Avènement du conseil indépendant : la lente révolution de la gestion de patrimoine
Longtemps structuré autour d’un modèle opaque, le marché français de la gestion de patrimoine amorce une mutation profonde. Sous l’effet conjugué de la réglementation et des attentes croissantes des investisseurs, le conseil indépendant, encore minoritaire, s’impose progressivement comme une alternative crédible. Décryptage d’un basculement silencieux mais déterminant.
Un modèle historique fondé sur les rétrocessions
Pendant des décennies, la distribution de produits financiers en France s’est organisée autour d’un mécanisme central : celui des rétrocessions de commissions.
Le principe est simple. Lorsqu’un épargnant investit dans un contrat - assurance-vie, plan d’épargne retraite (PER) ou compte-titres - intégrant des fonds, la société de gestion prélève des frais. Une partie de ces frais est ensuite reversée à l’assureur, puis redistribuée aux réseaux commercialisant leurs produits : banques, courtiers, conseillers en gestion de patrimoine (CGP).
Ce système, largement répandu, structure encore aujourd’hui la grande majorité du marché.
Mais il porte en lui une ambiguïté majeure : les conflits d’intérêts potentiels. Le conseiller pouvant être incité à privilégier les produits les plus rémunérateurs pour lui plutôt que les plus pertinents pour son client.
Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office indépendant Scala Patrimoine, revient sur les origines du marché des CGP. En quelques phrases, il esquisse une évolution regrettable : celle d’un métier qui, né sous le signe du conseil, s’est progressivement orienté vers la commercialisation de produits, au risque d’en oublier sa vocation première. « Lorsque j’ai débuté dans le conseil patrimonial, j’ai découvert un univers assez déroutant. Le métier s’était pourtant construit en réaction au modèle bancaire, alors dominant, qui consistait à distribuer ses propres produits financiers. À ses débuts, le CGP incarnait une profession libérale, indépendante, libre d’explorer un marché ouvert pour en extraire les meilleures solutions d’investissement. Il avait accès à l’ensemble des sociétés de gestion de la place. C’était, en un sens, le meilleur des deux mondes : une exigence de conseil alliée à une architecture totalement ouverte. »
Mais ce modèle s’est rapidement heurté à une réalité moins chatoyante. « Pour des raisons financières, de nombreux de conseillers ont, en pratique, orienté leurs choix vers les solutions les plus rémunératrices pour eux-mêmes. Peu à peu, le métier a glissé vers une logique de distribution des produits les mieux commissionnés. La confiance s’est alors érodée, laissant place à des conflits d’intérêts potentiels qui continuent, aujourd’hui encore, de questionner la profession » explique Guillaume Lucchini.
Les rétrocessions, une mécanique particulièrement rémunératrice
Ce mode de rémunération présente plusieurs avantages pour les professionnels.
D’abord, il génère des revenus récurrents. Une fois le contrat ouvert, les commissions continuent d’être perçues chaque année, sans nécessiter d’intervention supplémentaire.
Ensuite, ces frais sont directement prélevés sur les produits financiers du contrat. Pour l’épargnant, ils restent souvent invisibles, car ils ne donnent pas lieu à une facturation explicite.
Mais cette invisibilité a un revers. Comme le souligne Guillaume Lucchini, associé-fondateur du multi-family office Scala Patrimoine : « Le client fait face à une superposition de frais difficilement lisible. Lorsque les acteurs privilégient leurs propres solutions, les niveaux de rémunération s’additionnent, parfois au détriment de la diversification et de l’intérêt du client. »
Autrement dit, la logique de distribution peut primer sur la logique de conseil.
L’effet pervers de la financiarisation du secteur
À cette problématique s’ajoute une évolution plus récente : l’entrée massive de fonds d’investissement au capital de cabinets de gestion de patrimoine.
Attirés par la stabilité des revenus récurrents, ces investisseurs encouragent des stratégies de croissance rapide. Résultat : une vague de consolidation du marché, marquée par des acquisitions avec effet de levier, dont l’objectif est d’augmenter rapidement les encours sous gestion.
Cette pression financière peut, dans certains cas, renforcer les logiques commerciales au détriment de l’indépendance du conseil.
Une réponse réglementaire progressive : indépendant Vs non indépendant
Face à ces dérives potentielles, plusieurs pays ont choisi des approches radicales, alors que la France a choisi une voie médiane.
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Les choix forts des pays anglo-saxons
Au Royaume-Uni, la réforme du Retail Distribution Review (RDR) a interdit dès 2013 les commissions versées aux conseillers indépendants. Ces derniers doivent désormais être rémunérés exclusivement par leurs clients. Les Pays-Bas ont adopté une mesure similaire la même année, suivis par des pays comme le Danemark.
La France, en revanche, a opté pour une voie intermédiaire.
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Le cadre plus mesuré de la France
Depuis l’entrée en vigueur de la directive MiFID II, le marché français repose sur une distinction claire :
- Le conseil indépendant : le professionnel ne peut conserver aucune rémunération provenant de tiers. Toute commission perçue doit être restituée au client. Sa rémunération repose exclusivement sur des honoraires.
- Le conseil non indépendant : les rétrocessions restent autorisées, à condition d’être transparentes et d’améliorer la qualité du service rendu.
Cette distinction vise à renforcer la lisibilité pour l’épargnant. « Sans transparence complète sur les frais et les flux financiers, le client ne peut pas apprécier le coût réel du service ni comparer les offres. La clarté est une condition essentielle de la confiance », rappelle cependant Guillaume Lucchini.
Pour le family officer, il faut d’abord accepter de regarder la réalité en face. « Le marché de la distribution, essentiellement les CGP ou les sociétés de gestion, n’a guère d’intérêt à promouvoir la transparence. L’opacité régnante permet aux sociétés de gestion de commercialiser leurs solutions d’investissement sans avoir à recruter une armée de commerciaux. Le recours aux CGP constitue, de ce point de vue, un levier redoutablement efficace, avec un maillage territoriale important. Dans ce contexte, les lobbys financiers et assurantiels, particulièrement puissants en France, n’ont aucun intérêt à faire bouger les lignes. Il est donc logique que la réponse réglementaire soit encore timide. »
« La nouvelle génération revendique un conseil patrimonial véritablement impartial »
L’émergence d’un modèle indépendant, fondé sur les honoraires de conseil
Dans ce contexte, certains acteurs ont fait le choix d’un positionnement radical : abandonner totalement les rétrocessions.
C’est le cas de cabinets indépendants qui s’inspirent des pratiques anglo-saxonnes. « Il convient d’aligner totalement les intérêts du conseiller et de son client. Lorsque la rémunération dépend uniquement des honoraires, la recommandation redevient objective », explique Guillaume Lucchini.
Une nouvelle génération de conseillers émerge, davantage formée aux enjeux financiers et moins attachée aux logiques purement commerciales. Pour ces professionnels, l’indépendance n’est plus une contrainte réglementaire, mais un positionnement stratégique.
Ce modèle reste aujourd’hui toutefois minoritaire, environ 5 % du marché, mais il progresse régulièrement.
Scala Patrimoine : le précurseur
Dans ce paysage recomposé, Scala Patrimoine a fait figure de pionnier en étant l’un des seuls à choisir, dès l’origine, le statut d’indépendant. « À la manière d’un cabinet de conseil, nous avons fait le choix de facturer exclusivement des honoraires, définis dans une lettre de mission, en fonction des besoins de nos clients et de l’accompagnement que nous leur apportons », explique Guillaume Lucchini.
Dans un souci de transparence, le montant de ces honoraires est systématiquement détaillé dès l’entrée en relation, puis formalisé à l’issue d’un premier rendez-vous. Une pratique qui tranche avec les usages longtemps en vigueur dans la profession.
Cette logique a également conduit Scala Patrimoine à participer à la création d’une première assurance-vie dit « Cleanshare ». Un contrat qui a la particularité d’intégrer des supports d’investissement faiblement chargés, précisément parce qu’ils n’intègrent pas de rétrocessions au profit du distributeur.
« Ce positionnement garantit aux clients que le conseiller n’a aucun intérêt à privilégier un fonds plutôt qu’un autre pour des raisons de rémunération », souligne Guillaume Lucchini.
À ce jour, seuls quelques cabinets ont franchi le pas de cette indépendance revendiquée, à l’image de Prosper Conseil, d’Alpha & K et de quelques multi family-offices.
Pourquoi le statut d'indépendant séduit de plus en plus
Le conseil indépendant répond à plusieurs attentes fortes des investisseurs :
- une transparence totale sur les frais ;
- une absence de biais commercial et un conseil dénué de tout conflit d’intérêts ;
- une personnalisation accrue des stratégies patrimoniales ;
- la possibilité de mettre en concurrence les solutions proposées.
Il s’inscrit aussi dans une évolution plus large des comportements. Mieux informés, échaudés par les pratiques bancaires où les produits “maison” sont largement surreprésentés, les clients se montrent de plus en plus exigeants sur la qualité et l’objectivité du conseil. Les grandes familles et les entrepreneurs sont désormais clairement à la recherche d’un conseil véritablement indépendant.
Cet essor s’explique avant tout par une meilleure diffusion de l’information appui l’associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine. « Autrefois, les clients se souciaient peu de ce type de données. Aujourd’hui, la donne a changé : la presse s’empare du sujet, et des blogs animés par des professionnels, comme celui de l’Avenue des Investisseurs, jouent un rôle pédagogique majeur. »
Parallèlement, on perçoit chez la nouvelle génération une volonté de reprendre la main sur ces questions. « Cette génération revendique un conseil véritablement impartial, capable de naviguer dans un environnement complexe, soumis à de fortes contraintes économiques, fiscales et de marché. Cette exigence accrue contribue à faire évoluer le métier, en orientant la profession vers davantage de transparence et d’indépendance. » estime à cet égard Guillaume Lucchini.
Un environnement favorable
Plusieurs dynamiques externes contribuent aujourd’hui à faire évoluer le marché vers un modèle davantage indépendant.
D’abord, une nouvelle génération de professionnels, souvent issue du monde du conseil, arrive sur le marché avec un regard plus critique. Beaucoup disent avoir pris conscience des limites du marché traditionnel. Certains parlant même de « supercherie ». Ils ont la volonté de rebattre les cartes et de replacer le conseil au cœur de leur pratique, loin des logiques purement commerciales.
Par ailleurs, le modèle de rémunération fondé sur les honoraires facilite les synergies avec d’autres professions réglementées, come les avocats, notaires, experts-comptables. Pour Guillaume Lucchini, cette convergence n’a rien d’anecdotique. « Ces métiers partagent des standards similaires. La qualité du conseil est pour eux un levier essentiel pour accompagner, dans la durée, des clientèles exigeantes comme les familles fortunées, les entrepreneurs ou encore les sportifs de haut niveau. »
L’irruption de l’intelligence artificielle aura également son importance. En permettant de produire plus rapidement un premier niveau d’analyse ou de recommandation, elle pourrait inciter certains conseillers à s’orienter vers des modèles plus transparents, débarrassés des conflits d’intérêts.
Guillaume Lucchini met cependant en garde : « Certains pourraient être tentés de s’engager dans une course à la baisse des frais, sans pour autant renforcer la qualité du conseil ou des services proposés. Ce serait une erreur. Le modèle d’aujourd’hui, et plus encore celui de demain, repose sur un accompagnement approfondi, exigeant et sur mesure. Il suppose que les cabinets se structurent autour de compétences solides et complémentaires, capables d’offrir une vision à 360°. C’est d’ailleurs le choix que nous avons fait chez Scala Patrimoine depuis plusieurs années. »
Enfin, les sociétés de gestion, établissements bancaires et assureurs internationaux voient dans ces acteurs indépendants des partenaires privilégiés. « Notre rôle est d’identifier les meilleurs gérants et les solutions les plus pertinentes, sans autre contrainte que l’intérêt du client. C’est précisément cette liberté qui attire les grandes maisons de gestion », résume Guillaume Lucchini.
Un virage historique pour le conseil indépendant
Malgré ces évolutions, la France reste l’un des marchés européens où le modèle des rétrocessions demeure dominant.
Pourtant, loin de s’être arrêtée à MiFID II, la pression réglementaire continue de s’intensifier. Les autorités de supervision, à commencer par l’AMF, renforcent leurs exigences en matière de transparence et de gestion des conflits d’intérêts. À Bruxelles, la question d’une interdiction pure et simple des rétrocessions est régulièrement remise sur la table.
Quoi qu’il en soit, la dynamique est enclenchée. À mesure que les exigences de transparence s’intensifient et que les investisseurs gagnent en maturité financière, le conseil indépendant va s’imposer comme le nouveau standard.
« L’indépendance n’est plus seulement une posture éthique, c’est devenu un avantage compétitif. Les clients comprennent mieux les enjeux de frais et exigent un alignement réel des intérêts », abonde Guillaume Lucchini.
En somme, une révolution discrète, mais irréversible.

Faut-il investir dans les produits structurés ?
Avec un rendement annuel médian brut compris entre 6 % et 7 %, les produits structurés attirent de nombreux investisseurs. La collecte brute illustre cet engouement. Celle-ci est passée de 23 milliards d’euros fin 2021 à près de 42 milliards en 2023, et pourrait approcher les 70 milliards en 2025, selon l’ACPR.
Pour autant, ces chiffres doivent être nuancés. La résurgence des tensions géopolitiques et de la volatilité sur les marchés financiers efface les repères traditionnels. Cet environnement crée certes des opportunités, mais il accroît également les risques.
La sélection d’un produit structuré doit donc s’inscrire dans une démarche adaptée au profil de l’investisseur, à son horizon de placement et à ses besoins de liquidité.
Les produits structurés, des placements sophistiqués
Les produits structurés symbolisent en partie la sophistication de la finance de marché. Ils combinent plusieurs actifs, le plus souvent obligations et dérivés, afin de proposer un profil rendement/risque adapté au profil et aux objectifs des investisseurs.
- Le rôle clé du sous-jacent
Ces placements sont des investissements « à maturité », c’est-à-dire avec une échéance fixée dès la souscription.
Leur rendement dépend de l’évolution d’un élément de référence, appelé le sous-jacent : des taux d’intérêt, un indice boursier, un panier d’actions, voire une matière première. Tant que cet indicateur ne dépasse pas un seuil prédéfini, un coupon peut être versé périodiquement.
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Une barrière de protection totale ou partielle
Si ce mécanisme comporte un risque de perte en capital, une barrière de protection est, dans la quasi-totalité des cas, prévue. Celle-ci demeure souvent favorable aux investisseurs.
En moyenne, le capital n’est, en pratique, menacé qu’en cas de baisse du sous-jacent de 40 à 50 %.
Certains produits offrent même, en contrepartie d’un rendement moindre, une garantie complète du capital à l’échéance. Aujourd’hui, cette typologie de placement représente près de 25 % de la collecte sur le marché.
La durée de vie maximale de ces produits se situe généralement entre huit et dix ans.
Les catégories de produits structurés
Les produits structurés se déclinent en plusieurs catégories, selon le degré de protection du capital visé (garanti, partiellement protégé ou non garanti) et les mécanismes de rémunération choisis.
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Les autocalls
Parmi eux, les autocalls sont les plus répandus. Les versions Athéna permettent un remboursement anticipé si le sous-jacent dépasse un seuil à certaines dates d’observation. Les Phoenix versent, quant à eux et sous conditions, des coupons réguliers même sans remboursement anticipé. Historiquement, ces produits présentaient soit un capital garanti, soit une barrière située entre 30 % et 70 % du capital.
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Les autres catégories de produits structurés
D’autres catégories existent : les produits de rendement, offrant des coupons conditionnels. Les produits de participation, exposant à la hausse d’un actif tout en protégeant partiellement le capital, sont aussi très présents dans les allocations d’actifs. Tout comme les produits à capital garanti qui viennent sécuriser entièrement le capital à l’échéance au prix d’une performance limitée.
Les avantages des produits structurés
Les produits structurés offrent la possibilité de s'exposer à un marché (actions, taux, matières premières …) tout en minimisant le risque et en protégeant le capital investi.
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Un produit sur mesure
Les produits structurés sont présents dans de nombreux portefeuilles financiers, grâce à des moteurs de performance capables de s’adapter à tous les environnements de marché.
« La personnalisation est un atout majeur : il est possible de créer des produits sur mesure en collaboration directe avec les salles de marché », souligne Romane Azzopardi, responsable des investissements cotés chez Scala Patrimoine. Il est, par exemple, possible d’introduire une dégressivité dans la barrière de rappel ou d’augmenter la fréquence des observations - annuelles, trimestrielles ou mensuelles - pour adapter le produit aux objectifs de l’investisseur.
La protection du capital est, elle aussi, modulable. Certains produits proposent une protection de l’intégralité du capital à l’échéance, tandis que d’autres prévoient une protection partielle.
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La création de revenus complémentaires
Ces instruments financiers offrent la possibilité de générer des revenus complémentaires. Grâce à leurs coupons conditionnels, l’investisseur peut percevoir des versements périodiques si le sous-jacent - action, indice ou panier d’actifs - respecte certaines conditions prédéfinies par avance.
Par ailleurs, certaines formules innovantes appliquent un « effet mémoire » aux coupons et ce de façon rétroactive". L'investisseur peut ainsi percevoir le rendement espéré dès que les conditions de déclenchement sont atteintes, même si la valeur de l’actif a baissé entre-temps, offrant ainsi un équilibre entre performance et sécurité.
Exemple : si un produit structuré est censé verser 2 % par mois mais que le premier mois la condition de paiement n'est pas respectée, il va payer 4 %, si la condition est respectée le deuxième mois.
« Concrètement, le produit structuré permet de moduler le profil de risque pris par l’investisseur. On peut ainsi diminuer le delta, ajouter une protection ou transformer l’exposition en coupon », abonde Romane Azzopardi.
Les risques des produits structurés
Les produits structurés offrent des opportunités de rendement attrayantes, mais ils ne sont pas dénués de risques.
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Une complexité à manier avec précaution
« Avant toute souscription, il est essentiel que l’investisseur comprenne parfaitement le fonctionnement du produit et les conséquences potentielles de la réalisation des scénarios les plus défavorables, tels que l’absence de paiement du coupon ou la perte en capital », avertit d’emblée Romane Azzopardi.
Les investisseurs devront, par ailleurs, bien appréhender le risque de marché avant d’investir dans un produit structuré. Les variations du sous-jacent, actions, indices ou matières premières, peuvent, en effet, affecter fortement la valeur du produit.
Le risque de liquidité doit également être pris en compte. Comme le souligne la responsable des investissements côtés du multi-family office indépendant : « certains produits ne sont pas facilement revendables avant l’échéance ou peuvent subir une décote significative en cas de revente anticipée. L’investisseur doit donc anticiper ses besoins de liquidité avant de s’engager. »
Plusieurs exemples témoignent des dérives du marché. En analysant les portefeuilles de certains investisseurs venus solliciter notre expertise, nous avons été frappés par des choix d’investissement extrêmement concentrés.
« L’un d’eux détenait plus de 50 % de son portefeuille en produits structurés. Un autre avait investi dans des produits structurés sur Stellantis, présentés comme des pépites combinant rendement attractif et protection supposée, mais dont la barrière franchie pouvait générer de lourdes pertes. Un troisième avait placé 2 millions d’euros dans un CMS sur dix ans : séduisant sur le papier, ce produit manquait de diversification et s’est transformé en véritable piège face à la remontée des taux. » abonde Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine.
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Une vérification de la solidité de l’émetteur
Le risque de crédit ou de contrepartie n’est pas non plus à mésestimer. Un produit structuré étant, en pratique, un titre de créance, si l’émetteur rencontre des difficultés financières, l’investisseur peut ne pas récupérer son capital. La récente faillite de Credit Suisse l’a bien montré. Même les institutions réputées peuvent faire défaut.
Une position appuyée par Romane Azzopardi : « Le risque de ces placements repose avant tout sur la solidité ou la fragilité de la banque qui émet le produit structuré. Nous recommandons en conséquence de privilégier des établissements de premier rang, notés investment grade. Certains assureurs luxembourgeois n’autorisent d’ailleurs pas l’investissement sur des émetteurs, notamment des banques, en dessous d’une certaine note. »
Un coût souvent invisible pour l’épargnant
Les produits structurés restent des supports financiers à frais élevés, souvent méconnus des épargnants. Ces coûts, intégrés directement dans la mécanique du produit, passent généralement inaperçus.
Même l’Autorité des marchés financiers (AMF) reconnaît qu’il est impossible de connaître le montant exact des frais.
« Ces commissions constituent un véritable moteur de consolidation du secteur : les grands cabinets de conseillers en gestion de patrimoine rachètent les plus petits et orientent leurs clients vers des produits structurés pour accélérer le retour sur investissement de leurs acquisitions. Une logique commerciale qui ne correspond pas toujours à l’intérêt des clients », avertit Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine.
Il est donc essentiel de comprendre la structure de coûts de ces produits, surtout dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie ou d’un plan d’épargne retraite (PER), où les couches de frais se multiplient rapidement.
Conseils et bonnes pratiques
La complexité des produits structurés exige une certaine prudence, mais ne doit pas pour autant effrayer. « Au contraire, la volatilité peut devenir une opportunité, car les options intégrées aux produits se valorisent davantage dans des marchés volatils », souligne Francesco Baiano, chargé d’investissement au sein du multi-family office Scala Patrimoine.
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La stratégie de la diversification
Comme le rappelle Romane Azzopardi, la diversification est essentielle. « Il ne s’agit pas seulement de varier les sous-jacents, mais aussi les mécanismes et les corrélations avec d’autres placements. On peut ainsi souscrire à des produits à capital garanti indexés sur des taux d’intérêt, des paniers d’actions ou des indices, permettant de profiter des différentes catégories de marché tout en modulant le risque. »
La responsable des investissements côtés du multi-family office indépendant tient à ajouter « qu’il est préférable de travailler avec des institutions fiables, ayant une notation élevée, et d’éviter les intermédiaires multiples, qui viennent, par ailleurs, réduire la performance par des frais additionnels.»
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Les convictions de Scala Patrimoine
Dans des périodes de forte volatilité, il convient plus que jamais de garder la tête froide. La prudence reste, en effet, de mise face aux propositions commerciales des banques et brokers.
« Nous privilégions généralement les structures autocalls, dont le remboursement anticipé est conditionné aux niveaux de marché dès le départ, plutôt que celles rappelables à la discrétion de l’émetteur de façon trimestrielle ou semestrielle, moins pertinentes pour l’investisseur », explique Romane Azzopardi.
Les produits de type Phoenix offrent des coupons réguliers conditionnels, avec un taux souvent lié à des indices larges (Stoxx 50, iTraxx Main) ou sectoriels lorsque l’exposition ciblée est souhaitée. « En revanche, nous ne sommes pas positionnés sur les indices à décrément, très à la mode en ce moment. Leur trajectoire est difficile à anticiper, rendant l’estimation du rendement incertaine », prévient Francesco Baiano.
Conclusion
Fin janvier, un groupe de travail de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a rendu ses conclusions sur les produits structurés. L’institution admet notamment que « les informations peuvent être dispersées et pas toujours très faciles à comprendre pour le grand public ».
Ces produits occupent pourtant une place importante dans l’allocation d’actifs proposée par les conseillers en gestion de patrimoine. Selon l’Observatoire de Nortia, ils représenteront 33 % des unités de compte en 2025. Cela fait tout simplement des produits structurés l’une des classes d’actifs les plus recommandées.
Le revers de la médaille, c’est que, pour de nombreux intermédiaires, ces produits génèrent des flux de commissions importants : des frais d’entrée autour de 5 %. « L’intérêt du distributeur peut ainsi primer sur celui du client », regrette à ce titre Guillaume Lucchini.
C’est précisément pour cette raison que la question de l’indépendance du conseil est centrale. Pour tout investissement, et en particulier pour les produits structurés, il est essentiel de s’entourer d’un conseiller réellement indépendant, rémunéré uniquement par des honoraires transparents, sans rétrocommissions, et aligné exclusivement avec les intérêts de son client.
Le rendez-vous des marchés financiers - Avril 2026
Les Marchés financiers & économie : les points clés
- Les marchés financiers essuient le contrecoup de l’escalade du conflit au Moyen‑Orient, marquant une nette augmentation de la volatilité ;
- La guerre en Iran perturbe de manière significative la production pétrolière mondiale. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’offre globale serait amputée d’environ huit millions de barils par jour ;
- Le spectre d’une stagflation — cette combinaison redoutée de croissance atone et d’inflation persistante — gagne du terrain tant aux États‑Unis qu’en Europe.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran déstabilise les marchés financiers.
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Le conflit iranien cristallise l’attention
Bloqué depuis cinq semaines, le détroit d’Ormuz concentre l’attention de tous les investisseurs. Les frappes menées sur les infrastructures du Golfe perturbent des chaînes d’approvisionnement clés.
Résultat : les cours de l’énergie explosent. Le prix du baril de pétrole a pris plus de 53 % en un mois, passant de 60 à 110 dollars, tandis que le prix du gaz bondit de près de 70 %. Cela ne représente rien de moins que la plus forte hausse mensuelle depuis 1988.
Les conséquences du blocage de ce passage stratégique de 54 km sont déjà importantes. Le Qatar estime ainsi avoir perdu 17 % de ses capacités d’exportation de gaz. La production mondiale d’engrais azotés, d’aluminium ou encore d’hélium, cruciale pour les puces électroniques, est aussi touchée.
Les négociations autour d’un plan de paix en 15 points avec l’Iran par les États-Unis semblent, il est vrai, piétiner.
Donald Trump osera-t-il se lancer dans une hasardeuse opération militaire terrestre pour prendre le contrôle de l'île de Kharg, le terminal par lequel transitent 90 % des exportations pétrolières iraniennes ? Personne ne peut le dire. Tant le président des États-Unis est capable, d’un jour à l’autre, de dire tout et son contraire.
De son côté, l’Iran affirme promettre de « faire pleuvoir le feu » sur les forces américaines si tel était le cas.
Et pour ne rien arranger à la situation, au Yémen, les Houthis – alliés aux Iraniens – pourraient tenter de bloquer Bab el-Mandab, le détroit entre le Yémen et Djibouti, où passe près de 12 % de l’ensemble du commerce mondial !
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Une économie mondiale touchée de plein fouet ?
Il n’est pas facile d’être analyste macroéconomique en ce moment. Les événements économiques et géopolitiques se bousculent en ce début d’année. L’enlèvement du président Maduro au Venezuela par les États‑Unis, l’intelligence artificielle continue de transformer l’économie mondiale, le débat sur l’abandon des tarifs douaniers se poursuit, le crédit privé reste fragile et la guerre en Iran inquiète les marchés. Il est difficile de prévoir quelles seront les conséquences de tous ces événements à long terme.
L’OCDE s’est toutefois risquée à faire des projections. Elle vient de réviser à la hausse ses prévisions d’inflation pour les pays du G20 (+ 1,2 point).
Même si le conflit s’arrêtait rapidement, la croissance mondiale ne serait pas totalement préservée. Une baisse comprise entre 0,2 % et 0,7 % en 2026 est déjà anticipée, selon les zones économiques et leur dépendance au pétrole.
Tout dépendra désormais de la durée de la guerre. Plus elle sera courte, plus ses effets sur l’inflation et la croissance resteront transitoires.
Pour relativiser en partie les conséquences économiques du conflit en Iran, une donnée intéressante sur le pétrole est rarement évoquée : la désensibilisation de l’économie à l’or noir. En 1973, selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie, il fallait un baril de pétrole pour générer mille dollars de production. Cinquante‑deux ans plus tard, c’est moins d’un quart de baril qui est nécessaire pour le même effet, en dollars constants.
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Les marchés financiers en baisse face aux tensions internationales
Le conflit en Iran inquiète les investisseurs. La volatilité explose et l’indice Greed & Fear chute à 10, signalant une peur extrême sur les marchés. Pour rappel, cet indicateur varie de 0, marque d’une peur intense, à 100, correspondant à une avidité extrême.
Conséquence directe : les indices boursiers poursuivent leur tendance baissière. Le S&P 500 enregistre cinq semaines consécutives de baisse, une première depuis mai 2022, perdant plus de 4 % depuis le début de l’année.
Même les titres phares des marchés américains souffrent. L’ETF regroupant les Magnificent Seven abandonne près de 20 % par rapport aux sommets d’octobre dernier.
Pourtant, la saison des résultats reste solide aux États-Unis. La croissance des bénéfices par action au quatrième trimestre atteint 14 % sur un an, et 75 % des sociétés ont dépassé les attentes des analystes.
Sur les marchés européens, le début d’année est également morose. Le CAC 40 recule de 3 %, tandis que le DAX 30 cède 6,5 %.
En Asie, le Shanghai Composite perd 2,5 %, et la chute est encore plus marquée pour le Nifty 50. L'indice phare des marchés boursiers indiens s’effondre de 14 %.
Les marchés obligataires également sont sous pression. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans bondit de 40 points de base en un mois, atteignant 4,38 %. En France, le taux passe de 3,2 % à 3,73 %, et en Allemagne, il grimpe de 2,65 % à 3 %.
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L’or reprend son souffle
L’or est en baisse de près de 20 % depuis ses plus hauts historiques. Plusieurs facteurs expliquent ce recul. D’abord, les niveaux atteints laissaient peu de marge pour une progression supplémentaire. Ensuite, certaines banques centrales, confrontées aux tensions économiques, ont temporairement suspendu leurs achats de métal précieux.
Pour autant, le métal jaune conserve sa réputation de valeur refuge par excellence. Selon Bruno Jacquier, directeur de la stratégie chez Altitude Investment Solutions, cette correction reflète avant tout une situation conjoncturelle particulière : « Si l’or est revenu à son niveau du 1er janvier, c’est essentiellement parce que les investisseurs, confrontés à d’importants besoins de liquidités, ont choisi de sécuriser leurs profits sur cet actif très liquide. »

États-Unis : les risques autour d’une stagflation s’intensifient
Le PIB américain du quatrième trimestre 2025 a été publié, et la surprise est de taille : la croissance a été révisée à seulement 0,7 %. Pour mémoire, certains économistes tablaient sur 1,4 %. Ce ralentissement préoccupant alarme particulièrement les banquiers centraux, qui voient poindre le spectre d’une stagflation, ce cocktail redoutable où inflation et croissance au ralenti se conjuguent pour fragiliser l’économie.
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Une économie qui tousse
Les hausses du prix du gallon d’essence, conséquence directe du conflit en Iran, commencent à peser sur le budget des ménages américains. L’effet est immédiat : le moral des consommateurs s’érode. Selon l’Université du Michigan, l’indice de confiance des ménages a reculé en mars à 53,3 points, en deçà des 53,5 points anticipés, après 56,6 points le mois précédent.
Cette instabilité géopolitique survient dans un contexte déjà fragile. En janvier, les dépenses réelles n’avaient progressé que de 0,1 %, frôlant la stagnation.
À l’aune de ces signaux, les prévisions économiques s’assombrissent. Goldman Sachs estime désormais à 30 % la probabilité d’une récession aux États-Unis. JPMorgan et Moody’s Analytics vont plus loin, avec respectivement 35 % et 48 %.
Bruno Jacquier, directeur de la stratégie chez Altitude Investment Solutions évoque lui aussi un ralentissement à venir : « Si les prévisions portant sur les conséquences économiques de la guerre en Iran diffèrent, ce n’est que par leur intensité, car il est parfaitement certain que l’inflation sera plus élevée, la croissance plus faible, l’investissement et l’emploi des entreprises revus à la baisse, et la consommation en berne. »
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Marché de l’emploi : le point de bascule
Plusieurs facteurs convergent vers un affaiblissement du marché du travail américain. Certaines causes sont structurelles : le ralentissement économique et l’émergence des outils d’intelligence artificielle, qui perturbent déjà l’entrée des jeunes diplômés sur le marché du travail. D’autres sont plus conjoncturelles, liées aux tensions géopolitiques et aux incertitudes autour des droits de douane.
Le rapport mensuel sur l’emploi de février illustre ces difficultés : 92 000 postes ont été perdus, alors que 50 000 créations étaient attendues. Les données de décembre et janvier ont, par ailleurs, été révisées à la baisse. Le taux de chômage approche désormais 4,5 %, soit 7,57 millions d’Américains en recherche d’un emploi.
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Inflation : un équilibre fragile
Au-delà du ralentissement économique, l’inflation menace toujours. Le Core PCE, indicateur de référence, atteint 3,1 % sur un an. Si l’on se concentre sur le secteur des services, moteur de l’économie américaine, le chiffre grimpe à 3,5 %.
Jerome Powell, président de la FED, a toutefois estimé qu’il n’était pas nécessaire, pour l’instant, de relever les taux en réaction à la flambée des prix du pétrole, soulignant que « les anticipations d’inflation de long terme restaient maîtrisées ». La Fed maintient donc ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle baisse plus tard dans l’année.
Côté marché, les investisseurs restent prudents. La probabilité d’une hausse des taux en 2026 atteint désormais 52 %, traduisant un doute croissant sur la capacité de la FED à maîtriser les effets du contexte géopolitique. Barclays, de son côté, anticipe une reprise graduelle de l’assouplissement monétaire, avec d’éventuelles baisses de taux d’ici fin 2026, sous réserve d’une désinflation confirmée. Le principal risque demeure une pause prolongée, liée à des chocs temporaires sur les prix ou à une prudence excessive des décideurs.
Zone euro : la BCE fait preuve de prudence
La Banque centrale européenne (BCE) a rapidement ajusté ses prévisions économiques, sous l’effet des tensions qui secouent l’Iran. L’inflation attendue pour 2026 a été revue à la hausse, à 2,6 %, soit 0,7 point de plus que sa projection de décembre. À l’inverse, la croissance connaît un net ralentissement, estimée désormais à 0,9 %, soit 0,3 point de moins que prévu.
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À la croisée des chemins
Le pessimisme de la BCE se reflète dans les chiffres. De nombreux indicateurs économiques montrent une tendance à la baisse.
Dans la zone euro, la croissance du secteur privé a marqué le pas en mars. L’indice PMI Flash, basé sur les sondages auprès d’entreprises, est tombé à 50,5 points, contre 51,9 en février, traduisant un quasi-arrêt de l’activité. Les nouvelles commandes se réduisent, signe d’un marché en attente.
Parallèlement, l’indice de sentiment économique (ESI) recule de 1,6 point, à 96,6, et l’indice des attentes en emploi (EEI) perd 1,4 point, s’établissant à 96,4.
En Allemagne, l’un des indicateurs les plus scrutés, l’indice ZEW du sentiment des investisseurs, plonge de 58,3 à -0,5 en mars.
Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global, pense que ces signes sont révélateurs . « L’indice PMI Flash de la zone euro sonne l’alarme sur le risque de stagflation. La guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix tout en freinant la croissance. »
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Une BCE attentiste
Comme aux États-Unis, l’inflation repart à la hausse dans la zone euro. Les prix ont augmenté de 2,5 % sur un an en mars, contre 1,9 % en février, et dix États membres affichent même une inflation supérieure à 3 %.
Faut-il pour autant redouter un resserrement brutal de la politique monétaire ? La BCE, consciente des fragilités de l’Europe face au choc énergétique, a choisi la prudence : elle maintient ses taux directeurs à 2 %, pour la sixième fois consécutive.
Pour Madison Faller, stratégiste chez J.P. Morgan, le message est clair : « La BCE ne s’engage pas à relever ses taux. Cependant, elle n’exclut pas un ajustement si les anticipations de marché évoluent. L’Europe a plus à perdre que les autres dans ce contexte énergétique. »
Le marché, lui, a déjà modifié ses attentes : après un mois de statu quo, il anticipe désormais trois hausses de taux en 2026. La BCE, elle, reste en observation, mesurant chaque mouvement avec prudence.
La Chine face à ses fragilités
La Chine peine encore à se relever du choc économique provoqué par la crise du Covid. La confiance des ménages s’est nettement effritée, tandis que le chômage des jeunes diplômés demeure à un niveau préoccupant. Dans ce contexte déjà tendu, l’embrasement de la situation au Moyen-Orient ne va pas l’aider à amorcer un rebond.
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La principale victime du conflit iranien ?
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz mettent l’économie chinoise à rude épreuve et confirment sa vulnérabilité sur le plan énergétique.
La guerre au Moyen-Orient, conjuguée à la fermeture du détroit d’Ormuz, met en exergue la vulnérabilité énergétique de la Chine. Premier importateur mondial de pétrole, le pays dépend pour près de la moitié de ses approvisionnements du Moyen-Orient. 45 % de ses importations transitent précisément par ce passage. En 2025, Pékin absorbait même près de 90 % des exportations pétrolières iraniennes.
« Le détroit d’Ormuz est une artère vitale pour l’économie chinoise », confirme Emmanuel Lincot, directeur de recherche à l’IRIS. Avant d’ajouter : « Le blocage de ce détroit prive la Chine d’une part essentielle de ses approvisionnements, soit près de 5,5 millions de barils par jour. Or c'est une situation qui va devenir rapidement insoutenable pour son économie et son industrie. »
Pékin cherche naturellement à réduire son exposition en diversifiant ses fournisseurs, notamment en direction de la Russie ou de certains pays d’Amérique latine. Mais ces ajustements ne suffisent pas à compenser un choc de cette ampleur. Face au risque de pénurie, les autorités ont dû prendre des mesures d’urgence, allant jusqu’à imposer aux raffineries de suspendre certaines exportations de gaz et de pétrole afin de préserver le marché intérieur.
Les dirigeants chinois espèrent désormais une fin rapide du conflit. D’autant que les relations commerciales avec les États-Unis se tendent à nouveau.
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La chine entre dans une nouvelle ère
Une transformation profonde de l’économie chinoise est actuellement à l’œuvre. Le gouvernement semble même avoir acté le ralentissement structurel de son économie. Celui-ci vise désormais une croissance comprise entre 4,5 % et 5 % en 2026. Un niveau bien éloigné des rythmes à deux chiffres qui prévalaient encore avant 2010.
Le Premier ministre Li Qiang ne fait d’ailleurs plus mystère des difficultés rencontrées. Dans un discours d’une étonnante transparence, il a reconnu que « le pays n'avait jamais été confronté à une conjoncture aussi grave et complexe. Les chocs et défis extérieurs se sont conjugués et superposés aux dilemmes internes et à des choix politiques cornéliens ».
Pour tenter de rebondir, Pékin mise sur une stratégie de montée en gamme technologique : semi-conducteurs, intelligence artificielle, robotique avancée ou encore fusion nucléaire figurent désormais au cœur des priorités. L’objectif est ici de réduire la dépendance aux importations tout en consolidant la place du pays sur les marchés mondiaux.
Parallèlement, les autorités entendent stimuler la demande intérieure.
Mais, pour relancer la consommation, encore faut-il redonner confiance aux ménages. Et c’est là que le bât blesse. Les ménages continuent de mettre de côté près d’un tiers de leurs revenus disponibles — 31,7 % en moyenne chaque année. Un niveau exceptionnellement élevé, qui en dit long sur les incertitudes persistantes et les inquiétudes qui traversent la société chinoise.
L’actualité des marchés financiers - Mars 2026
Les Marchés financiers & économie : les points clés
- Les marchés financiers mondiaux qui affichaient des performances prometteuses depuis le début d’année ont été freinés par le début du conflit iranien ;
- Donald Trump a, en effet, lancé l’opération « Epic Fury » pour renverser le régime des mollahs en Iran ;
- La Cour suprême américaine a jugé qu’une grande partie des droits de douane négociés par Donald Trump avec ses partenaires commerciaux internationaux étaient illégales.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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Les États-Unis et Israël lancent les hostilités face à l’Iran
L’actualité internationale est aujourd’hui dominée par une brusque montée des tensions militaires au Moyen-Orient. Le lancement de l’opération « Epic Fury » par Donald Trump, vise à frapper le cœur du pouvoir iranien.
- Un contexte géopolitique hautement inflammable
Les chancelleries internationales étaient en état d’alerte depuis plusieurs jours. Après avoir exprimé publiquement son insatisfaction quant à l’état des négociations avec l’Iran, le président américain a ordonné une série de frappes coordonnées avec Israël.
Ces opérations ont conduit à l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei ainsi que de nombreux responsables du régime. En représailles, l’Iran a ciblé plusieurs intérêts et alliés des États-Unis dans la région : Dubaï, Bahreïn, des bases américaines en Arabie saoudite, au Qatar, ainsi qu’en Israël.
L’objectif affiché de Washington est un changement de régime à Téhéran, misant sur un soulèvement populaire. Or, après la répression sanglante des manifestations survenues entre fin décembre et mi-janvier, aucune force politique structurée ne semble aujourd’hui en mesure de prendre le relais. Le risque d’une longue période d’instabilité, voire de chaos politique, apparaît donc élevé.
- Un rebond de la volatilité sur les marchés financiers
Comme souvent en période de conflit armé, la volatilité refait surface sur les marchés financiers. L’indice VIX, surnommé « indice de la peur », a progressé de 27 % en une seule séance.
Dans ce climat d’incertitude, les investisseurs se tournent vers les valeurs refuges. L’or renforce son statut protecteur et a progressé de 4 %, atteignant près de 5 360 dollars l’once, avant de redescendre autour de 5 100 dollars. Le dollar et le franc suisse concentrent également les flux de capitaux.
À l’inverse, certains secteurs bénéficient de ce nouvel environnement. Les valeurs liées à la défense et aux matières premières rebondissent.
L’impact sur les taux longs obligataires demeure, à ce stade, modéré. Il devra toutefois être suivi de très près, en particulier dans le scénario d’une hausse durable et marquée des prix du pétrole, qui raviverait les tensions inflationnistes et pourrait exercer une pression haussière sur les rendements à long terme.-
- Les points de vigilance à surveiller
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Le détroit d’Ormuz
Tous les regards se tournent vers le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. Ce couloir maritime, large d’à peine une vingtaine de kilomètres à son point le plus étroit, demeure ouvert mais son trafic est devenu extrêmement difficile.
L’Organisation maritime internationale a appelé les compagnies à éviter la zone. Les primes d’assurance explosent. Une perturbation durable ferait peser une pression considérable sur les prix de l’énergie et, par ricochet, sur la croissance mondiale.
Le premier pays à ressentir l’impact serait probablement la Chine, puisque 84 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est destiné à l’Asie. Sur les 14 millions de barils quotidiens qui empruntent ce passage stratégique, un million seulement est destiné à l’Europe.
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La production de pétrole
À la suite de l’opération « fureur épique » le baril de Brent a bondi de près de 16 %, atteignant 84 dollars, un plus haut depuis quatre ans.
L’Iran ne représente toutefois qu’une fraction relativement modeste de la production mondiale de pétrole, aux alentours de 3 à 4,5 % de l’offre. Le scénario le plus critique serait donc une attaque des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis ou au Koweït.
Néanmoins, le marché pétrolier abordait ce conflit dans une situation relativement confortable : l’offre excédait la demande, les stocks étaient élevés (90 jours), des pipelines permettent de contourner en partie la zone, et plusieurs membres de l’Opep+ ont annoncé des hausses de production, laissant entrevoir une certaine capacité d’amortissement.
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Le risque inflationniste
Une flambée durable des prix de l’énergie raviverait les tensions inflationnistes, alors même que la Réserve fédérale amorçait une phase de normalisation monétaire. Ce choc pourrait retarder les baisses de taux attendues et exercer une pression supplémentaire sur les marchés obligataires. Une extension ou une prolongation du conflit fragiliserait également la croissance économique mondiale.
- Perspectives
Donald Trump a évoqué une campagne militaire susceptible de durer « quatre semaines ou moins ». Un élément à ne pas négliger : le président américain demeure particulièrement attentif à la réaction des marchés financiers. À l’approche des élections de mi-mandat (midterms), le calendrier politique réduit sa marge d’erreur et limite la probabilité d’un conflit long et incontrôlé.
L’évolution de la situation dépendra désormais de trois facteurs clés : la durée effective des frappes, l’impact réel sur la navigation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz et le risque de contagion régionale. C’est de cet équilibre précaire que dépendra l’ampleur de la réaction des marchés dans les semaines à venir.
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Japon : une victoire politique qui ouvre la voie à une relance massive
Le pari de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi s’est révélé payant. Lors des élections législatives anticipées, son parti a remporté une victoire écrasante, obtenant 354 sièges sur 465 à la Chambre basse — une majorité historique depuis la Seconde Guerre mondiale.
Fort de ce mandat exceptionnel, le gouvernement dispose désormais d’une large marge de manœuvre pour mettre en œuvre son programme économique.
Au cœur de cette stratégie : une relance budgétaire massive, destinée à soutenir l’activité et à stimuler la demande intérieure. Une orientation qui risque toutefois d’alourdir encore davantage la dette publique déjà record du Japon.
Les marchés financiers, notamment obligataires, ont rapidement réagi. Le rendement de l’emprunt d’État japonais à 10 ans a bondi de près de 8 points de base, atteignant 2,302 %, soit sa deuxième pire clôture depuis juillet 1997 — un signal de tension croissante sur la dette souveraine nippone.
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Marchés financiers : la volatilité fait son retour
Depuis le 1er janvier, les marchés financiers mondiaux affichaient des performances prometteuses, mais le conflit au Moyen-Orient est venu brusquement freiner cet élan.
- Des records boursiers effacés
Aux États-Unis, près d’un tiers des sociétés composant le S&P 500 ont publié leurs résultats trimestriels, et 80 % d’entre elles ont surpassé les attentes en matière de bénéfices. Pourtant, l’indice reste quasiment inchangé depuis le début de l’année, avec une progression marginale de +0,13 %. Le Nasdaq Composite, dominé par les valeurs technologiques, cède 1,6 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average affiche une légère hausse de 0,2 %. Cette divergence illustre la rotation sectorielle en cours, où la prudence prime face aux incertitudes géopolitiques.
En Europe, les marchés financiers ont également été affectés. Le CAC 40 avait atteint un sommet historique en séance à 8 642,23 points avant le déclenchement du conflit. Depuis janvier, il recule de 1,1 %, tandis que le DAX 30 allemand perd 2,1 %.
En Asie, les effets sont encore plus marqués. La Kospi a enregistré sa pire séance depuis août 2024, plongeant de 7,2 % dès le lendemain des premières frappes américaines. Cette chute reflète à la fois la nervosité des investisseurs face au conflit et des prises de bénéfices après une spectaculaire hausse de 29,57 % depuis le début de l’année. À l’inverse, le Nikkei 225 progresse de 6,65 %, et le Shanghai Composite de 2,2 %. En Inde, le Nifty 50 recule de 5,28 %.
- L'or confirme son rôle de valeur refuge
Sur le marché obligataire, le rendement des obligations américaines à 10 ans grimpe à 4,13 %. En zone euro, le Bund allemand à 10 ans atteint 2,82 % et le taux OAT français à 10 ans s’élève à 3,42 %.
Les matières premières et les devises reflètent également ce climat de prudence. L’or s’échange autour de 5 100 dollars l’once, confirmant son rôle de valeur refuge. Le Bitcoin replonge sous 61 800 euros, en baisse de 17 % depuis le début d’année, tandis que le Dollar se renforce et l’Euro retombe sous 1,16 dollar.

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Nvidia : le miracle permanent
Scrutés à la loupe par les marchés, les résultats de Nvidia tiennent lieu de véritable baromètre de l’intelligence artificielle. À chaque publication, c’est tout le secteur technologique qui retient son souffle, tant le groupe californien incarne aujourd’hui les espoirs — et les excès — de la révolution en cours.
Un engouement d’autant plus intense que les valorisations boursières, comme les anticipations de bénéfices, évoluent à des niveaux historiquement élevés. Dans ce contexte, la moindre déception serait sanctionnée. Mais, une fois encore, Nvidia déjoue les doutes et dépasse les attentes.
Au dernier trimestre, l’entreprise basée à Santa Clara a engrangé 68 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 66 milliards anticipés par les analystes, soit une progression spectaculaire de 73 % sur un an. Dans le même temps, le bénéfice net a presque doublé, atteignant 43 milliards de dollars. Sur l’ensemble de l’exercice, Nvidia affiche ainsi un résultat net cumulé de 120 milliards de dollars. Un chiffre vertigineux. Presque irréel.
Cette performance hors normes repose, sans surprise, sur le moteur désormais central de l’entreprise : les data centers. À eux seuls, ils ont généré 62,3 milliards de dollars de revenus, en hausse de 75 % sur un an, confirmant la position dominante de Nvidia dans l’infrastructure de l’intelligence artificielle mondiale.
Et la dynamique ne semble pas près de s’essouffler. En guise de cerise sur le gâteau, le groupe anticipe pour le prochain trimestre un chiffre d’affaires compris entre 76,4 et 79,5 milliards de dollars, bien au-delà des 72,7 milliards attendus par le consensus.
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Coup de mou pour les entreprises du CAC 40
Les grandes entreprises françaises commencent-elles à ressentir les contrecoups du climat économique assombri dans lequel la France s’est installée depuis la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron en 2024 ? Les premiers éléments de réponse fournis par la saison des résultats invitent à la prudence, voire à l’inquiétude.
Sur les 38 groupes du CAC 40 ayant déjà publié leurs comptes, les bénéfices cumulés atteignent 96,2 milliards d’euros. Un montant considérable en valeur absolue, mais en recul brutal de 31 % sur un an, et surtout très éloigné du sommet historique de 156 milliards d’euros atteint en 2021, au sortir de la crise sanitaire.
- Le secteur de l'automobile face à la concurrence chinoise
L’essentiel de cette dégradation provient du secteur automobile, devenu le maillon faible de la cote parisienne. Le groupe Stellantis enregistre une perte nette abyssale de plus de 22 milliards d’euros, plombé par la restructuration de ses activités et les lourds investissements liés à l’électrification. Même constat chez Renault, qui bascule également dans le rouge, victime d’une transition énergétique coûteuse et d’une concurrence chinoise de plus en plus agressive sur les segments clés.
À ces difficultés sectorielles s’ajoutent des facteurs macroéconomiques défavorables. La baisse du dollar face à l’euro, combinée à la montée des tensions commerciales internationales, a pénalisé les groupes fortement exposés à l’export, au premier rang desquels figurent les acteurs du luxe, longtemps considérés comme des valeurs refuges.
- Les banques résistent
Dans ce tableau assombri, un secteur fait figure d’exception : la banque. Les établissements financiers résistent mieux que le reste de la cote, portés par des taux d’intérêt encore élevés. BNP Paribas s’impose ainsi comme le premier contributeur aux profits, confirmant la solidité de son modèle dans un environnement économique incertain.
États-Unis : des signaux économiques contradictoires
Malgré les turbulences politiques et commerciales, les États-Unis demeurent le pivot de l’économie mondiale. Certains indicateurs macroéconomiques illustrent parfaitement l’étendue de leur puissance. Selon une étude conjointe de Trendeo, de l’Institut de la réindustrialisation et de McKinsey, les investissements industriels ont bondi de 96 %, atteignant 793 milliards de dollars – un signe tangible du retour en force du secteur manufacturier américain.
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Trump et les droits de douane : un pouvoir limité
La question était brûlante : Donald Trump pouvait-il, seul, renégocier les droits de douane avec ses partenaires commerciaux en s’appuyant sur la loi IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) ? La Cour suprême a tranché sans ambiguïté : non.
Les juges ont estimé que le président avait dépassé ses prérogatives en imposant unilatéralement des droits de douane dits « réciproques » sous couvert d’une déclaration d’urgence nationale. Tous les tarifs instaurés sur cette base sont donc invalidés. Rassurant toutefois pour certains secteurs, cette décision n’affecte pas les droits de douane sectoriels fondés sur d’autres textes, à l’instar des tarifs sur l’acier et l’aluminium.
- Une riposte présidentielle déjà à l’œuvre
Mais Washington n’est pas sans armes. Peu après le verdict, le président a invoqué la section 122 pour instaurer une hausse de 10 % des tarifs mondiaux, suivie rapidement d’une majoration de 5 % supplémentaire. Toutefois, cette mesure ne peut être prolongée au-delà de 150 jours sans l’aval du Congrès.
En suspens demeure la question des remboursements pour les sommes indûment perçues depuis 2025. Selon les premières estimations, les États-Unis pourraient être contraints de restituer jusqu’à 175 milliards de dollars aux entreprises affectées. Plus de 1 500 sociétés ont engagé des procédures judiciaires, avec FedEx en tête de file pour défendre ses intérêts.
- Une incertitude prolongée pour les entreprises
Cette décision marque un tournant pour le tissu économique américain et international. Après des années de renégociations commerciales et de tensions tarifaires, les entreprises se retrouvent une fois encore confrontées à l’imprévisibilité du cadre réglementaire et à une période d’incertitudes prolongée.
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Un environnement propice à la croissance américaine ?
La banque Goldman Sachs se montre optimiste pour 2026, anticipant une croissance du PIB de 2,5 % en rythme annuel, du quatrième trimestre 2025 au quatrième trimestre 2026, confirmant que l’économie américaine conserve un dynamisme enviable malgré un contexte mondial incertain.
Le produit intérieur brut (PIB) américain a cependant marqué un net ralentissement au quatrième trimestre, atteignant 1,4 % sur un an, contre 4,4 % au trimestre précédent. Ce coup de frein est largement imputable au shutdown gouvernemental qui a paralysé une partie de l’activité économique. Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance a été de 2,2 %, légèrement en deçà des prévisions des analystes, qui tablaient sur 2,4 %.
Pour 2026, le consensus des experts, de Goldman Sachs à Bloomberg, anticipe une croissance américaine supérieure à 2 %. Plusieurs moteurs soutiennent cette dynamique : les baisses d’impôts issues du plan budgétaire promu par Donald Trump, des conditions financières plus favorables, et surtout l’investissement soutenu des entreprises, porté par les puissants « Magnificent Seven ».
Cependant, l’horizon n’est pas exempt de nuages. La récente décision de la Cour suprême sur les droits de douane remet en lumière les tensions commerciales internationales, déjà sensibles. À cela s’ajoutent d’autres menaces potentielles : une hausse des prix du pétrole, ou encore des fragilités dans le crédit privé, capables de freiner la croissance ou de provoquer des ajustements brutaux sur les marchés.
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L’emploi américain soulève de nombreuses questions
Le marché de l’emploi américain pourrait-il fléchir en 2026 ? C’est le scénario que plusieurs analystes jugent le plus probable. Pourtant, les derniers chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics dessinent un tableau plus favorable qu’attendu.
- Une dynamique plutôt favorable
En janvier, 130 000 emplois ont été créés, contre 55 000 anticipés, tandis que le taux de chômage reste stable à 4,3 % (contre 4,4 % en décembre).
En février, le secteur privé a surpris positivement avec une hausse de 63 000 postes, après une révision à la baisse de 11 000 postes pour janvier. Le salaire moyen horaire progresse à 3,7 %, dépassant l’inflation (2,7 %), offrant ainsi un regain de pouvoir d’achat aux Américains. Donald Trump s’est empressé de célébrer ces chiffres sur ses réseaux sociaux : « Chiffres d’emplois exceptionnels, beaucoup plus que prévu ! Les États-Unis devraient payer BEAUCOUP MOINS sur leurs emprunts. »
Selon la Réserve fédérale américaine (FED), le marché du travail est aujourd’hui « à l’équilibre », avec une légère offre excédentaire de 0,8 million de personnes. Autrement dit, le marché n’est plus en tension, mais il ne présente pas non plus de signes de sous-emploi.
- Une réalité plus nuancée
Une analyse plus approfondie invite toutefois à la prudence. Les révisions des années passées révèlent une création d’emplois beaucoup plus faible que prévu : depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, seulement 180 000 emplois ont été créés, soit un rythme historiquement bas de 15 000 postes par mois.
De plus, la croissance de l’emploi est concentrée dans le secteur de la santé et du social, tandis que d’autres secteurs – finance, information, transport, logistique – ont connu des suppressions de postes. Le nombre d’emplois à pourvoir a chuté à 6,542 millions, contre 7,25 millions anticipés.
La question de l’intelligence artificielle inquiète également. Dans sa dernière étude, Goldman Sachs souligne que l’automatisation et les technologies émergentes pourraient bouleverser le marché du travail, notamment pour les jeunes entrants dans des secteurs exposés. Déjà, les postes disponibles pour cette population ont enregistré un déclin de 16 %.
Le contraste est frappant : Nvidia, valorisée à 4 500 milliards de dollars, emploie seulement 40 000 personnes, tandis qu’IBM, en 1985, avec une capitalisation vingt fois inférieure, employait dix fois plus de salariés. Ce décalage illustre la transformation structurelle du marché du travail, où la valeur économique se détache désormais du volume d’emplois créés.
En dépit des chiffres récents encourageants, les signaux structurels laissent entrevoir une dégradation probable du marché de l’emploi. Un défi que les acteurs économiques et politiques devront affronter dans les années à venir.
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Politique monétaire : la Fed temporise
Malgré un tableau macroéconomique globalement rassurant, Jerome Powell insiste sur la nécessité de rester vigilant. Les données actuelles ne plaident pas pour une baisse immédiate des taux, mais le président de la Réserve fédérale (Fed) continue de surveiller de près le marché du travail.
L’inflation américaine a marqué un ralentissement en janvier, à 2,4 % sur un an, soit 0,3 point de moins qu’en décembre. Ce reflux s’explique principalement par la baisse des prix de l’énergie (-1,5 % sur un mois), alors que les denrées alimentaires poursuivent leur progression (+0,2 %). Le « core inflation », indicateur privilégié par la Fed, hors énergie et alimentation, ressort à 2,5 %, son niveau le plus bas depuis 2021.
Cependant, une étude de la Fed de New York vient tempérer cet optimisme. En ajustant les effets temporaires, notamment le shutdown de 43 jours qui avait perturbé la collecte des prix à l’automne, les économistes estiment que l’inflation réelle s’élevait plutôt à 2,83 % fin 2025.
En attendant la prise de fonction de Kevin Warsh, Jerome Powell a maintenu le taux directeur à 3,5 %, après une baisse cumulative de 75 points de base en 2025. Il justifie cette posture par l’amélioration progressive de certains indicateurs économiques, tout en restant attentif aux risques persistants.
Pour sa part, Stephen Miran, gouverneur de la Fed et critique d’une politique monétaire jugée trop restrictive, préconise une réduction d’un point de pourcentage des taux cette année, invoquant la fragilité encore présente sur le marché du travail et les incertitudes entourant l’activité économique.
Zone euro : une dynamique toujours fragile
Selon la Banque centrale européenne, l’économie de la zone euro se montre plus résistante que prévu. Soutenue par la progression des revenus des ménages, la hausse des dépenses publiques et l’amélioration progressive des conditions de financement, la croissance pourrait atteindre 1,2 % en 2026, puis 1,4 % en 2027 et 2028.
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Un rebond encore à confirmer
Les premiers signaux de reprise sont déjà perceptibles. Au quatrième trimestre 2025, l’économie de la zone euro a progressé de 0,3 %, portant la croissance annuelle à 1,5 %.
Le redressement, encore timide, de l’économie allemande constitue à ce titre une évolution encourageante. L’activité outre-Rhin a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre, portée par la relance des dépenses publiques et par un regain d’activité dans le secteur de la construction.
Au sein du « G4 » européen, c’est toutefois Espagne qui conserve la dynamique la plus solide, avec une croissance trimestrielle de 0,8 %.
Le marché du travail continue également de soutenir l’activité. Le taux de chômage est ainsi passé de 6,3 % à 6,2 % en décembre, contribuant à la progression des revenus et à une consommation plus dynamique. La hausse des salaires, combinée à une baisse du taux d’épargne, pourrait soutenir la demande intérieure, tout comme les investissements des entreprises et les dépenses publiques.
Mais cette dynamique reste fragile. La remise en cause possible de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, ainsi que les tensions géopolitiques au Iran, pourraient peser sur les perspectives économiques.
Le choc énergétique constitue une source d’inquiétude particulière. Depuis le début du conflit, les prix du gaz en Europe ont bondi de plus de 50 %, après l’arrêt de la production au Qatar sur l’un des plus grands sites d’exportation mondiaux.
Par ailleurs, le moral des acteurs économiques reste fragile. Selon les données publiées par la Commission européenne, l’indice du sentiment économique dans la zone euro a reculé à 98,3 en février, contre 99,3 en janvier, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient 99,8.
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Christine Lagarde sur le départ ?
Avant même que les conséquences du conflit au Moyen-Orient ne se matérialisent pleinement dans les statistiques, l’inflation repart légèrement à la hausse. Selon Eurostat, les prix à la consommation ont progressé de 1,9 % en février, contre 1,7 % en janvier, dépassant les prévisions des économistes.
La Banque centrale européenne reste néanmoins confiante. Elle anticipe une inflation moyenne de 1,9 % en 2026, 1,8 % en 2027, avant un retour vers 2 % en 2028, son objectif à moyen terme.
Dans ce contexte, aucune baisse des taux directeurs n’est attendue à court terme.
Une prudence que certains observateurs jugent excessive. Pour Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel, la BCE devra rapidement ajuster sa position : « L’Europe doit aussi faire face à un défi monétaire. Mois après mois, l’inflation recule dans plusieurs grandes économies de la zone euro. En France, elle atteint seulement 0,3 % en rythme annuel en janvier, rapprochant dangereusement le pays du seuil de déflation. Dans ces conditions, maintenir une politique monétaire aussi prudente apparaît de moins en moins justifié au regard de la faible croissance européenne. »
Enfin, des interrogations émergent également sur l’avenir de Christine Lagarde à la tête de la BCE. Selon le Financial Times, son départ pourrait intervenir avant la fin de son mandat, officiellement prévue en octobre 2027.
D’après le quotidien britannique, le président français Emmanuel Macron pourrait souhaiter peser dans la nomination de son successeur avant l’élection présidentielle française de 2027, ouvrant ainsi une nouvelle séquence politique au sommet de l’institution monétaire européenne.
Chine : vers un nouveau modèle de croissance ?
Le ralentissement structurel de l’économie chinoise est désormais pleinement assumé par Pékin. L’objectif de 5 % de croissance, longtemps présenté comme un seuil incontournable, apparaît aujourd’hui difficile à atteindre.
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Une croissance proche de 4,5 % en 2026 ?
Pour 2026, les autorités tablent désormais sur une expansion comprise entre 4,5 % et 5 %, un rythme légèrement inférieur à celui observé ces dernières années.
Ce repositionnement s’accompagne d’un engagement clair en faveur d’un soutien budgétaire accru et d’investissements publics massifs dans la technologie, l’industrie et la consommation intérieure.
L’objectif est stratégique : permettre à la deuxième économie mondiale de réduire sa dépendance aux exportations et de renforcer son marché domestique. Une transformation économique de grande ampleur pour le pays dirigé par Xi Jinping.
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Une consommation encore fragile
Mais cette transition prendra du temps. Le moral des ménages chinois reste fortement affecté par l’éclatement de la bulle immobilière et par les difficultés rencontrées par les jeunes diplômés pour s’insérer sur le marché du travail.
Le Premier ministre Li Qiang lui-même reconnaît l’existence de pressions persistantes sur l’emploi et le pouvoir d’achat, illustrant les fragilités de l’économie chinoise.
Autre signal révélateur : l’absence de tensions inflationnistes. En janvier, l’inflation a nettement ralenti, tombant à 0,2 %, contre 0,8 % en décembre, sous l’effet notamment d’une baisse de 0,7 % des prix alimentaires.
Dans ce contexte, la Chine s’engage dans une transition délicate, cherchant à rééquilibrer son modèle économique tout en préservant la stabilité sociale et la dynamique de croissance.
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Le conflit impliquant l’Iran pourrait-il bouleverser l’équilibre macroéconomique mondial ? Jusqu’à présent, la solidité des grandes économies et la robustesse des résultats des entreprises ont permis d’amortir les tensions sur les marchés. Cette résilience reste toutefois conditionnée à un facteur clé : le prix du pétrole. Tant que le baril demeure sous le seuil des 100 dollars, scénario aujourd’hui privilégié par la plupart des analystes, l’impact sur l’économie mondiale et les marchés financiers devrait rester contenu.
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Iran : deux scénarios sur la table
- Le scénario privilégié par les marchés financiers
Le scénario actuellement intégré par les marchés financiers est celui d’un impact limité du conflit. Dans cette hypothèse, la hausse des prix du pétrole resterait modérée, limitant ses répercussions sur l’inflation, les marges des entreprises et la consommation. La croissance mondiale ne serait alors que marginalement affectée.
Des disparités régionales pourraient néanmoins apparaître. L’Asie est beaucoup plus dépendante des flux énergétiques transitant par le Détroit d’Ormuz que l’Europe ou les États-Unis.
La situation est particulièrement sensible pour la Chine, premier importateur mondial de pétrole. Le pays consomme environ 15 millions de barils par jour, dont une part significative transite par le détroit d’Ormuz. Toutefois, seulement 6 % de ses importations proviennent directement d’Iran. Pékin pourrait par ailleurs exercer une influence diplomatique pour sécuriser le passage de ses tankers. La montée en puissance des énergies renouvelables offre également au pays quelques marges d’adaptation.
Les inquiétudes asiatiques se sont néanmoins manifestées sur les marchés financiers : lors du déclenchement du conflit, la Bourse de Corée du Sud a brièvement chuté de 12 %, avant de se reprendre dans les séances suivantes.
En Europe, les préoccupations portent davantage sur le gaz naturel. Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, a suspendu une partie de sa production après une attaque de drone attribuée à l’Iran. Une situation délicate pour les pays européens, qui ont fortement réduit leurs importations énergétiques en provenance de Russie et dépendent désormais davantage des fournisseurs du Golfe.
- Le scénario de risque
Le second scénario, jugé moins probable mais plus déstabilisant, serait celui d’un conflit qui s’intensifie et s’inscrit dans la durée. Dans ce cas, le prix du baril pourrait dépasser les 100 dollars, ce qui provoquerait une correction plus marquée sur les marchés financiers et pèserait davantage sur la croissance mondiale.
Selon une étude de la Réserve fédérale américaine, une hausse de 10 % du prix du Brent entraînerait une augmentation limitée de l’inflation (+0,2 %) et un léger ralentissement de la croissance (–0,1 point).
Pour la Banque centrale européenne (BCE), l’impact serait plus sensible sur le continent européen : une hausse de 15 % des prix de l’énergie pourrait faire progresser l’inflation de 0,5 point et réduire la croissance de 0,2 point.
Enfin, selon une analyse de Goldman Sachs, la fermeture du Détroit d’Ormuz pendant quatre semaines pourrait entraîner une hausse d’environ 15 dollars du prix du baril.
Dans ce contexte, la sécurité de cette route énergétique stratégique demeure l’un des principaux risques pour les marchés financiers.
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Marchés actions : le conflit en Iran secoue les investisseurs
Dans l’immédiat, les principaux bénéficiaires du conflit impliquant l’Iran sont les entreprises des secteurs de l’énergie et de la défense, ainsi que l’Or, valeur refuge traditionnelle en période d’incertitude.
Fait plus inhabituel, les obligations souveraines des grandes économies ne jouent pas pleinement leur rôle de refuge. La hausse des rendements reste toutefois contenue. Les analystes n’ont, pour l’heure, pas modifié leurs anticipations concernant une éventuelle baisse de taux de la Réserve fédérale des États-Unis.
En revanche, on observe une augmentation de la prime de risque sur les obligations d’entreprises, aussi bien sur le segment Investment Grade que sur celui du High Yield, signe d’une prudence accrue des investisseurs financiers.
- Des marchés financiers mieux préparés qu’attendu
Les marchés financiers ont, dans l’ensemble, bien résisté aux premiers jours du conflit. Les frappes menées par les États-Unis et Israël avaient été largement anticipées par les investisseurs. Depuis plusieurs semaines, les mouvements de la flotte américaine autour du Détroit d’Ormuz alimentaient déjà les scénarios d’escalade.
La baisse initiale des marchés actions s’explique également par des stratégies d’options massivement utilisées par les investisseurs institutionnels. Parallèlement, des positions acheteuses sur les valeurs pétrolières et les entreprises de défense ont généré d’importants gains à court terme.
Mais ces stratégies très tactiques peuvent s’avérer dangereuses à moyen terme. Si les investisseurs institutionnels décidaient de déboucler rapidement leurs positions, les investisseurs particuliers pourraient subir un effet de “porte de saloon”, accentué par une volatilité toujours élevée.
- Les convictions de notre multi-family office sur les marchés financiers
La règle d’or reste la diversification des investissements, à la fois sectorielle et géographique.
Certains secteurs ont été particulièrement touchés par la baisse initiale des marchés. Sur le long terme, il pourrait être opportun de se positionner progressivement sur un rebond des valeurs technologiques du logiciel (« software ») ainsi que sur les valeurs bancaires.
Quelques thématiques apparaissent particulièrement pertinentes, notamment les fonds investis dans des entreprises offrant des dividendes élevés, capables de générer un revenu régulier malgré la volatilité des marchés.
Les valeurs de défense, tout comme l’or, peuvent également s’inscrire dans une stratégie de long terme, même si ces actifs restent susceptibles de connaître des phases de volatilité.
Aux États-Unis, les valeurs domestiques ont fait office de refuge durant les premiers jours du conflit. Grâce à l’indépendance énergétique du pays, elles sont moins exposées aux tensions au Moyen-Orient et ont par ailleurs bénéficié du renforcement du dollar.
Sur les marchés européens, la stratégie reste inchangée, avec le maintien des positions existantes.
Les marchés émergents peuvent, de leur côté, constituer une source de diversification intéressante, notamment en Asie. Toutefois, cette région reste particulièrement sensible à une éventuelle perturbation du trafic dans le Détroit d’Ormuz, comme l’a illustré la forte baisse des indices sud-coréens au début du conflit.
La Chine pourrait néanmoins tirer son épingle du jeu grâce à son positionnement stratégique sur les métaux rares, essentiels à la transition énergétique et aux technologies avancées. À l’inverse, le Japon et la Corée du Sud apparaissent plus exposés dans l’hypothèse d’un conflit prolongé.
- Garder la tête froide sur les marchés financiers
Dans un environnement aussi incertain, le mot d’ordre reste la discipline. Sur les marchés financiers, la panique est rarement bonne conseillère.
Les investisseurs devront probablement s’habituer à une volatilité accrue, avec des phases de correction parfois brutales et des rallyes techniques plus marqués qu’à l’accoutumée.
Mais l’histoire des marchés rappelle également que les périodes de turbulence sont souvent celles où émergent les meilleures opportunités d’investissement.
Et, au risque de nous répéter, une règle demeure immuable : plus un portefeuille est diversifié, plus il est capable d’absorber les chocs et de traverser les phases de baisse des marchés.
- L’importance des actifs tangibles dans un contexte volatil
La diversification offerte par les marchés obligataires face aux actions pourrait s’éroder si le prix du baril de pétrole venait à franchir le seuil symbolique des 100 dollars. Une telle flambée pourrait entraîner une corrélation plus étroite entre ces deux classes d’actifs, limitant l’effet protecteur traditionnel des obligations face aux turbulences des marchés actions.
Dans l’éventualité d’un enlisement prolongé du conflit géopolitique actuel, les matières premières et les actifs tangibles, tels que l’or et les métaux précieux, retrouveraient toute leur pertinence. Leur rôle de valeur refuge et de couverture contre l’incertitude économique et l’inflation n’a jamais été aussi crucial.
Parallèlement, certaines stratégies dites long/short pourraient tirer parti de la hausse de la volatilité sur les marchés financiers, exploitant les écarts de valorisation entre différents titres pour générer des performances même dans un contexte incertain.
- Les produits structurés
Les produits structurés sont également susceptibles de bénéficier de ces mouvements de marché. En particulier, les produits indexés sur l’indice iTraxx Main, qui reflète le risque de défaut (CDS) des 125 sociétés européennes les plus liquides, voient leur attrait croître lorsque les spreads s’élargissent. L’augmentation de ces spreads traduit un renchérissement de la prime de risque : pour les investisseurs, cela constitue un point d’entrée potentiellement intéressant.
Malgré ces tensions, les fondamentaux économiques demeurent solides et les résultats des entreprises restent robustes. Cette stabilité pourrait limiter l’ampleur du repli des marchés, même si le risque d’une prolongation du conflit reste réel.
Pour l’instant, la dynamique des marchés financiers semble pointer vers un épisode de volatilité de courte durée, suivi d’un retour progressif aux fondamentaux économiques. Dans ce contexte, savoir identifier et valoriser les actifs tangibles, ainsi que les stratégies adaptées à l’augmentation temporaire de l’incertitude, demeure essentiel pour naviguer avec succès dans les marchés financiers.
La dette privée « evergreen » : un nouveau modèle pour l’investissement non coté ?
Inspirés des stratégies patrimoniales des grandes fortunes et des pratiques de gestion des investisseurs institutionnels, les fonds dits evergreen s’imposent progressivement comme un pilier de l’investissement non coté.
Les chiffres confirment cette montée en puissance. Selon les estimations du fournisseur de données Novantigo, les encours des fonds evergreen et des ELTIF ont bondi de 73 % entre fin 2024 et septembre 2025, atteignant 93,4 milliards d’euros. À l’horizon 2030, ces véhicules pourraient représenter plus de 60 % des investissements en actifs privés.
Face à cet engouement et devant les difficultés rencontrées par la société de gestion Blue Owl, Scala Patrimoine décrypte les ressorts de ce modèle, appliqué à l’investissement en dette privée.
Fonds evergreen : une rupture avec le modèle traditionnel
Les fonds de private equity et de private debt classiques reposent sur un schéma bien connu : appels de capitaux successifs, période d’investissement étalée dans le temps, distributions tardives et capital immobilisé jusqu’à la liquidation finale du fonds. Ce fonctionnement expose l’investisseur à la fameuse courbe en J, caractérisée par des performances initialement négatives avant une création de valeur différée.
Les fonds evergreen s’inscrivent dans une logique radicalement différente.
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Une structure perpétuelle, pensée pour le long terme
Contrairement aux fonds dits « millésimés », dont la durée de vie est généralement comprise entre 6 et 12 ans, les fonds evergreen ne disposent pas de date de clôture prédéfinie. Cette structure ouverte permet aux gérants d’investir en continu, sans contrainte de liquidation finale.
Résultat :
- le capital est déployé immédiatement,
- la courbe en J est atténuée structurellement, mais dépend du rythme de déploiement, du niveau de cash buffer (ou réserve de liquidités) et peut réapparaitre en cas de vague de défauts,
- et l’investissement commence à produire du rendement dès les premiers mois.
Autre différence majeure : l’investisseur effectue un seul apport initial, sans appels de fonds ultérieurs.
Comme le souligne Adrien Tourbet, responsable des investissements non cotés chez Scala Patrimoine : « La spécificité des fonds evergreen destinés aux investisseurs privés réside dans l’appel intégral du capital dès la souscription. Cette immédiateté d’investissement modifie profondément la dynamique de rendement : le capital n’est pas progressivement mobilisé, il travaille quasi instantanément. »
Dans le cadre de la dette privée, les intérêts générés peuvent être distribués régulièrement (le plus souvent trimestriellement) ou réinvestis, selon le choix de l’investisseur. Cette seconde option active un puissant mécanisme d’intérêts composés, optimisant la création de valeur sur le long terme.
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Une liquidité encadrée
Autre spécificité clé : les fonds evergreen offrent une liquidité partielle. Des fenêtres de rachat sont généralement prévues chaque trimestre ou semestre, grâce à une poche de liquidités conservée par le fonds.
Il ne s’agit toutefois pas d’une liquidité comparable à celle des marchés cotés. Les fonds evergreen sont qualifiés de semi-liquides : la liquidité est possible, mais elle n’est jamais garantie. En cas de déséquilibre entre demandes de rachat et liquidités disponibles, les sociétés de gestion peuvent activer des mécanismes de proratisation des sorties (gates), différer une partie des rachats ou, dans des cas extrêmes, suspendre temporairement les opérations.
Des périodes de lock-up — souvent comprises entre 1 et 5 ans — peuvent s’appliquer, parfois assorties de pénalités en cas de sortie anticipée.
Adrien Tourbet tient à ce titre à préciser que : « ce n’est pas de la liquidité au sens strict des marchés publics, où les titres peuvent être vendus instantanément. On se situe à mi-chemin entre marchés privés et marchés cotés. L’horizon d’investissement reste long terme, généralement entre 5 et 10 ans. Les difficultés rencontrées par la société de gestion américaine Blue Owl sont d’ailleurs là pour nous le rappeler. »
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Un enjeu central : le cash management
Sur la durée de vie du fonds, les niveaux d’allocation atteignent en moyenne 80 % à 90 %, offrant à l’investisseur un portefeuille diversifié et mature dès l’entrée. Cette structure impose toutefois une discipline rigoureuse en matière de gestion de trésorerie.
Contrairement aux fonds millésimés, souvent investis à près de 100 %, les fonds evergreen conservent 10 % à 20 % de liquidités afin d’honorer les demandes de rachat.
« Le cash management est un facteur clé de performance. Un fonds evergreen bien géré doit concilier rendement et liquidité », précise Adrien Tourbet.
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Un outil de lissage des cycles économiques
Sur le papier — et dans les faits lorsque la gestion est maîtrisée — les fonds evergreen offrent de nombreux avantages : suppression des sorties forcées, disparition de la logique de millésime, lissage naturel des cycles économiques, et redéploiement continu du capital.
À mesure que les investissements arrivés à maturité sont cédés, les capitaux sont réalloués vers de nouvelles opportunités, assurant une diversification intrinsèque permanente.
Quelques réserves majeures méritent néanmoins d’être formulées. « Le marché souffre encore d’un manque de recul sur le track record des fonds evergreen, en particulier en Europe, où leur historique demeure trop récent pour permettre une évaluation pleinement robuste » abonde Adrien Tourbet. Celui-ci ajoute qu’une « interrogation centrale subsiste : comment ces véhicules se comporteront-ils en cas de choc macroéconomique sévère ou de crise prolongée ? Leur résilience n’a pas encore été véritablement éprouvée par un cycle adverse de grande ampleur. »
Sur un plan plus empirique, la question de la liquidité effective accordée aux investisseurs — qu’ils soient entrants ou sortants — devra également être analysée avec rigueur. « La promesse de liquidité, souvent mise en avant, ne saurait être purement théorique : elle suppose des mécanismes opérationnels solides et une profondeur de marché suffisante. » explique le responsable des investissements non cotés de Scala Patrimoine. À cet égard, un consensus se dessine : pour que cette liquidité soit crédible et durable, les fonds de dette privée doivent atteindre une taille critique, généralement estimée à au moins un milliard de dollars d’actifs sous gestion. Ce seuil permet généralement d’atteindre une diversification suffisante pour diluer le risque idiosynatique, lisser les flux d’entrées et de sorties et accéder à des transactions primaires de meilleure qualité.
Pourquoi la dette privée s’impose comme une classe d’actifs incontournable
Depuis la crise des subprimes à la fin des années 2000, le paysage du financement des entreprises s’est profondément transformé. Sous l’effet d’un durcissement réglementaire et d’une aversion accrue au risque, les établissements bancaires ont progressivement réduit leur exposition au crédit. En conséquence, un nombre croissant d’entreprises s’est tourné vers les marchés privés pour financer leur croissance, leurs acquisitions ou leur refinancement.
Ce mouvement structurel a propulsé la dette privée au rang de classe d’actifs majeure. À l’échelle mondiale, elle représente aujourd’hui près de 1 700 milliards de dollars d’encours. Selon Moody’s, ce marché devrait franchir le seuil des 2 000 milliards de dollars dès 2026, confirmant une dynamique toujours très soutenue.
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Un double avantage : pour les entreprises comme pour les investisseurs
La dette privée joue un rôle clé pour les entreprises en leur offrant une source de financement alternative, flexible et souvent plus adaptée à leurs besoins spécifiques. Elle leur permet de diversifier leurs sources de capitaux et de limiter leur exposition à la volatilité des marchés financiers cotés.
Pour les investisseurs, l’attrait est tout aussi clair : la dette privée offre des rendements attractifs, généralement supérieurs à ceux des obligations cotées, tout en reposant sur des flux de revenus identifiables, issus des intérêts versés par les emprunteurs.
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Une classe d’actifs défensive, mais pas sans risques
Dans un environnement marqué par la baisse des taux et la compression des spreads obligataires traditionnels, les grands investisseurs cherchent à renforcer la diversification de leur patrimoine — en particulier au sein de leur poche obligataire. La dette privée répond précisément à cet objectif.
Grâce à la nature sur mesure des transactions, cette classe d’actifs affiche une faible corrélation avec les marchés côtés, ce qui en fait un puissant outil de diversification.
La dette privée présente également un caractère défensif : elle offre une bonne visibilité sur les revenus futurs, fondés sur le paiement régulier des intérêts. De plus, les prêts à taux variable constituent une protection naturelle contre l’inflation, limitant l’impact des fluctuations de taux.
Mais aucun rendement élevé ne va sans contrepartie. Les investisseurs doivent rester attentifs :
- au risque de défaut des entreprises financées,
- et au risque de liquidité, en particulier dans un contexte économique dégradé où de nombreux investisseurs pourraient souhaiter sortir simultanément.
Ces enjeux sont d’autant plus importants que l’environnement économique mondial demeure incertain et que les transformations liées au développement de l’intelligence artificielle rebattent profondément les cartes de nombreux secteurs.
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Le marché de la dette privée evergreen sous tension
L’attrait croissant des investisseurs ne doit pas occulter les premières zones de fragilité du marché. À ce stade, les pertes restent contenues, mais les signaux de vigilance se multiplient.
Aux États-Unis, le taux de défaut des crédits privés est en légère hausse, passant de 5,4 % à 5,6 % en décembre 2025, selon Fitch.
Les récentes difficultés de Blue Owl mettent en lumière certaines fragilités structurelles du marché de la dette privée evergreen. La société de gestion américaine a en effet décidé de supprimer définitivement la clause permettant aux investisseurs de l’un de ses fonds de retirer une partie de leurs capitaux chaque trimestre. Une décision lourde de sens, qui ravive les inquiétudes autour des standards du crédit privé et de l’exposition croissante du secteur à des entreprises rendues plus vulnérables par le ralentissement économique et les bouleversements technologiques — à commencer par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle dans des secteurs comme celui des logiciels. Dans un environnement plus exigeant, la promesse de liquidité devient donc plus difficile à tenir.
L’Europe, en revanche, bénéficie d’un contexte plus favorable. Les spreads y demeurent plus élevés — de 25 à 50 points de base — et les taux de défaut restent significativement plus bas, bien qu’en progression, de 0,4 % en 2024 à 1,25 % en 2025.
Symbole de cette montée en puissance, l’Europe représente désormais près de 30 % du marché mondial du crédit privé, avec une croissance annuelle moyenne de 18 % depuis 2008, contre 11 % sur le marché américain.
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La clé du succès : la discipline et la sélectivité
Le constat est sans appel : les capitaux à investir sont abondants, mais les opportunités réellement attractives se raréfient. « Dans ce contexte, certains fonds de dette commettent l’erreur de relâcher leurs critères d’investissement, au risque de diluer la qualité de leurs portefeuilles », avertit Adrien Tourbet.
Plus que jamais, la sélectivité des gérants, la qualité de l’analyse crédit et la rigueur des processus d’investissement constituent les véritables facteurs différenciants. Dans un marché arrivé à maturité, la dette privée ne récompense plus seulement l’exposition, mais avant tout l’exigence et la discipline.
Sur quels critères choisir un fonds de dette privée evergreen ?
Dans l’univers du non coté — et plus encore en dette privée evergreen — le choix du gérant est déterminant. Les écarts de performance entre les fonds du premier et du dernier quartile sont significatifs, rendant toute approximation dans la sélection particulièrement coûteuse pour l’investisseur.
L’enjeu est clair : viser un rendement net annuel compris entre 6 % et 9 % en 2025 pour les stratégies les plus équilibrées, et au-delà de 12 % pour les fonds acceptant un niveau de risque plus élevé. Atteindre ces objectifs suppose une discipline de sélection rigoureuse et une compréhension fine des mécanismes de création de valeur.
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Une méthodologie d’analyse de fonds de dette privée evergreen éprouvée
Avant toute décision d’investissement, il convient de s’appuyer sur un cadre méthodologique structuré, reposant sur des critères précis. Ce travail d’analyse en amont constitue, à lui seul, un facteur clé de performance à long terme.
La qualité d’un fonds de dette privée evergreen dépend avant tout de l’expertise humaine et technique de son équipe de gestion. Il convient de privilégier des sociétés de gestion ayant démontré :
- leur solidité à travers plusieurs cycles économiques,
- la capacité à attirer et conserver des investisseurs institutionnels de premier plan,
- leur aptitude à générer de la performance aussi bien en phase d’expansion qu’en période de ralentissement économique.
Il convient à ce titre d’analyser :
- le taux de perte net historique
- le multiple de couverture des intérêts du portefeuille moyen du portefeuille
- le niveau de levier moyen
- leur proportion de dette senior loan secured
- la durée moyenne résiduelle des prêts
- leur méthodologie de valorisation de la NAV
La capacité d’un gérant à réagir efficacement en temps de crise est souvent plus révélatrice que ses résultats dans un environnement porteur.
Un historique de performance solide et récurrent constitue un prérequis, mais il ne doit jamais être analysé isolément. Il est essentiel d’en comprendre leurs ressorts.
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Le savoir-faire opérationnel : un facteur différenciant majeur
Au-delà de l’analyse financière, la dette privée repose sur une proximité forte avec les entreprises financées. La capacité des équipes de gestion à accompagner les sociétés sur des enjeux clés — internationalisation, digitalisation, structuration financière ou croissance externe — constitue un véritable levier de sécurisation des investissements.
Ce savoir-faire opérationnel favorise un alignement d’intérêts entre prêteurs et emprunteurs, un suivi étroit des participations, et une anticipation accrue des risques.
Le principal risque inhérent à la dette privée evergreen reste celui du défaut de paiement. Il est donc essentiel de privilégier des équipes stables, expérimentées et capables de maintenir un taux de défaut maîtrisé au sein de leur portefeuille.
Enfin, une approche rigoureuse de la structuration des financements — intégrant la prise de garanties adaptées et une documentation juridique robuste — permet d’optimiser les conditions de recouvrement et de protéger efficacement le capital investi.
« Adrien Tourbet résume la situation : « choisir un fonds de dette evergreen ne consiste pas à comparer des rendements affichés. Il s’agit d’évaluer une architecture complète : qualité du sourcing, rigueur du crédit, gestion de la liquidité et alignement d’intérêts. Dans un marché devenu plus mature, la performance durable appartient aux gérants capables de dire non autant que de dire oui. »
Exemples de fonds de dette privée evergreen
Ces dernières années, les fonds de dette privée evergreen se sont multipliés, portés par la quête de rendement et de visibilité des investisseurs. Parmi les acteurs les plus actifs figurent plusieurs géants de la gestion d’actifs, dont Goldman Sachs et Ares, qui ont renforcé leur présence sur ce segment stratégique.
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Goldman Sachs European Credit
C’est en 2023 que Goldman Sachs Alternatives a lancé Goldman Sachs European Credit (GSEC), un fonds de dette privée evergreen européenne semi-liquide destiné à répondre aux attentes d’investisseurs en quête de revenus réguliers ou de capitalisation à long terme.
Le fonds propose deux catégories de parts :
- une part distribuante, permettant aux investisseurs de percevoir régulièrement les intérêts ;
- une part capitalisante, dans laquelle les revenus sont automatiquement réinvestis afin de favoriser la croissance du capital.
Une plateforme mondiale, forte de 25 ans d’expérience
La société de gestion américaine s’appuie sur une expertise de plus de 25 ans dans la dette privée. Depuis sa création, sa plateforme dédiée a investi près de 180 milliards de dollars, ce qui en fait l’une des plus importantes au monde. Elle bénéficie d’une présence locale solide sur les marchés clés des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie.
Cette proposition de valeur a rapidement trouvé son public. Le fonds affiche aujourd’hui près de 3,8 milliards d’euros d’encours, dont 82 % investis en dette privée, le solde — environ 18 % — étant conservé en liquidités afin de préserver la flexibilité et la liquidité du véhicule.
Un portefeuille de dette privée evergreen diversifié et orienté qualité
La stratégie de GSEC repose sur une large diversification : le portefeuille compte 97 lignes de dettes d’entreprises, quasi exclusivement constituées de dettes senior de premier rang. Les sociétés financées affichent une taille significative, avec un EBITDA moyen de 243 millions d’euros, gage de solidité opérationnelle.
L’équipe de gestion privilégie des emprunteurs de taille moyenne à grande, positionnés sur des secteurs peu cycliques et disposant de modèles économiques capables de résister à un environnement macroéconomique dégradé, y compris en cas de récession.
Les logiciels, les services aux entreprises et le secteur de la santé concentrent à eux seuls environ 77 % du flux de transactions, illustrant cette orientation défensive.
Un objectif de distribution attractif
Parmi les opérations emblématiques figurent notamment des prêts accordés à Softway Medical, fournisseur français de premier plan de logiciels de systèmes d’information hospitaliers pour les établissements publics et privés, ainsi qu’à Trade Me, leader néo-zélandais des enchères et des petites annonces en ligne.
Depuis son lancement en octobre 2023, GSEC a versé neuf distributions trimestrielles consécutives aux investisseurs, jusqu’à la fin du quatrième trimestre 2025. Le fonds affiche une ambition claire : offrir une distribution annuelle comprise entre 6,5 % et 8 %, tout en s’appuyant sur une approche prudente et sélective du crédit.
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Ares European Strategic Income Fund
La société américaine de gestion d’investissements alternatifs Ares Management s’est, elle aussi, imposée dans la course aux fonds européens de dette privée evergreen. Lancé il y a moins de deux ans, l’Ares European Strategic Income ELTIF Fund affiche déjà une trajectoire spectaculaire : 5,75 milliards d’euros d’actifs sous gestion.
Une montée en puissance imposante, révélatrice de l’appétit croissant des investisseurs pour des solutions de rendement alternatives.
Un spécialiste de la dette privée evergreen
Ce véhicule prend la forme d’un fonds de prêts directs semi-liquide, à durée indéterminée, exclusivement investi sur le marché européen. Il s’inscrit dans une expertise éprouvée : Ares déploie sa stratégie de prêt direct en Europe depuis près de vingt ans, avec un premier lancement dès 2007.
Depuis sa création, l’activité européenne de prêt direct du groupe a réalisé plus de 390 investissements, représentant un volume cumulé supérieur à 73 milliards d’euros.
Pour capter les opportunités à l’échelle du continent, le gestionnaire s’appuie sur une plateforme européenne solide, composée de 95 professionnels de l’investissement répartis dans sept bureaux.
Un positionnement défensif
La construction du portefeuille reflète une approche résolument défensive et diversifiée. Les secteurs les plus représentés sont la finance (18 %), la santé (18 %), les services aux entreprises (17 %), ainsi que le logiciel et les technologies (14 %). Point clé pour les investisseurs soucieux de protection du capital : 94 % des 345 lignes du portefeuille sont constituées de dettes seniors de premier rang, renforçant la visibilité et la robustesse du profil risque-rendement du fonds.
À l’échelle mondial, Ares Management administre 506 milliards d’euros d’actifs, dont 73 % investis en dette privée, confirmant le caractère central de cette classe d’actifs dans sa stratégie.
Cette expertise s’accompagne d’un historique de performance remarquable : le taux de perte cumulé est de 0,04 %, un niveau exceptionnellement bas pour le segment.
Le Rendement de distribution annualisé étant de 8 %.
Le rendez-vous des marchés financiers – Février 2026
Marchés financiers & économie : les points clés
- La volatilité fait son retour sur les marchés financiers, malgré des fondamentaux économiques qui demeurent solides.
- Donald Trump a désigné le successeur de Jerome Powell a la tête de la FED. Il s'agit de Kevin Warsh, un proche historique des Républicains.
- En 2025, la croissance de la zone euro s'établit finalement à 1,5 %, contre 0,9 % l’année précédente,
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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Donald Trump fait baisser la pression
- Le Groenland, l’épine dans le pied de l’Union européenne
Donald Trump nourrit une ambition claire : mettre la main sur le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, afin, selon lui, « d’empêcher la Chine et la Russie de le faire ». Les motivations de l’ancien président américain sont à la fois énergétiques et sécuritaires. Face à l’opposition des Européens, il avait rapidement brandi la menace de droits de douane supplémentaires. Huit pays — le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande — se sont alors retrouvés dans l’œil du cyclone américain.
En réaction, Emmanuel Macron a annoncé qu’il demanderait l’activation de l’instrument anti-coercition de l’Union européenne si ces menaces venaient à se concrétiser. Ce mécanisme permettrait à Bruxelles de riposter, notamment par le gel de marchés publics ou le blocage d’investissements américains sur le sol européen.
Mais Donald Trump a depuis semblé tempérer sa position. Il a notamment affirmé avoir « conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland » à l’issue d’une rencontre avec Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN. « Des discussions sont également en cours concernant le Dôme doré », a-t-il ajouté, en référence au projet de bouclier antimissile destiné à protéger le territoire américain. À ce stade, ces annonces demeurent floues : peu d’informations ont filtré sur la nature exacte de cet éventuel accord. Elles ont toutefois eu le mérite d’apaiser les tensions, au moins temporairement.
De son côté, le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a déclaré devant le Parlement de l’île que des échanges étaient engagés avec l’administration américaine et qu’il entendait œuvrer pour qu’ils débouchent sur des résultats concrets.
- Iran : vers une confrontation avec les États-Unis ?
L’Iran traverse actuellement une crise économique et sociale profonde. Confrontée à une situation devenue inextricable et à un manque persistant de libertés, une partie de la population iranienne est descendue dans la rue pour exprimer sa colère et réclamer des changements majeurs. En réponse, la République islamique d’Iran, largement dominée par les Gardiens de la Révolution, mène une répression sanglante contre les manifestants.
Malgré les appels répétés de la communauté internationale exhortant les autorités iraniennes à respecter la volonté de leur peuple, aucune avancée significative n’a été observée à ce stade.
Dans le même temps, les tensions avec Washington s’intensifient. Les États-Unis exigent l’arrêt du programme nucléaire iranien ainsi que l’abandon des stocks d’uranium déjà enrichi. Téhéran, de son côté, rejette toute forme de pression et affiche une posture de défi. Selon plusieurs sources, le pays se dit au maximum de sa capacité militaire et prêt à faire face à tous les scénarios.
- Tensions autour du Détroit d'Ormuz
L’Iran menace notamment de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % des exportations mondiales de pétrole. Une telle décision aurait des répercussions majeures sur l’économie mondiale. Récemment, un pétrolier américain aurait été menacé par des embarcations des Gardiens de la Révolution iranienne, avant d’être escorté par un destroyer de la marine américaine.
Signe supplémentaire d’une escalade préoccupante, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, déployant une dizaine de destroyers ainsi que des porte-avions. Environ 30 000 à 40 000 soldats américains seraient actuellement stationnés au Moyen-Orient. Washington peut également compter sur plusieurs bases militaires installées sur le territoire de ses alliés, notamment au Qatar, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis.
Toutefois, une lueur d’apaisement semble émerger. Le président iranien Massoud Pezeshkian a ordonné l’ouverture de pourparlers avec les États-Unis. Interrogé sur ses intentions, Donald Trump, restant volontairement évasif, a déclaré : « Je ne vais pas vous dire ce que je vais décider. J’aimerais qu’un accord soit négocié. En ce moment, on leur parle. »
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Les marchés boursiers marquent une pause
Les marchés financiers reprennent-ils leur souffle ? À proximité de leurs sommets historiques, de nombreux indices boursiers semblent désormais marquer le pas, tiraillés entre les solides performances des entreprises américaines spécialisées dans l’intelligence artificielle et la montée des tensions géopolitiques.
- Les États-Unis et l'Europe ralentissent
Aux États-Unis, les derniers épisodes de volatilité se reflètent dans l’évolution contrastée des grands indices : le S&P 500 perd près de 2 % au cours des 30 derniers jours, tandis que le Nasdaq recule de 4 %.
Parmi les faits marquants, l’action d’Alphabet, la maison-mère de Google, a franchi la barre des 4 000 milliards de dollars de valorisation. La société rejoint ainsi Nvidia, grâce à un partenariat avec Apple visant à intégrer Gemini dans Siri d’ici la fin de l’année.
En Europe, les marchés semblent plus apaiser. Le CAC 40 est à l'équilibre sur le dernier mois, alors que le DAX allemand cède 1,2 %, illustrant un climat d’attentisme sur les marchés du Vieux Continent.
- Le Japon et la Chine accélèrent
Le Japon fait figure d’exception. Le Nikkei 225 s’envole de 3,3 %, porté par la politique économique volontariste de la Première ministre Sanae Takaichi. Le plan de relance adopté fin 2025, d’un montant de 665 milliards d’euros, soutient à la fois le pouvoir d’achat des ménages et l’investissement dans des secteurs technologiques stratégiques, notamment les semi-conducteurs. Il prévoit également une hausse des dépenses de défense, portées à 2 % du PIB.
En Asie, la dynamique est contrastée. Le Shanghai Composite, l'indice phare chinois, recule de 0,4 %.
En Inde, le Nifty 50 perd, quant à lui, près de 2 %, malgré un léger rebond. Les investisseurs ont accueilli favorablement l’annonce d’un accord commercial entre l’Inde et les États-Unis visant à réduire les droits de douane bilatéraux. Les taxes sur les exportations indiennes vers les États-Unis passeraient ainsi de 25 % à 18 %. En contrepartie, le Premier ministre indien Narendra Modi s’est engagé à supprimer totalement les droits de douane sur les produits américains et à importer pour plus de 500 milliards de dollars de biens américains, principalement dans les secteurs de l’énergie, de la technologie et de l’agriculture.
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Chute de l’or et de l’argent
Les métaux précieux sont-ils victimes d’une simple prise de bénéfices ? Après une succession de records, les cours de l’or et de l’argent ont nettement décroché en quelques heures, enregistrant de fortes baisses, de plus de 10 %.
Cette correction s’explique en grande partie par des prises de bénéfices classiques. Elle a été accentuée par un facteur politique et monétaire : les marchés ont été rassurés par la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine par Donald Trump. Le mouvement de repli s’est ensuite auto-entretenu, amplifié par les algorithmes de trading et les fonds dits « momentum », capables de transformer une tendance baissière en une phase de panique.
Depuis le 1er janvier 2026, la tendance sur le cours de l’Or demeure toutefois largement haussière (+ 13 %) ! Il en est de meme pour l’argent qui monte de 4 % sur la meme période.

États-Unis : un nouveau président pour la FED
Si Donald Trump a nommé le successeur de Jerome Powell à la FED, c'est le marché de l’emploi qui est désormais au centre des préoccupations outre-Atlantique. Une question qui s’était immiscée dans le débat politique durant l'été. En août dernier, Donald Trump avait brutalement limogé Erika McEntarfer, cheffe du Bureau of Labor Statistics (BLS) nommée sous l’administration Biden, suite à la publication de statistiques jugées décevantes sur l’emploi. Ironie du sort : plusieurs indicateurs récents semblent corroborer l’analyse de l’ancienne responsable.
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Kevin Warsh à la tête de la FED
Le mandat de Jerome Powell arrive à son terme le 15 mai, et Donald Trump a déjà désigné son successeur : Kevin Warsh, un proche historique des Républicains.
- Un profil « Trump compatible »
Kevin Warsh n’est toutefois pas un inconnu. Ancien gouverneur de la Fed, il avait joué un rôle clé dans la gestion de la crise financière mondiale. Aux yeux des observateurs, il représente un choix relativement consensuel, voire prudent, parmi les candidats envisagés. Par le passé, il s’est notamment montré critique envers l’expansion massive du bilan de la banque centrale.
Son profil tranche avec celui d’autres noms évoqués, certains favorables à un assouplissement rapide des taux ou plus étroitement liés aux marchés financiers. Ce choix envoie un signal clair : Donald Trump ne cherche pas seulement une Fed accommodante, mais une institution politiquement alignée et crédible sur la question de l’inflation.
Pour les équipes d’ODDO BHF, « dans l’histoire moderne de la Fed, les transitions ont rarement été aussi politisées. Trump n’a jamais digéré d’avoir été « contraint » de nommer Powell en 2018 et avait refusé de reconduire Janet Yellen pour des raisons davantage politiques qu’économiques. »
À la tête de la Fed, Kevin Warsh devra naviguer dans un environnement complexe : une politique monétaire proche de la neutralité, une économie en plein emploi et une inflation encore trop élevée.
- Une marge de manœuvre limitée
Pour autant, le futur président de la Réserve fédérale entend imposer son propre style. À ses yeux, la Fed doit profondément revoir sa manière d’agir. Il reproche à ses prédécesseurs d’avoir tardé à réagir, d’être devenue trop prudente et trop lente à ajuster les taux, ce qui, selon lui, pénaliserait l’économie. Une meilleure coordination entre la Fed et le gouvernement renforcerait, selon lui, l’efficacité de la politique économique, en ligne avec les attentes de Donald Trump.
Mais il marchera sur un fil : une Fed perçue comme moins indépendante aurait des répercussions importantes sur la prime de risque du dollar, la structure de la courbe des taux et le statut des Treasuries comme actif sans risque mondial. Il devra également rassurer sur le risque de politisation excessive de la banque centrale.
Lors de sa dernière réunion, la FED, encore dirigée par Jerome Powell a maintenu ses taux directeurs inchangés dans une fourchette de 3,5 à 3,75 %, par un vote de 10 voix contre 2. Ce statu quo, après trois baisses consécutives, reflète une inflation toujours au-dessus de l’objectif de 2 % et un marché de l’emploi encore solide.
Pour l’heure, le marché continue de miser sur un cycle de baisse des taux : environ 25 points de base d’ici juin et près de 50 d’ici décembre.
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Les fondamentaux économiques demeurent solides ... mais la confiance s'érode
Selon le consensus Bloomberg, la croissance du PIB réel des États-Unis devrait atteindre +2,1 % en 2026. Les fondamentaux économiques sont, il est vrai, globalement bons. Plusieurs facteurs soutiennent ainsi cette projection, parmi lesquels près de 500 milliards de dollars d’investissements attendus dans l’intelligence artificielle, ainsi que l’impact du plan de relance budgétaire porté par Donald Trump, le One Big Beautiful Bill Act.
Preuve en est, l'indice PMI manufacturier S&P Global des États-Unis a augmenté à 52,4 en janvier 2026, au-dessus de l'estimation préliminaire de 51,9 et en hausse par rapport au plus bas de cinq mois de décembre à 51,8.
La production a aussi fortement augmenté (+ 0,4% de la production industrielle), marquant la plus forte hausse depuis août dernier et le rythme le plus rapide depuis mai 2022.
Cependant, des nuages commencent à s’accumuler au-dessus de l’économie américaine, en particulier du côté du marché de l’emploi.
- Un marché de l’emploi en perte de vitesse
Pris isolément, les indicateurs de l’emploi américain demeurent relativement rassurants. En décembre, le taux de chômage s’est établi à 4,4 %, un niveau quasi inchangé et très proche de sa zone d’équilibre de long terme (4,0–4,3 %), selon le Bureau of Labor Statistics.
L’emploi a même continué de progresser dans certains secteurs clés, tels que la restauration, la santé et l’aide sociale, tandis que le commerce de détail a, à l’inverse, marqué le pas. Les créations d’emplois, au nombre de 50 000, se situent ainsi non loin du consensus des économistes (55 000).
En revanche, une lecture relative de ces chiffres invite à la prudence. La moyenne historique des créations d’emplois aux États-Unis s’élève à environ 100 000 par mois. Ce décalage suggère une économie qui avance désormais « avec le frein à main ».
Par ailleurs, l’inflation continue de peser sur le pouvoir d’achat. L’indice des prix à la consommation (CPI) progresse de 2,7 % sur un an, soit près d’un point au-dessus de la cible de 2 % de la Réserve fédérale. Les prix alimentaires et de l’énergie sont particulièrement touchés, avec des hausses respectives de 3,1 % et 4,2 %. À cela s’ajoute une nouvelle source de tension : l’expiration des subventions liées à l’Obamacare, qui a entraîné une forte augmentation des primes d’assurance santé.
- La confiance des ménages recule nettement
Sans surprise, ce contexte pèse lourdement sur le moral des ménages américains. La confiance des consommateurs a chuté bien plus que prévu en janvier, passant de 94,2 à 84,5, contre un niveau attendu de 91. Son plus bas niveau depuis mai 2014, tombant même en dessous des niveaux observés pendant la période pandémique. Cette dégringolade de 9,7 points par rapport à décembre traduit une anxiété croissante face à l’augmentation du coût de la vie.
Comme nous l'avions souligné un peu plus haut, les fondamentaux demeurent cependant bien orientés. L’indice PMI manufacturier de l’ISM est ressorti en janvier à 52,6, contre 47,9 en décembre, là où le consensus anticipait 48,5. En repassant au-dessus du seuil des 50 points, il renoue avec une dynamique de croissance, atteignant un niveau inédit depuis août 2022. Les commandes de biens durables, publiées pour le mois de novembre, ont également dépassé les attentes hors transport (+0,5 %).
Pour la société de gestion Altitude IS, l’analyse de la conjoncture américaine et du risque de récession ne saurait toutefois se limiter à ces indicateurs. Les gérants recommandent de surveiller de près l’indice d’anxiété publié par la Réserve fédérale de Philadelphie, qui mesure la probabilité moyenne d’une contraction de l’activité au trimestre suivant. Récemment établi à 24 %, cet indicateur envoie un signal de grande prudence pour le premier trimestre 2026.
« Historiquement, un tel niveau de probabilité a toujours précédé une dégradation des conditions de financement, une modération de la consommation finale et, in fine, une forte décélération de la croissance américaine », soulignent les gérants. Une inquiétude renforcée récemment par des données concrètes, notamment la diminution des carnets de commandes.
La zone euro face à son plafond de verre
L’économie européenne résiste tant bien que mal. En 2025, la croissance de la zone euro a atteint 1,5 %, contre 0,9 % l’année précédente, selon les chiffres publiés par Eurostat.
Le moteur allemand sort lentement de l’ornière (+0,3 %), tandis que la France affiche une progression de 0,9 %. Cette année, c’est l’Espagne qui tire son épingle du jeu, avec une croissance soutenue de 2,8 %.
Ces résultats appellent néanmoins à être nuancés. Si l’on exclut l’Irlande — dont la performance est largement liée à la présence de sièges de multinationales américaines attirées par un régime fiscal avantageux — la croissance réelle de la zone euro retombe à environ 1 %.
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2026 : une croissance attendue au-delà de 1 %
Sans être spectaculaire, la croissance de la zone euro parvient à résister à un environnement international dégradé, marqué par la politique commerciale agressive de Donald Trump et la persistance de tensions géopolitiques.
Au quatrième trimestre 2025, le PIB en volume a progressé de 0,3 %. Sur l’ensemble de l’année, la croissance atteint ainsi 1,5 %. Pour 2026, les perspectives apparaissent plus prudentes : la Banque centrale européenne (BCE) anticipe une croissance de 1,2 %.
L’économie européenne aurait-elle atteint un plafond de verre ? L’hypothèse mérite d’être posée.
Preuve de cette dynamique fragile, l’indice PMI composite HCOB de l’activité globale est passé de 51,5 en décembre à 51,3 en janvier, signalant une croissance modérée de l’activité du secteur privé. L’indice PMI manufacturier de la zone euro, publié par S&P Global, demeure quant à lui en zone de contraction pour un troisième mois consécutif, à 49,5 en janvier, contre 48,8 en décembre.
Un signal positif vient toutefois du marché du travail. Le taux de chômage s’établit à 6,2 %, en baisse de 0,1 point sur un mois, atteignant son plus bas niveau historique dans la zone euro.
Cette amélioration se reflète dans les indicateurs de confiance. L’indicateur de sentiment économique (ESI) a progressé à 99,4 en janvier 2026, contre 97,2 en décembre, dépassant les attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur un niveau proche de 97,0.
Dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, l’Union européenne a par ailleurs signé un accord avec l’Inde en vue de créer une zone de libre-échange regroupant près de deux milliards de personnes, susceptible d’économiser environ 4 milliards d’euros de droits de douane.
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L’Europe face à des blocages structurels persistants
Malgré ces signaux encourageants, l’Europe reste confrontée à des freins structurels majeurs.
Le secteur de la défense en offre une illustration frappante. En dépit de budgets records, les industries européennes souffrent d’un manque de capacités de production immédiates, freinées par des pénuries de main-d’œuvre qualifiée et des chaînes d’approvisionnement fragmentées. L’absence d’unité industrielle favorise les achats hors de l’Union européenne et freine l’émergence d’une véritable autonomie stratégique.
Prise en étau entre le protectionnisme américain et la domination industrielle chinoise, l’UE pâtit également de coûts énergétiques près de deux fois supérieurs à ceux des États-Unis. Ce déficit de compétitivité, conjugué à l’absence d’un marché financier pleinement intégré, alimente une fuite persistante de l’épargne européenne vers les marchés américains.
Un facteur pourrait toutefois changer la donne dès 2026 : la relance budgétaire engagée par l’Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a fait adopter un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur dix ans, hors bilan, destiné au financement des infrastructures — transports, industrie automobile, énergie, numérique, éducation et hôpitaux.
Berlin prévoit également de porter ses dépenses de défense à près de 3,5 % du PIB d’ici 2029, contre 2,1 % en 2024, avec un objectif de plus de 100 milliards d’euros par an.
Ce « bazooka budgétaire » devrait commencer à produire ses effets dès cette année. L’économie allemande pourrait enregistrer une croissance comprise entre 1,0 % et 1,2 % en 2026, entraînant dans son sillage ses principaux partenaires commerciaux, notamment la France, la Pologne et l’Italie.
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Une inflation sous contrôle
L’inflation dans la zone euro est tombée à 1,7 % le mois dernier, un niveau inférieur à l’objectif de 2 % fixé par la BCE.
À court terme, plusieurs facteurs plaident en faveur d’une inflation durablement contenue : la modération des prix de l’énergie, l’appréciation de l’euro et les pressions désinflationnistes en provenance de Chine.
Dans ce contexte, la marge de manœuvre de la BCE reste significative si elle souhaitait relancer un assouplissement monétaire. Toutefois, ce scénario n’est pas celui privilégié par les marchés, qui anticipent majoritairement un statu quo sur les taux directeurs dans les prochains mois.
La désynchronisation avec la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine est désormais manifeste. Alors que les États-Unis s’orientent vers une baisse des taux, l’Europe privilégie la stabilité. Cette divergence pourrait soutenir l’appréciation de l’euro face au dollar et, indirectement, accentuer la pression sur la BCE pour assouplir à son tour sa politique monétaire.
Pour l’heure, l’institution de Francfort a choisi de marquer une pause. Sa présidente, Christine Lagarde, réaffirme une approche strictement « data dependent », réunion après réunion, sans s’engager sur une trajectoire prédéfinie des taux d’intérêt.
Chine : puissance aux deux visages
La situation économique de la Chine suscite un débat intense. Non pas que les chiffres officiels diffusés par le Parti communiste soient falsifiés — cela, tous les analystes le savent. Le véritable défi réside dans l’analyse des écarts saisissants entre les forces de cette puissance mondiale et ses fragilités, à commencer par l’atonie persistante de sa demande intérieure.
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Un accès privilégié aux terres rares
Malgré une baisse de 20 % de ses exportations vers les États-Unis, la Chine continue d’inonder le reste du monde, de l’Asie du Sud-Est à l’Europe. En 2025, le pays dirigé par Xi Jinping a enregistré un excédent commercial record de 1 190 milliards de dollars, en hausse de 20 % par rapport à 2024. La Chine gagne ainsi des parts de marché dans de nombreux secteurs, et progresse rapidement dans les semi-conducteurs matures, la robotique, les équipements pour centres de données et les biotechnologies.
Mabrouk Chetouane, directeur de la stratégie des marchés internationaux chez Natixis Investment Managers, souligne ces atouts : « La Chine dispose de leviers puissants, notamment dans la Tech. L’accès aux terres rares est un véritable moyen de pression vis-à-vis des États-Unis. Le pays a également réussi à se positionner dans l’IA en proposant des technologies ouvertes, à moindre coût et moins énergivores. »
En effet, la Chine produit près de 70 % des terres rares mondiales et plus de 80 % des aimants à terres rares. Un signe de résilience : en décembre 2025, les profits des entreprises industrielles ont augmenté de 5,3 % sur un an, après une chute de 13,1 % en novembre.
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Des freins majeurs
Pour 2026, la croissance du PIB réel est projetée à 4,5 %, avec un soutien budgétaire plus marqué qu’en 2025. Cependant, l’inflation reste très faible, avec un indice des prix à la consommation (CPI) attendu autour de 0,5 %, témoignant d’une demande intérieure toujours atone.
La confiance des ménages reste fragile : leur taux d’épargne, inférieur à 32 % du revenu entre 2015 et 2019, dépasse désormais 36 %.
Le secteur immobilier constitue une autre difficulté majeure. Les déboires de China Vanke, l’un des plus grands promoteurs du pays, illustrent ce phénomène. Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel, explique : « Alors qu’en 2021 les ventes immobilières atteignaient 20 trillions de yuans, soit presque autant que les exportations, elles ont brutalement chuté par la suite. En 2025, elles sont tombées sous les 10 trillions, tandis que les exportations dépassaient 26 trillions. »
Le marché du crédit reste également fragile, limitant à la fois la consommation et les capacités d’investissement des entreprises privées. Les nouveaux prêts à l’économie ont reculé de 18 trillions en 2024 à 16 trillions en 2025.
Dans ce contexte, le 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030) est très attendu. Les annonces prévues en mars pourraient dessiner les contours de la Chine de demain, tant sur le plan technologique qu’industriel.
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Si Jerome Powell, l'actuel président de la FED, a rassuré les investisseurs sur la santé de l’économie américaine, les marchés restent sur leurs gardes.
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Des réactions disproportionnées sur les marchés actions
Lors de sa conférence du 28 janvier 2026 à Washington, Jerome Powell a réaffirmé la solidité des fondamentaux économiques des États-Unis. Selon le président de la Réserve fédérale, les risques inflationnistes tendent à s’atténuer et les pressions sur le marché du travail restent sous contrôle.
- Des fondamentaux économiques solides aux USA
Dans ce contexte, la Fed a décidé de maintenir le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,50 à 3,75 %. Cette pause intervient après une série de baisses de taux totalisant 75 points de base depuis septembre 2024, reflétant un équilibre entre soutien à la croissance et vigilance sur l’inflation. Les derniers chiffres PMI manufacturier S&P Global, supérieurs aux attentes, confirment ce diagnostic.
Sur le plan microéconomique, les réactions des marchés aux résultats d’entreprises ne semblent pas toujours justifiées. Les bénéfices des sociétés américaines restent supérieurs à ceux de la majorité des entreprises dans le reste du monde, mais la volatilité domine. Janvier a ainsi été marqué par des rotations sectorielles spectaculaires : Microsoft a perdu 10 % en une seule séance malgré des résultats solides, une sanction disproportionnée similaire à celle qu’avait connue Nvidia au troisième trimestre. Les métaux précieux n’ont pas été épargnés, avec l’or et l’argent enregistrant des baisses historiques en quelques heures.
Ces excès trouvent en partie leur origine dans le comportement spéculatif des hedge funds et les appels de marge, qui amplifient les phases de baisse. Le marché peine à trouver sa direction, y compris concernant les valeurs refuges.
Comparativement, les États-Unis présentent un tableau économique plus favorable que l’Europe. Cette situation pose la question de la marge de manœuvre de la BCE pour stimuler davantage la croissance européenne par des politiques monétaires plus souples.
- La diversification, clé de voute de toute stratégie d’investissement
Dans ce contexte, la diversification reste essentielle. Au regard des valorisations élevées aux États-Unis, il est conseillé de s’exposer également aux marchés européens, émergents et japonais. Les tendances de long terme demeurent solides, mais la prudence impose de ne pas surpondérer un secteur ou une valeur.
Les secteurs qui ont porté la performance en 2025 devraient rester dynamiques en ce début d’année :
– Technologie, soutenue par la croissance bénéficiaire.
– Défense, portée par les besoins de réarmement.
– Banques, favorisées par une courbe des taux avantageuse et une solide capitalisation en Europe.
Nous avons aussi de forte conviction sur les thématiques de l’électrification et de la souveraineté stratégique.
Le moment est aussi propice pour investir dans des secteurs moins valorisés : consommation, services aux collectivités (utilities) ou santé. Ces segments plus défensifs permettent de se prémunir partiellement contre la volatilité, tout en offrant des points d’entrée intéressants pour de nouvelles opportunités.
Enfin, le contexte politique américain, marqué par les élections de mi-mandat, est traditionnellement favorable à l’économie : les promesses électorales soutiennent la macroéconomie et renforcent la confiance des acteurs de marché. Dans ce cadre, il convient de ne pas se laisser distraire par le bruit des marchés et de rester concentré sur les fondamentaux économiques.
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Marchés obligataires : des convictions renforcées pour 2026
Les convictions présentées en janvier dernier sur les marchés obligataires demeurent d’actualité. Scala Patrimoine confirme renforcer ses perspectives positives sur les marchés obligataires pour 2026, avec un intérêt particulier pour les obligations libellées en euro. Ces titres offrent un double avantage : un flux de coupons régulier et une protection partielle face à une éventuelle faiblesse du dollar.
- Investment Grade européen : un couple rendement/risque attractif
Le segment Investment Grade européen présente, selon nous, un profil rendement/risque intéressant. En revanche, nous restons plus prudents sur les taux souverains européens en raison de la sensibilité à la duration.
- High Yield européen : diversification, mais avec prudence
Le High Yield européen mérite également l’attention, dans une optique de diversification. Toutefois, les spreads se sont fortement resserrés l’année dernière, appelant à une approche prudente et graduelle.
- Subordonnées bancaires : un secteur solide
Nous conservons un avis positif sur les obligations subordonnées bancaires. Le secteur bancaire européen reste solide et bénéficie du recentrage de la courbe des taux, renforçant l’attrait de ces instruments.
- Dollar : un risque à surveiller
Enfin, la volatilité potentielle du dollar représente un facteur de risque important pour les portefeuilles obligataires. Cette incertitude conduit Scala Patrimoine à préconiser davantage de prudence sur le marché obligataire américain.
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Produits structurés : profiter de la volatilité
Le retour de la volatilité sur les marchés peut se transformer en véritable opportunité pour les produits structurés. Dans un environnement de taux longs et de volatilité élevée, ces instruments offrent des points d’entrée plus attractifs sur les marchés et des stratégies adaptées aux investisseurs à la recherche de rendement et de sécurité.
Les produits structurés permettent notamment de :
- S’exposer à des marchés ou secteurs à fort potentiel de croissance à moyen terme.
- Intégrer des mécanismes de protection face aux risques de correction.
- Optimiser la diversification, tant au niveau des sous-jacents que des structures employées.
Grâce à leur flexibilité et à leur capacité d’adaptation aux besoins de distribution, les produits structurés constituent une option stratégique pour renforcer un portefeuille dans un contexte de valorisations élevées.
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L’or : un actif refuge
Malgré des phases de volatilité marquées ces dernières semaines, Scala Patrimoine maintient une opinion positive sur l’or. Plusieurs facteurs structurels soutiennent le métal jaune :
- La baisse des taux réels liée à l’assouplissement monétaire.
- Les tensions géopolitiques, renforçant son rôle de valeur refuge.
- Une demande soutenue, tant institutionnelle que privée, en particulier en Asie et dans les économies émergentes.
Dans ce contexte, l’or reste un pilier essentiel pour diversifier un portefeuille et se prémunir contre l’incertitude.
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Les actifs non cotés continuent de séduire les investisseurs
Malgré un contexte économique incertain, l’intérêt pour les actifs non cotés — les fameux private assets — ne faiblit pas. La baisse progressive des taux anticipée en 2025 a renforcé les flux vers ces investissements, y compris vers des fonds désormais plus accessibles au grand public.
Parmi les opportunités les plus attractives :
- Stratégies secondaires : une stabilité rassurante et des rendements robustes.
- Fonds de co-investissement : optimisation des performances tout en maîtrisant les coûts.
- Dette privée (mezzanine, growth buyout) : un levier pour accompagner les entreprises en pleine croissance.
- Capital-risque : technologie et transition énergétique en tête, offrant un potentiel prometteur pour les startups innovantes.
Ces actifs permettent de diversifier efficacement un portefeuille tout en captant des rendements supérieurs à ceux des marchés traditionnels.
Loi de finances pour 2026 : les mesures qui concernent votre patrimoine
Comme le veut l’adage, « mieux vaut tard que jamais ». Confronté à l’enlisement des débats parlementaires et à l’absence d’une loi de finances adoptée avant le 31 décembre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a finalement dégainé son ultime recours institutionnel : l’article 49.3 de la Constitution.
Le Gouvernement a ainsi engagé sa responsabilité sur le projet de loi de finances. Celui-ci ayant fait le pari - finalement gagnant - d’échapper aux motions de censure déposées par l’opposition. Désormais définitivement adopté, le projet de loi de finances doit maintenant être validé par le Conseil constitutionnel avant d’être promulgué.
Malgré tout, le budget demeure bien loin des objectifs initiaux. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, l’a elle-même reconnu, qualifiant le texte d’« imparfait », tout en soulignant qu’il s’agit « du produit d’un compromis bâti patiemment ».
Sur le plan macroéconomique, le déficit public est désormais fixé à 5 % du produit intérieur brut. Il atteindra 131,9 milliards d’euros pour l’État. Les dépenses publiques, quant à elles, devraient légèrement reculer, passant de 56,8 % à 56,6 % du PIB. En parallèle, le taux de prélèvements obligatoires augmenterait de 43,6 % à 43,9 %.
Voici les mesures qui auront un impact direct sur le patrimoine et la fiscalité des Français.
Indexation sur l’inflation de la première tranche du barème de l’IR
La loi de finances pour 2026 revalorise le barème de l’impôt sur le revenu. Ce dernier est donc indexé sur l’indice des prix à la consommation hors tabac, soit une hausse de 0,9 %.
Selon les estimations du Gouvernement, cette mesure représente un coût budgétaire de 1,7 milliard d’euros pour l’année 2026.

Prorogation de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prolongée jusqu’à ce que le déficit public français repasse sous le seuil de 3 % du PIB.
Sont concernés les contribuables fiscalement domiciliés en France dont les revenus excèdent 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un foyer soumis à une imposition commune.
Cette contribution prend la forme d’un complément à l’impôt sur le revenu visant à garantir une imposition minimale de 20 %. Le dispositif a toutefois été légèrement ajusté. Et ce pour mieux prendre en compte les revenus à caractère exceptionnel, notamment en cas de changement de situation familiale du contribuable.
Rehaussement du plafond des versements ouvrant droit à la réduction d’impôt « Coluche »
La loi de finances pour 2026 fait évoluer en profondeur le dispositif dit « Coluche » concernant les dons aux associations d’aide aux personnes en difficulté. La réduction d’impôt est transformée en crédit d’impôt, rendant ainsi l’avantage fiscal accessible tant aux contribuables imposables qu’aux ménages non imposables.
Par ailleurs, le plafond des dons ouvrant droit à un avantage fiscal de 75 % est doublé. Celui-ci passant de 1 000 € à 2 000 € par an.
À titre d’information, en 2025, le montant moyen des dons s’élevait à 222 € par personne.
Instauration d’une taxe sur les actifs non professionnels des holdings patrimoniales
Le texte met en œuvre une taxe spécifique sur les actifs non affectés à une activité opérationnelle détenus par certaines holdings patrimoniales.
Sont concernées les holdings françaises :
- détenues majoritairement par un groupe familial ;
- dont la valeur vénale des actifs excède 5 millions d’euros ;
- dont l’activité est principalement patrimoniale, c’est-à-dire lorsque plus de 50 % des revenus sont qualifiés de revenus passifs.
Le champ d’application de la taxe est strictement limité aux actifs immobiliers et aux biens dits « somptuaires », parmi lesquels figurent :
- les biens affectés à l’exercice de la chasse ou de la pêche ;
- les véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance à voile ou à moteur, aéronefs et autres véhicules non affectés à une activité professionnelle ;
- les bijoux et métaux précieux, à l’exception de ceux affectés à l’exploitation d’un musée ou d’un monument historique, ou exposés dans un lieu accessible au public ou aux salariés de la société (hors bureaux) ;
- les chevaux de course ou de concours ;
- les vins et alcools ;
- les logements dont la personne physique contrôlante se réserve la jouissance, ainsi que les logements occupés à titre gratuit, loués à un loyer inférieur au prix du marché ou faisant l’objet de locations fictives.
La taxe est assise sur la valeur vénale de ces actifs, à un taux de 20 %. En revanche, ces biens sont exclus, totalement ou partiellement, de l’assiette taxable lorsqu’ils sont effectivement affectés à l’exercice d’une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. La trésorerie est expressément exclue du périmètre de la taxation.
L’objectif étant de limiter les stratégies d’optimisation permettant de piloter artificiellement son revenu imposable par le biais de structures patrimoniales.
Transmission d’entreprise : durcissement du Pacte Dutreil
Le Pacte Dutreil, dispositif destiné à faciliter la transmission d’entreprises, notamment au sein des familles, permet aux bénéficiaires de profiter d’une exonération partielle de 75 % sur la valeur des biens transmis.
Ce mécanisme connaît un vif succès. Chaque année, 4 000 à 5 000 dirigeants y recourent pour faciliter la transmission de leur entreprise. Toutefois, l’accès au dispositif est soumis à des conditions strictes, notamment un engagement de conservation des titres sur plusieurs années.
Dans le cadre du budget 2026, les parlementaires ont décidé de durcir l’accès au dispositif.
La première modification concerne l’exclusion des biens dits « somptuaires » de l’assiette du Pacte Dutreil. Sont concernés les actifs de loisirs et de prestige :
- biens affectés à la chasse ou à la pêche ;
- véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance et aéronefs ;
- bijoux et métaux précieux ;
- vins et alcools ;
- chevaux de course ;
- logements mis à disposition des actionnaires ;
- œuvres d’art.
Ces biens doivent être exclusivement affectés à l’activité professionnelle de la société depuis au moins trois ans avant la transmission — ou depuis leur acquisition si celle-ci est plus récente — pour continuer à bénéficier de l’exonération.
Autre changement majeur : la durée de l’engagement individuel de conservation des titres et parts de société passe de 4 à 6 ans après expiration de la période d’engagement collectif de conservation. Cela conduit donc à un engagement global minimal de huit ans, hors cas du pacte réputé acquis.
À noter que les opérations de transmission principalement financées par endettement, dites « family buy-out », restent autorisées.
Ces ajustements visent à limiter les détournements et les stratégies de détention patrimoniale non professionnelle.
Aménagement du mécanisme du report d’imposition de l’article 150-0 B ter
L’article 150-0 B ter du Code général des impôts encadre, dans le cadre du régime de l’apport-cession, le report d’imposition des plus-values réalisées lors de certains apports de valeurs mobilières, titres ou droits sociaux.
Concrètement, ce dispositif permet à un contribuable de reporter l’imposition d’une plus-value constatée lors de l’apport de titres d’une société A à une société B, généralement une holding qu’il contrôle et soumise à l’impôt sur les sociétés. En échange, le contribuable reçoit des titres de la société bénéficiaire B. Cette opération permet ainsi d’interposer une société contrôlée afin de détenir indirectement des participations, tout en différant l’imposition de la plus-value.
La loi de finances pour 2026 renforce strictement les conditions d’accès à ce mécanisme.
Parmi les principales modifications :
- relèvement de la part du produit de cession à réinvestir, qui passe de 60 % à 70 % ;
- restriction du champ des activités éligibles. Certaines activités — notamment celles de marchand de biens et de promotion immobilière — étant désormais exclues ;
- allongement de la durée minimale de conservation des biens ou titres acquis en remploi, portée de 1 à 5 ans ;
- prolongation du délai de conservation des titres dans le cadre des donations ayant bénéficié du dispositif, porté à 6 ou 11 ans selon les situations.
Un léger assouplissement est toutefois prévu. Le délai laissé à la société bénéficiaire pour procéder au réinvestissement passe de 2 à 3 ans. Cela offre ainsi davantage de flexibilité dans l’identification et la structuration des investissements.
Aménagements du volet fiscal du régime des « management packages »
Les parlementaires ont adopté une série d’ajustements du régime d’imposition des gains issus des management packages.
En l’état du droit, par principe, ces gains sont imposés selon les règles de droit commun des traitements et salaires au titre de l’année au cours de laquelle le bénéficiaire a disposé de ses titres ou les a cédés. Par exception, la fraction du gain inférieure à une limite tenant compte de la performance financière de la société est imposée selon le régime des plus-values de cession de valeurs mobilières.
Le présent article assouplit le régime d’imposition, notamment en permettant la prise en compte des opérations intercalaires dans la durée de détention des titres, en autorisant le report d’imposition pour les gains de nature salariale et en précisant les conditions de retrait des titres de management packages d’un PEA ou d’un PEA-PME. Les modalités d’imposition sont également assouplies en cas de donation de titres.
Par ailleurs, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 avait, quelques semaines auparavant, pérennisé le régime social applicable aux gains de management packages en supprimant la limite temporelle fixée dans le cadre du budget 2025. Elle a également précisé que la contribution spécifique de 10 % ne s’applique qu’à la seule fraction du gain net remplissant les conditions prévues à cet effet et excédant la limite d’imposition en plus-values.
Droits de mutation à titre gratuit : instauration d’une mesure anti-abus
Jusqu’ici, les transferts d’actifs réalisés par un donateur résident à l’étranger au profit d’un donataire ayant résidé moins de six années sur les dix dernières années en France pouvaient bénéficier d’une exonération des droits de mutation à titre gratuit (donation ou succession).
La loi de finances pour 2026 supprime ce dispositif, considéré comme abusif.
Réforme du Plan d’Épargne Retraite (PER)
Deux modifications majeures affectent le PER :
- Extension de la durée de report des plafonds de déduction. Les plafonds non utilisés des cinq dernières années pourront désormais être mobilisés, contre trois années auparavant. Cette mesure renforce la capacité de déduction pour les contribuables souscrivant tardivement à un PER.
- Restriction des versements pour les plus de 70 ans. Les versements effectués sur un PER par les personnes âgées de plus de 70 ans ne sont plus déductibles.
Ces ajustements visent à encourager des pratiques d’épargne plus conformes à l’intention initiale du PER.
Création d’un statut de bailleur privé avec mécanisme d’amortissement : le dispositif « Jeanbrun »
Les parlementaires ont adopté un nouveau statut de bailleur privé, surnommé « Jeanbrun », visant à relancer l’investissement immobilier locatif. Ce dispositif introduit un mécanisme d’amortissement progressif pour les biens acquis en vue de leur location nue.
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Un système d'amortissement
Il s’applique aux logements neufs ou anciens nécessitant des travaux significatifs, sur une durée de neuf ans, sous réserve de plafonds de loyers et de ressources des locataires.
Pour les logements neufs ou en état futur d’achèvement, les taux d’amortissement annuels sont les suivants :
- 3,5 % pour un logement à loyer intermédiaire (plafond de 8 000 €) ;
- 4,5 % pour un logement social (plafond de 10 000 €) ;
- 5,5 % pour un logement très social (plafond de 12 000 €).
Pour les logements anciens, les taux sont légèrement inférieurs :
- 3 % pour un loyer intermédiaire ;
- 3,5 % pour un loyer social ;
- 4 % pour un loyer très social.
Le dispositif s’applique uniquement aux logements ayant fait l’objet de travaux d’amélioration représentant au moins 30 % du prix d’acquisition, incluant des réhabilitations lourdes.
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Un dispositif assez souple
Le déficit foncier créé peut être imputé sur le revenu global dans la limite du plafond actuel de 10 700 €, ou de 21 400 € en cas de travaux de rénovation énergétique. Les amortissements sont également réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la cession.
Il est toutefois précisé que l’amortissement ne peut être pratiqué sur la valeur du foncier, estimée forfaitairement à 20 % du prix d’acquisition net de frais, majorée le cas échéant du montant des travaux (pour les logements anciens).
Ce régime concerne l’ensemble des logements collectifs sur tout le territoire, sans condition de zonage.
De l’avis des professionnels de l’immobilier, l’exclusion des maisons du dispositif constitue toutefois un verrou susceptible d’en limiter l’attractivité.
Loi de Finances pour 2026
Le rendez-vous des marchés financiers - Janvier 2026
Marchés financiers & économie : les points clés
- L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis n’a pas eu d’effets notables sur les marchés financiers.
- La vigueur de l’économie américaine a surpris les investisseurs, avec une croissance du PIB de 4,3 % au troisième trimestre 2025.
- La FED a poursuivi son assouplissement monétaire, en réduisant ses taux directeurs pour la troisième fois consécutive de 25 points de base.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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Venezuela : le retour assumé de la doctrine Monroe
Donald Trump, président des États-Unis, a décidé de remettre au goût du jour la doctrine Monroe, faisant du continent américain une véritable chasse gardée, tant sur le plan politique qu’économique. Objectif affiché : contenir et repousser les influences croissantes de la Chine et de la Russie dans l’hémisphère occidental.
Première illustration spectaculaire de cette reprise en main : l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, le 3 janvier 2026. Le chef de l’État vénézuélien est notamment accusé de soutenir le narcotrafic, mais également d’avoir développé des relations trop étroites avec Pékin et Moscou.
« Le message envoyé par Donald Trump est clair : le président américain fait, en règle générale, ce qu’il annonce. Il s’agit d’une reprise en main de sa zone d’influence, l’Amérique au sens large », souligne la banque suisse Bordier dans sa dernière note d’analyse.
- Des réserves de pétrole importantes
L’opération, baptisée Absolute Resolve, s’est déroulée en moins de cinq heures. Nicolás Maduro et son épouse ont été capturés puis transférés aux États-Unis. Leur sort est désormais entre les mains de la justice américaine : ils doivent comparaître devant un tribunal fédéral de New York, sur la base d’accusations liées au « trafic de drogue ».
Dans la foulée de cette intervention militaire, la Cour suprême du Venezuela a désigné la vice-présidente, Delcy Rodríguez, pour assurer la direction de l’État par intérim.
À ce stade, l’embargo américain sur les hydrocarbures vénézuéliens demeure pleinement en vigueur. Les opérations maritimes contre les pétroliers, ainsi que les engagements aériens visant des navires soupçonnés de transporter de la drogue, se poursuivent. Selon les autorités américaines, 35 navires ont été coulés depuis début septembre 2025, faisant au total 114 morts.
Sur le plan énergétique, le Venezuela reste un acteur secondaire du marché pétrolier mondial, représentant environ 1 % de l’offre globale, loin derrière les États-Unis ou l’Arabie saoudite. Cette marginalité relative limite l’impact immédiat des tensions sur l’offre mondiale. En revanche, le pays dispose des plus importantes réserves de pétrole de la planète, estimées à près de 303 milliards de barils, soit environ 17 à 19 % des réserves mondiales.
- Un message envoyé à la Chine
Pour la banque Bordier, « cette opération marque une nouvelle étape dans l’émergence d’un nouvel ordre mondial ». Elle illustre « une fragmentation croissante du monde, le retour d’une logique d’empires au détriment du multilatéralisme hérité de l’après-guerre, et une fragilisation supplémentaire du droit international et des organisations internationales ».
Le message serait avant tout adressé à la Chine, devenue un acteur central du développement et de l’organisation du Sud global. Il entérine l’idée selon laquelle la confrontation majeure du XXIᵉ siècle opposera bien les deux grandes puissances. « Un précédent jugé dangereux par l’ONU, qui ne manque pas de faire écho à d’autres dossiers sensibles tels que l’Iran, le Panama, le Groenland ou encore Taïwan. »
Malgré la portée géopolitique de l’événement, les marchés financiers sont restés étonnamment sereins. Aucune vague de panique n’a été observée et l’indice de volatilité VIX est demeuré sous la barre des 15, signe d’un calme relatif des investisseurs.
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Les marchés financiers bien orientés en 2025
Malgré une année marquée par de nombreux soubresauts, dont la hausse des droits de douane américains a constitué le point culminant, les marchés financiers ont globalement signé une performance remarquable en 2025. Les investisseurs ont su naviguer dans un environnement incertain, porté par des dynamiques sectorielles contrastées et des zones géographiques aux trajectoires divergentes.
- Les marchés actions en nette progression
Fait notable cette année, ce sont les marchés européens qui se sont distingués. L’Euro Stoxx 50 affiche ainsi une progression impressionnante de 19,4 %, porté par le rebond de secteurs longtemps délaissés, tels que les banques ou la défense. En France, en revanche, le CAC 40 a souffert d’un climat politique tendu et termine l’année en retrait relatif, avec une hausse plus modérée de 10,5 %.
Outre-Atlantique, la dynamique reste solide. Le S&P 500 progresse de 17,3 %, tandis que le Nasdaq s’adjuge 21,3 %, porté une nouvelle fois par la vigueur des valeurs technologiques. Toutefois, la forte dépréciation du dollar a sensiblement amputé la performance des actions américaines pour les investisseurs européens : une fois converties en euros, les hausses annuelles du S&P 500 et du Nasdaq se limitent respectivement à 3,6 % et 7,2 %.
En Asie, les marchés chinois ont surpris positivement. Malgré une économie toujours fragilisée par la crise immobilière, les actions chinoises enregistrent une progression proche de 15 % en euros. Là encore, le secteur technologique s’est illustré, porté par l’essor continu de l’intelligence artificielle.
Le Japon n’est pas en reste : les actions nippones affichent également une hausse supérieure à 10 % en euros, confirmant l’attrait retrouvé des investisseurs pour le marché japonais.
- Or en pleine envolée, pétrole et bitcoin à la peine
Du côté des matières premières, l’or poursuit son ascension spectaculaire. En 2025, le métal précieux a enchaîné les records, voyant le prix de l’once passer de 2 600 dollars à plus de 4 500 dollars en l’espace de douze mois, soit une envolée de près de 70 %. Une performance qui reflète le rôle de valeur refuge de l’or dans un contexte géopolitique et monétaire incertain.
À l’inverse, les prix du pétrole ont lourdement chuté. Le baril de Brent accuse un recul de 18 % sur l’année et s’échange désormais autour de 60 dollars. Cette baisse s’explique principalement par une offre excédentaire face à une demande mondiale moins dynamique que prévu.
Les cryptomonnaies ont également traversé une année difficile. Le bitcoin recule de 9 % en 2025. Il faut aujourd’hui débourser près de 78 700 euros pour acquérir un bitcoin, illustrant la volatilité persistante de cette classe d’actifs.

2026 : un ralentissement attendu pour les grandes économies mondiales
Selon les prévisions actuelles, la croissance devrait se maintenir autour de 3 %, un niveau inchangé par rapport à l’année précédente. Goldman Sachs l’estime d’ailleurs plus précisément à +2,8 %. Une stabilité qui interroge, alors même que les politiques monétaires et budgétaires demeurent accommodantes dans de nombreuses régions du monde.
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Des tensions géopolitiques préjudiciables ?
Pour Raphaël Gallardo, économiste en chef chez Carmignac, cette dynamique s’explique par un faisceau de facteurs défavorables. « La persistance des tensions géopolitiques — qu’il s’agisse des politiques tarifaires, des conflits en Russie, des tensions autour de Taïwan ou de la situation au Venezuela — constitue un premier frein », souligne-t-il. À cela s’ajoutent « un durcissement des conditions de crédit sur les marchés de la dette privée, des tensions accrues sur les marchés monétaires, notamment autour des taux repo, ainsi qu’un élargissement des primes de terme sur les obligations. »
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L’Europe à la traine ?
Dans ce contexte, l’attention des investisseurs et des économistes reste focalisée sur les trois grandes locomotives de l’économie mondiale : les États-Unis, la Chine et la zone euro. À elles seules, ces régions concentrent plus de la moitié de la richesse mondiale, avec des poids respectifs de 26 %, 17 % et 15 % du PIB mondial.
Aux États-Unis, la croissance devrait rebondir légèrement en 2026, pour atteindre 2,3 %, après 1,7 % en 2025. Une dynamique plus favorable que celle observée en Europe, où la Banque centrale anticipe une croissance de seulement 1,2 % en 2026, en recul par rapport aux 1,4 % enregistrés l’année précédente.
En Chine, le ralentissement économique semble se confirmer. Selon l’agence de notation Fitch, la croissance du PIB chinois devrait s’établir à 4,1 % en 2026, contre près de 5 % en 2025. Un tassement qui illustre l’essoufflement progressif du modèle de croissance chinois, toujours pénalisé par les fragilités structurelles de son économie.
États-Unis : une croissance toujours robuste, mais sous surveillance
L’économie américaine a de nouveau surpris les investisseurs en fin d’année. Contre toute attente, la croissance du PIB a accéléré à 4,3 % au troisième trimestre, un rythme bien supérieur aux anticipations des analystes. Une performance qui illustre la résilience remarquable de la première économie mondiale, même si les signaux en provenance du marché du travail invitent désormais à davantage de prudence.
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L’emploi au cœur des inquiétudes
Le marché de l’emploi est devenu le principal sujet de préoccupation outre-Atlantique. La question est d’autant plus sensible qu’elle s’est récemment invitée sur le terrain politique. En août dernier, Donald Trump a évincé de manière brutale Erika McEntarfer, cheffe du Bureau of Labor Statistics (BLS), nommée sous l’administration Biden, à la suite de la publication de statistiques décevantes sur l’emploi.
Pourtant, plusieurs indicateurs récents tendent à confirmer l’analyse avancée par l’ancienne responsable du BLS, pointant vers un net ralentissement de la dynamique du marché du travail américain.
Certes, 64 000 emplois ont été créés en novembre, un chiffre supérieur aux attentes du consensus. Mais cette embellie intervient après une destruction de plus de 100 000 emplois en octobre, conséquence notamment des coupes budgétaires initiées par Elon Musk dans le cadre du programme DOGE, visant la bureaucratie fédérale.
Le nombre de chômeurs s’établit désormais à 7,8 millions en novembre, soit 700 000 de plus qu’il y a un an, au moment de la réélection du président américain. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis septembre 2021, lorsque l’économie sortait progressivement de la crise du Covid-19. À titre de comparaison, un an plus tôt, le taux de chômage s’élevait à 4,2 %, pour 7,1 millions de demandeurs d’emploi.
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Un taux de chômage en hausse
En novembre, le taux de chômage a ainsi progressé de 0,2 point pour atteindre 4,6 %.
Un léger soulagement est toutefois venu du secteur privé en décembre, avec 41 000 créations nettes d’emplois. Une performance néanmoins inférieure aux attentes du marché, qui tablait sur environ 48 000 créations, selon le consensus MarketWatch.
Sur le front des salaires, la tendance est également à la modération. Le salaire horaire moyen progresse de 3,5 % sur un an, un rythme légèrement supérieur à l’inflation (3 % fin septembre). Toutefois, la dynamique s’essouffle : en novembre, les salaires n’ont augmenté que de 0,1 % sur un mois, bien en deçà du consensus (+0,3 %), ce qui ramène la progression annualisée à 1,6 %.
Le nombre d'offres d'emploi aux États-Unis a été publié, il est au plus bas depuis 2021. Ces offres se sont établies à 7,146 millions en novembre, contre 7,449 millions en octobre, selon le dernier rapport "Jolts" du département du Travail.
Pour Bastien Drut, responsable des études et de la stratégie chez CPR Asset Management, le diagnostic est clair : « Les dernières publications montrent que la dynamique de l’emploi est quasiment à l’arrêt depuis six mois aux États-Unis. »
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Une économie encore résiliente
Malgré ces fragilités sur le marché du travail, les indicateurs d’activité confirment pour l’heure la solidité de l’économie américaine.
L’indice PMI composite de l’activité privée a certes marqué le pas en décembre, s’établissant à 53, contre 53,9 attendus et 54,2 en novembre. Il s’agit de son niveau le plus bas depuis juin, mais un chiffre toujours supérieur à 50, seuil qui sépare expansion et contraction de l’activité.
Une note plus positive est venue de l’indice de confiance des ménages de l’Université du Michigan, qui a rebondi, porté par une progression des revenus plus forte qu’anticipé (+0,4 %).
La confiance des petites entreprises s’est également améliorée : l’indice NFIB est remonté de 98,2 à 99 en novembre, au-delà des attentes du marché.
Autre signal encourageant, l'indice ISM sur les services progresse significativement, passant à 54,4 en décembre contre 52,6 le mois précédent.
Le tableau aurait toutefois pu être presque idyllique sans la mauvaise surprise venue du secteur industriel. Le PMI manufacturier de l’ISM est tombé à 47,9 en décembre, son plus bas niveau depuis octobre 2024, après 48,2 en novembre. Un niveau inférieur à 50 qui traduit une contraction du secteur manufacturier, lequel représente environ 10,1 % de l’économie américaine.
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Politique monétaire : un cap plus prudent
Sur le plan monétaire, la Réserve fédérale a poursuivi son assouplissement. Le 10 décembre, le Federal Open Market Committee (FOMC) a décidé de réduire ses taux directeurs pour la troisième fois consécutive, abaissant le taux des federal funds de 25 points de base, dans une fourchette désormais comprise entre 3,50 % et 3,75 %.
La décision n’a toutefois pas fait l’unanimité : trois membres sur neuf se sont opposés à cette baisse, reflétant les divergences croissantes au sein de l’institution. La Fed justifie cette prudence par les premiers signes de dégradation du marché de l’emploi et cherche à éviter un ajustement trop brutal.
Son président, Jerome Powell, a d’ailleurs averti que les prochaines baisses de taux seraient progressives et mesurées.
L’indice PCE, mesure privilégiée de l’inflation par la Fed, est ressorti conforme aux attentes, à +2,8 % sur un an et +0,3 % sur un mois.
Dans ce contexte incertain, la banque centrale n’anticipe désormais qu’une seule baisse de taux en 2026, tout en tablant sur une croissance plus robuste (2,3 %) et une inflation mieux maîtrisée (2,4 %).
L’orientation future de la politique monétaire pourrait toutefois être profondément influencée par un changement de gouvernance. Jerome Powell quittera la présidence de la Fed au printemps prochain, et Donald Trump a déjà annoncé son intention de nommer un dirigeant à la ligne plus accommodante.
Zone euro : entre ombre et lumière
Dans la zone euro, l’année s’achève sur une performance économique globalement rassurante pour les décideurs publics comme pour les investisseurs. Sans être exceptionnelle, la croissance a fait preuve d’une résistance notable face à une succession de chocs externes. Parmi les principaux facteurs de pression figurent la politique commerciale particulièrement offensive de Donald Trump, ainsi que la persistance des tensions géopolitiques internationales.
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Un troisième trimestre encourageant
Malgré un environnement mondial incertain, l’économie de la zone euro continue de démontrer une certaine résilience. Le PIB en volume a progressé de 0,3 % au troisième trimestre 2025, un rythme supérieur à celui anticipé dans les projections de septembre.
Autre signal positif, la zone euro a enregistré en octobre 2025 un excédent commercial de 18,4 milliards d’euros dans ses échanges de biens avec le reste du monde, contre 7,1 milliards d’euros un an plus tôt.
Les indicateurs avancés suggèrent toutefois un ralentissement progressif de la dynamique économique. L’indice composite définitif des directeurs d’achat (PMI) de la zone euro, publié par S&P Global, est ressorti à 51,5 en décembre, après 52,8 en novembre, qui constituait alors un plus haut de trente mois.
Ce repli s’explique principalement par une décélération de l’activité dans le secteur des services, dont l’indice est retombé à 52,4, après un pic à 53,6 en novembre.
« Les indices PMI de la zone euro sont inférieurs aux attentes, en raison d’un affaiblissement du secteur des services et d’une contraction accrue de la composante manufacturière. L’Allemagne est à l’origine de cette surprise négative, tandis que la France a contribué positivement », analyse Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro Investment Solutions.
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L'emploi résiste
Le secteur industriel reste en difficulté. L’indice PMI manufacturier demeure nettement sous le seuil de 50, à 44, signalant une contraction persistante de l’activité.
Du côté de la demande intérieure, le moral des ménages s’est légèrement détérioré, l’indicateur de confiance atteignant –14,6 en décembre, contre –14,2 en novembre. À l’inverse, la confiance des investisseurs, mesurée par l’indice Sentix, s’est légèrement améliorée, passant de –7,4 à –6,2, en ligne avec les attentes du marché.
Sur le marché du travail, la Banque centrale européenne anticipe une poursuite de la modération salariale. « La progression des salaires devrait continuer de ralentir en 2026, avant de se stabiliser autour de 3 %, soutenue par la bonne résistance de l’emploi et une croissance de la productivité légèrement inférieure à 1 % », indique l’institution. En novembre 2025, le taux de chômage de la zone euro était de 6,3%, en baisse par rapport au taux de 6,4% enregistré en octobre 2025.
Au troisième trimestre 2025, le taux d’emplois vacants dans la zone euro s’est établi à 2,1 %, en baisse par rapport aux 2,3 % observés au deuxième trimestre, confirmant un léger refroidissement du marché du travail.
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Une baisse de la croissance en 2026 ?
Après une année 2024 décevante, marquée par une croissance limitée à 0,8 %, la progression annuelle moyenne du PIB en volume devrait atteindre 1,4 % en 2025. À moyen terme, la Banque centrale européenne anticipe un ralentissement modéré, avec une croissance de 1,2 % en 2026, puis un retour à 1,4 % en 2027 et 2028.
Pour de nombreux analystes, le principal moteur de l’activité dans les mois à venir reposera sur l’investissement. Celui-ci devrait être soutenu à la fois par l’investissement public — notamment via le fonds d’infrastructure allemand et l’effort de réarmement européen — et par l’investissement privé, porté par l’essor des infrastructures liées à l’intelligence artificielle et au numérique.
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Inflation : l’objectif enfin atteint
Objectif atteint pour la BCE. L’inflation en zone euro est retombée à 2 % sur un an en décembre, contre 2,1 % le mois précédent, rejoignant ainsi la cible fixée par la banque centrale. Cette amélioration se reflète également dans l’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles (énergie, alimentation, alcool et tabac), passée de 2,4 % à 2,3 % sur un an.
Ce ralentissement s’explique principalement par une baisse plus marquée des prix de l’énergie, en recul de 1,9 % sur un an, contre –0,5 % en novembre. Les prix des services, principal moteur de l’inflation ces derniers mois, ont également montré des signes d’accalmie.
À court terme, plusieurs facteurs devraient continuer de peser en faveur d’une inflation maîtrisée : la modération des prix de l’énergie, le renforcement de l’euro et les pressions désinflationnistes importées de Chine.
Ce scénario demeure toutefois fragile. Il pourrait être remis en question par les incertitudes persistantes de l’économie mondiale, notamment l’impact encore incertain des droits de douane américains, l’évolution du taux de change de l’euro ou encore l’orientation plus expansionniste de la politique budgétaire allemande.
Enfin, l’entrée prochaine de la Bulgarie dans la zone euro sera également scrutée de près. Le pays a en effet enregistré une hausse des prix proche de 3 % au cours des douze derniers mois, un élément susceptible d’influencer la dynamique inflationniste globale.
Dans ce contexte mêlant amélioration des prix et incertitudes persistantes, la BCE a choisi de marquer une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire.
Les paradoxes de l’économie chinoise
Les annonces solennelles de Xi Jinping, promettant une croissance supérieure à 5 % en 2025, ne doivent pas masquer une réalité plus contrastée. Derrière les chiffres officiels, l’économie chinoise continue de décevoir. Crise immobilière persistante, consommation intérieure atone et tensions géopolitiques croissantes : les défis s’accumulent pour Pékin, fragilisant les fondements de la deuxième économie mondiale.
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Une économie minée par le manque de confiance des ménages
Selon les statistiques officielles, la croissance chinoise devrait atteindre 5,1 % en 2025. Pourtant, au troisième trimestre, elle ne s’est établie qu’à 4,8 %, un chiffre déjà en deçà des objectifs affichés. Surtout, ces données sont de plus en plus contestées. Le cabinet de recherche indépendant Rhodium Group estime ainsi que la croissance réelle se situerait plutôt entre 2,4 % et 2,8 %, un écart révélateur d’un profond déficit de confiance des acteurs économiques.
Cette défiance se reflète clairement dans la consommation intérieure, toujours en berne. La croissance des ventes au détail est tombée à 1,3 % sur un an, son plus bas niveau depuis 2022. Le secteur automobile n’échappe pas à la tendance, avec un recul des ventes de 8,3 %, tandis que celles d’électroménager ont chuté de près de 20 %, selon une note de Goldman Sachs.
L’investissement n’est guère plus dynamique. Pour le troisième mois consécutif, il est en baisse, reculant de 2,6 % en novembre. Le secteur immobilier demeure exsangue : les investissements y ont chuté de 16 % entre janvier et novembre, par rapport à la même période de 2024.
La situation pourrait encore se dégrader. China Vanke, l’un des plus grands promoteurs immobiliers du pays, traverse de graves difficultés financières. Le groupe, pourtant réputé bénéficier d’un soutien étatique implicite, a dû conclure in extremis un accord avec les banques nationales pour reporter le paiement de ses intérêts domestiques jusqu’en septembre, illustrant l’ampleur de la crise.
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La Chine face au retour du protectionnisme
Pékin compense ses fragilités internes par la vigueur de la demande extérieure, écoulant à l’étranger son excédent de production. En décembre, son excédent commercial a ainsi dépassé pour la première fois les 1 000 milliards de dollars.
« La solidité des exportations a limité la nécessité de stimuler la demande intérieure cette année, tandis que les subventions au renouvellement commencent à s’épuiser », explique Xu Tianchen, économiste senior à l’Economist Intelligence Unit. En clair, le gouvernement chinois va devoir redoubler d’inventivité pour relancer la consommation intérieure, sous peine de subir de plein fouet un ralentissement des exportations, dans un contexte de repli protectionniste des économies mondiales.
La société de gestion Carmignac ne cache pas son scepticisme : « La Chine reste focalisée sur une logique d’économie de guerre. Le nouveau plan quinquennal continue de placer l’autosuffisance technologique et la diffusion de l’IA dans l’industrie au sommet des priorités, sans proposer de stratégie crédible pour combler le gouffre de l’immobilier ou enrayer la montée du chômage des jeunes. Les exportations ne constituent plus une soupape de sécurité pour la croissance, compte tenu du retour de bâton protectionniste. »
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De nouvelles tensions géopolitiques avec le Japon
À ces fragilités économiques s’ajoute une montée des tensions géopolitiques, notamment avec le Japon. Quelques jours après son arrivée au pouvoir, la nouvelle Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a évoqué au Parlement un scénario dans lequel une attaque chinoise contre Taïwan pourrait être considérée comme une « menace existentielle » pour le Japon, allant jusqu’à affirmer que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’invasion.
Des propos qui ont suscité une vive réaction à Pékin. En représailles, Xi Jinping a annoncé l’interdiction des livraisons vers le Japon de biens dits « à double usage », susceptibles d’être employés à des fins militaires.
Cette décision affecterait près de 40 % des exportations chinoises vers le Japon, notamment des biens stratégiques essentiels à l’industrie de défense japonaise, ainsi que des terres rares, dont la Chine demeure un fournisseur clé. Un nouvel épisode qui illustre la fragilité croissante des équilibres économiques et géopolitiques en Asie.
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Notre multi family-office conserve une perspective constructive sur les marchés actions, en insistant sur la diversification géographique et sectorielle. Si l’environnement reste favorable, il n’est pas exempt de risques qu’il convient de surveiller.
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Marchés développés : un biais favorable aux actions américaines
- Un cycle monétaire baissier historiquement propice aux marchés actions
Les cycles de baisse des taux d’intérêt ont toujours constitué un moteur puissant pour les marchés actions. Depuis plusieurs mois, le discours de la Réserve fédérale américaine s’éloigne progressivement de l’inflation pour se concentrer sur le marché de l’emploi. La détérioration de ce dernier plaide en faveur de nouvelles baisses de taux. Le marché anticipant déjà trois réductions en 2026.
La nomination attendue d’un nouveau gouverneur de la Fed, proche de Donald Trump et effective à partir de mai, renforce la probabilité d’une politique monétaire plus accommodante, potentiellement plus agressive que ce que prévoit le consensus actuel.
- Une inflation sous contrôle malgré les droits de douane
Malgré la mise en œuvre de certains droits de douane, l’inflation américaine devrait rester modérée en 2026. Cette stabilité s’explique notamment par la composante « Shelter » de l’indice des prix à la consommation (IPC) — qui représente près d’un tiers de l’indice et concerne les loyers réels et imputés — dont la dynamique devrait rester baissière.
À plus long terme, la mainmise américaine sur le pétrole vénézuélien pourrait exercer une pression supplémentaire à la baisse sur le prix du baril, consolidant ainsi le contrôle de l’inflation.
- Le soutien fiscal et politique à la consommation
Le programme One Big Beautiful Bill Act (OBBBA) apporte un soutien notable à la consommation américaine, fragilisée en 2025, sauf pour les ménages les plus aisés. L’année 2026, marquée par les élections de mi-mandat, incite également l’administration Trump à maintenir une politique pro-marchés afin de produire des effets visibles sur les actions.
- Les investissements technologiques, moteur de croissance
Les hyperscalers américains prévoient d’investir plus de 500 milliards de dollars en 2026, un levier majeur pour la croissance. Ces investissements ont déjà soutenu l’économie en 2025, mais leur mise en œuvre reste un risque : toute déception serait sévèrement sanctionnée par les marchés.
- Les risques baissiers persistants
Malgré ce contexte porteur, plusieurs risques subsistent :
- Valorisations élevées de l’IA : toute déception sur les bénéfices ou sur la demande anticipée pourrait provoquer des corrections brutales.
- Risque géopolitique accru : l’arrestation de Maduro par les États-Unis amplifie les tensions avec la Chine et la Russie. Toute réaction commerciale ou militaire, notamment autour de Taïwan, pourrait déstabiliser les marchés.
- La diversification géographique : Europe et marchés émergents
En Europe, l’inflation reste sous contrôle, mais la croissance demeure faible. La Banque centrale européenne dispose encore d’une marge de manœuvre pour réduire ses taux, bien que ses décisions restent fortement conditionnées par les données économiques.
Une politique monétaire plus agressive de la Fed pourrait inciter la BCE à intervenir pour préserver la compétitivité des entreprises européennes. Parallèlement, un dollar plus faible face à l’euro (EUR/USD anticipé autour de 1,20) pourrait soutenir la croissance européenne.
Les valeurs allemandes, après une forte progression en 2025, pourraient connaître une phase de consolidation avant de bénéficier d’un regain de dépenses, notamment liées aux besoins de réarmement en Europe, facteur de soutien structurel à moyen terme.
Sur le volet émergent, nous privilégions particulièrement les marchés asiatiques, notamment la Chine, ainsi que les valeurs technologiques coréennes et taïwanaises, dont les valorisations restent attractives.
De manière générale, les marchés émergents devraient profiter d’un dollar plus faible, tendance qui pourrait s’accentuer avec une Fed plus accommodante.
- Les secteurs et actifs à privilégier
Les secteurs qui ont porté la performance en 2025 devraient rester dynamiques en ce début d’année :
- Technologie, soutenue par la croissance bénéficiaire.
- Défense, portée par les besoins de réarmement.
- Banques, favorisées par une courbe des taux avantageuse et une solide capitalisation en Europe.
Cependant, certaines valeurs restent sensibles aux déceptions sur les résultats, ce qui rend indispensable une diversification vers des secteurs plus défensifs :
- Santé, pénalisée en 2025 par la guerre commerciale, mais offrant des valorisations inférieures à la moyenne.
- Services aux collectivités et consommation de base, plus résilients lors de corrections.
Les métaux précieux ont connu une performance historique en 2025, l’or et l’argent figurant parmi les meilleurs actifs. Les tensions géopolitiques, les incertitudes politiques et les achats soutenus des banques centrales devraient maintenir leur attrait en 2026.
Malgré des niveaux élevés, renforcer l’exposition à l’or sur une correction reste pertinent pour diversifier un portefeuille. L’argent, plus volatil et à forte dimension industrielle, peut jouer un rôle complémentaire. L’investissement indirect via les sociétés minières demeure envisageable, avec des valorisations encore attractives mais une volatilité accrue.
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Marchés obligataires : des convictions renforcées pour 2026
Scala Patrimoine renforce ses convictions positives sur les marchés obligataires pour 2026, en particulier sur les obligations libellées en euro. Ces titres se révèlent adaptés aux stratégies combinant distribution régulière de coupons et protection contre une éventuelle poursuite de la baisse du dollar.
- Hausse des taux longs européens : un point d’entrée attractif
La hausse des taux longs européens observée en 2025 constitue une opportunité intéressante pour le marché investment grade européen. Elle a permis :
- Une augmentation du rendement sur les maturités moyen long terme, elle s’est opérée sans dégradation du risque souverain, notamment en Allemagne, dont le niveau d’endettement reste parmi les plus faibles d’Europe ;
- Une hausse des portages attractifs sur les maturités intermédiaires.
Alors que la hausse des taux avait pénalisé la valorisation des titres en 2025, une stabilisation des taux en 2026 permettrait de maintenir un portage positif, facteur clé de performance pour les stratégies obligataires.
De plus, une éventuelle normalisation des taux moyen-long terme pourrait renforcer les portefeuilles crédit investment grade, en favorisant les rendements à long terme.
- Vers une hausse des primes de risque ?
Le principal risque de baisse de valorisation réside désormais dans l’évolution des spreads de crédit. Après la forte compression observée en 2025, une hausse de ces primes pourrait peser sur les valorisations des obligations investment grade.
Sur le segment des obligations à haut rendement (high yield), le refinancement massif des entreprises en 2025 a repoussé le « mur » de refinancement à 2028, réduisant les risques à court terme.
Le taux de défaut reste à des niveaux historiquement bas, mais la sélection rigoureuse des titres demeure essentielle, en raison de la forte dispersion observée au sein de ce segment.
Enfin, la performance du crédit high yield reste plus sensible à une hausse des spreads par rapport au crédit investment grade, alors que ces spreads avaient fortement baissé en 2025.
- Les obligations bancaires : un segment attractif
Les obligations Investment Grade émises par les établissements financiers européens conservent leur attrait. Elles offrent des spreads légèrement supérieurs aux obligations d’entreprise de notation équivalente, alors que le secteur bancaire européen demeure robuste, avec :
- Une capitalisation très élevée, largement au-dessus des exigences réglementaires.
- Des revenus d’intérêts soutenus par les taux longs en hausse en 2025.
Ces caractéristiques renforcent la pertinence de ce segment pour les investisseurs à la recherche de rendements stables et sécurisés.
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Marchés alternatifs : des outils flexibles et diversifiés
Scala Patrimoine conserve une allocation globalement prudente vis-à-vis des investissements alternatifs. Toutefois, certaines stratégies émergent comme particulièrement pertinentes, notamment le Long/Short actions. Ces stratégies exploitent les grandes dispersions du marché en combinant positions longues sur des titres sous-évalués et positions courtes sur des titres surévalués. Elles offrent ainsi une protection contre le risque directionnel tout en offrant un potentiel de surperformance dans un environnement incertain.
La flexibilité de ces stratégies permet de capturer de la valeur en toute conjoncture, assurant une décorrélation précieuse par rapport aux indices boursiers classiques.
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L’or poursuit son envol
Après une performance record en 2025, l’or continue de progresser début 2026, flirtant avec des sommets historiques proches de 4 500$ l’once. Scala Patrimoine maintient une opinion positive sur le métal jaune, soutenu par plusieurs facteurs structurels :
- La baisse des taux réels liée à l’assouplissement monétaire.
- Les tensions géopolitiques, renforçant son statut de valeur refuge.
- Une demande solide, tant institutionnelle que privée, notamment en Asie et dans les économies émergentes.
Dans ce contexte, l’or demeure un pilier incontournable pour diversifier un portefeuille et se prémunir contre l’incertitude.
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Produits structurés : une alternative séduisante aux actions
Les produits structurés conservent un fort attrait dans un environnement de taux longs et de volatilité élevée. Ces instruments permettent de :
- S’exposer à des marchés ou secteurs à fort potentiel de croissance à moyen terme.
- Intégrer des mécanismes de protection contre les risques de correction.
- Optimiser la diversification, tant au niveau des sous-jacents que des structures utilisées.
Grâce à leur flexibilité et leur capacité à s’adapter aux besoins de distribution, les produits structurés représentent un pilier stratégique pour les investisseurs recherchant rendement et sécurité dans un contexte de valorisations élevées.
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Les actifs non cotés séduisent toujours
L’intérêt pour les actifs non cotés (private assets) ne faiblit pas, même dans un contexte économique incertain. La baisse progressive des taux en 2025 a soutenu les flux vers ces investissements, y compris vers des fonds plus accessibles au grand public.
Parmi les opportunités les plus attractives :
- Stratégies secondaires, offrant stabilité et rendements robustes.
- Fonds de co-investissement, combinant optimisation des rendements et maîtrise des coûts.
- Dette privée (mezzanine, growth buyout), accompagnant les entreprises en croissance.
- Capital-risque, en particulier dans la technologie et la transition énergétique, offrant des perspectives prometteuses pour les startups innovantes.
Ces investissements permettent de diversifier efficacement le portefeuille tout en captant des rendements supérieurs à ceux des marchés traditionnels.
- Allocation recommandée
Pour exploiter pleinement le potentiel des marchés alternatifs tout en maîtrisant les risques, Scala Patrimoine préconise une stratégie diversifiée et long terme :
- Stratégies secondaires pour leur stabilité et leurs rendements solides.
- Exposition au capital-risque, ciblant les opportunités à haut rendement dans des secteurs innovants.
- Investissements en LBO (Leveraged Buyout), pour bénéficier de l’effet de levier.
- Growth equity, pour accompagner la croissance d’entreprises matures et prometteuses.
- Dette mezzanine, offrant des taux attractifs et un outil de diversification clé.
Cette allocation vise à combiner performance et gestion proactive des risques, en restant attentive aux évolutions du marché et en capitalisant sur les secteurs stratégiques comme la santé et la transition énergétique.
Loi spéciale : quelles incidences sur votre patrimoine ?
Les discussions autour de l’adoption du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 ont échoué. Faute d’accord au sein de la commission mixte paritaire en décembre, l’adoption d’une véritable loi de finances est désormais repoussée à 2026, avec des conséquences budgétaires et fiscales potentiellement lourdes.
Les dispositions pourtant actées par les parlementaires — qu’il s’agisse de l’Exit tax, de l’impôt sur la fortune improductive ou encore de la taxe sur les holdings patrimoniales — ne verront donc pas le jour dans l’immédiat. Seules les mesures intégrées au projet de loi de financement de la Sécurité sociale ont pu être mises en œuvre. C'est notamment le cas de la suspension de la réforme des retraites et de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur certains placements.
Une loi spéciale pour assurer la continuité budgétaire
En l’absence de loi de finances, une loi dite spéciale a été promulguée, le 27 décembre dernier. Celle-ci vise à garantir la continuité budgétaire de l’État. Ce texte transitoire reconduit provisoirement les impôts existants ainsi que les plafonds de dépenses inscrits dans le budget 2025. En revanche, il n’autorise ni la création de nouvelles recettes fiscales ni l’ouverture de crédits supplémentaires.
L’adoption d’un texte provisoire permet d’assurer la continuité des services publics. Mais comme l’a rappelé la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, la loi spéciale « n’est pas un budget ». Elle constitue un strict minimum. « On paye les fonctionnaires, on assure la sécurité vitale du pays, on honore nos engagements financiers, et l’on suspend tout ce qui n’est pas essentiel. ».
Cette reconduction a pour objectif d’éviter une paralysie budgétaire. Selon une estimation du ministère des Comptes publics cette situation pourrait représenter un coût de 11 milliards d’euros.
Des marges de manœuvre encore étroites
Pour autant, les parlementaires disposent encore de quelques semaines pour parvenir à un compromis. Le processus budgétaire n’est pas interrompu : les débats doivent reprendre dès le mois de janvier au Parlement.
L’Assemblée nationale relancera l’examen du texte à partir du 8 janvier, avec un passage en commission les 8 et 9 janvier, avant une discussion en séance publique envisagée à compter du 13 janvier.
En attendant, l’absence de loi de finances a des conséquences immédiates. Le barème de l’impôt sur le revenu ne sera pas revalorisé, ce qui pourrait se traduire par près de 2 milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour les ménages. Par ailleurs, la note du ministère des Comptes publics précise que, dans le cadre de la loi spéciale, les pensions de retraite resteraient indexées sur l’inflation, pour un coût estimé à 3 milliards d’euros.
Au-delà du calendrier parlementaire, l’enjeu central demeure la trajectoire des finances publiques. Le président de la République a réaffirmé la nécessité de doter le pays d’un budget respectant un objectif de déficit public fixé à 5 % du PIB.
Le gouvernement précise ses priorités fiscales
Dans l’attente d’un texte définitif, le gouvernement a dévoilé ses priorités fiscales pour les prochaines semaines à travers un communiqué officiel. Il y précise les mesures dont il soutiendrait la prorogation, bien qu’elles aient théoriquement dû s’éteindre au 1er janvier 2026.
Parmi les dispositifs concernés figurent notamment :
- la prorogation du taux majoré de 25 % de la réduction d’impôt sur le revenu pour les souscriptions en numéraire au capital des sociétés foncières solidaires et des entreprises solidaires d’utilité sociale ;
- la prolongation de l’abattement exceptionnel sur les plus-values immobilières applicable dans les zones tendues, les grandes opérations d’urbanisme et les opérations d’intérêt national ;
- le doublement du plafond de la réduction d’impôt dite « Coluche », porté de 1 000 à 2 000 euros. Ce dispositif concerne les dons aux associations d’aide aux plus démunis pouvant ouvrir droit à une réduction de 75 % ;
- le maintien du dispositif IR-PME (ex-réduction Madelin), permettant une réduction d’impôt de 18 %, voire 25 % sous conditions, prolongé au moins jusqu’au 30 septembre 2026.
Certaines de ces mesures pourraient faire l’objet d’une rétroactivité afin de garantir leur application immédiate.
Une hausse de la CSG déjà actée
Si le projet de loi de finances reste en suspens, certaines mesures issues du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 peuvent d’ores et déjà s’appliquer. Le PLFSS 2026 a en effet été adopté par les parlementaires.
Il confirme ainsi la suspension de la réforme des retraites. Parmi les mesures phares figure également une hausse de la CSG sur certains revenus du capital. En principe, le taux applicable aux revenus du patrimoine est relevé de 9,2 % à 10,6 %, soit une augmentation de 1,4 point.
Toutefois, plusieurs catégories de revenus conservent leur taux actuel, notamment les :
- revenus fonciers ;
- plus-values immobilières ;
- produits des contrats d’assurance-vie ;
- intérêts et primes des PEL et des PEP ;
- livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP).
En revanche, la hausse de la CSG à 10,6 % s’applique notamment aux :
- revenus issus des plans d’épargne retraite (PER) ;
- intérêts des comptes à terme ;
- intérêts des livrets bancaires et des comptes courants rémunérés ;
- revenus des comptes-titres et des PEA ;
- revenus de la location meublée (LMNP), imposés dans la catégorie des BIC, dont les prélèvements globaux augmenteront mécaniquement.
Cette réforme impacte également le prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax ». La CSG constituant une composante des prélèvements sociaux, sa majoration ferait passer le taux global du PFU de 30 % à 31,4 %. Une évolution qui concernera en particulier les dirigeants de TPE et de PME percevant des dividendes.
Loi Spéciale, 26 décembre 2025
Le rendez-vous des marchés financiers - Décembre 2025
Marchés financiers & économie : les points clés
- Les marchés financiers mondiaux ont battu des records avant de marquer (un peu) le pas.
- Aux États-Unis, le plus long « shutdown » de l’histoire a pris fin, après 43 jours de blocage.
- Le gouvernement chinois a présenté les contours du prochain plan quinquennal 2026-2030, centré sur l’indépendance technologique.
- L’économie de la Zone Euro reprend quelques couleurs, avec une hausse de 0,2 % au 3ème trimestre.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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De nouveaux records battus sur les marchés financiers
Entre avril et novembre 2025, les principaux indices des marchés financiers ont traversé sept mois d’un bull market historique.
Le CAC 40 a franchi un sommet en séance à 8 314 points, avant de se replier légèrement vers les 8 100 points. La frénésie des records a dépassé les frontières françaises : les places de Madrid et de Londres ont également enregistré des plus hauts historiques. Le bilan mensuel est toutefois nettement moins enthousiasmant : le CAC 40 n’affiche qu’un gain marginal de 0,02 % en novembre. L’indice allemand, le DAX, cède quant à lui 1,1 % sur la même période.
En Chine, le Shanghai Composite décroche lui aussi et recule de 1,5 %. En Inde, le Nifty 50 gagne près de 1,6 %.
Aux États-Unis, le S&P 500 s’est rapproché à moins de 90 points, soit environ 1,5 %, de son record absolu de 6 920,3 points, atteint fin octobre. Au mois de novembre, l’indice est toutefois en baisse de 0,04 %. Le Nasdaq est, lui, en hausse de 0,65 %.
Ces performances s’expliquent en grande partie par le soulagement suscité par la résolution de la crise budgétaire américaine, mais aussi par les résultats trimestriels spectaculaires de Nvidia. Le géant de l’intelligence artificielle a ainsi annoncé une hausse de 62 % de son chiffre d’affaires, avec un bénéfice en progression de 65 %, atteignant 31,9 milliards de dollars.

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Les doutes planent sur les géants de l’IA
Si les records boursiers impressionnent, un examen plus attentif révèle qu’ils reposent sur une poignée de valeurs phares.
Sans Alphabet, Tesla, Apple, Amazon, Nvidia, Microsoft et Meta, l’indice S&P 500 n’aurait enregistré qu’une progression marginale. La comparaison entre le S&P 500 classique, pondéré par la capitalisation boursière des 500 sociétés qui le composent, et son homologue à pondération égale est révélatrice : le premier a gagné 13 % depuis décembre 2024, tandis que le second demeure quasiment stable.
Les grandes entreprises de l’IA dépensent sans compter. Meta, Google et Microsoft prévoient chacun plus de 100 milliards de dollars d’investissements en 2026, principalement dans les data centers et les puces électroniques. « Pour l’instant, les dépenses dépassent largement les gains », avertit Pierre-Alexis Dumont, directeur de l’investissement chez Sycomore AM.
Le risque ? Un cercle vicieux qui entretient l’illusion de prospérité : Nvidia injecte 100 milliards dans OpenAI, qui achète ses puces… financées par Microsoft. Résultat : OpenAI, valorisée 500 milliards de dollars, affiche 12 milliards de pertes annuelles.
Comme le souligne Sycomore AM, pour soutenir cette frénésie d’investissements, les hyperscalers lèvent massivement des fonds. En 2025, ils ont contracté 121 milliards de dollars de dette, soit quatre fois la moyenne de 2015 à 2024. Un chiffre qui fait réfléchir sur la pérennité de ce modèle ultra‑capitalistique.
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Le Bitcoin en chute libre
Le bitcoin poursuit sa débâcle après son record du début octobre. Brièvement tombé sous les 80 500 dollars avant un léger rebond, il évolue désormais autour de 86 500 dollars, abandonnant plus d’un tiers de sa valeur en six semaines. Une chute fulgurante qui signe son pire mois depuis l’été 2022.
La volatilité s’est nettement ravivée, nourrie par une aversion généralisée au risque et un retrait massif des investisseurs les plus exposés. La fébrilité de Wall Street a accentué la pression : le repli des valeurs technologiques et les doutes entourant la soutenabilité des investissements en intelligence artificielle ont déclenché une vague de prises de bénéfices sur tous les actifs spéculatifs.
Les ETF bitcoin américains ont ainsi enregistré près de 900 millions de dollars de sorties en une séance, tandis que les liquidations de positions à effet de levier ont dépassé les 2 milliards. L’environnement macroéconomique n’aide guère : un rapport sur l’emploi américain plus robuste que prévu réduit la probabilité d’une baisse des taux de la Fed, étouffant l’appétit pour le risque. L’indice de sentiment CoinGlass plonge désormais en zone de « peur extrême ».
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COP30 : un accord a minima
La COP30 de Belém, au Brésil, s’est achevée samedi 22 novembre sur un accord minimaliste, bien en deçà des attentes face à l’urgence climatique. Une issue qui illustre le fossé grandissant entre les pays producteurs de pétrole et le reste de la communauté internationale, d’autant que les États-Unis ont choisi de ne pas participer.
Faute de mieux, les Européens ont accepté un texte ne faisant qu’évoquer les énergies fossiles, pourtant au cœur du dérèglement climatique, sans calendrier ni obligations concrètes.
Quelques avancées émergent néanmoins : un financement accru pour l’adaptation, des discussions inédites sur le commerce mondial dans la transition verte et l’adoption d’un Mécanisme de transition juste, destiné à partager connaissances et compétences afin d’éviter que les mutations énergétiques ne creusent les inégalités.
Mais les progrès majeurs semblent désormais se jouer en marge des processus onusiens. La Colombie et les Pays-Bas organiseront ainsi, les 28 et 29 avril 2026, un sommet historique consacré à la sortie des combustibles fossiles.
Parallèlement, le pacte de Belém, soutenu par le Japon, l’Inde ou le Brésil, engage ses signataires à quadrupler la production et l’usage de carburants durables d’ici 2035. Enfin, Brasilia a lancé un vaste fonds mondial pour les forêts, déjà doté de 6 milliards de dollars, tandis que l’Union européenne annonce de nouveaux financements pour le bassin du Congo.
Confiance en berne et pari sur l’IA : le double visage de l’économie américaine
Le shutdown le plus long de l’histoire américaine a enfin pris fin, permettant la reprise progressive des publications de données macroéconomiques. Les premiers chiffres révèlent une nette érosion de la confiance des ménages, alimentant les inquiétudes sur la consommation. Une pression qui pourrait pousser la Réserve fédérale à envisager une nouvelle baisse de ses taux d’intérêt.
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Un accord budgétaire met fin au plus long « shutdown » de l’histoire américaine
Après 43 jours de paralysie, le plus long « shutdown » de l’histoire américaine a pris fin. La Chambre des représentants a adopté l’accord budgétaire, après le Sénat, grâce au ralliement de plusieurs élus démocrates, mettant ainsi un terme à l’impasse qui paralysait le gouvernement fédéral.
Cette loi prolonge toutefois le budget de manière temporaire, jusqu’au 30 janvier 2026.
Parmi les concessions accordées à l’opposition, le texte prévoit la réintégration des fonctionnaires licenciés depuis le 1er octobre et le maintien des financements pour le programme d’aide alimentaire.
Pour Marina Garlatti, gérante de portefeuille chez Tailor Asset Management : « Les Républicains ont consenti certaines concessions, notamment sur le maintien des aides à l’assurance santé, le paiement des salaires non versés et la suspension des licenciements de fonctionnaires jusqu’à fin janvier. Cela reste très éloigné des demandes initiales des démocrates, mais au moins, cela permet de débloquer la situation. »
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La confiance s’érode
Depuis la suspension des publications économiques provoquée par le shutdown, les indicateurs récemment dévoilés dressent un tableau préoccupant de la conjoncture américaine. La confiance des ménages s’effrite nettement, entraînant un ajustement sensible de leurs dépenses.
L’indice de confiance du Conference Board recule ainsi de 6,8 points en un mois pour s’établir à 88,7, un niveau bien inférieur aux anticipations des économistes. Les ménages américains semblent particulièrement éprouvés par la persistance des tensions inflationnistes.
« Ce rapport révèle que la consommation des ménages manquait déjà de dynamisme avant même le shutdown, lequel n’a pu que la pénaliser davantage. C’est un argument supplémentaire en faveur d’une baisse des taux directeurs par la Fed en décembre. Les consommateurs se montrent nettement plus pessimistes quant à la situation économique à six mois, exprimant des craintes concernant le marché du travail et leur pouvoir d'achat », analyse Dana Peterson, cheffe économiste du Conference Board.
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Le chômage repart à la hausse
Les données relatives au marché du travail offrent un tableau contrasté. En septembre, 119 000 emplois ont été créés, un chiffre largement supérieur aux attentes (52 000). Parallèlement, le taux de chômage a progressé, mais l’absence de données pour octobre — conséquence directe de la paralysie administrative — limite la visibilité sur la tendance réelle de l’économie.
Le taux de chômage s’élève désormais à 4,4 %, soit une hausse de 0,1 point sur un mois et de 0,3 point sur un an. Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis quatre ans.
Selon Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, « bien que la création d’emplois se soit poursuivie en novembre, le rythme des embauches reste freiné par les inquiétudes liées aux coûts, eux-mêmes alourdis par les droits de douane. Les coûts des intrants comme les prix de vente ont progressé à un rythme plus soutenu, ce qui alimente les préoccupations des partisans d’une politique monétaire restrictive ».
Jeff Schulze abonde en ce sens : « Le marché du travail semble avoir amorcé une stabilisation à l’approche de l’automne, ce qui tend à conforter les membres de la Fed favorables à une position hawkish, qui plaident pour attendre davantage de données avant d’envisager de nouvelles baisses de taux. »
Si les annonces de suppressions de postes se multiplient, les licenciements effectifs demeurent relativement contenus. Les nouvelles demandes d’allocations chômage ont même reculé, se rapprochant de leurs plus bas récents.
En l’absence de rapport officiel sur l’emploi, l’enquête ADP d’octobre fait état de 42 000 créations de postes (contre une destruction de 29 000 en septembre et 30 000 attendus). À l’inverse, l’indice Challenger signale une envolée de 175 % des annonces de licenciements sur un an, révélant un marché du travail en perte de vitesse malgré une résilience encore perceptible.
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Une croissance américaine portée quasi exclusivement par l’intelligence artificielle
Selon une note récente d’UBS, la croissance de l’économie américaine repose sur des bases de plus en plus fragiles. Les analystes Jonathan Pingle et Alan Detmeister soulignent que l’expansion actuelle est « inhabituellement étroite », alimentée presque exclusivement par l’essor de l’intelligence artificielle et la flambée des marchés financiers qu’elle engendre.
« Les perspectives américaines ressemblent à un pari massif sur l’IA », résument les stratégistes. Cette richesse concentrée dans la sphère technologique soutient principalement la consommation des ménages aisés, tandis que les foyers à revenus moyens et modestes subissent une pression croissante. « En dehors des secteurs technologiques — logiciels, semi-conducteurs, équipements informatiques — une part significative de l’économie se trouve déjà en récession », avertissent-ils.
Les économistes d’UBS mettent également en garde contre l’impact des droits de douane massifs qui pourraient réduire le PIB réel de 0,8 point, dont plus de la moitié dès 2026, tout en alimentant l’inflation. À l’inverse, le plan budgétaire « One Big Beautiful Bill Act » pourrait fournir un soutien temporaire à la croissance, à hauteur de 0,45 point de PIB.
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Vers une croissance annualisée de 2,5 % au dernier trimestre ?
Pourtant, des données récentes montrent un certain dynamisme. Les indicateurs PMI flash pour novembre suggèrent une croissance annualisée d’environ 2,5 % pour le quatrième trimestre. Cependant, les ventes au détail restent décevantes : elles se contractent pour la cinquième fois de l’année et affichent +0,2 % en septembre, contre +0,4 % attendu par le consensus.
Du côté des indices PMI, le composite, qui couvre les secteurs manufacturiers et des services, s’élève à 54,8, contre 54,6 en octobre, tandis que l’ISM manufacturier recule de 0,4 point en octobre, alors que l’ISM des services progresse de 2,4 points.
Ces chiffres traduisent une économie encore résiliente mais dont la croissance semble reposer sur un noyau étroit et concentré.
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La Fed entre prudence et pressions économiques
La combinaison de politiques fiscales expansionnistes et de barrières commerciales place la Réserve fédérale américaine dans une position délicate, tiraillée entre le soutien à l’emploi et la lutte contre l’inflation.
La réaccélération de l’indice des prix à la production (PPI) en septembre ne contribue pas à apaiser les inquiétudes des décideurs : l’indice a progressé de 0,3 % sur le mois, soit une hausse annuelle de 2,7 %.
À cela s’ajoute un déficit fédéral encore très élevé, estimé à 5,9 % du PIB pour 2025, contre 6,3 % en 2024, accentuant la complexité de la tâche de la Fed.
Dans ce contexte, les responsables de la Réserve fédérale adoptent une posture prudente. Beth Hammack, de la Fed de Cleveland, a rappelé que l’inflation « durablement élevée » limitait toute marge de manœuvre. Alberto Musalem, votant cette année, a également souligné la nécessité de « prudence » avant toute décision sur les taux.
Malgré cette prudence, les analystes continuent de spéculer sur de nouvelles baisses de taux. Une posture renforcée par la baisse de l'indice ISM manufacturier à 48,2 en novembre, contre 48,7 en octobre.
UBS anticipe encore trois réductions d’ici la fin 2026, tout en soulignant l’extrême incertitude qui plane sur la trajectoire monétaire. Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une baisse de 25 points de base en décembre atteint désormais 87 %. Le verdict sur les décisions de la Fed ne devrait donc plus tarder.
Zone euro : les signaux d’un redressement économique se multiplient
Après plusieurs trimestres d’hésitation, l’économie de la zone euro semble enfin sortir de l’ornière. Les indicateurs publiés ces dernières semaines ont, dans l’ensemble, surpris par leur résilience, dépassant les attentes du consensus. Les performances de la France et de l’Espagne, en particulier, sont venues soutenir un redressement plus marqué qu’anticipé.
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Une activité qui reprend de la vigueur
Au troisième trimestre, le PIB de la zone euro a progressé de 0,2 % en rythme trimestriel et de 1,4 % sur un an. Un rebond modeste, mais tiré par deux moteurs inattendus : la France, avec une croissance solide de 0,5 %, et l’Espagne, qui confirme son dynamisme (+0,6 %).
Les données conjoncturelles publiées pour la fin du troisième trimestre renforcent cette impression de reprise. La production industrielle a légèrement progressé en septembre (+0,2 %), tandis que les immatriculations automobiles témoignent d’un renforcement de la demande.
Selon l’enquête trimestrielle de la Commission européenne, le taux d’utilisation des capacités de production s’est hissé à 78,2 %, un plus haut depuis 18 mois. Les carnets de commandes atteignent eux aussi un sommet inégalé depuis trois ans et demi, signe d’un environnement industriel moins contraint.
Côté climat des affaires, l’indice de confiance des consommateurs progresse pour le deuxième mois consécutif, à -14,2 points, lorsque les indicateurs PMI indiquent une accélération de la production pour un cinquième mois d’affilée en octobre. Le PMI composite de novembre (52,4) confirme une expansion modérée mais désormais bien ancrée.
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Le commerce extérieur en soutien
Le commerce extérieur a également apporté une contribution positive au redressement. En septembre 2025, la zone euro a enregistré un excédent commercial de 19,4 milliards d'euros, un niveau nettement supérieur aux 12,9 milliards enregistrés un an plus tôt. Les exportations ont progressé de 7,7 % sur un an, portées notamment par un bond du secteur des produits chimiques, dont l’excédent s’est nettement élargi.
Seule ombre au tableau : l’activité dans la construction, qui s’est contractée de 0,5 % en septembre par rapport à août, rappelant que la reprise reste encore inégale selon les secteurs.
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Politique monétaire : un statu quo assumé
Sur le front des prix, les signaux sont également rassurants. Les prix à la production avaient reculé de 0,1 % en rythme mensuel, tandis que l’inflation annuelle était revenue à 2,1 % en octobre, contre 2,2 % en septembre. Un niveau très proche de la cible de la Banque centrale européenne. Mais pour le mois de novembre, l’inflation annuelle a cependant grimpé de 2,2 % en novembre.
Dans ce contexte, la BCE devrait maintenir son taux directeur à 2 % lors de sa réunion de décembre. Les minutes récentes témoignent d’une institution confiante dans le calibrage actuel de sa politique : le niveau des taux est jugé suffisamment restrictif pour absorber de futurs chocs, et seul un écart marqué et durable par rapport à la trajectoire d’inflation pourrait justifier un ajustement monétaire
Chine : la croissance s’essouffle
La Chine a annoncé un nouveau ralentissement de son activité au troisième trimestre, avec une croissance limitée à +4,8 % sur un an, son plus faible niveau depuis douze mois. Un résultat qui confirme l'essoufflement persistant de la deuxième économie mondiale, malgré l’accalmie sur le front commercial avec les États-Unis.
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Une économie en perte de vitesse
Longtemps portée par ses performances à l’export, l’économie chinoise voit aujourd’hui le modèle vaciller. Les ventes à l’étranger, stimulées depuis des années par des coûts salariaux manufacturiers nettement inférieurs à ceux de l’Europe — près de 70 % de moins — ont subi en octobre une contraction inattendue : – 1,1 %, contre une hausse de + 3,5 % anticipée.
Les indicateurs conjoncturels confirment la morosité industrielle. L’indice des directeurs d’achat (PMI) remonte timidement de 49 à 49,2 points, mais reste sous le seuil critique des 50, synonyme de contraction. La production industrielle, quant à elle, n’a progressé que de 4,9 % sur un an, en retrait par rapport aux 5,5 % attendus par les analystes de Bloomberg.
La consommation intérieure, pourtant considérée comme un pilier de substitution aux exportations, peine, elle aussi, à prendre le relais. Les ventes au détail n’ont augmenté que de 2,9 % en octobre, un léger fléchissement après +3 % en septembre, enregistrant un cinquième mois consécutif de ralentissement. Le secteur immobilier continue d’amplifier cette fragilité : les prix du neuf reculent dans 61 des 70 grandes villes, signe que la crise immobilière continue d'éroder la richesse des ménages et leur confiance.
Les investissements en capital fixe accusent également un repli. Entre janvier et octobre, ils ont diminué de 1,7 % par rapport à l'année précédente. Selon Zhiwei Zhang, économiste chez Pinpoint Asset Management, ce recul illustre « la faiblesse persistante du secteur immobilier et l'insuffisant dynamisme des infrastructures », deux piliers historiquement stratégiques pour Pékin.
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Un nouveau plan quinquennal axé sur l’autonomie technologique
Réunis à Pékin du 20 au 23 octobre, les dirigeants du Parti communiste chinois ont esquissé les contours du prochain plan quinquennal 2026-2030.
Au cœur de cette nouvelle stratégie : l’autosuffisance technologique. Alors que la Chine fait face aux restrictions américaines sur les semi-conducteurs et les technologies sensibles, Pékin veut réduire drastiquement sa dépendance envers les fournisseurs étrangers. Le pays entend ainsi accélérer le rattrapage dans les microprocesseurs de nouvelle génération, un domaine clé pour les industries militaires, aérospatiales et numériques.
Le gouvernement prévoit une modernisation massive des usines traditionnelles, une généralisation de l’automatisation et une transition écologique de l’industrie lourde. Des investissements colossaux devraient être injectés dans les entreprises nationales, notamment celles spécialisées dans les semi-conducteurs, les machines-outils de haute précision, la biotechnologie et l’informatique quantique.
En parallèle, Pékin promet de « stimuler vigoureusement la consommation » et de renforcer son marché intérieur, avec des investissements accrus dans l’éducation, la santé et la protection sociale.
Reste à savoir si ces ambitions permettront au pays de restaurer une croissance plus robuste.
Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Le mois de novembre a signé le retour d’une volatilité marquée sur les marchés actions. Les grandes places ont, dans l’ensemble, oscillé autour de l’équilibre, tandis que les marchés émergents ont été davantage chahutés, pénalisés par des prises de bénéfices concentrées sur les actifs chinois.
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Marchés actions : retour du “risk off”
Dans cette atmosphère de prudence, les métaux précieux ont poursuivi leur ascension – l’or et l’argent en tête – alors qu’à l’inverse, le bitcoin a brutalement corrigé après avoir glissé sous le seuil symbolique des 100 000 $, illustrant la puissance des rotations intra-classes d’actifs.
- Un horizon économique brouillé
Les secteurs défensifs, tels que la santé ou la consommation de base, ont retrouvé les faveurs des investisseurs après plusieurs mois dominés par la surperformance des valeurs de croissance. Ce regain d’intérêt traduit un climat d’incertitude alimenté par un déficit de visibilité macroéconomique.
Malgré l’accord budgétaire américain et la reprise du fonctionnement administratif, les marchés sont restés en suspens, tributaires de la publication d’indicateurs majeurs – inflation, emploi, activité – dont la diffusion a été perturbée.
Cette opacité est d’autant plus paradoxale qu’elle survient dans un trimestre où 81 % des entreprises du S&P 500 ont dépassé les attentes, y compris dans la tech, pourtant secouée par de fortes prises de profits. Les craintes de survalorisation et les interrogations autour d’une éventuelle « bulle IA » ont alimenté la correction, avant que les anticipations d’une baisse des taux en décembre n’amorcent un rebond technique.
L’enjeu central de décembre sera, sans surprise, la décision de la Réserve fédérale. L’institution devra trancher sur la base de données incomplètes, faute de statistiques gouvernementales actualisées. Les investisseurs suivront de près toute indication concernant la poursuite du cycle de baisse des taux.
Certains vents contraires demeurent : une inflation toujours supérieure à l’objectif (3 % en septembre), un marché de l’emploi plus solide que prévu, ainsi que des divergences croissantes au sein du FOMC quant au rythme de l’assouplissement monétaire. Ce cocktail crée un terrain fertile pour une volatilité de fin d’année, où chaque publication d’inflation ou d’emploi est susceptible de réorienter profondément les anticipations.
- Marchés américains : un attrait intact
Après un mois de novembre marqué par une pause technique, nous maintenons une vision constructive sur les actions. Si la Fed confirme l’amorce d’un cycle de baisse des taux, les marchés américains devraient rester bien orientés.
À l’approche des élections de mi-mandat, l’exécutif aura tout intérêt à préserver un climat de confiance économique, soutenant ainsi la consommation – moteur principal du PIB. Par ailleurs, la forte exposition de la base électorale de Donald Trump aux marchés actions pourrait inciter à maintenir un environnement boursier porteur.
La décision prochaine de la Cour suprême concernant la légalité des droits de douane instaurés durant son mandat pourrait provoquer des soubresauts, mais son impact économique devrait rester limité.
Aux États-Unis, le secteur technologique demeure une source structurelle de croissance, en dépit de sa volatilité récente. Les « Magnificent 7 » affichent des prévisions de croissance bénéficiaire de 22 % en 2026, nettement supérieures à celles du reste du marché américain (11 %) ou européen (12 %).
Toutefois, l’extrême concentration des performances et la sensibilité du secteur aux annonces de la Fed renforcent la nécessité de diversifier vers des segments plus défensifs (santé, utilities) ou vers des secteurs endettés qui profiteront directement de la détente monétaire. Les minières, dont les performances exceptionnelles cette année traduisent une réévaluation après une décennie de sous-performance, bénéficient également d’une demande structurellement robuste en métaux stratégiques.
- Europe : une croissance moins élevée qu’aux États-Unis
Le Vieux Continent reste traversé par des incertitudes budgétaires (France, Royaume-Uni) et par une Allemagne dont le stimulus peine encore à se refléter dans les chiffres d’activité. Les valorisations y demeurent attractives relativement aux États-Unis, et la région se montre moins vulnérable aux corrections des mégacaps technologiques.
Néanmoins, la dynamique économique reste en retrait par rapport à celle outre-Atlantique.
Une nouvelle baisse de taux de la BCE pourrait apporter un soutien supplémentaire, mais le marché semble privilégier pour l’instant un statu quo. Dans ce contexte, notre préférence se porte sur des secteurs résilients aux perspectives bénéficiaires solides : finance, défense et santé.
- Marchés Financiers Émergents : un terrain toujours porteur ?
Après une consolidation bienvenue en novembre, suite à une année 2025 particulièrement faste, nous conservons un biais positif sur les marchés émergents. Ceux-ci devraient profiter :
- du cycle de baisse des taux américains,
- d’un dollar orienté à la baisse,
- des mesures de soutien attendues dans le cadre du 15ᵉ plan quinquennal chinois.
Comme le mois dernier, nous préconisons une allocation diversifiée sur :
- les marchés chinois, toujours volatiles, qui demeurent un pivot stratégique ;
- l’Inde qui poursuit son momentum structurel ;
- la Corée du Sud, Taïwan et le Vietnam qui offrent des opportunités portées par l’essor de l’IA et l’intensification des échanges intra-asiatiques.
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Les marchés obligataires : un positionnement stratégique
Les marchés souverains ont évolué dans un climat d’incertitude, nourri par l’absence de données macroéconomiques américaines et par les interrogations persistantes quant à la trajectoire future de la Réserve fédérale.
- Des performances contrastées sur les marchés obligataires
Malgré un marché du travail américain à double visage – hausse du chômage et des demandes d’allocations, mais créations d’emplois toujours robustes – les anticipations de baisse des taux en décembre ont provoqué un repli des rendements. Dans ce contexte, les Treasuries ont signé la meilleure performance du mois (+0,6 %).
À l’inverse, les obligations d’État japonaises ont reculé (-1,3 %), pénalisées par la remontée des rendements et par des doutes croissants quant à la soutenabilité d’un couple budgétaire et monétaire particulièrement accommodant, dans un environnement de yen faible et d’inflation élevée.
Au Royaume-Uni, les Gilts sont demeurés quasi inchangés (+0,1 %), l’annonce d’un budget finalement peu modifié n’offrant qu’un répit limité.
En zone euro, les Bunds ont sous-performé, affectés par un endettement net supérieur aux attentes, tandis que les obligations indexées ont enregistré une progression modeste (+0,2 %), dans un environnement de duration toujours défavorable hors États-Unis.
- La compression généralisée des spreads
Nous demeurons globalement positifs sur le marché obligataire, dans un contexte où les anticipations de croissance pour 2025 restent orientées à la hausse, tant aux États-Unis qu’en Europe.
Cette résilience apparente, conjuguée à un fort appétit des investisseurs pour l’obligataire – en témoignent des taux de couverture historiquement élevés –, a favorisé une compression des spreads sur l’ensemble des segments : Investment Grade, subordonnés, crédit américain, dettes périphériques européennes.
Les niveaux actuels, souvent proches de planchers historiques, envoient toutefois un signal ambivalent : ils témoignent certes d’une confiance renforcée dans la solidité des émetteurs, mais laissent également entrevoir un risque d'élargissement, notamment en cas de surprise sur la trajectoire des taux ou de fragilisation de la croissance.
Le portage, moteur essentiel de performance
Dans ce contexte, le portage demeure la principale source de performance, les rendements encore élevés constituant un véritable coussin face aux phases de volatilité.
Notre conviction reste solidement ancrée en faveur du crédit Investment Grade européen, soutenu par :
- des fondamentaux exceptionnellement robustes, avec un taux de défaut proche de ses plus bas historiques (≈0,15 %),
- une demande soutenue, comme en attestent les adjudications récentes et les émissions primaires sursouscrites,
- des niveaux de rendement attractifs sur les marchés.
Les stratégies de type buy & hold se révèlent particulièrement pertinentes, le portage constituant le cœur de la performance attendue et la visibilité sur les cash-flows des entreprises européennes restant élevée.
- États-Unis : vers une nouvelle détente monétaire ?
Sur les marchés américains, le crédit apparaît également bien orienté, porté par la perspective d’une nouvelle baisse des taux directeurs et d’un cycle potentiellement prolongé en 2026. La réduction attendue des coûts de financement soutiendrait directement les entreprises les plus capitalistiques ou les plus émettrices – notamment dans la technologie.
Toutefois, pour un investisseur européen, l’intérêt du crédit américain est fortement amoindri : le risque de baisse du dollar domine, et le coût de couverture efface en grande partie l’avantage de rendement.
Cette divergence nous conduit à maintenir une exposition limitée, privilégiant des positions tactiques plutôt que stratégiques.
- Gilts britanniques : une combinaison favorable
S’agissant des dettes souveraines, nous privilégions les Gilts britanniques, dont les rendements élevés s’accompagnent d’une trajectoire budgétaire 2026 orientée vers une consolidation crédible des comptes publics.
Cette combinaison – primes de rendement attractives et rigueur fiscale accrue – offre un profil plus séduisant que celui des États-Unis ou de l’Allemagne, où les besoins massifs de financement risquent de maintenir une pression haussière sur les rendements longs.
Dans ce cadre, nous conservons une duration courte, la partie longue de la courbe étant particulièrement vulnérable à une remontée des anticipations d’inflation ou à une réévaluation des risques budgétaires.
Nous continuons également d’apprécier les obligations financières subordonnées européennes : un segment robuste, soutenu par un cadre réglementaire strict, des niveaux de capitalisation élevés et une demande solide de la part des investisseurs institutionnels en quête de rendement. Malgré le resserrement des spreads par rapport au crédit corporate, ce segment offre toujours un rendement supérieur sans dégradation notable du profil de risque.
- High Yield : une approche sélective et prudente
Sur le segment du High Yield, notre posture demeure très prudente. La forte compression récente des spreads, conjuguée à des valorisations déjà exigeantes, impose une sélectivité accrue. Nous privilégions les maturités courtes et les signatures les plus solides.
L’année 2026 devrait être marquée par une hausse significative des besoins de refinancement, notamment chez les entreprises technologiques américaines susceptibles de solliciter plus fréquemment le marché européen. Cette dynamique pourrait créer des opportunités de rendement additionnel, à condition que la demande demeure soutenue.
- Taux longs : un risque de duration accru
Nous adoptons par ailleurs une prudence renforcée sur les taux longs.
Les besoins de financement massifs en Europe comme aux États-Unis pourraient exercer une pression haussière durable sur les rendements des maturités longues.
À cela s’ajoute un risque de remontée des anticipations d’inflation, particulièrement pénalisant pour cette partie de la courbe.
Les taux courts européens nous paraissent ainsi une alternative pertinente aux placements monétaires, compte tenu de la meilleure visibilité offerte par la politique de taux de la BCE.
Enfin, pour les investisseurs en euros, nous considérons qu’il est peu opportun de s’exposer au risque de change sur les obligations libellées en dollars : les moteurs de la parité EUR/USD demeurent défavorables au billet vert et le coût de couverture excède largement le surplus de rendement offert par le marché américain.
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Les marchés financiers alternatifs : une préférence pour le long/short
Sur le segment des stratégies alternatives, nous maintenons une allocation globalement prudente, en conservant une exposition négative à l’ensemble de ces actifs.
Néanmoins, nous exprimons une nette préférence pour les stratégies actions Long/Short, particulièrement pertinentes pour couvrir partiellement une allocation longue sur actions.
Dans un contexte marqué par de fortes dispersions, ces stratégies exploitent à la fois la sous-évaluation (positions longues) et la surévaluation (positions courtes) des titres. Le Long/Short offre ainsi une double vertu : protection contre le risque directionnel et potentiel de surperformance même en période d’incertitude.
Sa flexibilité permet de saisir des opportunités dans toutes les conjonctures, tout en assurant une décorrélation précieuse par rapport aux indices boursiers traditionnels, offrant ainsi aux portefeuilles un instrument d’optimisation et de résilience.
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L’or : un actif résilient face aux incertitudes des marchés
Le bond spectaculaire de l’or en septembre, avec l’once frôlant les 3 900 $, illustre une fois de plus la résilience du métal jaune. Malgré des performances déjà historiques cette année, nous maintenons une opinion positive sur ce placement stratégique.
Plusieurs facteurs structurels continuent de soutenir l’or : la baisse des taux réels consécutive à l’assouplissement des taux directeurs, la faiblesse persistante du dollar américain, l’escalade des tensions géopolitiques, ainsi qu’un recul de confiance parmi les acteurs économiques. À cela s’ajoute une demande soutenue, tant institutionnelle que privée, provenant notamment des banques centrales et des ménages, particulièrement en Asie et dans les économies émergentes.
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Les produits structurés : flexibilité et personnalisation au service du rendement
Nous maintenons une conviction solide en faveur des produits structurés. Bien plus qu’un simple instrument d’exposition, ils constituent une solution sophistiquée de personnalisation, permettant d’ajuster avec précision l’accès aux marchés ainsi que le couple rendement-risque selon les objectifs de l’investisseur.
Ces instruments se révèlent particulièrement pertinents pour ceux qui souhaitent s’exposer à des marchés ou secteurs offrant un fort potentiel de croissance à moyen terme, tout en bénéficiant de mécanismes de protection contre les risques de correction. Cette caractéristique prend d’autant plus de valeur dans des périodes de valorisation élevée des marchés.
La diversification reste essentielle, tant au niveau des sous-jacents que des structures employées. Grâce à leur flexibilité, les produits structurés offrent aux investisseurs un levier pour optimiser leur portefeuille dans l’environnement actuel, tout en s’adaptant aux besoins de distribution. Ils constituent ainsi un pilier clé dans toute stratégie de rente personnalisée, conciliant performance et gestion des risques.
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Private Equity : une classe d’actifs incontournable
L’intérêt des investisseurs institutionnels pour les actifs non cotés continue de croître, malgré un contexte économique marqué par des incertitudes. Cette dynamique, soutenue par la baisse progressive des taux d’intérêt en 2025, oriente également les flux vers des fonds plus accessibles au grand public.
- Des incertitudes perceptibles
Le marché reste prudent, influencé par les incertitudes politiques et économiques. Néanmoins, nous restons confiants quant au potentiel du private equity.
Les stratégies secondaires se révèlent particulièrement attractives grâce à leurs perspectives de valorisation prometteuses. Les fonds de co-investissement demeurent au cœur de nos priorités, combinant optimisation des rendements et maîtrise des coûts.
Parallèlement, les stratégies de dette privée – mezzanine ou growth buyout – gagnent en popularité pour accompagner les entreprises en pleine croissance. Le capital-risque, notamment dans les secteurs technologiques et liés à la transition énergétique, retrouve également un fort attrait, offrant des opportunités séduisantes pour les startups innovantes.
- Une allocation diversifiée et réfléchie
Pour exploiter pleinement le potentiel des investissements non cotés tout en limitant les risques, nous recommandons une approche diversifiée et de long terme, comprenant :
- Les stratégies secondaires, pour leur stabilité et la robustesse de leurs rendements ;
- L’exposition au capital-risque, visant des opportunités à haut potentiel dans les secteurs innovants ;
- Les LBO (Leveraged Buyout), permettant de tirer parti de l’effet de levier ;
- Le growth equity, pour bénéficier de la croissance d’entreprises matures et prometteuses ;
- La dette mezzanine, avec ses taux attractifs, comme outil clé de diversification.
Face à un environnement économique en constante évolution, cette allocation vise à conjuguer performance et gestion proactive des risques. Nous restons attentifs à l’évolution du marché, tout en capitalisant sur les opportunités offertes, notamment dans des secteurs stratégiques tels que la santé et la transition énergétique.






