer Venture Partners, NGP Capital, French Tech Souveraineté (géré par Bpifrance), le DeepTech & Climate Fund (DTCF) et Bayern Capital. Par ailleurs, des partenaires historiques tels qu’EQT Ventures, Red River West, Cherry Ventures, Promus Ventures et Omnes Real Tech Fund ont renouvelé leur confiance à travers des réinvestissements significatifs.
Pour la première fois, deux fonds souverains européens unissent leurs forces dans un projet commun : French Tech Souveraineté – l’un des piliers du plan France 2030 – et le DTCF, financé par le « Zukunftsfonds » et l’ERP Special Fund. Ce partenariat inédit témoigne de l’ambition européenne dans le secteur spatial.
Grâce à ce financement, le montant total des fonds levés par l’entreprise dépasse désormais les 230 millions de dollars. Ces ressources seront allouées au développement et aux tests du vaisseau Nyx, à l’expansion d’une équipe déjà forte de 200 collaborateurs, ainsi qu’à l’accroissement des capacités de production de l’entreprise.
Attachez vos ceintures, le décollage est imminent !