Assurance-vie luxembourgeoise : pourquoi les investisseurs français se tournent massivement vers le Grand-Duché
L’assurance-vie luxembourgeoise continue d’attirer un nombre croissant d’investisseurs. Selon les chiffres publiés par l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances du Grand-Duché du Luxembourg (ACA), la collecte sur ces contrats a progressé de 20,3 % en 2025, atteignant 16,4 milliards d’euros. Une dynamique qui était déjà très spectaculaire l’année précédente, avec une hausse de 58,1 %.
Au-delà des qualités propres au contrat luxembourgeois, cet engouement s’explique aussi par le climat d’incertitude politique et fiscale qui s’installe en France.
Quels sont les avantages du contrat luxembourgeois ?
Le contrat luxembourgeois s’est imposé au fil des années comme un véritable outil d’ingénierie patrimoniale, particulièrement adapté aux investisseurs évoluant dans un contexte de mobilité internationale.
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La neutralité fiscale
L’assurance-vie du Grand-Duché repose sur un principe simple : elle s’adapte à la fiscalité du pays de résidence du souscripteur. Autrement dit, c’est le régime fiscal du pays dans lequel réside fiscalement l’épargnant qui s’applique.
Ce mécanisme permet notamment d’éviter les situations de double imposition. Un non-résident ne sera donc pas imposé au Luxembourg. Par nature, ce type de contrat s’adresse ainsi particulièrement aux investisseurs disposant d’une forte mobilité géographique.
Le dispositif répond notamment aux besoins des sportifs de haut niveau, des cadres internationaux ou encore des entrepreneurs. Les footballeurs professionnels, par exemple, peuvent changer de club et de pays d’une saison à l’autre. Et parfois même en cours d’année à l’occasion du mercato hivernal.
Autre avantage, et non des moindres : ces contrats suivent le titulaire dans un nouveau pays. Sans qu’il ait besoin de les liquider.
« L’assurance-vie luxembourgeoise est un outil fantastique pour les clients qui sont dans un cadre de mobilité internationale. Un expatrié installé en Espagne, en Italie ou dans un pays du Moyen-Orient, par exemple, sera imposé selon la fiscalité du pays de résidence. Ce qui, dans la plupart des cas, lui sera plus favorable qu’en restant soumis au régime français », abonde Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office indépendant Scala Patrimoine.
Étant précisé qu’il ne s’agit pas d’une pratique offshore. Tout résident français peut ouvrir une assurance-vie au Luxembourg, à condition de la déclarer correctement. Cela se concrétise dans un cadre légal parfaitement défini.
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L’accès au « triangle de sécurité »
Le succès de l’assurance-vie luxembourgeoise repose en grande partie sur son fameux « triangle de sécurité ». Ce système simple sépare les rôles pour protéger les sommes placées par l’investisseur. L’assureur gère le contrat, l’assuré (l’investisseur) conserve ses droits, et une banque indépendante (le dépositaire) conserve les fonds, hors des actifs de l’assureur.
Contrairement à la France, où l’investisseur est un créancier ordinaire (appelé « chirographaire »), donc le dernier remboursé en cas de faillite, le Luxembourg place l’épargnant en tant que « superprivilégié ». Celui-ci devient ainsi créancier prioritaire sur la compagnie d’assurance : les fonds sont donc protégés en priorité, même si la compagnie fait faillite. Résultat ? Une sécurité renforcée pour l’investisseur.
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Une protection théorique contre le blocage des fonds (loi Sapin II)
Promulguée en 2016, la loi Sapin II permet au Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) de geler temporairement les rachats, arbitrages ou versements sur les contrats d’assurance-vie français en cas de crise financière majeure. Cette mesure, censée protéger le système, avait alors semé la panique chez les épargnants craignant de perdre l’accès à leur argent.
Bonne nouvelle : les contrats luxembourgeois échappent, en principe, totalement à cette règle du HCSF grâce à la réglementation européenne. Vos fonds restent disponibles, même en cas de tempête sur les marchés français.
Guillaume Lucchini, fondateur de Scala Patrimoine, nuance toutefois : « Bien que la loi Sapin II s'applique strictement aux contrats français et que les assureurs luxembourgeois relèvent de la Commission de surveillance du secteur financier (CAA), les marchés financiers européens sont interconnectés. L'État français pourrait potentiellement exercer une pression politique ou réglementaire sur le Luxembourg pour les résidents fiscaux français, via des accords bilatéraux ou des directives de l’UE, en cas de crise systémique majeure. »
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Une gestion plus diversifiée
L’assurance-vie luxembourgeoise offre un accès particulièrement large aux solutions d’investissement grâce à une logique d’architecture ouverte. Celle-ci donne accès à une large diversification de placements (titres vifs, OPCVM, fonds dédiés, private equity…), dans un environnement mondial. « La possibilité de diversification va toutefois de pair avec le montant des capitaux investis et la fortune du souscripteur », tient cependant à préciser Guillaume Lucchini.
Le souscripteur peut également choisir la devise dans laquelle est libellé son contrat (euro, franc suisse, dollar, livre sterling).
L’assurance-vie luxembourgeoise se distingue, il est vrai, par sa flexibilité, encadrée par la directive IDD et supervisée par le CAA. Elle propose deux piliers de gestion : la gestion collective, mutualisée, et la gestion individuelle, sur mesure pour les patrimoines exigeants.
En gestion collective, les fonds externes investissent dans des OPCVM (UCITS) rigoureusement validés par l’assureur, assurant sécurité et diversification. Les Fonds internes collectifs (FIC) regroupent les souscripteurs autour d’une stratégie active, déléguée à une société de gestion tierce indépendante.
En gestion individuelle, les Fonds d’assurance spécialisés (FAS) offrent une allocation libre ou conseillée, avec une grande flexibilité sur les actions, l’immobilier ou le private equity, sous supervision prudentielle. Les Fonds internes dédiés (FID), ou mandats sur mesure, confient la gestion à un tiers (gestionnaire), liés à un ou plusieurs contrats pour une personnalisation optimale.
Le fondateur de Scala Patrimoine appuie cette analyse : « Le vrai intérêt concerne ceux qui ont une surface financière supérieure à 2,5 M€. Car le contrat luxembourgeois va, en pratique, aller accéder à une offre élargie selon une approche de “stock picking”. Avec en prime le meilleur des deux mondes : le coté et le non coté. »
Luxembourg : un havre de stabilité
Le Luxembourg bénéficie également d’une image de stabilité politique, réglementaire et fiscale qui rassure de nombreux investisseurs français. La logique poursuivie relève alors davantage de la protection patrimoniale que de la seule recherche de rendement.
« Les capitaux sont déposés dans un État mieux noté sur le plan de la solvabilité, comme le Luxembourg, et bénéficient d’un environnement réglementaire plus protecteur. Cela permet aux épargnants de sécuriser leurs avoirs tout en conservant une transparence totale vis-à-vis de l’administration fiscale française », précise Guillaume Lucchini.
Les raisons de cette attractivité sont désormais bien identifiées : instabilité politique française, inquiétudes liées à la dette publique, crainte de nouvelles hausses d’impôts ou encore interrogations sur l’évolution future de la fiscalité patrimoniale.
Reste qu’une partie des investisseurs se tourne vers ces contrats sans réelle nécessité patrimoniale. Certaines pratiques commerciales de cabinets français distribuant des contrats luxembourgeois suscitent également des critiques.
Des pratiques dénoncées par Guillaume Lucchini : « Une pratique courante consiste, pour des conseillers patrimoniaux, à réaliser de facto des arbitrages ou une gestion active au sein de mandats sans être autorisés à exercer une gestion de portefeuille pour compte de tiers. Or, l’AMF sanctionne régulièrement ces manquements pour protéger les clients. »
Un attrait qui va encore s’accentuer ?
« La majorité des actifs que nous gérons ne sont plus en France mais vont vers des contrats d’assurance-vie au Luxembourg. Cela s'accélère vraiment », avait témoigné en 2025 Guillaume Lucchini au Financial Times. Et les flux vers le Grand-Duché ne montrent, pour l’heure, aucun signe de ralentissement.
« On ressent une montée des interrogations des entrepreneurs et des cadres, avec une grande recherche de stabilité », poursuit le fondateur de Scala Patrimoine.
Les investisseurs continuent ainsi d’arbitrer leur épargne vers des juridictions jugées plus sûres, comme le Luxembourg ou la Suisse.
Guillaume Lucchini abonde en ce sens. « La dette publique constitue une autre source majeure d’inquiétude. Tout comme l’éventualité d’un changement de majorité politique susceptible de bouleverser le cadre fiscal. »
Nul doute qu’avec le calendrier électoral français, l’attrait pour l’assurance-vie luxembourgeoise devrait encore s’accélérer.
Produits structurés : l’affaire Stellantis révèle les dérives du décrément
La chute des valorisations de certains produits structurés adossés à Stellantis a provoqué de vives réactions dans le monde de la gestion patrimoniale. Plus encore que les difficultés du constructeur automobile, cette séquence met en lumière la commercialisation massive de produits complexes, parfois distribués de manière quasi aveugle par certains cabinets de gestion de patrimoine, sans réelle maîtrise du risque sous-jacent.
Selon Les Échos, près de 2,5 milliards d’euros auraient été collectés à l’échelle mondiale entre 2023 et 2024 sur des produits structurés adossés à Stellantis. Un montant considérable.
Retour sur une affaire qui remet au premier plan deux sujets récurrents. L’absence d’indépendance dans le conseil et l’utilisation massive d’indices synthétiques à décrément.
Qu’est‑ce qu’un produit structuré à décrément ?
Très présents dans les allocations d’actifs, les produits structurés sont des instruments financiers émis par des banques, mêlant une composante obligataire et des produits dérivés, notamment des options. Leur rendement dépend de l’évolution d’un actif sous‑jacent – une action dans le cas présent - avec, selon les cas, une protection partielle ou totale du capital à l’échéance.
Lorsqu’il est correctement conçu, ce type de placement peut présenter un véritable intérêt patrimonial, en permettant d’ajuster avec finesse le couple rendement/risque selon le profil de l’investisseur.
On distingue principalement deux catégories de produits structurés :
- les produits à sous‑jacent classique ;
- les produits à sous‑jacent à décrément, qu’il soit exprimé en pourcentage ou en points fixes.
Le décrément est un paramètre intégré dans le calcul d’un indice synthétique représentant une performance théorique combinant cours de l’action et un dividende forfaitaire. Concrètement, il correspond à un dividende fixe prélevé de manière régulière sur l’indice, indépendamment des dividendes réellement versés par les sociétés concernées.
Pour simplifier, ce mécanisme provoque une érosion progressive de l’indice synthétique via un montant fixe prélevé chaque année, par exemple 5% ou 5 euros. Ce système ignore les dividendes effectivement distribués par les sociétés du panier, au profit de ce dividende théorique.
C’est précisément là que réside le décalage : le dividende retenu dans la formule du produit ne correspond plus nécessairement au dividende réellement distribué par l’entreprise.
Les incidences du décrément pour les parties prenantes
L’objectif du décrément est avant tout technique : rendre plus stable et prévisible une composante du sous‑jacent qui, par nature, est variable. Pour l’émetteur, ce mécanisme facilite la couverture des risques (hedging) et simplifie les hypothèses de modélisation.
Et puisque le risque porté par la banque émettrice est réduit, celle‑ci peut proposer un coupon légèrement supérieur.
En échange, c’est l’investisseur final qui assume le risque lié à l’évolution des dividendes, ainsi qu’à l’effet d’érosion continue du décrément sur l’indice synthétique.
Décrément fixe et décrément en pourcentage
Un autre élément mérite une attention particulière : l’évolution progressive des mécanismes utilisés par les banques. Le décrément en pourcentage a peu à peu laissé place au décrément fixe en points.
Avec un décrément en pourcentage, la même proportion est retranchée chaque année, par exemple 5%. La ponction augmente donc lorsque l’indice progresse et diminue lorsqu’il recule, mais elle reste proportionnelle à son niveau.
Le décrément fixe en points fonctionne différemment : le même montant absolu est retiré chaque année sur le niveau de l’indice synthétique - par exemple 50 points d’indice - quel que soit le niveau atteint. Ce montant ne s’ajuste pas à la performance du sous‑jacent.
« Dans les faits, le décrément en points devient beaucoup plus pénalisant lorsque l’indice baisse fortement, alors que le décrément en pourcentage pèse davantage dans les marchés haussiers. » explique Francesco Baiano, chargé d’investissement au sein du multi family office indépendant Scala Patrimoine.
Autrement dit, l’utilisation d’un décrément fixe accentue l’effet de ciseau lorsque le sous‑jacent traverse une phase de difficulté, car la même ponction annuelle représente une part croissante de la valeur résiduelle de l’indice.
Les risques inhérents aux indices synthétiques à décrément
Sur le papier, le mécanisme paraît technique. En pratique, il peut devenir redoutable.
Car l’investisseur ne suit plus uniquement l’évolution réelle du titre : il subit également une hypothèse artificielle intégrée dès la conception du produit, incarnée par le dividende théorique du décrément.
Tant que le dividende réel reste proche du décrément retenu, l’écart demeure relativement invisible. Le système semble fonctionner sans heurt.
Mais lorsque le dividende baisse - ou disparaît totalement comme c’est le cas cette année pour Stellantis - le décrément, lui, continue de s’appliquer jusqu’à l’échéance du produit.
C’est à ce moment que le mécanisme devient particulièrement destructeur : l’indice synthétique continue de s’éroder, tandis que la situation économique réelle - et le dividende réel - de l’entreprise se dégradent.
Le décrément agit ainsi en permanence, mais son effet devient particulièrement marquant en phase de baisse du cours et de compression du dividende, amplifiant la perforation théorique du produit par rapport au comportement observable du sous‑jacent.

Le cas Stellantis
Pendant plusieurs années, Stellantis cochait toutes les cases du sous-jacent idéal pour des produits de type Athena ou Phoenix. Un nom connu du grand public, une capitalisation importante, une liquidité élevée, une volatilité forte et surtout un dividende historiquement généreux, avec un rendement supérieur à 7,5 %.
Les pertes les plus sévères ont concerné les produits intégrant Stellantis comme sous-jacent à décrément. Car le mécanisme avait fixé dès l’origine un niveau de dividende théorique, alors même que le constructeur a drastiquement réduit puis supprimé son dividende.
Entre 2024 et 2025, celui-ci est passé de 1,55 euro à 0,68 euro, avant d’être suspendu en février dernier.
Le problème est que le décrément, lui, continue de s’appliquer jusqu’à l’échéance des produits, dans une fourchette comprise entre 1,34 et 1,55 euro selon les structures.
« Dans le cas de Stellantis, ce point a été déterminant. Le dividende a été fortement réduit, puis supprimé en 2026. Mais certains produits continuaient d’appliquer un décrément », observe Francesco Baiano.
Le mécanisme amplifie alors mécaniquement les pertes en marché baissier. Le découplage entre le dividende réel et le dividende théorique retenu dans la formule accentue brutalement l’« effet ciseau ».
Les formules de type « worst of »
Stellantis était également très présente dans des paniers de titres utilisant des formules dites « worst of ».
« Dans ce type de construction, la performance finale dépend de la valeur la moins performante du panier. Autrement dit, même si plusieurs titres résistent correctement, une chute marquée d’une seule valeur peut détériorer l’ensemble du produit. » explique le chargé d’investissement de Scala Patrimoine.
Or Stellantis occupait fréquemment cette place. « Une dégradation marquée de Stellantis pouvait ainsi suffire à détériorer le résultat global, même si les autres composantes résistent mieux. Cette caractéristique accentue le risque lorsque le sous-jacent devient l’élément dominant de la performance défavorable. »
Un rebond encore possible ?
Le titre Stellantis s’est progressivement effondré en Bourse. L’action, qui évoluait entre 12 et 27 euros en 2023 et 2024, a touché un point bas à 5,51 euros le 20 mars dernier. Elle évolue désormais autour de 6,58 euros.
Dans un environnement de marché aussi dégradé, les mécanismes de décrément peuvent accélérer les pertes et provoquer des décotes extrêmes sur le marché secondaire.
Résultat, certaines valorisations se sont effondrées à des niveaux parfois inférieurs à 10 % du nominal, avec, dans certains cas, des pertes dépassant 99 % selon les structures et les dates d’émission.
Francesco Baiano nuance toutefois : « Il est encore possible, en théorie, pour certains investisseurs de récupérer leur mise. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. Sur un produit Stellantis à décrément, récupérer son capital suppose désormais un rebond très important du sous-jacent et dans des proportions souvent bien supérieures à ce que laisse penser la seule lecture du cours de Bourse. »
Le problème n’est donc pas uniquement la chute d’un titre. Il réside aussi dans une structuration qui peut fragiliser l’investisseur dès l’origine.
Les risques liés aux conflits d’intérêts
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Une gestion du risque mise à mal
Les produits structurés reposant sur une seule valeur continuent de se commercialiser très facilement. Renault, Kering, Crédit Agricole, Engie, Pernod Ricard, Edenred, Société Générale, BNP Paribas… et donc Stellantis. Les mêmes noms reviennent régulièrement dans les émissions mono-sous-jacent.
Mais cette pratique soulève une question essentielle : celle de la gestion du risque.
« Un produit structuré construit sur une seule entreprise n’offre pas la diversification d’un grand indice. Et lorsque la situation de cette entreprise se dégrade, les conséquences peuvent rapidement devenir incontrôlables », avertit Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine.
La diffusion de ces produits a été massive. Selon Structured Retail Products, en France, plus de 2 300 produits structurés sont aujourd’hui liés à l’action Stellantis.
Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine, estime : « On parle beaucoup de la chute des valorisations de certains produits structurés indexés sur Stellantis. Mais le vrai sujet n’est pas Stellantis. Le vrai sujet, c’est le risque qui a été transféré à l’investisseur final. Pendant trop longtemps, des produits complexes ont été distribués avec des mécanismes insuffisamment expliqués. Et derrière un packaging rassurant, une question demeure : l’intérêt du client était-il réellement au centre de la réflexion des conseillers ? »
Pour lui, une allocation patrimoniale sérieuse ne peut pas reposer sur des paris concentrés. Elle doit avant tout s’appuyer sur une gestion rigoureuse du risque.
Car, bien souvent, lorsqu’un rendement paraît exceptionnel, le risque l’est aussi.
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La nécessité d’opter pour un conseil véritablement indépendant
Surtout que les produits structurés adossés à la valeur étaient souvent commercialisés avec des rétrocommissions parfois supérieures à 10 %. Des frais annuels pouvaient également s’ajouter, directement intégrés au produit ou liés à l’enveloppe d’investissement.
La conviction de Scala Patrimoine est donc claire : la transparence n’est pas un confort, mais une exigence. Notre multi-family office applique ainsi une rémunération totalement transparente, dénuée de conflits d’intérêts.
« Nous ne percevons aucune rétrocommissions. Nous appliquons une rémunération à 100 % en honoraires, qui permet ainsi d’aligner nos intérêts sur ceux de nos clients. » insiste Guillaume Lucchini.
Pour conclure Francesco Baiano rappelle que « chez Scala, nous ne proposons jamais de produits structurés adossés à des titres vifs. Nous privilégions la diversification des indices plutôt que la dynamique idiosyncratique d’une seule action. Nous sommes particulièrement critiques vis-à-vis des paniers de titres vifs en worst of, qui reflètent la performance du titre le moins performant. De la même manière, nous n’utilisons pas de structures à décrément, plus confortables pour les émetteurs mais pénalisantes pour la performance des produits ».
Les convictions d’investissement de Scala Patrimoine - Mai 2026
Ce qu’il faut retenir
- La hausse des marchés actions est surtout portée par l'investissement dans quelques secteurs comme la technologie et l'énergie ;
- Les marchés obligataires reflètent davantage les tensions inflationnistes et les incertitudes macroéconomiques ;
- Nous conservons un positionnement neutre et prudent sur les marchés actions, avec une sélection rigoureuse des actifs.
Actions : les marchés défient les risques géopolitiques
Alors que le conflit iranien s’enlise, les marchés financiers font fi des incertitudes géopolitiques et poursuivent leur marche en avant.
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Des incertitudes… et des records
Il ne fait pas bon être analyste macroéconomique par les temps qui courent. Rarement l’environnement n’a semblé aussi difficile à décrypter.
Tous les regards sont aujourd’hui tournés vers le Moyen-Orient, suspendus à l’espoir d’une issue rapide du conflit iranien. Deux mois et demi après le début de la guerre, l’impasse demeure cependant entière. Aucun des protagonistes ne semble prêt à infléchir sa position.
Pour les investisseurs, l’absence totale de visibilité sur une éventuelle sortie de crise nourrit des épisodes de forte volatilité sur les marchés financiers, au gré des déclarations et des démonstrations de force des uns et des autres.
Lors de sa dernière intervention dans la presse, Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, n’a d’ailleurs pas dissimulé son pessimisme. Selon elle, le « scénario de référence » envisagé jusqu’ici par l’institution - celui d’un conflit bref, accompagné d’un simple ralentissement de la croissance mondiale à 3,1 % - n’est désormais plus crédible. « Ce scénario, à mesure que les jours passent, s’éloigne de plus en plus dans le rétroviseur. »
Le scénario le moins favorable verrait la croissance mondiale glissait vers les 2,5 % en 2026.
Et pourtant, contre toute attente, les grands indices boursiers ont inscrit de nouveaux records ces dernières semaines. Une envolée qui masque toutefois de profondes disparités. Car derrière les sommets des indices, la dynamique reste essentiellement concentrée sur deux segments : la technologie et l’énergie.
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La bonne santé des entreprises
Malgré le brouillard géopolitique, les premières publications de résultats du premier trimestre ont largement dépassé les attentes.
Près de 80 % des entreprises du S&P 500 ont annoncé des bénéfices supérieurs aux prévisions, quand la moyenne historique se situe habituellement autour de 70 %.
Sans surprise, les secteurs technologique et énergétique concentrent l’essentiel de ces bonnes surprises.
« Même au sein de ces secteurs, il existe de fortes disparités de performances. Alphabet a, par exemple, publié des résultats exceptionnels, alors qu’Amazon a pu décevoir certains investisseurs », tempère toutefois Francesco Baiano, chargé d’investissement chez Scala Patrimoine.
Parmi les grands moteurs du marché figurent toujours les fabricants de semi-conducteurs. Le Philadelphia Semiconductor Index a bondi de 55 % en seulement cinq semaines. Une progression qu’aucun indice américain n’avait enregistrée depuis 150 ans. Intel a ainsi gagné 130 % en un mois, Micron Technology 77 %, tandis que Nvidia progresse encore de 17 %.
« Le marché est clairement porté par ces valeurs, qui bénéficient d’une très forte visibilité sur la demande, notamment autour des data centers. Les carnets de commandes sont remplis jusqu’en 2027 », précise Francesco Baiano.
En Europe aussi, les publications apparaissent solides.
« Mais, en raison des incertitudes géopolitiques et économiques, les tensions se cristallisent désormais autour des résultats des deuxième et troisième trimestres 2026, qui permettront d’évaluer plus précisément la capacité des entreprises à absorber la crise énergétique et les conséquences du conflit iranien », souligne Romane Azzopardi, responsable de la gestion financière chez Scala Patrimoine.
À ce stade, les performances des marchés actions restent donc principalement alimentées par des facteurs microéconomiques. Le rallye observé ces dernières semaines s’est presque exclusivement joué sur les marchés boursiers.
De manière assez contre-intuitive, l’or a reculé depuis le début du conflit iranien, tandis que les marchés obligataires ont davantage souffert des incertitudes géopolitiques.
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Investissement : rester exposé sans ignorer les risques
Le dernier rallye boursier a été d’une telle puissance qu’il paraît désormais, au moins en partie, déconnecté des risques actuels.
Aux États-Unis, les indices évoluent sur des niveaux historiquement élevés, tout comme certains marchés émergents.
Heureusement, les entreprises continuent de publier de très bons résultats, tandis que la dynamique autour de l’intelligence artificielle apporte davantage de visibilité sur les perspectives bénéficiaires. D’autant que cette thématique dépasse désormais largement les seules valeurs technologiques : elle irrigue les secteurs connexes comme les infrastructures ou les énergéticiens dans le cadre de la construction des data centers.
« Pour autant, faute de visibilité claire, nous conservons un positionnement neutre et prudent sur l'investissement en actions, tout en restant suffisamment exposés pour capter d’éventuels mouvements de hausse », explique Romane Azzopardi. « Dans un environnement aussi instable, toute concentration excessive finit par exposer les portefeuilles à des secousses brutales. Le début d’année en a déjà offert plusieurs démonstrations. Le maître-mot reste donc la diversification. »
Scala Patrimoine continue ainsi de privilégier une large diversification géographique, avec une préférence marquée pour les États-Unis, jugés mieux armés face aux chocs énergétiques. La sélectivité demeure également essentielle, tant au niveau sectoriel qu’intra-sectoriel, afin d’éviter les valorisations devenues excessives sur certaines poches du marché.
Romane Azzopardi réitère également les convictions d'investissement défendues depuis plusieurs mois par le multi family office indépendant : privilégier « les sociétés les moins endettées et capables de générer des cash-flows positifs ».
Reste une série de questions auxquelles personne, aujourd’hui, ne peut répondre avec certitude : comment les entreprises réagiront-elles à une dégradation plus nette de l’environnement macroéconomique ? Et surtout, quand prendra fin le conflit iranien ?
Les marchés obligataires : une approche opportuniste
Le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran s’est rapidement diffusé à l'investissement obligataire, principalement par le canal des taux.
C’est en effet le compartiment obligataire qui a été le plus affecté par le conflit, intégrant progressivement à la fois les risques de revirement des politiques monétaires, notamment en Europe, et la résurgence de pressions inflationnistes.
Les obligations souveraines ont été sous tension sur l’ensemble de la courbe, même si les maturités intermédiaires ont fait preuve d’une certaine résilience. Les signatures périphériques, en revanche, ont vu leurs spreads s’écarter davantage, traduisant une exigence accrue de prime de risque.
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Un changement de cap des banques centrales ?
Les marchés obligataires ont été fortement secoués en ce début d’année. À court terme, le principal catalyseur reste le changement d’orientation des politiques monétaires. À plus longue échéance, c’est surtout le risque inflationniste associé à la prolongation du conflit en Iran qui pèse sur les anticipations.
« Si la hausse des taux a concerné l’ensemble de la courbe, le mouvement de pentification s’est atténué, en particulier dans la zone euro. Une évolution qui s’explique à la fois par l’ajustement des anticipations de politique monétaire et par la montée des craintes de récession, susceptibles de peser davantage sur les taux longs », témoigne Romane Azzopardi.
Dans les faits, les taux ont progressé sur l’ensemble des courbes, aussi bien en dollar qu’en euro. Le Bund à 10 ans est ainsi passé de 2,64% à 3%, tandis que le 2 ans allemand évoluait de 2% à plus de 2,5%. Aux États-Unis, le 10 ans est monté de 3,96% à près de 4,3%, et le 2 ans de 3,38% à 3,85%.
La BCE a récemment durci son discours, soulignant qu’elle ne disposait pas encore de suffisamment de données pour agir, tout en se disant prête à relever ses taux si nécessaire.
Du côté de la Réserve fédérale américaine, les positions apparaissent plus fragmentées. Le gouverneur Miran plaidait, par exemple, pour une baisse de 25 points de base. Mais la majorité des membres privilégie, pour l’instant, le maintien du statu quo.
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Investissement : une préférence pour le segment « investment grade »
Dans ce contexte, les obligations investment grade offrent un spread encore attractif par rapport aux souverains, même si celui-ci évolue désormais à des niveaux historiquement bas, sous la barre des 100 points de base.
- Investment grade : un segment plus résilient ?
Romane Azzopardi synthétise ainsi les convictions d'investissement du multi-family office indépendant Scala Patrimoine : « Nous conservons une vision constructive sur le crédit investment grade européen, soutenu par l’effet de portage. Une stabilisation des taux constituerait un facteur de soutien supplémentaire à la performance. La préférence est donnée aux obligations libellées en euros afin de se prémunir contre un éventuel affaiblissement du dollar. »
Le segment investment grade est, par ailleurs, jugé plus résilient que le high yield en cas d’élargissement des spreads. L’accent est mis sur des maturités courtes, pour limiter le risque porté par les créanciers.
« Nous limitons l'exposition aux taux souverains car nous avons une conviction plus forte sur les crédits accordés aux entreprises. Par ailleurs, nous évitons toutes expositions non couvertes aux devises », tient à préciser la responsable investissement de Scala Patrimoine
- Des sources de performance complémentaires
Déjà fragilisé par les tensions sur le marché privé américain, le segment du crédit le plus risqué a dû composer avec la hausse des taux sans risque et l’élargissement des spreads. Les spreads du high yield, comme ceux de la dette émergente, demeurent toutefois proches de leurs moyennes historiques.
Une recherche de rendement complémentaire reste possible sur ces segments, à condition qu’elle s’inscrive dans une approche clairement assumée et fortement diversifiée, la poche dominante restant orientée vers le crédit corporate investment grade. L’attention se porte également sur les dettes subordonnées bancaires.
La dette émergente bénéficie, pour sa part, d’une amélioration des fondamentaux budgétaires de certains émetteurs. Néanmoins, le high yield pourrait s’avérer plus vulnérable si le conflit en Iran venait à se prolonger, avec, à la clé, une remontée des taux de défaut.
« Les pays émergents apparaissent également exposés à la hausse des prix de l’énergie et à la vigueur du dollar », abonde Romane Azzopardi.
- Dette publique : des perspectives qui s’assombrissent
Ce sont des niveaux que l’on observait pendant la crise de l’euro entre 2010 et 2011. Au regard des besoins de financement de certains pays, comme l’Allemagne, ces niveaux de taux seront difficilement soutenables pour les finances publiques. Mais tant que le cours du pétrole restera aussi élevé et que les pressions inflationnistes demeureront soutenues, ces pays disposeront de peu de marges de manœuvre.
Romane Azzopardi reconnaît en creux que les perspectives pour les pays les plus lourdement endettés s’annoncent délicates : « À plus long terme, même si le conflit en Iran venait à se résoudre, ces tensions sous-jacentes sur les taux longs, notamment européens mais aussi américains, devraient perdurer au regard des besoins de financement. »
Produits structurés : calibrer son exposition aux marchés actions
Le rallye observé sur les marchés, associé à une compression de la volatilité, a pu jouer en défaveur des produits structurés. Mais cette classe d’actifs conserve un large éventail d’opportunités : elle permet notamment de construire des solutions sur mesure, adossées à un panier de valeurs ou à d’autres segments de marché, en fonction de la stratégie d'investissement recherchée.
« Le produit structuré permet véritablement de moduler son exposition aux marchés actions. Il constitue ainsi une source de diversification potentielle intéressante pour s’exposer à des actifs aujourd’hui jugés trop élevés, tout en bénéficiant d’une protection à la baisse. Ces produits peuvent également s’avérer pertinents dans des stratégies d'investissement reposant sur la génération de revenus, avec l’objectif de distribuer des coupons réguliers », précise la responsable des investissements de Scala Patrimoine.
Le rendez-vous des marchés financiers et de l'économie mondiale - Mai 2026
Les marchés financiers & l'économie : les points clés
- Malgré les tensions qui secoue le Moyen-Orient et - par ricochet - l'économie mondiale, les marchés financiers américains ont de nouveau battu des records ;
- À l’aune du conflit iranien, le FMI revoit à la baisse (entre 0,3 % et 1 %) la croissance des principales économies mondiales ;
- Christine Lagarde, la présidente de la BCE, laisse entendre qu’un resserrement de la politique monétaire par l’institution européenne est sur la table.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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La guerre en Iran s’enlise
Les tensions en Iran sont encore vives, en dépit du cessez-le-feu. Tous les scénarios demeurent ouverts. Donald Trump n’écarte plus l’hypothèse d’une reprise des bombardements contre Téhéran.
Surtout que les Émirats arabes unis ont dû intercepter des missiles et des drones venus d’Iran. Un drone iranien a même atteint sa cible et mis le feu au site pétrolier de Fujaïrah.
La patience déjà limitée du président américain s’érode donc au fil des jours. En témoignent les dernières décisions prises au sommet de la hiérarchie militaire, à commencer par l’éviction du secrétaire à la Marine. Donald Trump a également déclaré que l’Iran serait « rayé de la surface de la Terre » s’il touchait à un navire américain !
Cependant, à mesure que se rapprochent les élections de mi-mandat, la marge de manœuvre politique de Donald Trump se réduit. Un enlisement prolongé apparaît difficilement soutenable pour la Maison-Blanche, d’autant que le conflit reste profondément impopulaire auprès de l’opinion publique américaine. Et le coût financier, lui aussi, commence à peser lourdement.
Selon une étude du Center for Strategic & International Studies, les dépenses ont oscillé entre 1,5 et 2 milliards de dollars par jour lors de la phase initiale des opérations, avant de ralentir à une fourchette comprise entre 500 millions et 1 milliard à mesure que l’intensité des frappes diminuait. À cela s’ajoute le coût du réapprovisionnement en munitions, estimé entre 20 et 25 milliards de dollars supplémentaires !
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Les marchés pétroliers pris entre deux feux : tensions au Moyen-Orient et recomposition de l’OPEP+
Les cours du pétrole sont toujours sous pression. Le baril de Brent a culminé à 126 dollars, avant de refluer autour de 110 dollars.
Un léger apaisement pourrait toutefois se dessiner à court terme. L’OPEP+, emmenée notamment par l’Arabie saoudite et la Russie, a annoncé une hausse de sa production d’environ 188 000 barils par jour pour le mois de juin, portant le total à près de 35,06 millions de barils quotidiens.
Autre élément qui pourrait participer à une baisse plus importante des cours du pétrole : le retrait surprise des Émirats arabes unis de l’alliance. Un geste lourd de conséquences pour le pays, qui représente à lui seul près de 13 % des capacités de production de l’OPEP.
Derrière cette décision se cache en réalité une divergence stratégique profonde avec Riyad. Contrairement à son puissant voisin, Abou Dhabi souhaite augmenter sensiblement sa production afin de maximiser ses revenus à court terme.
Cette manne est jugée indispensable pour financer la transformation de son modèle économique et préparer l’après-pétrole. Le pays dispose d’une capacité de production appelée à atteindre 5 millions de barils par jour, mais restait, jusqu’à présent, contraint à 3,6 millions en raison des quotas en vigueur.
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Le FMI revoit ses scénarios de croissance pour l'économie mondiale
Le Fonds monétaire international (FMI) vient d’affiner son dernier scénario pour la croissance mondiale, en prenant en compte les derniers événements survenus en Iran. L’hypothèse centrale retenue par l’institution reste, pour l’instant, celle d’un conflit de courte durée.
Dans ce cadre, la croissance mondiale, initialement anticipée à 3,1 %, est revue à la baisse autour de 2,5 %. Le FMI estime qu’un conflit limité suffirait à provoquer une hausse d’environ 19 % des prix des matières premières, accompagnée d’une inflation mondiale portée à 5,4 %.
En parallèle, l’institution met en garde contre le risque plus diffus, mais potentiellement plus durable, d’une généralisation des politiques budgétaires de soutien massif. Un nouveau « quoi qu’il en coûte » que nombre d’économies fortement endettées auraient désormais de plus en plus de mal à absorber.
Sans surprise, l'économie des pays du Golfe figure parmi les plus exposées aux retombées du conflit. L’Iran et l’Irak apparaissent en première ligne, tout comme le Qatar. Pour Téhéran, la contraction du PIB est déjà estimée à -6,1 % sur l’année en cours. Doha, fortement dépendant des flux énergétiques et logistiques régionaux, verrait son activité reculer d’environ 7 %. Selon des estimations gouvernementales, les actions attribuées aux Corps des Gardiens de la révolution islamique auraient déjà engendré près de 270 milliards de dollars de pertes.
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Les marchés américains à des sommets historiques
Les incertitudes entourant le conflit en Iran n’ont, pour l’heure, que peu de prise sur les investisseurs. Sur les marchés américains, la trajectoire est même franchement haussière : après un repli de -5,1 % durant le premier mois de la guerre contre l’Iran, les indices ont effacé leurs pertes pour inscrire de nouveaux sommets historiques.
Le S&P 500 a franchi le seuil des 7 200 points, un record absolu. Même configuration pour le Nasdaq, désormais au-delà des 25 000 points.
Le CAC 40 a grimpé de près de 1 % en avril. Le DAX 30 s’est quant à lui adjugé plus de 4 %. Même dynamique sur les marchés chinois, où le Shanghai Composite monte de plus de 6 %.
« Les marchés financiers semblent avoir totalement éludé le conflit. Sur les actions, la microéconomie reprend le dessus sur l’environnement international et la conjoncture. Les premières publications de résultats se révèlent conformes à des attentes pourtant élevées, avec une croissance des BPA de l’ordre de 15 % aux États-Unis. Les valeurs technologiques - notamment dans le sillage de TSMC - tirent les indices à la hausse », observe Axel Botte, directeur Stratégie Marchés chez Ostrum Asset Management.
Cette dynamique spectaculaire mérite toutefois d’être nuancée. Sur près de 10 500 titres cotés aux États-Unis, seuls 68 ont inscrit de nouveaux plus hauts historiques.
Dans le même temps, les valorisations demeurent tendues. Les actions américaines s’échangent autour de 26 fois les bénéfices passés, selon les données MSCI, soit une prime de 51 % par rapport à l’Europe. La saison de résultats du premier trimestre, elle, a démarré sur des bases solides : d’après Bloomberg, 79 % des entreprises du S&P 500 ayant déjà publié ont dépassé les attentes du consensus.

États-Unis : un impact du conflit iranien sur l'économie déjà visible
En apparence, l’économie américaine continue de bien se tenir, portée par des résultats d’entreprises robustes. La croissance a atteint 2,0 % au premier trimestre, tandis que les inscriptions au chômage ont reculé à un niveau inédit depuis 1969. Une photographie flatteuse, qui masque pourtant des fissures plus profondes.
Car en toile de fond, la confiance des ménages s’effrite. Une tendance susceptible de s’accentuer à mesure que les prix de l’énergie repartent à la hausse. « Dans un tel contexte, il est probable qu’un nombre croissant d’économistes révisent à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2026 », prévient Chris Williamson, chief business economist chez S&P Global.
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Des atouts indéniables
Dans un environnement sous tension sur le front énergétique, les États-Unis disposent d’un avantage stratégique majeur : leur autonomie énergétique, avec un statut d’exportateur net de pétrole et de gaz.
L’économie américaine s’appuie également sur la puissance de feu de ses géants technologiques. Les « hyperscalers » de l’intelligence artificielle - Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta - ont investi à eux seuls 410 milliards de dollars l’an dernier dans ce domaine. Un montant appelé à grimper à 670 milliards dès 2026.
Ces investissements massifs ne sont pas sans effet sur l’activité. Selon le Bureau of Economic Analysis, ils ont contribué à hauteur d’un point de pourcentage à la croissance du PIB au quatrième trimestre de l’an passé.
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Une pression inflationniste ravivée
Le retour des tensions inflationnistes était attendu. L’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 3,3 % sur un an en mars, après 2,4 % le mois précédent. Hors énergie et alimentation, l’inflation ressort à 2,6 %, contre 2,5 % en février.
Cette accélération s’explique en grande partie par la flambée des prix de l’énergie (+10,9 %), elle-même alimentée par une hausse marquée de l’essence (+21,2 %).
Sans surprise, le moral des ménages en pâtit. L’indice de confiance de l’Université du Michigan recule à 49,8 en avril, contre 53,3 en mars.
Pour Axel Botte, directeur Stratégie Marchés chez Ostrum AM, le diagnostic est clair : « Le revenu réel des ménages est pénalisé par le renchérissement de l’énergie. La dégradation des enquêtes de confiance est marquée. La consommation discrétionnaire fléchit depuis le quatrième trimestre, sur fond de transactions immobilières au plus bas. La confiance des promoteurs recule nettement, l’enquête de la NAHB ressortant à 34 en avril. »
Les signaux d’essoufflement se multiplient. L’indice PMI composite S&P Global recule à 50,7 en mars, son plus bas niveau en neuf mois (contre 51,9 en février), traduisant un ralentissement de l’activité du secteur privé. Dans le même temps, l’indice avancé du Conference Board (LEI) cède 0,6 %, à 97,3.
Alan Mudie, de Woodman Asset Management, insiste sur l’impact social de cette dynamique : « La hausse des prix de l’essence pèse lourdement sur les revenus réels, en particulier pour les ménages les plus modestes. Les remboursements d’impôts issus du “One Big Beautiful Bill” n’ont offert qu’un amortisseur limité. Au total, le revenu disponible recule, ce qui devrait peser sur la consommation dans les mois à venir. »
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Une économie qui tient encore
Tout n’est pas sombre pour autant. Certains indicateurs continuent de témoigner d’une réelle capacité de résistance de l'économie américaine. Les ventes au détail ont bondi de 1,7 % en mars, leur plus forte progression depuis un an. Les promesses de ventes de logements progressent également de 1,5 %, bien au-delà des attentes.
Le marché de l’emploi, lui, demeure solide. En mars, 178 000 postes ont été créés, largement au-dessus des 60 000 anticipés. Le taux de chômage recule à 4,3 %, contre 4,4 % en février. Dans le détail, la santé (+76 000 emplois) et la construction (+26 000) tirent leur épingle du jeu, tandis que la finance continue de se contracter (-16 000).
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La Fed à l’heure du tournant
À quelques jours du départ de Jerome Powell, la Réserve fédérale s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre. Après huit années à sa tête, le président sortant quitte ses fonctions dans un climat tendu, marqué par des relations profondément dégradées avec la Maison-Blanche.
Son successeur désigné, Kevin Warsh, entend imprimer sa marque. Il plaide pour une institution plus réactive, reprochant à la Fed d’avoir trop tardé, par le passé, à ajuster ses taux, au risque, selon lui, de freiner l’économie.
Mais le contexte complique la donne. Le conflit au Moyen-Orient ravive les tensions inflationnistes, réduisant les marges de manœuvre de la banque centrale. Lors de sa dernière réunion, la Fed a opté pour le statu quo, maintenant ses taux et affichant une prudence assumée face à des risques jugés persistants.
Zone euro : ballottée par des vents contraires
Les nuages s’accumulent au-dessus de la zone euro. Au premier trimestre, la croissance a marqué le pas, limitée à +0,1 %, freinée par le reflux de la consommation et de l’investissement. Dans le même temps, l’inflation repart à la hausse, à +3 %, sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie alimentée par les tensions au Moyen-Orient. Un cocktail qui ravive, sans détour, le spectre de la stagflation.
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Un ralentissement de l'économie inéluctable ?
Avant l’éclatement du conflit en Iran, la Banque centrale européenne tablait encore sur une croissance du PIB de 1,2 % en 2026 et de 1,4 % en 2027, avec une inflation contenue autour de 1,9 % puis 1,8 %. Des projections qui, aujourd’hui, paraissent déjà à oublier.
- Des projections revues à la baisse pour l'économie eurpéenne
Dans un scénario de détente rapide des prix de l’énergie - hypothèse fragile à ce stade - la croissance de l'économie européenne pourrait déjà perdre 0,3 point en 2026, puis 0,1 point en 2027.
Première économie de la zone, l’Allemagne a revu ses ambitions à la baisse, ramenant sa prévision de croissance de 1 % à 0,5 % pour l’année en cours. Et pourtant, le tableau n’est pas uniforme. Certains pays résistent mieux qu’attendu : l’Espagne affiche une progression de +0,6 %, tandis que l’Allemagne elle-même a surpris à la marge avec un +0,3 % sur le 1er trimestre 2026.
La France, en revanche, reste à quai, avec une croissance nulle.
- Des perspectives assombries
Les signaux avancés, eux, ne plaident guère pour une embellie rapide. L’indicateur de sentiment économique (ESI) a nettement reculé en avril, à 93,0 points (-3,2 sur un mois), selon la Commission européenne. Même tonalité du côté des anticipations d’emploi (EEI), en baisse marquée à 91,7 (-4,6), traduisant une érosion progressive du marché du travail, 11 400 emplois détruits sur un an.
En Allemagne, l’indice ZEW du sentiment des investisseurs a basculé plus franchement en territoire négatif, à -17,2, après -0,5 en mars. Un décrochage qui en dit long sur la défiance croissante des acteurs économiques.
À ces fragilités conjoncturelles s’ajoute une nouvelle tension commerciale. Donald Trump a annoncé son intention de relever les droits de douane sur les automobiles importées de l’Union européenne, de 15 % à 25 %, accusant Bruxelles de ne pas respecter l’accord commercial conclu l’an passé. Les constructeurs européens implantés aux États-Unis, à l’image de Stellantis, échapperaient toutefois à ces surtaxes.
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Vers une hausse des taux de la BCE ?
Selon les chiffres publiés par la Banque centrale européenne, l’inflation annuelle dans la zone euro a atteint 3 % en avril 2026, un plus haut depuis septembre 2023, après 2,6 % en mars. Les prix de l’énergie, en particulier, ont bondi de 10,9 %, une accélération inédite depuis février 2023, directement liée aux tensions au Moyen-Orient.
Dans ce contexte délicat, l’institution de Francfort a choisi de maintenir ses taux directeurs à 2 %, soucieuse de ne pas accentuer le ralentissement en cours, malgré une inflation qui résiste.
Sa présidente, Christine Lagarde, a toutefois laissé entendre que l’option d’un relèvement avait été « longuement discutée ». La réunion de juin pourrait, selon ses mots, constituer « le moment opportun » pour trancher et, le cas échéant, resserrer de nouveau la politique monétaire.
Chine : une croissance solide… en apparence
L’économie chinoise continue d’avancer à bon rythme. Au premier trimestre, le PIB ressort en hausse de +5,0 % sur un an, dépassant les attentes fixées à 4,8 %. La production industrielle suit la même trajectoire, en progression de +5,7 %, confirmant la solidité du tissu manufacturier.
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Une croissance de plus en plus déséquilibrée
Derrière ces chiffres globaux, la dynamique interne reste plus hésitante. La demande domestique peine à reprendre le relais. Les ventes au détail progressent de seulement +1,7 %, en deçà des 1,9 % anticipés, signe d’une consommation encore contrainte.
Le secteur immobilier, lui, continue de peser lourdement sur l’activité : les investissements reculent de 11 % sur un an. Dans ce contexte, la croissance chinoise repose de plus en plus sur les exportations.
Une dépendance qui s’accompagne d’inquiétudes persistantes des ménages chinois. Le taux d’épargne, historiquement élevé en Chine, dépasse désormais les 35 % depuis 2025. Une prudence qui reflète des anticipations économiques dégradées, dans un pays où la dette publique franchit cette année le seuil symbolique des 100 % du PIB, réduisant d’autant les marges de manœuvre budgétaires.
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Des exportations sous pression, mais encore résilientes
Après une envolée de 22 % en janvier puis en février, les exportations chinoises n’ont progressé que de 2 % en mars. Dans le même temps, l’excédent commercial s’est fortement contracté, à 51 milliards de dollars contre 103 milliards un an plus tôt.
Pour autant, certains segments tirent encore leur épingle du jeu. Dans un contexte de recomposition énergétique mondiale, les exportations de véhicules électriques ont bondi de 42 % en mars. Celles de panneaux solaires ont, elles, doublé en un mois, atteignant des niveaux record.
Sur le front intérieur, les bénéfices industriels offrent un contraste notable : ils progressent de 15,8 % en mars, portant la hausse du premier trimestre 2026 à +15,5 %, soit la plus forte performance enregistrée à cette période depuis cinq ans. L’indice PMI composite d’avril ressort à 50,1, légèrement en zone d’expansion, traduisant une économie qui tient malgré les tensions liées au conflit en Iran.
Les relations sino-américaines restent cependant sous surveillance étroite, alors que Washington a renforcé ses sanctions visant les raffineries chinoises s’approvisionnant en brut à bas coût auprès de la République islamique.
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Le virage de l’IA de l'économie chinoise
Au-delà des cycles conjoncturels, la Chine poursuit une transformation plus structurelle. Le pays s’impose progressivement dans les technologies d’avenir, en particulier l’intelligence artificielle.
« Cette montée en puissance et en capacités technologiques de l’industrie chinoise impressionne le monde entier et a été surnommée par le Financial Times “le choc chinois 2.0” », observe Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel.
Si les États-Unis conservent une avance dans l’entraînement des modèles de frontière, la Chine accélère nettement sur la commercialisation et l’intégration des usages dans l’économie réelle.
La dynamique se reflète également dans la recherche. « La montée en puissance chinoise dans les brevets liés à l’IA est spectaculaire : en quelques années, la Chine est devenue le principal contributeur mondial », souligne Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore AM, évoquant un rattrapage rapide et une base technologique désormais crédible.
Cette montée en puissance s’appuie aussi sur un autre atout stratégique : l’énergie. La capacité installée de production électrique chinoise a fortement augmenté et dépasse désormais largement celle des États-Unis et de l’Europe. Après une décennie d’investissements massifs, les énergies renouvelables représentent près de 40 % de la production d’électricité, contre 26 % il y a dix ans.
Un levier déterminant à l’heure où l’intelligence artificielle devient une industrie lourde, gourmande en infrastructures. « Cet avantage énergétique est clé dans une phase où l’IA devient une industrie d’infrastructure, consommatrice de data centers, de puissance électrique, de refroidissement et de réseaux », rappelle encore Pierre-Alexis Dumont.
Avènement du conseil indépendant : la lente révolution de la gestion de patrimoine
Longtemps structuré autour d’un modèle opaque, le marché français de la gestion de patrimoine amorce une mutation profonde. Sous l’effet conjugué de la réglementation et des attentes croissantes des investisseurs, le conseil indépendant, encore minoritaire, s’impose progressivement comme une alternative crédible. Décryptage d’un basculement silencieux mais déterminant.
Un modèle historique fondé sur les rétrocessions
Pendant des décennies, la distribution de produits financiers en France s’est organisée autour d’un mécanisme central : celui des rétrocessions de commissions.
Le principe est simple. Lorsqu’un épargnant investit dans un contrat - assurance-vie, plan d’épargne retraite (PER) ou compte-titres - intégrant des fonds, la société de gestion prélève des frais. Une partie de ces frais est ensuite reversée à l’assureur, puis redistribuée aux réseaux commercialisant leurs produits : banques, courtiers, conseillers en gestion de patrimoine (CGP).
Ce système, largement répandu, structure encore aujourd’hui la grande majorité du marché.
Mais il porte en lui une ambiguïté majeure : les conflits d’intérêts potentiels. Le conseiller pouvant être incité à privilégier les produits les plus rémunérateurs pour lui plutôt que les plus pertinents pour son client.
Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office indépendant Scala Patrimoine, revient sur les origines du marché des CGP. En quelques phrases, il esquisse une évolution regrettable : celle d’un métier qui, né sous le signe du conseil, s’est progressivement orienté vers la commercialisation de produits, au risque d’en oublier sa vocation première. « Lorsque j’ai débuté dans le conseil patrimonial, j’ai découvert un univers assez déroutant. Le métier s’était pourtant construit en réaction au modèle bancaire, alors dominant, qui consistait à distribuer ses propres produits financiers. À ses débuts, le CGP incarnait une profession libérale, indépendante, libre d’explorer un marché ouvert pour en extraire les meilleures solutions d’investissement. Il avait accès à l’ensemble des sociétés de gestion de la place. C’était, en un sens, le meilleur des deux mondes : une exigence de conseil alliée à une architecture totalement ouverte. »
Mais ce modèle s’est rapidement heurté à une réalité moins chatoyante. « Pour des raisons financières, de nombreux de conseillers ont, en pratique, orienté leurs choix vers les solutions les plus rémunératrices pour eux-mêmes. Peu à peu, le métier a glissé vers une logique de distribution des produits les mieux commissionnés. La confiance s’est alors érodée, laissant place à des conflits d’intérêts potentiels qui continuent, aujourd’hui encore, de questionner la profession » explique Guillaume Lucchini.
Les rétrocessions, une mécanique particulièrement rémunératrice
Ce mode de rémunération présente plusieurs avantages pour les professionnels.
D’abord, il génère des revenus récurrents. Une fois le contrat ouvert, les commissions continuent d’être perçues chaque année, sans nécessiter d’intervention supplémentaire.
Ensuite, ces frais sont directement prélevés sur les produits financiers du contrat. Pour l’épargnant, ils restent souvent invisibles, car ils ne donnent pas lieu à une facturation explicite.
Mais cette invisibilité a un revers. Comme le souligne Guillaume Lucchini, associé-fondateur du multi-family office Scala Patrimoine : « Le client fait face à une superposition de frais difficilement lisible. Lorsque les acteurs privilégient leurs propres solutions, les niveaux de rémunération s’additionnent, parfois au détriment de la diversification et de l’intérêt du client. »
Autrement dit, la logique de distribution peut primer sur la logique de conseil.
L’effet pervers de la financiarisation du secteur
À cette problématique s’ajoute une évolution plus récente : l’entrée massive de fonds d’investissement au capital de cabinets de gestion de patrimoine.
Attirés par la stabilité des revenus récurrents, ces investisseurs encouragent des stratégies de croissance rapide. Résultat : une vague de consolidation du marché, marquée par des acquisitions avec effet de levier, dont l’objectif est d’augmenter rapidement les encours sous gestion.
Cette pression financière peut, dans certains cas, renforcer les logiques commerciales au détriment de l’indépendance du conseil.
Une réponse réglementaire progressive : indépendant Vs non indépendant
Face à ces dérives potentielles, plusieurs pays ont choisi des approches radicales, alors que la France a choisi une voie médiane.
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Les choix forts des pays anglo-saxons
Au Royaume-Uni, la réforme du Retail Distribution Review (RDR) a interdit dès 2013 les commissions versées aux conseillers indépendants. Ces derniers doivent désormais être rémunérés exclusivement par leurs clients. Les Pays-Bas ont adopté une mesure similaire la même année, suivis par des pays comme le Danemark.
La France, en revanche, a opté pour une voie intermédiaire.
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Le cadre plus mesuré de la France
Depuis l’entrée en vigueur de la directive MiFID II, le marché français repose sur une distinction claire :
- Le conseil indépendant : le professionnel ne peut conserver aucune rémunération provenant de tiers. Toute commission perçue doit être restituée au client. Sa rémunération repose exclusivement sur des honoraires.
- Le conseil non indépendant : les rétrocessions restent autorisées, à condition d’être transparentes et d’améliorer la qualité du service rendu.
Cette distinction vise à renforcer la lisibilité pour l’épargnant. « Sans transparence complète sur les frais et les flux financiers, le client ne peut pas apprécier le coût réel du service ni comparer les offres. La clarté est une condition essentielle de la confiance », rappelle cependant Guillaume Lucchini.
Pour le family officer, il faut d’abord accepter de regarder la réalité en face. « Le marché de la distribution, essentiellement les CGP ou les sociétés de gestion, n’a guère d’intérêt à promouvoir la transparence. L’opacité régnante permet aux sociétés de gestion de commercialiser leurs solutions d’investissement sans avoir à recruter une armée de commerciaux. Le recours aux CGP constitue, de ce point de vue, un levier redoutablement efficace, avec un maillage territoriale important. Dans ce contexte, les lobbys financiers et assurantiels, particulièrement puissants en France, n’ont aucun intérêt à faire bouger les lignes. Il est donc logique que la réponse réglementaire soit encore timide. »
« La nouvelle génération revendique un conseil patrimonial véritablement impartial »
L’émergence d’un modèle indépendant, fondé sur les honoraires de conseil
Dans ce contexte, certains acteurs ont fait le choix d’un positionnement radical : abandonner totalement les rétrocessions.
C’est le cas de cabinets indépendants qui s’inspirent des pratiques anglo-saxonnes. « Il convient d’aligner totalement les intérêts du conseiller et de son client. Lorsque la rémunération dépend uniquement des honoraires, la recommandation redevient objective », explique Guillaume Lucchini.
Une nouvelle génération de conseillers émerge, davantage formée aux enjeux financiers et moins attachée aux logiques purement commerciales. Pour ces professionnels, l’indépendance n’est plus une contrainte réglementaire, mais un positionnement stratégique.
Ce modèle reste aujourd’hui toutefois minoritaire, environ 5 % du marché, mais il progresse régulièrement.
Scala Patrimoine : le précurseur
Dans ce paysage recomposé, Scala Patrimoine a fait figure de pionnier en étant l’un des seuls à choisir, dès l’origine, le statut d’indépendant. « À la manière d’un cabinet de conseil, nous avons fait le choix de facturer exclusivement des honoraires, définis dans une lettre de mission, en fonction des besoins de nos clients et de l’accompagnement que nous leur apportons », explique Guillaume Lucchini.
Dans un souci de transparence, le montant de ces honoraires est systématiquement détaillé dès l’entrée en relation, puis formalisé à l’issue d’un premier rendez-vous. Une pratique qui tranche avec les usages longtemps en vigueur dans la profession.
Cette logique a également conduit Scala Patrimoine à participer à la création d’une première assurance-vie dit « Cleanshare ». Un contrat qui a la particularité d’intégrer des supports d’investissement faiblement chargés, précisément parce qu’ils n’intègrent pas de rétrocessions au profit du distributeur.
« Ce positionnement garantit aux clients que le conseiller n’a aucun intérêt à privilégier un fonds plutôt qu’un autre pour des raisons de rémunération », souligne Guillaume Lucchini.
À ce jour, seuls quelques cabinets ont franchi le pas de cette indépendance revendiquée, à l’image de Prosper Conseil, d’Alpha & K et de quelques multi family-offices.
Pourquoi le statut d'indépendant séduit de plus en plus
Le conseil indépendant répond à plusieurs attentes fortes des investisseurs :
- une transparence totale sur les frais ;
- une absence de biais commercial et un conseil dénué de tout conflit d’intérêts ;
- une personnalisation accrue des stratégies patrimoniales ;
- la possibilité de mettre en concurrence les solutions proposées.
Il s’inscrit aussi dans une évolution plus large des comportements. Mieux informés, échaudés par les pratiques bancaires où les produits “maison” sont largement surreprésentés, les clients se montrent de plus en plus exigeants sur la qualité et l’objectivité du conseil. Les grandes familles et les entrepreneurs sont désormais clairement à la recherche d’un conseil véritablement indépendant.
Cet essor s’explique avant tout par une meilleure diffusion de l’information appui l’associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine. « Autrefois, les clients se souciaient peu de ce type de données. Aujourd’hui, la donne a changé : la presse s’empare du sujet, et des blogs animés par des professionnels, comme celui de l’Avenue des Investisseurs, jouent un rôle pédagogique majeur. »
Parallèlement, on perçoit chez la nouvelle génération une volonté de reprendre la main sur ces questions. « Cette génération revendique un conseil véritablement impartial, capable de naviguer dans un environnement complexe, soumis à de fortes contraintes économiques, fiscales et de marché. Cette exigence accrue contribue à faire évoluer le métier, en orientant la profession vers davantage de transparence et d’indépendance. » estime à cet égard Guillaume Lucchini.
Un environnement favorable
Plusieurs dynamiques externes contribuent aujourd’hui à faire évoluer le marché vers un modèle davantage indépendant.
D’abord, une nouvelle génération de professionnels, souvent issue du monde du conseil, arrive sur le marché avec un regard plus critique. Beaucoup disent avoir pris conscience des limites du marché traditionnel. Certains parlant même de « supercherie ». Ils ont la volonté de rebattre les cartes et de replacer le conseil au cœur de leur pratique, loin des logiques purement commerciales.
Par ailleurs, le modèle de rémunération fondé sur les honoraires facilite les synergies avec d’autres professions réglementées, come les avocats, notaires, experts-comptables. Pour Guillaume Lucchini, cette convergence n’a rien d’anecdotique. « Ces métiers partagent des standards similaires. La qualité du conseil est pour eux un levier essentiel pour accompagner, dans la durée, des clientèles exigeantes comme les familles fortunées, les entrepreneurs ou encore les sportifs de haut niveau. »
L’irruption de l’intelligence artificielle aura également son importance. En permettant de produire plus rapidement un premier niveau d’analyse ou de recommandation, elle pourrait inciter certains conseillers à s’orienter vers des modèles plus transparents, débarrassés des conflits d’intérêts.
Guillaume Lucchini met cependant en garde : « Certains pourraient être tentés de s’engager dans une course à la baisse des frais, sans pour autant renforcer la qualité du conseil ou des services proposés. Ce serait une erreur. Le modèle d’aujourd’hui, et plus encore celui de demain, repose sur un accompagnement approfondi, exigeant et sur mesure. Il suppose que les cabinets se structurent autour de compétences solides et complémentaires, capables d’offrir une vision à 360°. C’est d’ailleurs le choix que nous avons fait chez Scala Patrimoine depuis plusieurs années. »
Enfin, les sociétés de gestion, établissements bancaires et assureurs internationaux voient dans ces acteurs indépendants des partenaires privilégiés. « Notre rôle est d’identifier les meilleurs gérants et les solutions les plus pertinentes, sans autre contrainte que l’intérêt du client. C’est précisément cette liberté qui attire les grandes maisons de gestion », résume Guillaume Lucchini.
Un virage historique pour le conseil indépendant
Malgré ces évolutions, la France reste l’un des marchés européens où le modèle des rétrocessions demeure dominant.
Pourtant, loin de s’être arrêtée à MiFID II, la pression réglementaire continue de s’intensifier. Les autorités de supervision, à commencer par l’AMF, renforcent leurs exigences en matière de transparence et de gestion des conflits d’intérêts. À Bruxelles, la question d’une interdiction pure et simple des rétrocessions est régulièrement remise sur la table.
Quoi qu’il en soit, la dynamique est enclenchée. À mesure que les exigences de transparence s’intensifient et que les investisseurs gagnent en maturité financière, le conseil indépendant va s’imposer comme le nouveau standard.
« L’indépendance n’est plus seulement une posture éthique, c’est devenu un avantage compétitif. Les clients comprennent mieux les enjeux de frais et exigent un alignement réel des intérêts », abonde Guillaume Lucchini.
En somme, une révolution discrète, mais irréversible.

Faut-il investir dans les produits structurés ?
Avec un rendement annuel médian brut compris entre 6 % et 7 %, les produits structurés attirent de nombreux investisseurs. La collecte brute illustre cet engouement. Celle-ci est passée de 23 milliards d’euros fin 2021 à près de 42 milliards en 2023, et pourrait approcher les 70 milliards en 2025, selon l’ACPR.
Pour autant, ces chiffres doivent être nuancés. La résurgence des tensions géopolitiques et de la volatilité sur les marchés financiers efface les repères traditionnels. Cet environnement crée certes des opportunités, mais il accroît également les risques.
La sélection d’un produit structuré doit donc s’inscrire dans une démarche adaptée au profil de l’investisseur, à son horizon de placement et à ses besoins de liquidité.
Les produits structurés, des placements sophistiqués
Les produits structurés symbolisent en partie la sophistication de la finance de marché. Ils combinent plusieurs actifs, le plus souvent obligations et dérivés, afin de proposer un profil rendement/risque adapté au profil et aux objectifs des investisseurs.
- Le rôle clé du sous-jacent
Ces placements sont des investissements « à maturité », c’est-à-dire avec une échéance fixée dès la souscription.
Leur rendement dépend de l’évolution d’un élément de référence, appelé le sous-jacent : des taux d’intérêt, un indice boursier, un panier d’actions, voire une matière première. Tant que cet indicateur ne dépasse pas un seuil prédéfini, un coupon peut être versé périodiquement.
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Une barrière de protection totale ou partielle
Si ce mécanisme comporte un risque de perte en capital, une barrière de protection est, dans la quasi-totalité des cas, prévue. Celle-ci demeure souvent favorable aux investisseurs.
En moyenne, le capital n’est, en pratique, menacé qu’en cas de baisse du sous-jacent de 40 à 50 %.
Certains produits offrent même, en contrepartie d’un rendement moindre, une garantie complète du capital à l’échéance. Aujourd’hui, cette typologie de placement représente près de 25 % de la collecte sur le marché.
La durée de vie maximale de ces produits se situe généralement entre huit et dix ans.
Les catégories de produits structurés
Les produits structurés se déclinent en plusieurs catégories, selon le degré de protection du capital visé (garanti, partiellement protégé ou non garanti) et les mécanismes de rémunération choisis.
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Les autocalls
Parmi eux, les autocalls sont les plus répandus. Les versions Athéna permettent un remboursement anticipé si le sous-jacent dépasse un seuil à certaines dates d’observation. Les Phoenix versent, quant à eux et sous conditions, des coupons réguliers même sans remboursement anticipé. Historiquement, ces produits présentaient soit un capital garanti, soit une barrière située entre 30 % et 70 % du capital.
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Les autres catégories de produits structurés
D’autres catégories existent : les produits de rendement, offrant des coupons conditionnels. Les produits de participation, exposant à la hausse d’un actif tout en protégeant partiellement le capital, sont aussi très présents dans les allocations d’actifs. Tout comme les produits à capital garanti qui viennent sécuriser entièrement le capital à l’échéance au prix d’une performance limitée.
Les avantages des produits structurés
Les produits structurés offrent la possibilité de s'exposer à un marché (actions, taux, matières premières …) tout en minimisant le risque et en protégeant le capital investi.
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Un produit sur mesure
Les produits structurés sont présents dans de nombreux portefeuilles financiers, grâce à des moteurs de performance capables de s’adapter à tous les environnements de marché.
« La personnalisation est un atout majeur : il est possible de créer des produits sur mesure en collaboration directe avec les salles de marché », souligne Romane Azzopardi, responsable des investissements cotés chez Scala Patrimoine. Il est, par exemple, possible d’introduire une dégressivité dans la barrière de rappel ou d’augmenter la fréquence des observations - annuelles, trimestrielles ou mensuelles - pour adapter le produit aux objectifs de l’investisseur.
La protection du capital est, elle aussi, modulable. Certains produits proposent une protection de l’intégralité du capital à l’échéance, tandis que d’autres prévoient une protection partielle.
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La création de revenus complémentaires
Ces instruments financiers offrent la possibilité de générer des revenus complémentaires. Grâce à leurs coupons conditionnels, l’investisseur peut percevoir des versements périodiques si le sous-jacent - action, indice ou panier d’actifs - respecte certaines conditions prédéfinies par avance.
Par ailleurs, certaines formules innovantes appliquent un « effet mémoire » aux coupons et ce de façon rétroactive". L'investisseur peut ainsi percevoir le rendement espéré dès que les conditions de déclenchement sont atteintes, même si la valeur de l’actif a baissé entre-temps, offrant ainsi un équilibre entre performance et sécurité.
Exemple : si un produit structuré est censé verser 2 % par mois mais que le premier mois la condition de paiement n'est pas respectée, il va payer 4 %, si la condition est respectée le deuxième mois.
« Concrètement, le produit structuré permet de moduler le profil de risque pris par l’investisseur. On peut ainsi diminuer le delta, ajouter une protection ou transformer l’exposition en coupon », abonde Romane Azzopardi.
Les risques des produits structurés
Les produits structurés offrent des opportunités de rendement attrayantes, mais ils ne sont pas dénués de risques.
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Une complexité à manier avec précaution
« Avant toute souscription, il est essentiel que l’investisseur comprenne parfaitement le fonctionnement du produit et les conséquences potentielles de la réalisation des scénarios les plus défavorables, tels que l’absence de paiement du coupon ou la perte en capital », avertit d’emblée Romane Azzopardi.
Les investisseurs devront, par ailleurs, bien appréhender le risque de marché avant d’investir dans un produit structuré. Les variations du sous-jacent, actions, indices ou matières premières, peuvent, en effet, affecter fortement la valeur du produit.
Le risque de liquidité doit également être pris en compte. Comme le souligne la responsable des investissements côtés du multi-family office indépendant : « certains produits ne sont pas facilement revendables avant l’échéance ou peuvent subir une décote significative en cas de revente anticipée. L’investisseur doit donc anticiper ses besoins de liquidité avant de s’engager. »
Plusieurs exemples témoignent des dérives du marché. En analysant les portefeuilles de certains investisseurs venus solliciter notre expertise, nous avons été frappés par des choix d’investissement extrêmement concentrés.
« L’un d’eux détenait plus de 50 % de son portefeuille en produits structurés. Un autre avait investi dans des produits structurés sur Stellantis, présentés comme des pépites combinant rendement attractif et protection supposée, mais dont la barrière franchie pouvait générer de lourdes pertes. Un troisième avait placé 2 millions d’euros dans un CMS sur dix ans : séduisant sur le papier, ce produit manquait de diversification et s’est transformé en véritable piège face à la remontée des taux. » abonde Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine.
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Une vérification de la solidité de l’émetteur
Le risque de crédit ou de contrepartie n’est pas non plus à mésestimer. Un produit structuré étant, en pratique, un titre de créance, si l’émetteur rencontre des difficultés financières, l’investisseur peut ne pas récupérer son capital. La récente faillite de Credit Suisse l’a bien montré. Même les institutions réputées peuvent faire défaut.
Une position appuyée par Romane Azzopardi : « Le risque de ces placements repose avant tout sur la solidité ou la fragilité de la banque qui émet le produit structuré. Nous recommandons en conséquence de privilégier des établissements de premier rang, notés investment grade. Certains assureurs luxembourgeois n’autorisent d’ailleurs pas l’investissement sur des émetteurs, notamment des banques, en dessous d’une certaine note. »
Un coût souvent invisible pour l’épargnant
Les produits structurés restent des supports financiers à frais élevés, souvent méconnus des épargnants. Ces coûts, intégrés directement dans la mécanique du produit, passent généralement inaperçus.
Même l’Autorité des marchés financiers (AMF) reconnaît qu’il est impossible de connaître le montant exact des frais.
« Ces commissions constituent un véritable moteur de consolidation du secteur : les grands cabinets de conseillers en gestion de patrimoine rachètent les plus petits et orientent leurs clients vers des produits structurés pour accélérer le retour sur investissement de leurs acquisitions. Une logique commerciale qui ne correspond pas toujours à l’intérêt des clients », avertit Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine.
Il est donc essentiel de comprendre la structure de coûts de ces produits, surtout dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie ou d’un plan d’épargne retraite (PER), où les couches de frais se multiplient rapidement.
Conseils et bonnes pratiques
La complexité des produits structurés exige une certaine prudence, mais ne doit pas pour autant effrayer. « Au contraire, la volatilité peut devenir une opportunité, car les options intégrées aux produits se valorisent davantage dans des marchés volatils », souligne Francesco Baiano, chargé d’investissement au sein du multi-family office Scala Patrimoine.
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La stratégie de la diversification
Comme le rappelle Romane Azzopardi, la diversification est essentielle. « Il ne s’agit pas seulement de varier les sous-jacents, mais aussi les mécanismes et les corrélations avec d’autres placements. On peut ainsi souscrire à des produits à capital garanti indexés sur des taux d’intérêt, des paniers d’actions ou des indices, permettant de profiter des différentes catégories de marché tout en modulant le risque. »
La responsable des investissements côtés du multi-family office indépendant tient à ajouter « qu’il est préférable de travailler avec des institutions fiables, ayant une notation élevée, et d’éviter les intermédiaires multiples, qui viennent, par ailleurs, réduire la performance par des frais additionnels.»
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Les convictions de Scala Patrimoine
Dans des périodes de forte volatilité, il convient plus que jamais de garder la tête froide. La prudence reste, en effet, de mise face aux propositions commerciales des banques et brokers.
« Nous privilégions généralement les structures autocalls, dont le remboursement anticipé est conditionné aux niveaux de marché dès le départ, plutôt que celles rappelables à la discrétion de l’émetteur de façon trimestrielle ou semestrielle, moins pertinentes pour l’investisseur », explique Romane Azzopardi.
Les produits de type Phoenix offrent des coupons réguliers conditionnels, avec un taux souvent lié à des indices larges (Stoxx 50, iTraxx Main) ou sectoriels lorsque l’exposition ciblée est souhaitée. « En revanche, nous ne sommes pas positionnés sur les indices à décrément, très à la mode en ce moment. Leur trajectoire est difficile à anticiper, rendant l’estimation du rendement incertaine », prévient Francesco Baiano.
Conclusion
Fin janvier, un groupe de travail de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a rendu ses conclusions sur les produits structurés. L’institution admet notamment que « les informations peuvent être dispersées et pas toujours très faciles à comprendre pour le grand public ».
Ces produits occupent pourtant une place importante dans l’allocation d’actifs proposée par les conseillers en gestion de patrimoine. Selon l’Observatoire de Nortia, ils représenteront 33 % des unités de compte en 2025. Cela fait tout simplement des produits structurés l’une des classes d’actifs les plus recommandées.
Le revers de la médaille, c’est que, pour de nombreux intermédiaires, ces produits génèrent des flux de commissions importants : des frais d’entrée autour de 5 %. « L’intérêt du distributeur peut ainsi primer sur celui du client », regrette à ce titre Guillaume Lucchini.
C’est précisément pour cette raison que la question de l’indépendance du conseil est centrale. Pour tout investissement, et en particulier pour les produits structurés, il est essentiel de s’entourer d’un conseiller réellement indépendant, rémunéré uniquement par des honoraires transparents, sans rétrocommissions, et aligné exclusivement avec les intérêts de son client.
Le rendez-vous des marchés financiers - Avril 2026
Les Marchés financiers & économie : les points clés
- Les marchés financiers essuient le contrecoup de l’escalade du conflit au Moyen‑Orient, marquant une nette augmentation de la volatilité. Un retour au calme est toutefois espéré avec la signature d'un cessez-le-feu temporaire de 15 jours ;
- La guerre en Iran perturbe de manière significative la production pétrolière mondiale. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’offre globale serait amputée d’environ huit millions de barils par jour ;
- Le spectre d’une stagflation — cette combinaison redoutée de croissance atone et d’inflation persistante — gagne du terrain tant aux États‑Unis qu’en Europe.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran déstabilise les marchés financiers.
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Le conflit iranien cristallise l’attention
Malgré le cessez-le-feu temporaire signé entre les USA et l'Iran, le détroit d’Ormuz concentre l’attention de tous les investisseurs. Les frappes qui avaient été menées sur les infrastructures du Golfe perturbent encore des chaînes d’approvisionnement clés.
Résultat : les cours de l’énergie ont explosé. Le prix du baril de pétrole a pris plus de 53 % en un mois, passant de 60 à 110 dollars, tandis que le prix du gaz bondit de près de 70 %. Cela ne représente rien de moins que la plus forte hausse mensuelle depuis 1988.
Les conséquences du blocage de ce passage stratégique de 54 km sont déjà importantes. Le Qatar estime ainsi avoir perdu 17 % de ses capacités d’exportation de gaz. La production mondiale d’engrais azotés, d’aluminium ou encore d’hélium, cruciale pour les puces électroniques, est aussi touchée.
Les négociations autour d’un plan de paix avec l’Iran par les États-Unis sont encore loin d'etre conclues.
Donald Trump osera-t-il se lancer dans une hasardeuse opération militaire terrestre pour prendre le contrôle de l'île de Kharg, le terminal par lequel transitent 90 % des exportations pétrolières iraniennes ? Personne ne peut le dire. Tant le président des États-Unis est capable, d’un jour à l’autre, de dire tout et son contraire.
De son côté, l’Iran affirme promettre de « faire pleuvoir le feu » sur les forces américaines si tel était le cas.
Et pour ne rien arranger à la situation, au Yémen, les Houthis, alliés aux Iraniens, pourraient tenter - en cas de reprise du conflit - de bloquer Bab el-Mandab, le détroit entre le Yémen et Djibouti, où passe près de 12 % de l’ensemble du commerce mondial !
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Une économie mondiale touchée de plein fouet ?
Il n’est pas facile d’être analyste macroéconomique en ce moment. Les événements économiques et géopolitiques se bousculent en ce début d’année. L’enlèvement du président Maduro au Venezuela par les États‑Unis, l’intelligence artificielle continue de transformer l’économie mondiale, le débat sur l’abandon des tarifs douaniers se poursuit, le crédit privé reste fragile et la guerre en Iran inquiète les marchés. Il est difficile de prévoir quelles seront les conséquences de tous ces événements à long terme.
L’OCDE s’est toutefois risquée à faire des projections. Elle vient de réviser à la hausse ses prévisions d’inflation pour les pays du G20 (+ 1,2 point).
Même si le conflit s’arrêtait rapidement, la croissance mondiale ne serait pas totalement préservée. Une baisse comprise entre 0,2 % et 0,7 % en 2026 est déjà anticipée, selon les zones économiques et leur dépendance au pétrole.
Tout dépendra désormais de la durée de la guerre. Plus elle sera courte, plus ses effets sur l’inflation et la croissance resteront transitoires.
Pour relativiser en partie les conséquences économiques du conflit en Iran, une donnée intéressante sur le pétrole est rarement évoquée : la désensibilisation de l’économie à l’or noir. En 1973, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie, il fallait un baril de pétrole pour générer mille dollars de production. Cinquante‑deux ans plus tard, c’est moins d’un quart de baril qui est nécessaire pour le même effet, en dollars constants.
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Les marchés financiers en baisse face aux tensions internationales
Le conflit en Iran inquiète les investisseurs. La volatilité explose et l’indice Greed & Fear chute à 10, signalant une peur extrême sur les marchés. Pour rappel, cet indicateur varie de 0, marque d’une peur intense, à 100, correspondant à une avidité extrême.
Conséquence directe : les indices boursiers poursuivent leur tendance baissière. Le S&P 500 enregistre cinq semaines consécutives de baisse, une première depuis mai 2022, perdant plus de 4 % depuis le début de l’année.
Même les titres phares des marchés américains souffrent. L’ETF regroupant les Magnificent Seven abandonne près de 20 % par rapport aux sommets d’octobre dernier.
Pourtant, la saison des résultats reste solide aux États-Unis. La croissance des bénéfices par action au quatrième trimestre atteint 14 % sur un an, et 75 % des sociétés ont dépassé les attentes des analystes.
Sur les marchés européens, le début d’année est également morose. Le CAC 40 recule de 3 %, tandis que le DAX 30 cède 6,5 %.
En Asie, le Shanghai Composite perd 2,5 %, et la chute est encore plus marquée pour le Nifty 50. L'indice phare des marchés boursiers indiens s’effondre de 14 %.
Les marchés obligataires également sont sous pression. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans bondit de 40 points de base en un mois, atteignant 4,38 %. En France, le taux passe de 3,2 % à 3,73 %, et en Allemagne, il grimpe de 2,65 % à 3 %.
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L’or reprend son souffle
L’or est en baisse de près de 20 % depuis ses plus hauts historiques. Plusieurs facteurs expliquent ce recul. D’abord, les niveaux atteints laissaient peu de marge pour une progression supplémentaire. Ensuite, certaines banques centrales, confrontées aux tensions économiques, ont temporairement suspendu leurs achats de métal précieux.
Pour autant, le métal jaune conserve sa réputation de valeur refuge par excellence. Selon Bruno Jacquier, directeur de la stratégie chez Altitude Investment Solutions, cette correction reflète avant tout une situation conjoncturelle particulière : « Si l’or est revenu à son niveau du 1er janvier, c’est essentiellement parce que les investisseurs, confrontés à d’importants besoins de liquidités, ont choisi de sécuriser leurs profits sur cet actif très liquide. »

États-Unis : les risques autour d’une stagflation s’intensifient
Le PIB américain du quatrième trimestre 2025 a été publié, et la surprise est de taille : la croissance a été révisée à seulement 0,7 %. Pour mémoire, certains économistes tablaient sur 1,4 %. Ce ralentissement préoccupant alarme particulièrement les banquiers centraux, qui voient poindre le spectre d’une stagflation, ce cocktail redoutable où inflation et croissance au ralenti se conjuguent pour fragiliser l’économie.
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Une économie qui tousse
Les hausses du prix du gallon d’essence, conséquence directe du conflit en Iran, commencent à peser sur le budget des ménages américains. L’effet est immédiat : le moral des consommateurs s’érode. Selon l’Université du Michigan, l’indice de confiance des ménages a reculé en mars à 53,3 points, en deçà des 53,5 points anticipés, après 56,6 points le mois précédent.
Cette instabilité géopolitique survient dans un contexte déjà fragile. En janvier, les dépenses réelles n’avaient progressé que de 0,1 %, frôlant la stagnation.
À l’aune de ces signaux, les prévisions économiques s’assombrissent. Goldman Sachs estime désormais à 30 % la probabilité d’une récession aux États-Unis. JPMorgan et Moody’s Analytics vont plus loin, avec respectivement 35 % et 48 %.
Bruno Jacquier, directeur de la stratégie chez Altitude Investment Solutions évoque lui aussi un ralentissement à venir : « Si les prévisions portant sur les conséquences économiques de la guerre en Iran diffèrent, ce n’est que par leur intensité, car il est parfaitement certain que l’inflation sera plus élevée, la croissance plus faible, l’investissement et l’emploi des entreprises revus à la baisse, et la consommation en berne. »
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Marché de l’emploi : le point de bascule
Plusieurs facteurs convergent vers un affaiblissement du marché du travail américain. Certaines causes sont structurelles : le ralentissement économique et l’émergence des outils d’intelligence artificielle, qui perturbent déjà l’entrée des jeunes diplômés sur le marché du travail. D’autres sont plus conjoncturelles, liées aux tensions géopolitiques et aux incertitudes autour des droits de douane.
Le rapport mensuel sur l’emploi de février illustre ces difficultés : 92 000 postes ont été perdus, alors que 50 000 créations étaient attendues. Les données de décembre et janvier ont, par ailleurs, été révisées à la baisse. Le taux de chômage approche désormais 4,5 %, soit 7,57 millions d’Américains en recherche d’un emploi.
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Inflation : un équilibre fragile
Au-delà du ralentissement économique, l’inflation menace toujours. Le Core PCE, indicateur de référence, atteint 3,1 % sur un an. Si l’on se concentre sur le secteur des services, moteur de l’économie américaine, le chiffre grimpe à 3,5 %.
Jerome Powell, président de la FED, a toutefois estimé qu’il n’était pas nécessaire, pour l’instant, de relever les taux en réaction à la flambée des prix du pétrole, soulignant que « les anticipations d’inflation de long terme restaient maîtrisées ». La Fed maintient donc ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle baisse plus tard dans l’année.
Côté marché, les investisseurs restent prudents. La probabilité d’une hausse des taux en 2026 atteint désormais 52 %, traduisant un doute croissant sur la capacité de la FED à maîtriser les effets du contexte géopolitique. Barclays, de son côté, anticipe une reprise graduelle de l’assouplissement monétaire, avec d’éventuelles baisses de taux d’ici fin 2026, sous réserve d’une désinflation confirmée. Le principal risque demeure une pause prolongée, liée à des chocs temporaires sur les prix ou à une prudence excessive des décideurs.
Zone euro : la BCE fait preuve de prudence
La Banque centrale européenne (BCE) a rapidement ajusté ses prévisions économiques, sous l’effet des tensions qui secouent l’Iran. L’inflation attendue pour 2026 a été revue à la hausse, à 2,6 %, soit 0,7 point de plus que sa projection de décembre. À l’inverse, la croissance connaît un net ralentissement, estimée désormais à 0,9 %, soit 0,3 point de moins que prévu.
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À la croisée des chemins
Le pessimisme de la BCE se reflète dans les chiffres. De nombreux indicateurs économiques montrent une tendance à la baisse.
Dans la zone euro, la croissance du secteur privé a marqué le pas en mars. L’indice PMI Flash, basé sur les sondages auprès d’entreprises, est tombé à 50,5 points, contre 51,9 en février, traduisant un quasi-arrêt de l’activité. Les nouvelles commandes se réduisent, signe d’un marché en attente.
Parallèlement, l’indice de sentiment économique (ESI) recule de 1,6 point, à 96,6, et l’indice des attentes en emploi (EEI) perd 1,4 point, s’établissant à 96,4.
En Allemagne, l’un des indicateurs les plus scrutés, l’indice ZEW du sentiment des investisseurs, plonge de 58,3 à -0,5 en mars.
Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global, pense que ces signes sont révélateurs . « L’indice PMI Flash de la zone euro sonne l’alarme sur le risque de stagflation. La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix tout en freinant la croissance. »
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Une BCE attentiste
Comme aux États-Unis, l’inflation repart à la hausse dans la zone euro. Les prix ont augmenté de 2,5 % sur un an en mars, contre 1,9 % en février, et dix États membres affichent même une inflation supérieure à 3 %.
Faut-il pour autant redouter un resserrement brutal de la politique monétaire ? La BCE, consciente des fragilités de l’Europe face au choc énergétique, a choisi la prudence : elle maintient ses taux directeurs à 2 %, pour la sixième fois consécutive.
Pour Madison Faller, stratégiste chez J.P. Morgan, le message est clair : « La BCE ne s’engage pas à relever ses taux. Cependant, elle n’exclut pas un ajustement si les anticipations de marché évoluent. L’Europe a plus à perdre que les autres dans ce contexte énergétique. »
Le marché, lui, a déjà modifié ses attentes : après un mois de statu quo, il anticipe désormais trois hausses de taux en 2026. La BCE, elle, reste en observation, mesurant chaque mouvement avec prudence.
La Chine face à ses fragilités
La Chine peine encore à se relever du choc économique provoqué par la crise du Covid. La confiance des ménages s’est nettement effritée, tandis que le chômage des jeunes diplômés demeure à un niveau préoccupant. Dans ce contexte déjà tendu, l’embrasement de la situation au Moyen-Orient ne va pas l’aider à amorcer un rebond.
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La principale victime du conflit iranien ?
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz mettent l’économie chinoise à rude épreuve et confirment sa vulnérabilité sur le plan énergétique.
La guerre au Moyen-Orient, conjuguée à la fermeture du détroit d’Ormuz, met en exergue la vulnérabilité énergétique de la Chine. Premier importateur mondial de pétrole, le pays dépend pour près de la moitié de ses approvisionnements du Moyen-Orient. 45 % de ses importations transitent précisément par ce passage. En 2025, Pékin absorbait même près de 90 % des exportations pétrolières iraniennes.
« Le détroit d’Ormuz est une artère vitale pour l’économie chinoise », confirme Emmanuel Lincot, directeur de recherche à l’IRIS. Avant d’ajouter : « Le blocage de ce détroit prive la Chine d’une part essentielle de ses approvisionnements, soit près de 5,5 millions de barils par jour. Or c'est une situation qui va devenir rapidement insoutenable pour son économie et son industrie. »
Pékin cherche naturellement à réduire son exposition en diversifiant ses fournisseurs, notamment en direction de la Russie ou de certains pays d’Amérique latine. Mais ces ajustements ne suffisent pas à compenser un choc de cette ampleur. Face au risque de pénurie, les autorités ont dû prendre des mesures d’urgence, allant jusqu’à imposer aux raffineries de suspendre certaines exportations de gaz et de pétrole afin de préserver le marché intérieur.
Les dirigeants chinois espèrent désormais une fin rapide du conflit. D’autant que les relations commerciales avec les États-Unis se tendent à nouveau.
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La chine entre dans une nouvelle ère
Une transformation profonde de l’économie chinoise est actuellement à l’œuvre. Le gouvernement semble même avoir acté le ralentissement structurel de son économie. Celui-ci vise désormais une croissance comprise entre 4,5 % et 5 % en 2026. Un niveau bien éloigné des rythmes à deux chiffres qui prévalaient encore avant 2010.
Le Premier ministre Li Qiang ne fait d’ailleurs plus mystère des difficultés rencontrées. Dans un discours d’une étonnante transparence, il a reconnu que « le pays n'avait jamais été confronté à une conjoncture aussi grave et complexe. Les chocs et défis extérieurs se sont conjugués et superposés aux dilemmes internes et à des choix politiques cornéliens ».
Pour tenter de rebondir, Pékin mise sur une stratégie de montée en gamme technologique : semi-conducteurs, intelligence artificielle, robotique avancée ou encore fusion nucléaire figurent désormais au cœur des priorités. L’objectif est ici de réduire la dépendance aux importations tout en consolidant la place du pays sur les marchés mondiaux.
Parallèlement, les autorités entendent stimuler la demande intérieure.
Mais, pour relancer la consommation, encore faut-il redonner confiance aux ménages. Et c’est là que le bât blesse. Les ménages continuent de mettre de côté près d’un tiers de leurs revenus disponibles — 31,7 % en moyenne chaque année. Un niveau exceptionnellement élevé, qui en dit long sur les incertitudes persistantes et les inquiétudes qui traversent la société chinoise.
L’actualité des marchés financiers - Mars 2026
Les Marchés financiers & économie : les points clés
- Les marchés financiers mondiaux qui affichaient des performances prometteuses depuis le début d’année ont été freinés par le début du conflit iranien ;
- Donald Trump a, en effet, lancé l’opération « Epic Fury » pour renverser le régime des mollahs en Iran ;
- La Cour suprême américaine a jugé qu’une grande partie des droits de douane négociés par Donald Trump avec ses partenaires commerciaux internationaux étaient illégales.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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Les États-Unis et Israël lancent les hostilités face à l’Iran
L’actualité internationale est aujourd’hui dominée par une brusque montée des tensions militaires au Moyen-Orient. Le lancement de l’opération « Epic Fury » par Donald Trump, vise à frapper le cœur du pouvoir iranien.
- Un contexte géopolitique hautement inflammable
Les chancelleries internationales étaient en état d’alerte depuis plusieurs jours. Après avoir exprimé publiquement son insatisfaction quant à l’état des négociations avec l’Iran, le président américain a ordonné une série de frappes coordonnées avec Israël.
Ces opérations ont conduit à l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei ainsi que de nombreux responsables du régime. En représailles, l’Iran a ciblé plusieurs intérêts et alliés des États-Unis dans la région : Dubaï, Bahreïn, des bases américaines en Arabie saoudite, au Qatar, ainsi qu’en Israël.
L’objectif affiché de Washington est un changement de régime à Téhéran, misant sur un soulèvement populaire. Or, après la répression sanglante des manifestations survenues entre fin décembre et mi-janvier, aucune force politique structurée ne semble aujourd’hui en mesure de prendre le relais. Le risque d’une longue période d’instabilité, voire de chaos politique, apparaît donc élevé.
- Un rebond de la volatilité sur les marchés financiers
Comme souvent en période de conflit armé, la volatilité refait surface sur les marchés financiers. L’indice VIX, surnommé « indice de la peur », a progressé de 27 % en une seule séance.
Dans ce climat d’incertitude, les investisseurs se tournent vers les valeurs refuges. L’or renforce son statut protecteur et a progressé de 4 %, atteignant près de 5 360 dollars l’once, avant de redescendre autour de 5 100 dollars. Le dollar et le franc suisse concentrent également les flux de capitaux.
À l’inverse, certains secteurs bénéficient de ce nouvel environnement. Les valeurs liées à la défense et aux matières premières rebondissent.
L’impact sur les taux longs obligataires demeure, à ce stade, modéré. Il devra toutefois être suivi de très près, en particulier dans le scénario d’une hausse durable et marquée des prix du pétrole, qui raviverait les tensions inflationnistes et pourrait exercer une pression haussière sur les rendements à long terme.-
- Les points de vigilance à surveiller
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Le détroit d’Ormuz
Tous les regards se tournent vers le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. Ce couloir maritime, large d’à peine une vingtaine de kilomètres à son point le plus étroit, demeure ouvert mais son trafic est devenu extrêmement difficile.
L’Organisation maritime internationale a appelé les compagnies à éviter la zone. Les primes d’assurance explosent. Une perturbation durable ferait peser une pression considérable sur les prix de l’énergie et, par ricochet, sur la croissance mondiale.
Le premier pays à ressentir l’impact serait probablement la Chine, puisque 84 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est destiné à l’Asie. Sur les 14 millions de barils quotidiens qui empruntent ce passage stratégique, un million seulement est destiné à l’Europe.
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La production de pétrole
À la suite de l’opération « fureur épique » le baril de Brent a bondi de près de 16 %, atteignant 84 dollars, un plus haut depuis quatre ans.
L’Iran ne représente toutefois qu’une fraction relativement modeste de la production mondiale de pétrole, aux alentours de 3 à 4,5 % de l’offre. Le scénario le plus critique serait donc une attaque des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis ou au Koweït.
Néanmoins, le marché pétrolier abordait ce conflit dans une situation relativement confortable : l’offre excédait la demande, les stocks étaient élevés (90 jours), des pipelines permettent de contourner en partie la zone, et plusieurs membres de l’Opep+ ont annoncé des hausses de production, laissant entrevoir une certaine capacité d’amortissement.
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Le risque inflationniste
Une flambée durable des prix de l’énergie raviverait les tensions inflationnistes, alors même que la Réserve fédérale amorçait une phase de normalisation monétaire. Ce choc pourrait retarder les baisses de taux attendues et exercer une pression supplémentaire sur les marchés obligataires. Une extension ou une prolongation du conflit fragiliserait également la croissance économique mondiale.
- Perspectives
Donald Trump a évoqué une campagne militaire susceptible de durer « quatre semaines ou moins ». Un élément à ne pas négliger : le président américain demeure particulièrement attentif à la réaction des marchés financiers. À l’approche des élections de mi-mandat (midterms), le calendrier politique réduit sa marge d’erreur et limite la probabilité d’un conflit long et incontrôlé.
L’évolution de la situation dépendra désormais de trois facteurs clés : la durée effective des frappes, l’impact réel sur la navigation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz et le risque de contagion régionale. C’est de cet équilibre précaire que dépendra l’ampleur de la réaction des marchés dans les semaines à venir.
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Japon : une victoire politique qui ouvre la voie à une relance massive
Le pari de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi s’est révélé payant. Lors des élections législatives anticipées, son parti a remporté une victoire écrasante, obtenant 354 sièges sur 465 à la Chambre basse — une majorité historique depuis la Seconde Guerre mondiale.
Fort de ce mandat exceptionnel, le gouvernement dispose désormais d’une large marge de manœuvre pour mettre en œuvre son programme économique.
Au cœur de cette stratégie : une relance budgétaire massive, destinée à soutenir l’activité et à stimuler la demande intérieure. Une orientation qui risque toutefois d’alourdir encore davantage la dette publique déjà record du Japon.
Les marchés financiers, notamment obligataires, ont rapidement réagi. Le rendement de l’emprunt d’État japonais à 10 ans a bondi de près de 8 points de base, atteignant 2,302 %, soit sa deuxième pire clôture depuis juillet 1997 — un signal de tension croissante sur la dette souveraine nippone.
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Marchés financiers : la volatilité fait son retour
Depuis le 1er janvier, les marchés financiers mondiaux affichaient des performances prometteuses, mais le conflit au Moyen-Orient est venu brusquement freiner cet élan.
- Des records boursiers effacés
Aux États-Unis, près d’un tiers des sociétés composant le S&P 500 ont publié leurs résultats trimestriels, et 80 % d’entre elles ont surpassé les attentes en matière de bénéfices. Pourtant, l’indice reste quasiment inchangé depuis le début de l’année, avec une progression marginale de +0,13 %. Le Nasdaq Composite, dominé par les valeurs technologiques, cède 1,6 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average affiche une légère hausse de 0,2 %. Cette divergence illustre la rotation sectorielle en cours, où la prudence prime face aux incertitudes géopolitiques.
En Europe, les marchés financiers ont également été affectés. Le CAC 40 avait atteint un sommet historique en séance à 8 642,23 points avant le déclenchement du conflit. Depuis janvier, il recule de 1,1 %, tandis que le DAX 30 allemand perd 2,1 %.
En Asie, les effets sont encore plus marqués. La Kospi a enregistré sa pire séance depuis août 2024, plongeant de 7,2 % dès le lendemain des premières frappes américaines. Cette chute reflète à la fois la nervosité des investisseurs face au conflit et des prises de bénéfices après une spectaculaire hausse de 29,57 % depuis le début de l’année. À l’inverse, le Nikkei 225 progresse de 6,65 %, et le Shanghai Composite de 2,2 %. En Inde, le Nifty 50 recule de 5,28 %.
- L'or confirme son rôle de valeur refuge
Sur le marché obligataire, le rendement des obligations américaines à 10 ans grimpe à 4,13 %. En zone euro, le Bund allemand à 10 ans atteint 2,82 % et le taux OAT français à 10 ans s’élève à 3,42 %.
Les matières premières et les devises reflètent également ce climat de prudence. L’or s’échange autour de 5 100 dollars l’once, confirmant son rôle de valeur refuge. Le Bitcoin replonge sous 61 800 euros, en baisse de 17 % depuis le début d’année, tandis que le Dollar se renforce et l’Euro retombe sous 1,16 dollar.

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Nvidia : le miracle permanent
Scrutés à la loupe par les marchés, les résultats de Nvidia tiennent lieu de véritable baromètre de l’intelligence artificielle. À chaque publication, c’est tout le secteur technologique qui retient son souffle, tant le groupe californien incarne aujourd’hui les espoirs — et les excès — de la révolution en cours.
Un engouement d’autant plus intense que les valorisations boursières, comme les anticipations de bénéfices, évoluent à des niveaux historiquement élevés. Dans ce contexte, la moindre déception serait sanctionnée. Mais, une fois encore, Nvidia déjoue les doutes et dépasse les attentes.
Au dernier trimestre, l’entreprise basée à Santa Clara a engrangé 68 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 66 milliards anticipés par les analystes, soit une progression spectaculaire de 73 % sur un an. Dans le même temps, le bénéfice net a presque doublé, atteignant 43 milliards de dollars. Sur l’ensemble de l’exercice, Nvidia affiche ainsi un résultat net cumulé de 120 milliards de dollars. Un chiffre vertigineux. Presque irréel.
Cette performance hors normes repose, sans surprise, sur le moteur désormais central de l’entreprise : les data centers. À eux seuls, ils ont généré 62,3 milliards de dollars de revenus, en hausse de 75 % sur un an, confirmant la position dominante de Nvidia dans l’infrastructure de l’intelligence artificielle mondiale.
Et la dynamique ne semble pas près de s’essouffler. En guise de cerise sur le gâteau, le groupe anticipe pour le prochain trimestre un chiffre d’affaires compris entre 76,4 et 79,5 milliards de dollars, bien au-delà des 72,7 milliards attendus par le consensus.
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Coup de mou pour les entreprises du CAC 40
Les grandes entreprises françaises commencent-elles à ressentir les contrecoups du climat économique assombri dans lequel la France s’est installée depuis la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron en 2024 ? Les premiers éléments de réponse fournis par la saison des résultats invitent à la prudence, voire à l’inquiétude.
Sur les 38 groupes du CAC 40 ayant déjà publié leurs comptes, les bénéfices cumulés atteignent 96,2 milliards d’euros. Un montant considérable en valeur absolue, mais en recul brutal de 31 % sur un an, et surtout très éloigné du sommet historique de 156 milliards d’euros atteint en 2021, au sortir de la crise sanitaire.
- Le secteur de l'automobile face à la concurrence chinoise
L’essentiel de cette dégradation provient du secteur automobile, devenu le maillon faible de la cote parisienne. Le groupe Stellantis enregistre une perte nette abyssale de plus de 22 milliards d’euros, plombé par la restructuration de ses activités et les lourds investissements liés à l’électrification. Même constat chez Renault, qui bascule également dans le rouge, victime d’une transition énergétique coûteuse et d’une concurrence chinoise de plus en plus agressive sur les segments clés.
À ces difficultés sectorielles s’ajoutent des facteurs macroéconomiques défavorables. La baisse du dollar face à l’euro, combinée à la montée des tensions commerciales internationales, a pénalisé les groupes fortement exposés à l’export, au premier rang desquels figurent les acteurs du luxe, longtemps considérés comme des valeurs refuges.
- Les banques résistent
Dans ce tableau assombri, un secteur fait figure d’exception : la banque. Les établissements financiers résistent mieux que le reste de la cote, portés par des taux d’intérêt encore élevés. BNP Paribas s’impose ainsi comme le premier contributeur aux profits, confirmant la solidité de son modèle dans un environnement économique incertain.
États-Unis : des signaux économiques contradictoires
Malgré les turbulences politiques et commerciales, les États-Unis demeurent le pivot de l’économie mondiale. Certains indicateurs macroéconomiques illustrent parfaitement l’étendue de leur puissance. Selon une étude conjointe de Trendeo, de l’Institut de la réindustrialisation et de McKinsey, les investissements industriels ont bondi de 96 %, atteignant 793 milliards de dollars – un signe tangible du retour en force du secteur manufacturier américain.
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Trump et les droits de douane : un pouvoir limité
La question était brûlante : Donald Trump pouvait-il, seul, renégocier les droits de douane avec ses partenaires commerciaux en s’appuyant sur la loi IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) ? La Cour suprême a tranché sans ambiguïté : non.
Les juges ont estimé que le président avait dépassé ses prérogatives en imposant unilatéralement des droits de douane dits « réciproques » sous couvert d’une déclaration d’urgence nationale. Tous les tarifs instaurés sur cette base sont donc invalidés. Rassurant toutefois pour certains secteurs, cette décision n’affecte pas les droits de douane sectoriels fondés sur d’autres textes, à l’instar des tarifs sur l’acier et l’aluminium.
- Une riposte présidentielle déjà à l’œuvre
Mais Washington n’est pas sans armes. Peu après le verdict, le président a invoqué la section 122 pour instaurer une hausse de 10 % des tarifs mondiaux, suivie rapidement d’une majoration de 5 % supplémentaire. Toutefois, cette mesure ne peut être prolongée au-delà de 150 jours sans l’aval du Congrès.
En suspens demeure la question des remboursements pour les sommes indûment perçues depuis 2025. Selon les premières estimations, les États-Unis pourraient être contraints de restituer jusqu’à 175 milliards de dollars aux entreprises affectées. Plus de 1 500 sociétés ont engagé des procédures judiciaires, avec FedEx en tête de file pour défendre ses intérêts.
- Une incertitude prolongée pour les entreprises
Cette décision marque un tournant pour le tissu économique américain et international. Après des années de renégociations commerciales et de tensions tarifaires, les entreprises se retrouvent une fois encore confrontées à l’imprévisibilité du cadre réglementaire et à une période d’incertitudes prolongée.
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Un environnement propice à la croissance américaine ?
La banque Goldman Sachs se montre optimiste pour 2026, anticipant une croissance du PIB de 2,5 % en rythme annuel, du quatrième trimestre 2025 au quatrième trimestre 2026, confirmant que l’économie américaine conserve un dynamisme enviable malgré un contexte mondial incertain.
Le produit intérieur brut (PIB) américain a cependant marqué un net ralentissement au quatrième trimestre, atteignant 1,4 % sur un an, contre 4,4 % au trimestre précédent. Ce coup de frein est largement imputable au shutdown gouvernemental qui a paralysé une partie de l’activité économique. Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance a été de 2,2 %, légèrement en deçà des prévisions des analystes, qui tablaient sur 2,4 %.
Pour 2026, le consensus des experts, de Goldman Sachs à Bloomberg, anticipe une croissance américaine supérieure à 2 %. Plusieurs moteurs soutiennent cette dynamique : les baisses d’impôts issues du plan budgétaire promu par Donald Trump, des conditions financières plus favorables, et surtout l’investissement soutenu des entreprises, porté par les puissants « Magnificent Seven ».
Cependant, l’horizon n’est pas exempt de nuages. La récente décision de la Cour suprême sur les droits de douane remet en lumière les tensions commerciales internationales, déjà sensibles. À cela s’ajoutent d’autres menaces potentielles : une hausse des prix du pétrole, ou encore des fragilités dans le crédit privé, capables de freiner la croissance ou de provoquer des ajustements brutaux sur les marchés.
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L’emploi américain soulève de nombreuses questions
Le marché de l’emploi américain pourrait-il fléchir en 2026 ? C’est le scénario que plusieurs analystes jugent le plus probable. Pourtant, les derniers chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics dessinent un tableau plus favorable qu’attendu.
- Une dynamique plutôt favorable
En janvier, 130 000 emplois ont été créés, contre 55 000 anticipés, tandis que le taux de chômage reste stable à 4,3 % (contre 4,4 % en décembre).
En février, le secteur privé a surpris positivement avec une hausse de 63 000 postes, après une révision à la baisse de 11 000 postes pour janvier. Le salaire moyen horaire progresse à 3,7 %, dépassant l’inflation (2,7 %), offrant ainsi un regain de pouvoir d’achat aux Américains. Donald Trump s’est empressé de célébrer ces chiffres sur ses réseaux sociaux : « Chiffres d’emplois exceptionnels, beaucoup plus que prévu ! Les États-Unis devraient payer BEAUCOUP MOINS sur leurs emprunts. »
Selon la Réserve fédérale américaine (FED), le marché du travail est aujourd’hui « à l’équilibre », avec une légère offre excédentaire de 0,8 million de personnes. Autrement dit, le marché n’est plus en tension, mais il ne présente pas non plus de signes de sous-emploi.
- Une réalité plus nuancée
Une analyse plus approfondie invite toutefois à la prudence. Les révisions des années passées révèlent une création d’emplois beaucoup plus faible que prévu : depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, seulement 180 000 emplois ont été créés, soit un rythme historiquement bas de 15 000 postes par mois.
De plus, la croissance de l’emploi est concentrée dans le secteur de la santé et du social, tandis que d’autres secteurs – finance, information, transport, logistique – ont connu des suppressions de postes. Le nombre d’emplois à pourvoir a chuté à 6,542 millions, contre 7,25 millions anticipés.
La question de l’intelligence artificielle inquiète également. Dans sa dernière étude, Goldman Sachs souligne que l’automatisation et les technologies émergentes pourraient bouleverser le marché du travail, notamment pour les jeunes entrants dans des secteurs exposés. Déjà, les postes disponibles pour cette population ont enregistré un déclin de 16 %.
Le contraste est frappant : Nvidia, valorisée à 4 500 milliards de dollars, emploie seulement 40 000 personnes, tandis qu’IBM, en 1985, avec une capitalisation vingt fois inférieure, employait dix fois plus de salariés. Ce décalage illustre la transformation structurelle du marché du travail, où la valeur économique se détache désormais du volume d’emplois créés.
En dépit des chiffres récents encourageants, les signaux structurels laissent entrevoir une dégradation probable du marché de l’emploi. Un défi que les acteurs économiques et politiques devront affronter dans les années à venir.
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Politique monétaire : la Fed temporise
Malgré un tableau macroéconomique globalement rassurant, Jerome Powell insiste sur la nécessité de rester vigilant. Les données actuelles ne plaident pas pour une baisse immédiate des taux, mais le président de la Réserve fédérale (Fed) continue de surveiller de près le marché du travail.
L’inflation américaine a marqué un ralentissement en janvier, à 2,4 % sur un an, soit 0,3 point de moins qu’en décembre. Ce reflux s’explique principalement par la baisse des prix de l’énergie (-1,5 % sur un mois), alors que les denrées alimentaires poursuivent leur progression (+0,2 %). Le « core inflation », indicateur privilégié par la Fed, hors énergie et alimentation, ressort à 2,5 %, son niveau le plus bas depuis 2021.
Cependant, une étude de la Fed de New York vient tempérer cet optimisme. En ajustant les effets temporaires, notamment le shutdown de 43 jours qui avait perturbé la collecte des prix à l’automne, les économistes estiment que l’inflation réelle s’élevait plutôt à 2,83 % fin 2025.
En attendant la prise de fonction de Kevin Warsh, Jerome Powell a maintenu le taux directeur à 3,5 %, après une baisse cumulative de 75 points de base en 2025. Il justifie cette posture par l’amélioration progressive de certains indicateurs économiques, tout en restant attentif aux risques persistants.
Pour sa part, Stephen Miran, gouverneur de la Fed et critique d’une politique monétaire jugée trop restrictive, préconise une réduction d’un point de pourcentage des taux cette année, invoquant la fragilité encore présente sur le marché du travail et les incertitudes entourant l’activité économique.
Zone euro : une dynamique toujours fragile
Selon la Banque centrale européenne, l’économie de la zone euro se montre plus résistante que prévu. Soutenue par la progression des revenus des ménages, la hausse des dépenses publiques et l’amélioration progressive des conditions de financement, la croissance pourrait atteindre 1,2 % en 2026, puis 1,4 % en 2027 et 2028.
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Un rebond encore à confirmer
Les premiers signaux de reprise sont déjà perceptibles. Au quatrième trimestre 2025, l’économie de la zone euro a progressé de 0,3 %, portant la croissance annuelle à 1,5 %.
Le redressement, encore timide, de l’économie allemande constitue à ce titre une évolution encourageante. L’activité outre-Rhin a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre, portée par la relance des dépenses publiques et par un regain d’activité dans le secteur de la construction.
Au sein du « G4 » européen, c’est toutefois Espagne qui conserve la dynamique la plus solide, avec une croissance trimestrielle de 0,8 %.
Le marché du travail continue également de soutenir l’activité. Le taux de chômage est ainsi passé de 6,3 % à 6,2 % en décembre, contribuant à la progression des revenus et à une consommation plus dynamique. La hausse des salaires, combinée à une baisse du taux d’épargne, pourrait soutenir la demande intérieure, tout comme les investissements des entreprises et les dépenses publiques.
Mais cette dynamique reste fragile. La remise en cause possible de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, ainsi que les tensions géopolitiques au Iran, pourraient peser sur les perspectives économiques.
Le choc énergétique constitue une source d’inquiétude particulière. Depuis le début du conflit, les prix du gaz en Europe ont bondi de plus de 50 %, après l’arrêt de la production au Qatar sur l’un des plus grands sites d’exportation mondiaux.
Par ailleurs, le moral des acteurs économiques reste fragile. Selon les données publiées par la Commission européenne, l’indice du sentiment économique dans la zone euro a reculé à 98,3 en février, contre 99,3 en janvier, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient 99,8.
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Christine Lagarde sur le départ ?
Avant même que les conséquences du conflit au Moyen-Orient ne se matérialisent pleinement dans les statistiques, l’inflation repart légèrement à la hausse. Selon Eurostat, les prix à la consommation ont progressé de 1,9 % en février, contre 1,7 % en janvier, dépassant les prévisions des économistes.
La Banque centrale européenne reste néanmoins confiante. Elle anticipe une inflation moyenne de 1,9 % en 2026, 1,8 % en 2027, avant un retour vers 2 % en 2028, son objectif à moyen terme.
Dans ce contexte, aucune baisse des taux directeurs n’est attendue à court terme.
Une prudence que certains observateurs jugent excessive. Pour Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel, la BCE devra rapidement ajuster sa position : « L’Europe doit aussi faire face à un défi monétaire. Mois après mois, l’inflation recule dans plusieurs grandes économies de la zone euro. En France, elle atteint seulement 0,3 % en rythme annuel en janvier, rapprochant dangereusement le pays du seuil de déflation. Dans ces conditions, maintenir une politique monétaire aussi prudente apparaît de moins en moins justifié au regard de la faible croissance européenne. »
Enfin, des interrogations émergent également sur l’avenir de Christine Lagarde à la tête de la BCE. Selon le Financial Times, son départ pourrait intervenir avant la fin de son mandat, officiellement prévue en octobre 2027.
D’après le quotidien britannique, le président français Emmanuel Macron pourrait souhaiter peser dans la nomination de son successeur avant l’élection présidentielle française de 2027, ouvrant ainsi une nouvelle séquence politique au sommet de l’institution monétaire européenne.
Chine : vers un nouveau modèle de croissance ?
Le ralentissement structurel de l’économie chinoise est désormais pleinement assumé par Pékin. L’objectif de 5 % de croissance, longtemps présenté comme un seuil incontournable, apparaît aujourd’hui difficile à atteindre.
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Une croissance proche de 4,5 % en 2026 ?
Pour 2026, les autorités tablent désormais sur une expansion comprise entre 4,5 % et 5 %, un rythme légèrement inférieur à celui observé ces dernières années.
Ce repositionnement s’accompagne d’un engagement clair en faveur d’un soutien budgétaire accru et d’investissements publics massifs dans la technologie, l’industrie et la consommation intérieure.
L’objectif est stratégique : permettre à la deuxième économie mondiale de réduire sa dépendance aux exportations et de renforcer son marché domestique. Une transformation économique de grande ampleur pour le pays dirigé par Xi Jinping.
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Une consommation encore fragile
Mais cette transition prendra du temps. Le moral des ménages chinois reste fortement affecté par l’éclatement de la bulle immobilière et par les difficultés rencontrées par les jeunes diplômés pour s’insérer sur le marché du travail.
Le Premier ministre Li Qiang lui-même reconnaît l’existence de pressions persistantes sur l’emploi et le pouvoir d’achat, illustrant les fragilités de l’économie chinoise.
Autre signal révélateur : l’absence de tensions inflationnistes. En janvier, l’inflation a nettement ralenti, tombant à 0,2 %, contre 0,8 % en décembre, sous l’effet notamment d’une baisse de 0,7 % des prix alimentaires.
Dans ce contexte, la Chine s’engage dans une transition délicate, cherchant à rééquilibrer son modèle économique tout en préservant la stabilité sociale et la dynamique de croissance.
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Le conflit impliquant l’Iran pourrait-il bouleverser l’équilibre macroéconomique mondial ? Jusqu’à présent, la solidité des grandes économies et la robustesse des résultats des entreprises ont permis d’amortir les tensions sur les marchés. Cette résilience reste toutefois conditionnée à un facteur clé : le prix du pétrole. Tant que le baril demeure sous le seuil des 100 dollars, scénario aujourd’hui privilégié par la plupart des analystes, l’impact sur l’économie mondiale et les marchés financiers devrait rester contenu.
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Iran : deux scénarios sur la table
- Le scénario privilégié par les marchés financiers
Le scénario actuellement intégré par les marchés financiers est celui d’un impact limité du conflit. Dans cette hypothèse, la hausse des prix du pétrole resterait modérée, limitant ses répercussions sur l’inflation, les marges des entreprises et la consommation. La croissance mondiale ne serait alors que marginalement affectée.
Des disparités régionales pourraient néanmoins apparaître. L’Asie est beaucoup plus dépendante des flux énergétiques transitant par le Détroit d’Ormuz que l’Europe ou les États-Unis.
La situation est particulièrement sensible pour la Chine, premier importateur mondial de pétrole. Le pays consomme environ 15 millions de barils par jour, dont une part significative transite par le détroit d’Ormuz. Toutefois, seulement 6 % de ses importations proviennent directement d’Iran. Pékin pourrait par ailleurs exercer une influence diplomatique pour sécuriser le passage de ses tankers. La montée en puissance des énergies renouvelables offre également au pays quelques marges d’adaptation.
Les inquiétudes asiatiques se sont néanmoins manifestées sur les marchés financiers : lors du déclenchement du conflit, la Bourse de Corée du Sud a brièvement chuté de 12 %, avant de se reprendre dans les séances suivantes.
En Europe, les préoccupations portent davantage sur le gaz naturel. Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, a suspendu une partie de sa production après une attaque de drone attribuée à l’Iran. Une situation délicate pour les pays européens, qui ont fortement réduit leurs importations énergétiques en provenance de Russie et dépendent désormais davantage des fournisseurs du Golfe.
- Le scénario de risque
Le second scénario, jugé moins probable mais plus déstabilisant, serait celui d’un conflit qui s’intensifie et s’inscrit dans la durée. Dans ce cas, le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars, ce qui provoquerait une correction plus marquée sur les marchés financiers et pèserait davantage sur la croissance mondiale.
Selon une étude de la Réserve fédérale américaine, une hausse de 10 % du prix du Brent entraînerait une augmentation limitée de l’inflation (+0,2 %) et un léger ralentissement de la croissance (–0,1 point).
Pour la Banque centrale européenne (BCE), l’impact serait plus sensible sur le continent européen : une hausse de 15 % des prix de l’énergie pourrait faire progresser l’inflation de 0,5 point et réduire la croissance de 0,2 point.
Enfin, selon une analyse de Goldman Sachs, la fermeture du Détroit d’Ormuz pendant quatre semaines pourrait entraîner une hausse d’environ 15 dollars du prix du baril.
Dans ce contexte, la sécurité de cette route énergétique stratégique demeure l’un des principaux risques pour les marchés financiers.
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Marchés actions : le conflit en Iran secoue les investisseurs
Dans l’immédiat, les principaux bénéficiaires du conflit impliquant l’Iran sont les entreprises des secteurs de l’énergie et de la défense, ainsi que l’Or, valeur refuge traditionnelle en période d’incertitude.
Fait plus inhabituel, les obligations souveraines des grandes économies ne jouent pas pleinement leur rôle de refuge. La hausse des rendements reste toutefois contenue. Les analystes n’ont, pour l’heure, pas modifié leurs anticipations concernant une éventuelle baisse de taux de la Réserve fédérale des États-Unis.
En revanche, on observe une augmentation de la prime de risque sur les obligations d’entreprises, aussi bien sur le segment Investment Grade que sur celui du High Yield, signe d’une prudence accrue des investisseurs financiers.
- Des marchés financiers mieux préparés qu’attendu
Les marchés financiers ont, dans l’ensemble, bien résisté aux premiers jours du conflit. Les frappes menées par les États-Unis et Israël avaient été largement anticipées par les investisseurs. Depuis plusieurs semaines, les mouvements de la flotte américaine autour du Détroit d’Ormuz alimentaient déjà les scénarios d’escalade.
La baisse initiale des marchés actions s’explique également par des stratégies d’options massivement utilisées par les investisseurs institutionnels. Parallèlement, des positions acheteuses sur les valeurs pétrolières et les entreprises de défense ont généré d’importants gains à court terme.
Mais ces stratégies très tactiques peuvent s’avérer dangereuses à moyen terme. Si les investisseurs institutionnels décidaient de déboucler rapidement leurs positions, les investisseurs particuliers pourraient subir un effet de “porte de saloon”, accentué par une volatilité toujours élevée.
- Les convictions de notre multi-family office sur les marchés financiers
La règle d’or reste la diversification des investissements, à la fois sectorielle et géographique.
Certains secteurs ont été particulièrement touchés par la baisse initiale des marchés. Sur le long terme, il pourrait être opportun de se positionner progressivement sur un rebond des valeurs technologiques du logiciel (« software ») ainsi que sur les valeurs bancaires.
Quelques thématiques apparaissent particulièrement pertinentes, notamment les fonds investis dans des entreprises offrant des dividendes élevés, capables de générer un revenu régulier malgré la volatilité des marchés.
Les valeurs de défense, tout comme l’or, peuvent également s’inscrire dans une stratégie de long terme, même si ces actifs restent susceptibles de connaître des phases de volatilité.
Aux États-Unis, les valeurs domestiques ont fait office de refuge durant les premiers jours du conflit. Grâce à l’indépendance énergétique du pays, elles sont moins exposées aux tensions au Moyen-Orient et ont par ailleurs bénéficié du renforcement du dollar.
Sur les marchés européens, la stratégie reste inchangée, avec le maintien des positions existantes.
Les marchés émergents peuvent, de leur côté, constituer une source de diversification intéressante, notamment en Asie. Toutefois, cette région reste particulièrement sensible à une éventuelle perturbation du trafic dans le Détroit d’Ormuz, comme l’a illustré la forte baisse des indices sud-coréens au début du conflit.
La Chine pourrait néanmoins tirer son épingle du jeu grâce à son positionnement stratégique sur les métaux rares, essentiels à la transition énergétique et aux technologies avancées. À l’inverse, le Japon et la Corée du Sud apparaissent plus exposés dans l’hypothèse d’un conflit prolongé.
- Garder la tête froide sur les marchés financiers
Dans un environnement aussi incertain, le mot d’ordre reste la discipline. Sur les marchés financiers, la panique est rarement bonne conseillère.
Les investisseurs devront probablement s’habituer à une volatilité accrue, avec des phases de correction parfois brutales et des rallyes techniques plus marqués qu’à l’accoutumée.
Mais l’histoire des marchés rappelle également que les périodes de turbulence sont souvent celles où émergent les meilleures opportunités d’investissement.
Et, au risque de nous répéter, une règle demeure immuable : plus un portefeuille est diversifié, plus il est capable d’absorber les chocs et de traverser les phases de baisse des marchés.
- L’importance des actifs tangibles dans un contexte volatil
La diversification offerte par les marchés obligataires face aux actions pourrait s’éroder si le prix du baril de pétrole venait à franchir le seuil symbolique des 100 dollars. Une telle flambée pourrait entraîner une corrélation plus étroite entre ces deux classes d’actifs, limitant l’effet protecteur traditionnel des obligations face aux turbulences des marchés actions.
Dans l’éventualité d’un enlisement prolongé du conflit géopolitique actuel, les matières premières et les actifs tangibles, tels que l’or et les métaux précieux, retrouveraient toute leur pertinence. Leur rôle de valeur refuge et de couverture contre l’incertitude économique et l’inflation n’a jamais été aussi crucial.
Parallèlement, certaines stratégies dites long/short pourraient tirer parti de la hausse de la volatilité sur les marchés financiers, exploitant les écarts de valorisation entre différents titres pour générer des performances même dans un contexte incertain.
- Les produits structurés
Les produits structurés sont également susceptibles de bénéficier de ces mouvements de marché. En particulier, les produits indexés sur l’indice iTraxx Main, qui reflète le risque de défaut (CDS) des 125 sociétés européennes les plus liquides, voient leur attrait croître lorsque les spreads s’élargissent. L’augmentation de ces spreads traduit un renchérissement de la prime de risque : pour les investisseurs, cela constitue un point d’entrée potentiellement intéressant.
Malgré ces tensions, les fondamentaux économiques demeurent solides et les résultats des entreprises restent robustes. Cette stabilité pourrait limiter l’ampleur du repli des marchés, même si le risque d’une prolongation du conflit reste réel.
Pour l’instant, la dynamique des marchés financiers semble pointer vers un épisode de volatilité de courte durée, suivi d’un retour progressif aux fondamentaux économiques. Dans ce contexte, savoir identifier et valoriser les actifs tangibles, ainsi que les stratégies adaptées à l’augmentation temporaire de l’incertitude, demeure essentiel pour naviguer avec succès dans les marchés financiers.
La dette privée « evergreen » : un nouveau modèle pour l’investissement non coté ?
Inspirés des stratégies patrimoniales des grandes fortunes et des pratiques de gestion des investisseurs institutionnels, les fonds dits evergreen s’imposent progressivement comme un pilier de l’investissement non coté.
Les chiffres confirment cette montée en puissance. Selon les estimations du fournisseur de données Novantigo, les encours des fonds evergreen et des ELTIF ont bondi de 73 % entre fin 2024 et septembre 2025, atteignant 93,4 milliards d’euros. À l’horizon 2030, ces véhicules pourraient représenter plus de 60 % des investissements en actifs privés.
Face à cet engouement et devant les difficultés rencontrées par la société de gestion Blue Owl, Scala Patrimoine décrypte les ressorts de ce modèle, appliqué à l’investissement en dette privée.
Fonds evergreen : une rupture avec le modèle traditionnel
Les fonds de private equity et de private debt classiques reposent sur un schéma bien connu : appels de capitaux successifs, période d’investissement étalée dans le temps, distributions tardives et capital immobilisé jusqu’à la liquidation finale du fonds. Ce fonctionnement expose l’investisseur à la fameuse courbe en J, caractérisée par des performances initialement négatives avant une création de valeur différée.
Les fonds evergreen s’inscrivent dans une logique radicalement différente.
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Une structure perpétuelle, pensée pour le long terme
Contrairement aux fonds dits « millésimés », dont la durée de vie est généralement comprise entre 6 et 12 ans, les fonds evergreen ne disposent pas de date de clôture prédéfinie. Cette structure ouverte permet aux gérants d’investir en continu, sans contrainte de liquidation finale.
Résultat :
- le capital est déployé immédiatement,
- la courbe en J est atténuée structurellement, mais dépend du rythme de déploiement, du niveau de cash buffer (ou réserve de liquidités) et peut réapparaitre en cas de vague de défauts,
- et l’investissement commence à produire du rendement dès les premiers mois.
Autre différence majeure : l’investisseur effectue un seul apport initial, sans appels de fonds ultérieurs.
Comme le souligne Adrien Tourbet, responsable des investissements non cotés chez Scala Patrimoine : « La spécificité des fonds evergreen destinés aux investisseurs privés réside dans l’appel intégral du capital dès la souscription. Cette immédiateté d’investissement modifie profondément la dynamique de rendement : le capital n’est pas progressivement mobilisé, il travaille quasi instantanément. »
Dans le cadre de la dette privée, les intérêts générés peuvent être distribués régulièrement (le plus souvent trimestriellement) ou réinvestis, selon le choix de l’investisseur. Cette seconde option active un puissant mécanisme d’intérêts composés, optimisant la création de valeur sur le long terme.
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Une liquidité encadrée
Autre spécificité clé : les fonds evergreen offrent une liquidité partielle. Des fenêtres de rachat sont généralement prévues chaque trimestre ou semestre, grâce à une poche de liquidités conservée par le fonds.
Il ne s’agit toutefois pas d’une liquidité comparable à celle des marchés cotés. Les fonds evergreen sont qualifiés de semi-liquides : la liquidité est possible, mais elle n’est jamais garantie. En cas de déséquilibre entre demandes de rachat et liquidités disponibles, les sociétés de gestion peuvent activer des mécanismes de proratisation des sorties (gates), différer une partie des rachats ou, dans des cas extrêmes, suspendre temporairement les opérations.
Des périodes de lock-up — souvent comprises entre 1 et 5 ans — peuvent s’appliquer, parfois assorties de pénalités en cas de sortie anticipée.
Adrien Tourbet tient à ce titre à préciser que : « ce n’est pas de la liquidité au sens strict des marchés publics, où les titres peuvent être vendus instantanément. On se situe à mi-chemin entre marchés privés et marchés cotés. L’horizon d’investissement reste long terme, généralement entre 5 et 10 ans. Les difficultés rencontrées par la société de gestion américaine Blue Owl sont d’ailleurs là pour nous le rappeler. »
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Un enjeu central : le cash management
Sur la durée de vie du fonds, les niveaux d’allocation atteignent en moyenne 80 % à 90 %, offrant à l’investisseur un portefeuille diversifié et mature dès l’entrée. Cette structure impose toutefois une discipline rigoureuse en matière de gestion de trésorerie.
Contrairement aux fonds millésimés, souvent investis à près de 100 %, les fonds evergreen conservent 10 % à 20 % de liquidités afin d’honorer les demandes de rachat.
« Le cash management est un facteur clé de performance. Un fonds evergreen bien géré doit concilier rendement et liquidité », précise Adrien Tourbet.
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Un outil de lissage des cycles économiques
Sur le papier — et dans les faits lorsque la gestion est maîtrisée — les fonds evergreen offrent de nombreux avantages : suppression des sorties forcées, disparition de la logique de millésime, lissage naturel des cycles économiques, et redéploiement continu du capital.
À mesure que les investissements arrivés à maturité sont cédés, les capitaux sont réalloués vers de nouvelles opportunités, assurant une diversification intrinsèque permanente.
Quelques réserves majeures méritent néanmoins d’être formulées. « Le marché souffre encore d’un manque de recul sur le track record des fonds evergreen, en particulier en Europe, où leur historique demeure trop récent pour permettre une évaluation pleinement robuste » abonde Adrien Tourbet. Celui-ci ajoute qu’une « interrogation centrale subsiste : comment ces véhicules se comporteront-ils en cas de choc macroéconomique sévère ou de crise prolongée ? Leur résilience n’a pas encore été véritablement éprouvée par un cycle adverse de grande ampleur. »
Sur un plan plus empirique, la question de la liquidité effective accordée aux investisseurs — qu’ils soient entrants ou sortants — devra également être analysée avec rigueur. « La promesse de liquidité, souvent mise en avant, ne saurait être purement théorique : elle suppose des mécanismes opérationnels solides et une profondeur de marché suffisante. » explique le responsable des investissements non cotés de Scala Patrimoine. À cet égard, un consensus se dessine : pour que cette liquidité soit crédible et durable, les fonds de dette privée doivent atteindre une taille critique, généralement estimée à au moins un milliard de dollars d’actifs sous gestion. Ce seuil permet généralement d’atteindre une diversification suffisante pour diluer le risque idiosynatique, lisser les flux d’entrées et de sorties et accéder à des transactions primaires de meilleure qualité.
Pourquoi la dette privée s’impose comme une classe d’actifs incontournable
Depuis la crise des subprimes à la fin des années 2000, le paysage du financement des entreprises s’est profondément transformé. Sous l’effet d’un durcissement réglementaire et d’une aversion accrue au risque, les établissements bancaires ont progressivement réduit leur exposition au crédit. En conséquence, un nombre croissant d’entreprises s’est tourné vers les marchés privés pour financer leur croissance, leurs acquisitions ou leur refinancement.
Ce mouvement structurel a propulsé la dette privée au rang de classe d’actifs majeure. À l’échelle mondiale, elle représente aujourd’hui près de 1 700 milliards de dollars d’encours. Selon Moody’s, ce marché devrait franchir le seuil des 2 000 milliards de dollars dès 2026, confirmant une dynamique toujours très soutenue.
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Un double avantage : pour les entreprises comme pour les investisseurs
La dette privée joue un rôle clé pour les entreprises en leur offrant une source de financement alternative, flexible et souvent plus adaptée à leurs besoins spécifiques. Elle leur permet de diversifier leurs sources de capitaux et de limiter leur exposition à la volatilité des marchés financiers cotés.
Pour les investisseurs, l’attrait est tout aussi clair : la dette privée offre des rendements attractifs, généralement supérieurs à ceux des obligations cotées, tout en reposant sur des flux de revenus identifiables, issus des intérêts versés par les emprunteurs.
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Une classe d’actifs défensive, mais pas sans risques
Dans un environnement marqué par la baisse des taux et la compression des spreads obligataires traditionnels, les grands investisseurs cherchent à renforcer la diversification de leur patrimoine — en particulier au sein de leur poche obligataire. La dette privée répond précisément à cet objectif.
Grâce à la nature sur mesure des transactions, cette classe d’actifs affiche une faible corrélation avec les marchés côtés, ce qui en fait un puissant outil de diversification.
La dette privée présente également un caractère défensif : elle offre une bonne visibilité sur les revenus futurs, fondés sur le paiement régulier des intérêts. De plus, les prêts à taux variable constituent une protection naturelle contre l’inflation, limitant l’impact des fluctuations de taux.
Mais aucun rendement élevé ne va sans contrepartie. Les investisseurs doivent rester attentifs :
- au risque de défaut des entreprises financées,
- et au risque de liquidité, en particulier dans un contexte économique dégradé où de nombreux investisseurs pourraient souhaiter sortir simultanément.
Ces enjeux sont d’autant plus importants que l’environnement économique mondial demeure incertain et que les transformations liées au développement de l’intelligence artificielle rebattent profondément les cartes de nombreux secteurs.
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Le marché de la dette privée evergreen sous tension
L’attrait croissant des investisseurs ne doit pas occulter les premières zones de fragilité du marché. À ce stade, les pertes restent contenues, mais les signaux de vigilance se multiplient.
Aux États-Unis, le taux de défaut des crédits privés est en légère hausse, passant de 5,4 % à 5,6 % en décembre 2025, selon Fitch.
Les récentes difficultés de Blue Owl mettent en lumière certaines fragilités structurelles du marché de la dette privée evergreen. La société de gestion américaine a en effet décidé de supprimer définitivement la clause permettant aux investisseurs de l’un de ses fonds de retirer une partie de leurs capitaux chaque trimestre. Une décision lourde de sens, qui ravive les inquiétudes autour des standards du crédit privé et de l’exposition croissante du secteur à des entreprises rendues plus vulnérables par le ralentissement économique et les bouleversements technologiques — à commencer par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle dans des secteurs comme celui des logiciels. Dans un environnement plus exigeant, la promesse de liquidité devient donc plus difficile à tenir.
L’Europe, en revanche, bénéficie d’un contexte plus favorable. Les spreads y demeurent plus élevés — de 25 à 50 points de base — et les taux de défaut restent significativement plus bas, bien qu’en progression, de 0,4 % en 2024 à 1,25 % en 2025.
Symbole de cette montée en puissance, l’Europe représente désormais près de 30 % du marché mondial du crédit privé, avec une croissance annuelle moyenne de 18 % depuis 2008, contre 11 % sur le marché américain.
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La clé du succès : la discipline et la sélectivité
Le constat est sans appel : les capitaux à investir sont abondants, mais les opportunités réellement attractives se raréfient. « Dans ce contexte, certains fonds de dette commettent l’erreur de relâcher leurs critères d’investissement, au risque de diluer la qualité de leurs portefeuilles », avertit Adrien Tourbet.
Plus que jamais, la sélectivité des gérants, la qualité de l’analyse crédit et la rigueur des processus d’investissement constituent les véritables facteurs différenciants. Dans un marché arrivé à maturité, la dette privée ne récompense plus seulement l’exposition, mais avant tout l’exigence et la discipline.
Sur quels critères choisir un fonds de dette privée evergreen ?
Dans l’univers du non coté — et plus encore en dette privée evergreen — le choix du gérant est déterminant. Les écarts de performance entre les fonds du premier et du dernier quartile sont significatifs, rendant toute approximation dans la sélection particulièrement coûteuse pour l’investisseur.
L’enjeu est clair : viser un rendement net annuel compris entre 6 % et 9 % en 2025 pour les stratégies les plus équilibrées, et au-delà de 12 % pour les fonds acceptant un niveau de risque plus élevé. Atteindre ces objectifs suppose une discipline de sélection rigoureuse et une compréhension fine des mécanismes de création de valeur.
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Une méthodologie d’analyse de fonds de dette privée evergreen éprouvée
Avant toute décision d’investissement, il convient de s’appuyer sur un cadre méthodologique structuré, reposant sur des critères précis. Ce travail d’analyse en amont constitue, à lui seul, un facteur clé de performance à long terme.
La qualité d’un fonds de dette privée evergreen dépend avant tout de l’expertise humaine et technique de son équipe de gestion. Il convient de privilégier des sociétés de gestion ayant démontré :
- leur solidité à travers plusieurs cycles économiques,
- la capacité à attirer et conserver des investisseurs institutionnels de premier plan,
- leur aptitude à générer de la performance aussi bien en phase d’expansion qu’en période de ralentissement économique.
Il convient à ce titre d’analyser :
- le taux de perte net historique
- le multiple de couverture des intérêts du portefeuille moyen du portefeuille
- le niveau de levier moyen
- leur proportion de dette senior loan secured
- la durée moyenne résiduelle des prêts
- leur méthodologie de valorisation de la NAV
La capacité d’un gérant à réagir efficacement en temps de crise est souvent plus révélatrice que ses résultats dans un environnement porteur.
Un historique de performance solide et récurrent constitue un prérequis, mais il ne doit jamais être analysé isolément. Il est essentiel d’en comprendre leurs ressorts.
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Le savoir-faire opérationnel : un facteur différenciant majeur
Au-delà de l’analyse financière, la dette privée repose sur une proximité forte avec les entreprises financées. La capacité des équipes de gestion à accompagner les sociétés sur des enjeux clés — internationalisation, digitalisation, structuration financière ou croissance externe — constitue un véritable levier de sécurisation des investissements.
Ce savoir-faire opérationnel favorise un alignement d’intérêts entre prêteurs et emprunteurs, un suivi étroit des participations, et une anticipation accrue des risques.
Le principal risque inhérent à la dette privée evergreen reste celui du défaut de paiement. Il est donc essentiel de privilégier des équipes stables, expérimentées et capables de maintenir un taux de défaut maîtrisé au sein de leur portefeuille.
Enfin, une approche rigoureuse de la structuration des financements — intégrant la prise de garanties adaptées et une documentation juridique robuste — permet d’optimiser les conditions de recouvrement et de protéger efficacement le capital investi.
« Adrien Tourbet résume la situation : « choisir un fonds de dette evergreen ne consiste pas à comparer des rendements affichés. Il s’agit d’évaluer une architecture complète : qualité du sourcing, rigueur du crédit, gestion de la liquidité et alignement d’intérêts. Dans un marché devenu plus mature, la performance durable appartient aux gérants capables de dire non autant que de dire oui. »
Exemples de fonds de dette privée evergreen
Ces dernières années, les fonds de dette privée evergreen se sont multipliés, portés par la quête de rendement et de visibilité des investisseurs. Parmi les acteurs les plus actifs figurent plusieurs géants de la gestion d’actifs, dont Goldman Sachs et Ares, qui ont renforcé leur présence sur ce segment stratégique.
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Goldman Sachs European Credit
C’est en 2023 que Goldman Sachs Alternatives a lancé Goldman Sachs European Credit (GSEC), un fonds de dette privée evergreen européenne semi-liquide destiné à répondre aux attentes d’investisseurs en quête de revenus réguliers ou de capitalisation à long terme.
Le fonds propose deux catégories de parts :
- une part distribuante, permettant aux investisseurs de percevoir régulièrement les intérêts ;
- une part capitalisante, dans laquelle les revenus sont automatiquement réinvestis afin de favoriser la croissance du capital.
Une plateforme mondiale, forte de 25 ans d’expérience
La société de gestion américaine s’appuie sur une expertise de plus de 25 ans dans la dette privée. Depuis sa création, sa plateforme dédiée a investi près de 180 milliards de dollars, ce qui en fait l’une des plus importantes au monde. Elle bénéficie d’une présence locale solide sur les marchés clés des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie.
Cette proposition de valeur a rapidement trouvé son public. Le fonds affiche aujourd’hui près de 3,8 milliards d’euros d’encours, dont 82 % investis en dette privée, le solde — environ 18 % — étant conservé en liquidités afin de préserver la flexibilité et la liquidité du véhicule.
Un portefeuille de dette privée evergreen diversifié et orienté qualité
La stratégie de GSEC repose sur une large diversification : le portefeuille compte 97 lignes de dettes d’entreprises, quasi exclusivement constituées de dettes senior de premier rang. Les sociétés financées affichent une taille significative, avec un EBITDA moyen de 243 millions d’euros, gage de solidité opérationnelle.
L’équipe de gestion privilégie des emprunteurs de taille moyenne à grande, positionnés sur des secteurs peu cycliques et disposant de modèles économiques capables de résister à un environnement macroéconomique dégradé, y compris en cas de récession.
Les logiciels, les services aux entreprises et le secteur de la santé concentrent à eux seuls environ 77 % du flux de transactions, illustrant cette orientation défensive.
Un objectif de distribution attractif
Parmi les opérations emblématiques figurent notamment des prêts accordés à Softway Medical, fournisseur français de premier plan de logiciels de systèmes d’information hospitaliers pour les établissements publics et privés, ainsi qu’à Trade Me, leader néo-zélandais des enchères et des petites annonces en ligne.
Depuis son lancement en octobre 2023, GSEC a versé neuf distributions trimestrielles consécutives aux investisseurs, jusqu’à la fin du quatrième trimestre 2025. Le fonds affiche une ambition claire : offrir une distribution annuelle comprise entre 6,5 % et 8 %, tout en s’appuyant sur une approche prudente et sélective du crédit.
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Ares European Strategic Income Fund
La société américaine de gestion d’investissements alternatifs Ares Management s’est, elle aussi, imposée dans la course aux fonds européens de dette privée evergreen. Lancé il y a moins de deux ans, l’Ares European Strategic Income ELTIF Fund affiche déjà une trajectoire spectaculaire : 5,75 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
Une montée en puissance imposante, révélatrice de l’appétit croissant des investisseurs pour des solutions de rendement alternatives.
Un spécialiste de la dette privée evergreen
Ce véhicule prend la forme d’un fonds de prêts directs semi-liquide, à durée indéterminée, exclusivement investi sur le marché européen. Il s’inscrit dans une expertise éprouvée : Ares déploie sa stratégie de prêt direct en Europe depuis près de vingt ans, avec un premier lancement dès 2007.
Depuis sa création, l’activité européenne de prêt direct du groupe a réalisé plus de 390 investissements, représentant un volume cumulé supérieur à 73 milliards d’euros.
Pour capter les opportunités à l’échelle du continent, le gestionnaire s’appuie sur une plateforme européenne solide, composée de 95 professionnels de l’investissement répartis dans sept bureaux.
Un positionnement défensif
La construction du portefeuille reflète une approche résolument défensive et diversifiée. Les secteurs les plus représentés sont la finance (18 %), la santé (18 %), les services aux entreprises (17 %), ainsi que le logiciel et les technologies (14 %). Point clé pour les investisseurs soucieux de protection du capital : 94 % des 345 lignes du portefeuille sont constituées de dettes seniors de premier rang, renforçant la visibilité et la robustesse du profil risque-rendement du fonds.
À l’échelle mondial, Ares Management administre 506 milliards d’euros d’actifs, dont 73 % investis en dette privée, confirmant le caractère central de cette classe d’actifs dans sa stratégie.
Cette expertise s’accompagne d’un historique de performance remarquable : le taux de perte cumulé est de 0,04 %, un niveau exceptionnellement bas pour le segment.
Le Rendement de distribution annualisé étant de 8 %.
Le rendez-vous des marchés financiers – Février 2026
Marchés financiers & économie : les points clés
- La volatilité fait son retour sur les marchés financiers, malgré des fondamentaux économiques qui demeurent solides.
- Donald Trump a désigné le successeur de Jerome Powell a la tête de la FED. Il s'agit de Kevin Warsh, un proche historique des Républicains.
- En 2025, la croissance de la zone euro s'établit finalement à 1,5 %, contre 0,9 % l’année précédente,
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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Donald Trump fait baisser la pression
- Le Groenland, l’épine dans le pied de l’Union européenne
Donald Trump nourrit une ambition claire : mettre la main sur le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, afin, selon lui, « d’empêcher la Chine et la Russie de le faire ». Les motivations de l’ancien président américain sont à la fois énergétiques et sécuritaires. Face à l’opposition des Européens, il avait rapidement brandi la menace de droits de douane supplémentaires. Huit pays — le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — se sont alors retrouvés dans l’œil du cyclone américain.
En réaction, Emmanuel Macron a annoncé qu’il demanderait l’activation de l’instrument anti-coercition de l’Union européenne si ces menaces venaient à se concrétiser. Ce mécanisme permettrait à Bruxelles de riposter, notamment par le gel de marchés publics ou le blocage d’investissements américains sur le sol européen.
Mais Donald Trump a depuis semblé tempérer sa position. Il a notamment affirmé avoir « conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland » à l’issue d’une rencontre avec Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN. « Des discussions sont également en cours concernant le Dôme doré », a-t-il ajouté, en référence au projet de bouclier antimissile destiné à protéger le territoire américain. À ce stade, ces annonces demeurent floues : peu d’informations ont filtré sur la nature exacte de cet éventuel accord. Elles ont toutefois eu le mérite d’apaiser les tensions, au moins temporairement.
De son côté, le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré devant le Parlement de l’île que des échanges étaient engagés avec l’administration américaine et qu’il entendait œuvrer pour qu’ils débouchent sur des résultats concrets.
- Iran : vers une confrontation avec les États-Unis ?
L’Iran traverse actuellement une crise économique et sociale profonde. Confrontée à une situation devenue inextricable et à un manque persistant de libertés, une partie de la population iranienne est descendue dans la rue pour exprimer sa colère et réclamer des changements majeurs. En réponse, la République islamique d’Iran, largement dominée par les Gardiens de la Révolution, mène une répression sanglante contre les manifestants.
Malgré les appels répétés de la communauté internationale exhortant les autorités iraniennes à respecter la volonté de leur peuple, aucune avancée significative n’a été observée à ce stade.
Dans le même temps, les tensions avec Washington s’intensifient. Les États-Unis exigent l’arrêt du programme nucléaire iranien ainsi que l’abandon des stocks d’uranium déjà enrichi. Téhéran, de son côté, rejette toute forme de pression et affiche une posture de défi. Selon plusieurs sources, le pays se dit au maximum de sa capacité militaire et prêt à faire face à tous les scénarios.
- Tensions autour du Détroit d'Ormuz
L’Iran menace notamment de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % des exportations mondiales de pétrole. Une telle décision aurait des répercussions majeures sur l’économie mondiale. Récemment, un pétrolier américain aurait été menacé par des embarcations des Gardiens de la Révolution iranienne, avant d’être escorté par un destroyer de la marine américaine.
Signe supplémentaire d’une escalade préoccupante, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, déployant une dizaine de destroyers ainsi que des porte-avions. Environ 30 000 à 40 000 soldats américains seraient actuellement stationnés au Moyen-Orient. Washington peut également compter sur plusieurs bases militaires installées sur le territoire de ses alliés, notamment au Qatar, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis.
Toutefois, une lueur d’apaisement semble émerger. Le président iranien Massoud Pezeshkian a ordonné l’ouverture de pourparlers avec les États-Unis. Interrogé sur ses intentions, Donald Trump, restant volontairement évasif, a déclaré : « Je ne vais pas vous dire ce que je vais décider. J’aimerais qu’un accord soit négocié. En ce moment, on leur parle. »
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Les marchés boursiers marquent une pause
Les marchés financiers reprennent-ils leur souffle ? À proximité de leurs sommets historiques, de nombreux indices boursiers semblent désormais marquer le pas, tiraillés entre les solides performances des entreprises américaines spécialisées dans l’intelligence artificielle et la montée des tensions géopolitiques.
- Les États-Unis et l'Europe ralentissent
Aux États-Unis, les derniers épisodes de volatilité se reflètent dans l’évolution contrastée des grands indices : le S&P 500 perd près de 2 % au cours des 30 derniers jours, tandis que le Nasdaq recule de 4 %.
Parmi les faits marquants, l’action d’Alphabet, la maison-mère de Google, a franchi la barre des 4 000 milliards de dollars de valorisation. La société rejoint ainsi Nvidia, grâce à un partenariat avec Apple visant à intégrer Gemini dans Siri d’ici la fin de l’année.
En Europe, les marchés semblent plus apaiser. Le CAC 40 est à l'équilibre sur le dernier mois, alors que le DAX allemand cède 1,2 %, illustrant un climat d’attentisme sur les marchés du Vieux Continent.
- Le Japon et la Chine accélèrent
Le Japon fait figure d’exception. Le Nikkei 225 s’envole de 3,3 %, porté par la politique économique volontariste de la Première ministre Sanae Takaichi. Le plan de relance adopté fin 2025, d’un montant de 665 milliards d’euros, soutient à la fois le pouvoir d’achat des ménages et l’investissement dans des secteurs technologiques stratégiques, notamment les semi-conducteurs. Il prévoit également une hausse des dépenses de défense, portées à 2 % du PIB.
En Asie, la dynamique est contrastée. Le Shanghai Composite, l'indice phare chinois, recule de 0,4 %.
En Inde, le Nifty 50 perd, quant à lui, près de 2 %, malgré un léger rebond. Les investisseurs ont accueilli favorablement l’annonce d’un accord commercial entre l’Inde et les États-Unis visant à réduire les droits de douane bilatéraux. Les taxes sur les exportations indiennes vers les États-Unis passeraient ainsi de 25 % à 18 %. En contrepartie, le Premier ministre indien Narendra Modi s’est engagé à supprimer totalement les droits de douane sur les produits américains et à importer pour plus de 500 milliards de dollars de biens américains, principalement dans les secteurs de l’énergie, de la technologie et de l’agriculture.
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Chute de l’or et de l’argent
Les métaux précieux sont-ils victimes d’une simple prise de bénéfices ? Après une succession de records, les cours de l’or et de l’argent ont nettement décroché en quelques heures, enregistrant de fortes baisses, de plus de 10 %.
Cette correction s’explique en grande partie par des prises de bénéfices classiques. Elle a été accentuée par un facteur politique et monétaire : les marchés ont été rassurés par la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine par Donald Trump. Le mouvement de repli s’est ensuite auto-entretenu, amplifié par les algorithmes de trading et les fonds dits « momentum », capables de transformer une tendance baissière en une phase de panique.
Depuis le 1er janvier 2026, la tendance sur le cours de l’Or demeure toutefois largement haussière (+ 13 %) ! Il en est de meme pour l’argent qui monte de 4 % sur la meme période.

États-Unis : un nouveau président pour la FED
Si Donald Trump a nommé le successeur de Jerome Powell à la FED, c'est le marché de l’emploi qui est désormais au centre des préoccupations outre-Atlantique. Une question qui s’était immiscée dans le débat politique durant l'été. En août dernier, Donald Trump avait brutalement limogé Erika McEntarfer, cheffe du Bureau of Labor Statistics (BLS) nommée sous l’administration Biden, suite à la publication de statistiques jugées décevantes sur l’emploi. Ironie du sort : plusieurs indicateurs récents semblent corroborer l’analyse de l’ancienne responsable.
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Kevin Warsh à la tête de la FED
Le mandat de Jerome Powell arrive à son terme le 15 mai, et Donald Trump a déjà désigné son successeur : Kevin Warsh, un proche historique des Républicains.
- Un profil « Trump compatible »
Kevin Warsh n’est toutefois pas un inconnu. Ancien gouverneur de la Fed, il avait joué un rôle clé dans la gestion de la crise financière mondiale. Aux yeux des observateurs, il représente un choix relativement consensuel, voire prudent, parmi les candidats envisagés. Par le passé, il s’est notamment montré critique envers l’expansion massive du bilan de la banque centrale.
Son profil tranche avec celui d’autres noms évoqués, certains favorables à un assouplissement rapide des taux ou plus étroitement liés aux marchés financiers. Ce choix envoie un signal clair : Donald Trump ne cherche pas seulement une Fed accommodante, mais une institution politiquement alignée et crédible sur la question de l’inflation.
Pour les équipes d’ODDO BHF, « dans l’histoire moderne de la Fed, les transitions ont rarement été aussi politisées. Trump n’a jamais digéré d’avoir été « contraint » de nommer Powell en 2018 et avait refusé de reconduire Janet Yellen pour des raisons davantage politiques qu’économiques. »
À la tête de la Fed, Kevin Warsh devra naviguer dans un environnement complexe : une politique monétaire proche de la neutralité, une économie en plein emploi et une inflation encore trop élevée.
- Une marge de manœuvre limitée
Pour autant, le futur président de la Réserve fédérale entend imposer son propre style. À ses yeux, la Fed doit profondément revoir sa manière d’agir. Il reproche à ses prédécesseurs d’avoir tardé à réagir, d’être devenue trop prudente et trop lente à ajuster les taux, ce qui, selon lui, pénaliserait l’économie. Une meilleure coordination entre la Fed et le gouvernement renforcerait, selon lui, l’efficacité de la politique économique, en ligne avec les attentes de Donald Trump.
Mais il marchera sur un fil : une Fed perçue comme moins indépendante aurait des répercussions importantes sur la prime de risque du dollar, la structure de la courbe des taux et le statut des Treasuries comme actif sans risque mondial. Il devra également rassurer sur le risque de politisation excessive de la banque centrale.
Lors de sa dernière réunion, la FED, encore dirigée par Jerome Powell a maintenu ses taux directeurs inchangés dans une fourchette de 3,5 à 3,75 %, par un vote de 10 voix contre 2. Ce statu quo, après trois baisses consécutives, reflète une inflation toujours au-dessus de l’objectif de 2 % et un marché de l’emploi encore solide.
Pour l’heure, le marché continue de miser sur un cycle de baisse des taux : environ 25 points de base d’ici juin et près de 50 d’ici décembre.
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Les fondamentaux économiques demeurent solides ... mais la confiance s'érode
Selon le consensus Bloomberg, la croissance du PIB réel des États-Unis devrait atteindre +2,1 % en 2026. Les fondamentaux économiques sont, il est vrai, globalement bons. Plusieurs facteurs soutiennent ainsi cette projection, parmi lesquels près de 500 milliards de dollars d’investissements attendus dans l’intelligence artificielle, ainsi que l’impact du plan de relance budgétaire porté par Donald Trump, le One Big Beautiful Bill Act.
Preuve en est, l'indice PMI manufacturier S&P Global des États-Unis a augmenté à 52,4 en janvier 2026, au-dessus de l'estimation préliminaire de 51,9 et en hausse par rapport au plus bas de cinq mois de décembre à 51,8.
La production a aussi fortement augmenté (+ 0,4% de la production industrielle), marquant la plus forte hausse depuis août dernier et le rythme le plus rapide depuis mai 2022.
Cependant, des nuages commencent à s’accumuler au-dessus de l’économie américaine, en particulier du côté du marché de l’emploi.
- Un marché de l’emploi en perte de vitesse
Pris isolément, les indicateurs de l’emploi américain demeurent relativement rassurants. En décembre, le taux de chômage s’est établi à 4,4 %, un niveau quasi inchangé et très proche de sa zone d’équilibre de long terme (4,0–4,3 %), selon le Bureau of Labor Statistics.
L’emploi a même continué de progresser dans certains secteurs clés, tels que la restauration, la santé et l’aide sociale, tandis que le commerce de détail a, à l’inverse, marqué le pas. Les créations d’emplois, au nombre de 50 000, se situent ainsi non loin du consensus des économistes (55 000).
En revanche, une lecture relative de ces chiffres invite à la prudence. La moyenne historique des créations d’emplois aux États-Unis s’élève à environ 100 000 par mois. Ce décalage suggère une économie qui avance désormais « avec le frein à main ».
Par ailleurs, l’inflation continue de peser sur le pouvoir d’achat. L’indice des prix à la consommation (CPI) progresse de 2,7 % sur un an, soit près d’un point au-dessus de la cible de 2 % de la Réserve fédérale. Les prix alimentaires et de l’énergie sont particulièrement touchés, avec des hausses respectives de 3,1 % et 4,2 %. À cela s’ajoute une nouvelle source de tension : l’expiration des subventions liées à l’Obamacare, qui a entraîné une forte augmentation des primes d’assurance santé.
- La confiance des ménages recule nettement
Sans surprise, ce contexte pèse lourdement sur le moral des ménages américains. La confiance des consommateurs a chuté bien plus que prévu en janvier, passant de 94,2 à 84,5, contre un niveau attendu de 91. Son plus bas niveau depuis mai 2014, tombant même en dessous des niveaux observés pendant la période pandémique. Cette dégringolade de 9,7 points par rapport à décembre traduit une anxiété croissante face à l’augmentation du coût de la vie.
Comme nous l'avions souligné un peu plus haut, les fondamentaux demeurent cependant bien orientés. L’indice PMI manufacturier de l’ISM est ressorti en janvier à 52,6, contre 47,9 en décembre, là où le consensus anticipait 48,5. En repassant au-dessus du seuil des 50 points, il renoue avec une dynamique de croissance, atteignant un niveau inédit depuis août 2022. Les commandes de biens durables, publiées pour le mois de novembre, ont également dépassé les attentes hors transport (+0,5 %).
Pour la société de gestion Altitude IS, l’analyse de la conjoncture américaine et du risque de récession ne saurait toutefois se limiter à ces indicateurs. Les gérants recommandent de surveiller de près l’indice d’anxiété publié par la Réserve fédérale de Philadelphie, qui mesure la probabilité moyenne d’une contraction de l’activité au trimestre suivant. Récemment établi à 24 %, cet indicateur envoie un signal de grande prudence pour le premier trimestre 2026.
« Historiquement, un tel niveau de probabilité a toujours précédé une dégradation des conditions de financement, une modération de la consommation finale et, in fine, une forte décélération de la croissance américaine », soulignent les gérants. Une inquiétude renforcée récemment par des données concrètes, notamment la diminution des carnets de commandes.
La zone euro face à son plafond de verre
L’économie européenne résiste tant bien que mal. En 2025, la croissance de la zone euro a atteint 1,5 %, contre 0,9 % l’année précédente, selon les chiffres publiés par Eurostat.
Le moteur allemand sort lentement de l’ornière (+0,3 %), tandis que la France affiche une progression de 0,9 %. Cette année, c’est l’Espagne qui tire son épingle du jeu, avec une croissance soutenue de 2,8 %.
Ces résultats appellent néanmoins à être nuancés. Si l’on exclut l’Irlande — dont la performance est largement liée à la présence de sièges de multinationales américaines attirées par un régime fiscal avantageux — la croissance réelle de la zone euro retombe à environ 1 %.
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2026 : une croissance attendue au-delà de 1 %
Sans être spectaculaire, la croissance de la zone euro parvient à résister à un environnement international dégradé, marqué par la politique commerciale agressive de Donald Trump et la persistance de tensions géopolitiques.
Au quatrième trimestre 2025, le PIB en volume a progressé de 0,3 %. Sur l’ensemble de l’année, la croissance atteint ainsi 1,5 %. Pour 2026, les perspectives apparaissent plus prudentes : la Banque centrale européenne (BCE) anticipe une croissance de 1,2 %.
L’économie européenne aurait-elle atteint un plafond de verre ? L’hypothèse mérite d’être posée.
Preuve de cette dynamique fragile, l’indice PMI composite HCOB de l’activité globale est passé de 51,5 en décembre à 51,3 en janvier, signalant une croissance modérée de l’activité du secteur privé. L’indice PMI manufacturier de la zone euro, publié par S&P Global, demeure quant à lui en zone de contraction pour un troisième mois consécutif, à 49,5 en janvier, contre 48,8 en décembre.
Un signal positif vient toutefois du marché du travail. Le taux de chômage s’établit à 6,2 %, en baisse de 0,1 point sur un mois, atteignant son plus bas niveau historique dans la zone euro.
Cette amélioration se reflète dans les indicateurs de confiance. L’indicateur de sentiment économique (ESI) a progressé à 99,4 en janvier 2026, contre 97,2 en décembre, dépassant les attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur un niveau proche de 97,0.
Dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, l’Union européenne a par ailleurs signé un accord avec l’Inde en vue de créer une zone de libre-échange regroupant près de deux milliards de personnes, susceptible d’économiser environ 4 milliards d’euros de droits de douane.
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L’Europe face à des blocages structurels persistants
Malgré ces signaux encourageants, l’Europe reste confrontée à des freins structurels majeurs.
Le secteur de la défense en offre une illustration frappante. En dépit de budgets records, les industries européennes souffrent d’un manque de capacités de production immédiates, freinées par des pénuries de main-d’œuvre qualifiée et des chaînes d’approvisionnement fragmentées. L’absence d’unité industrielle favorise les achats hors de l’Union européenne et freine l’émergence d’une véritable autonomie stratégique.
Prise en étau entre le protectionnisme américain et la domination industrielle chinoise, l’UE pâtit également de coûts énergétiques près de deux fois supérieurs à ceux des États-Unis. Ce déficit de compétitivité, conjugué à l’absence d’un marché financier pleinement intégré, alimente une fuite persistante de l’épargne européenne vers les marchés américains.
Un facteur pourrait toutefois changer la donne dès 2026 : la relance budgétaire engagée par l’Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a fait adopter un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur dix ans, hors bilan, destiné au financement des infrastructures — transports, industrie automobile, énergie, numérique, éducation et hôpitaux.
Berlin prévoit également de porter ses dépenses de défense à près de 3,5 % du PIB d’ici 2029, contre 2,1 % en 2024, avec un objectif de plus de 100 milliards d’euros par an.
Ce « bazooka budgétaire » devrait commencer à produire ses effets dès cette année. L’économie allemande pourrait enregistrer une croissance comprise entre 1,0 % et 1,2 % en 2026, entraînant dans son sillage ses principaux partenaires commerciaux, notamment la France, la Pologne et l’Italie.
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Une inflation sous contrôle
L’inflation dans la zone euro est tombée à 1,7 % le mois dernier, un niveau inférieur à l’objectif de 2 % fixé par la BCE.
À court terme, plusieurs facteurs plaident en faveur d’une inflation durablement contenue : la modération des prix de l’énergie, l’appréciation de l’euro et les pressions désinflationnistes en provenance de Chine.
Dans ce contexte, la marge de manœuvre de la BCE reste significative si elle souhaitait relancer un assouplissement monétaire. Toutefois, ce scénario n’est pas celui privilégié par les marchés, qui anticipent majoritairement un statu quo sur les taux directeurs dans les prochains mois.
La désynchronisation avec la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine est désormais manifeste. Alors que les États-Unis s’orientent vers une baisse des taux, l’Europe privilégie la stabilité. Cette divergence pourrait soutenir l’appréciation de l’euro face au dollar et, indirectement, accentuer la pression sur la BCE pour assouplir à son tour sa politique monétaire.
Pour l’heure, l’institution de Francfort a choisi de marquer une pause. Sa présidente, Christine Lagarde, réaffirme une approche strictement « data dependent », réunion après réunion, sans s’engager sur une trajectoire prédéfinie des taux d’intérêt.
Chine : puissance aux deux visages
La situation économique de la Chine suscite un débat intense. Non pas que les chiffres officiels diffusés par le Parti communiste soient falsifiés — cela, tous les analystes le savent. Le véritable défi réside dans l’analyse des écarts saisissants entre les forces de cette puissance mondiale et ses fragilités, à commencer par l’atonie persistante de sa demande intérieure.
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Un accès privilégié aux terres rares
Malgré une baisse de 20 % de ses exportations vers les États-Unis, la Chine continue d’inonder le reste du monde, de l’Asie du Sud-Est à l’Europe. En 2025, le pays dirigé par Xi Jinping a enregistré un excédent commercial record de 1 190 milliards de dollars, en hausse de 20 % par rapport à 2024. La Chine gagne ainsi des parts de marché dans de nombreux secteurs, et progresse rapidement dans les semi-conducteurs matures, la robotique, les équipements pour centres de données et les biotechnologies.
Mabrouk Chetouane, directeur de la stratégie des marchés internationaux chez Natixis Investment Managers, souligne ces atouts : « La Chine dispose de leviers puissants, notamment dans la Tech. L’accès aux terres rares est un véritable moyen de pression vis-à-vis des États-Unis. Le pays a également réussi à se positionner dans l’IA en proposant des technologies ouvertes, à moindre coût et moins énergivores. »
En effet, la Chine produit près de 70 % des terres rares mondiales et plus de 80 % des aimants à terres rares. Un signe de résilience : en décembre 2025, les profits des entreprises industrielles ont augmenté de 5,3 % sur un an, après une chute de 13,1 % en novembre.
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Des freins majeurs
Pour 2026, la croissance du PIB réel est projetée à 4,5 %, avec un soutien budgétaire plus marqué qu’en 2025. Cependant, l’inflation reste très faible, avec un indice des prix à la consommation (CPI) attendu autour de 0,5 %, témoignant d’une demande intérieure toujours atone.
La confiance des ménages reste fragile : leur taux d’épargne, inférieur à 32 % du revenu entre 2015 et 2019, dépasse désormais 36 %.
Le secteur immobilier constitue une autre difficulté majeure. Les déboires de China Vanke, l’un des plus grands promoteurs du pays, illustrent ce phénomène. Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel, explique : « Alors qu’en 2021 les ventes immobilières atteignaient 20 trillions de yuans, soit presque autant que les exportations, elles ont brutalement chuté par la suite. En 2025, elles sont tombées sous les 10 trillions, tandis que les exportations dépassaient 26 trillions. »
Le marché du crédit reste également fragile, limitant à la fois la consommation et les capacités d’investissement des entreprises privées. Les nouveaux prêts à l’économie ont reculé de 18 trillions en 2024 à 16 trillions en 2025.
Dans ce contexte, le 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030) est très attendu. Les annonces prévues en mars pourraient dessiner les contours de la Chine de demain, tant sur le plan technologique qu’industriel.
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Si Jerome Powell, l'actuel président de la FED, a rassuré les investisseurs sur la santé de l’économie américaine, les marchés restent sur leurs gardes.
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Des réactions disproportionnées sur les marchés actions
Lors de sa conférence du 28 janvier 2026 à Washington, Jerome Powell a réaffirmé la solidité des fondamentaux économiques des États-Unis. Selon le président de la Réserve fédérale, les risques inflationnistes tendent à s’atténuer et les pressions sur le marché du travail restent sous contrôle.
- Des fondamentaux économiques solides aux USA
Dans ce contexte, la Fed a décidé de maintenir le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,50 à 3,75 %. Cette pause intervient après une série de baisses de taux totalisant 75 points de base depuis septembre 2024, reflétant un équilibre entre soutien à la croissance et vigilance sur l’inflation. Les derniers chiffres PMI manufacturier S&P Global, supérieurs aux attentes, confirment ce diagnostic.
Sur le plan microéconomique, les réactions des marchés aux résultats d’entreprises ne semblent pas toujours justifiées. Les bénéfices des sociétés américaines restent supérieurs à ceux de la majorité des entreprises dans le reste du monde, mais la volatilité domine. Janvier a ainsi été marqué par des rotations sectorielles spectaculaires : Microsoft a perdu 10 % en une seule séance malgré des résultats solides, une sanction disproportionnée similaire à celle qu’avait connue Nvidia au troisième trimestre. Les métaux précieux n’ont pas été épargnés, avec l’or et l’argent enregistrant des baisses historiques en quelques heures.
Ces excès trouvent en partie leur origine dans le comportement spéculatif des hedge funds et les appels de marge, qui amplifient les phases de baisse. Le marché peine à trouver sa direction, y compris concernant les valeurs refuges.
Comparativement, les États-Unis présentent un tableau économique plus favorable que l’Europe. Cette situation pose la question de la marge de manœuvre de la BCE pour stimuler davantage la croissance européenne par des politiques monétaires plus souples.
- La diversification, clé de voute de toute stratégie d’investissement
Dans ce contexte, la diversification reste essentielle. Au regard des valorisations élevées aux États-Unis, il est conseillé de s’exposer également aux marchés européens, émergents et japonais. Les tendances de long terme demeurent solides, mais la prudence impose de ne pas surpondérer un secteur ou une valeur.
Les secteurs qui ont porté la performance en 2025 devraient rester dynamiques en ce début d’année :
– Technologie, soutenue par la croissance bénéficiaire.
– Défense, portée par les besoins de réarmement.
– Banques, favorisées par une courbe des taux avantageuse et une solide capitalisation en Europe.
Nous avons aussi de forte conviction sur les thématiques de l’électrification et de la souveraineté stratégique.
Le moment est aussi propice pour investir dans des secteurs moins valorisés : consommation, services aux collectivités (utilities) ou santé. Ces segments plus défensifs permettent de se prémunir partiellement contre la volatilité, tout en offrant des points d’entrée intéressants pour de nouvelles opportunités.
Enfin, le contexte politique américain, marqué par les élections de mi-mandat, est traditionnellement favorable à l’économie : les promesses électorales soutiennent la macroéconomie et renforcent la confiance des acteurs de marché. Dans ce cadre, il convient de ne pas se laisser distraire par le bruit des marchés et de rester concentré sur les fondamentaux économiques.
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Marchés obligataires : des convictions renforcées pour 2026
Les convictions présentées en janvier dernier sur les marchés obligataires demeurent d’actualité. Scala Patrimoine confirme renforcer ses perspectives positives sur les marchés obligataires pour 2026, avec un intérêt particulier pour les obligations libellées en euro. Ces titres offrent un double avantage : un flux de coupons régulier et une protection partielle face à une éventuelle faiblesse du dollar.
- Investment Grade européen : un couple rendement/risque attractif
Le segment Investment Grade européen présente, selon nous, un profil rendement/risque intéressant. En revanche, nous restons plus prudents sur les taux souverains européens en raison de la sensibilité à la duration.
- High Yield européen : diversification, mais avec prudence
Le High Yield européen mérite également l’attention, dans une optique de diversification. Toutefois, les spreads se sont fortement resserrés l’année dernière, appelant à une approche prudente et graduelle.
- Subordonnées bancaires : un secteur solide
Nous conservons un avis positif sur les obligations subordonnées bancaires. Le secteur bancaire européen reste solide et bénéficie du recentrage de la courbe des taux, renforçant l’attrait de ces instruments.
- Dollar : un risque à surveiller
Enfin, la volatilité potentielle du dollar représente un facteur de risque important pour les portefeuilles obligataires. Cette incertitude conduit Scala Patrimoine à préconiser davantage de prudence sur le marché obligataire américain.
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Produits structurés : profiter de la volatilité
Le retour de la volatilité sur les marchés peut se transformer en véritable opportunité pour les produits structurés. Dans un environnement de taux longs et de volatilité élevée, ces instruments offrent des points d’entrée plus attractifs sur les marchés et des stratégies adaptées aux investisseurs à la recherche de rendement et de sécurité.
Les produits structurés permettent notamment de :
- S’exposer à des marchés ou secteurs à fort potentiel de croissance à moyen terme.
- Intégrer des mécanismes de protection face aux risques de correction.
- Optimiser la diversification, tant au niveau des sous-jacents que des structures employées.
Grâce à leur flexibilité et à leur capacité d’adaptation aux besoins de distribution, les produits structurés constituent une option stratégique pour renforcer un portefeuille dans un contexte de valorisations élevées.
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L’or : un actif refuge
Malgré des phases de volatilité marquées ces dernières semaines, Scala Patrimoine maintient une opinion positive sur l’or. Plusieurs facteurs structurels soutiennent le métal jaune :
- La baisse des taux réels liée à l’assouplissement monétaire.
- Les tensions géopolitiques, renforçant son rôle de valeur refuge.
- Une demande soutenue, tant institutionnelle que privée, en particulier en Asie et dans les économies émergentes.
Dans ce contexte, l’or reste un pilier essentiel pour diversifier un portefeuille et se prémunir contre l’incertitude.
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Les actifs non cotés continuent de séduire les investisseurs
Malgré un contexte économique incertain, l’intérêt pour les actifs non cotés — les fameux private assets — ne faiblit pas. La baisse progressive des taux anticipée en 2025 a renforcé les flux vers ces investissements, y compris vers des fonds désormais plus accessibles au grand public.
Parmi les opportunités les plus attractives :
- Stratégies secondaires : une stabilité rassurante et des rendements robustes.
- Fonds de co-investissement : optimisation des performances tout en maîtrisant les coûts.
- Dette privée (mezzanine, growth buyout) : un levier pour accompagner les entreprises en pleine croissance.
- Capital-risque : technologie et transition énergétique en tête, offrant un potentiel prometteur pour les startups innovantes.
Ces actifs permettent de diversifier efficacement un portefeuille tout en captant des rendements supérieurs à ceux des marchés traditionnels.






