Présent d'usage ou Don Manuel ?

Présent d’usage ou don manuel : le cadeau d’Ousmane Dembélé à sa mère relance le débat fiscal

Le débat entre présent d’usage et don manuel ne passionne pas seulement les fiscalistes. Il touche en réalité tous les contribuables susceptibles d’offrir — ou de recevoir — un cadeau important. Le dernier exemple en date vient du monde du football. Celui d’Ousmane Dembélé, lauréat du Ballon d’Or 2025, et d’un virement réalisé à sa mère il y a quelques années.

Un « cadeau d’anniversaire » à 200 000 euros

En 2017, alors qu’il évoluait au Borussia Dortmund, l’international français avait offert à sa mère, Fatimata Dembélé, une somme de 200 000 euros à l’occasion de son quarantième anniversaire. Selon le joueur, il s’agissait d’un simple « cadeau d’anniversaire », un geste filial qu’il estimait exonéré d’impôts.

Mais l’administration fiscale n’a pas la même lecture. Pour le fisc, ce transfert s’apparente à un revenu imposable plutôt qu’à un présent d’usage. Une divergence d’interprétation qui a conduit Mme Dembélé à contester la taxation devant le tribunal administratif de Rennes.

Une affaire aux contours flous

Le rapporteur public a estimé que la taxation était justifiée. Fatimata Dembélé était alors employée par une société gérant l’image de son fils. Par ailleurs, le virement avait été effectué six mois après l’anniversaire, sur un compte espagnol non déclaré.

La mère du joueur a cependant demandé la décharge de la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu, aux prélèvements sociaux et aux pénalités infligées.

Présent d’usage ou don manuel : où est la frontière ?

La question n’est pas anodine. En droit français, la distinction entre présent d’usage et don manuel est essentielle. Car c'est elle qui détermine si un transfert d’argent doit être déclaré et taxé.

  1. L’occasion du cadeau

Un présent d’usage est un cadeau offert à l’occasion d’un événement particulier : anniversaire, mariage, réussite à un examen, Noël, naissance, etc. La Première chambre civile de la Cour de cassation l’a rappelé. Il s’agit d’un don fait conformément à un usage social et n’excédant pas une certaine valeur. Un transfert sans lien avec un événement précis ne peut donc pas être considéré comme un présent d’usage. Le juge l'a souligné dans un arrêt du 25 septembre 2013.

  1. La proportionnalité du don

La valeur du cadeau doit rester proportionnée à la fortune, aux revenus et au train de vie du donateur. L’article 852 du Code civil précise que le caractère de présent d’usage « s’apprécie à la date où il est consenti et compte tenu de la fortune du disposant ».

Aucune limite chiffrée n’est fixée par la loi, mais la pratique recommande de ne pas dépasser : 2 % du patrimoine, ou 2,5 % des revenus annuels. En clair : plus le donateur est fortuné, plus ses cadeaux peuvent être généreux — à condition qu’ils ne « l’appauvrissent » pas.

Un concept souple, mais risqué

Le présent d’usage peut prendre diverses formes : argent, bijoux, mobilier, véhicule, œuvres d’art, titres financiers… Il bénéficie d’un régime fiscal avantageux. Celui-ci n'est, en effet, ni imposable au titre des droits de donation, ni rapportable à la succession.

Mais l’absence de critères stricts rend la frontière avec le don manuel particulièrement floue.

Les juges apprécient au cas par cas la nature du cadeau.

Quelques exemples illustrent cette variabilité

Pour la Cour d’appel de Paris, un chèque offert par une mère à ses enfants à l’occasion de Noël, pour un montant total de 200 000 francs (soit environ 30 500 €) au regard d’un patrimoine familial de 8,2 millions de francs (1,25 M€), a été reconnu comme un présent d’usage.

À l’inverse, la Cour de cassation a refusé cette qualification lorsqu’un époux avait remis un chèque bancaire à son épouse. Le montant, complété par cette dernière, s’élevait à 60 754,30 francs (9 250 €), sans que l’occasion du cadeau soit précisée.

De même, un chèque de 200 000 € remis par un dirigeant à un ancien collaborateur pour son départ à la retraite n’a pas été considéré comme un présent d’usage. La Cour a relevé que deux ans s’étaient écoulés entre le départ effectif à la retraite et la remise du chèque, ce qui rendait le lien avec l’événement trop éloigné (Cour d’Appel de Paris, 2024).

Ce que l’on peut relever dans le cas d’espèce

Dans l’affaire de Madame Dembélé, plusieurs éléments posent question :

- Le versement n’a pas été effectué au moment précis de l’anniversaire annoncé, mais six mois après. L’occasion particulière paraît moins clairement mise en avant.

- Le montant (200 000 €) est relativement élevé, surtout si on le rapporte au contexte (bien que la fortune de l’auteur du don soit déjà probablement élevée à ce moment-là,). La proportionnalité peut donc être discutée.

- Le fait que la bénéficiaire soit employée par une société liée à l’auteur du don pourrait faire basculer la qualification vers un revenu déguisé plutôt qu’un simple présent affectif.

- Le virement a transité par un compte étranger non déclaré, ce qui peut complexifier la situation sous l’angle fiscal ou de dissimulation.

Les conseils de Scala Patrimoine

En l’absence de cadre précis, la prudence reste de mise. Les experts recommandent de conserver toutes les preuves du caractère de présent d’usage : relevé bancaire à la date de l’événement, copie de l’ordre de virement, facture ou courrier explicatif.

Car en cas de requalification en don manuel, les conséquences sont lourdes : droits de donation exigibles, rappel fiscal au décès, et possible remise en cause du partage successoral.

L’affaire Dembélé illustre à quel point la ligne entre générosité familiale et don fiscalement taxable peut être ténue. Entre affection et imposition, le juge devra trancher : s’agissait-il d’un simple cadeau d’anniversaire, ou d’un don dissimulé ? La décision attendue des juges administratifs pourrait bien rappeler à chacun que le fisc ne plaisante pas avec les cadeaux.


Financial Times

Guillaume Lucchini alerte dans le Financial Times sur l’exode des capitaux français

Interrogé par les journalistes du Financial Times, Sarah White et Mercedes Ruehl, Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office indépendant Scala Patrimoine, a livré son analyse sur la profonde inquiétude des grandes fortunes françaises face aux turbulences politiques et fiscales que traverse l’Hexagone.

Une instabilité politique persistante

Depuis l’annonce surprise, en juin 2024, de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, la vie politique française a pris des allures d’imbroglio. Les élections législatives qui ont suivi ont accouché d’une chambre fragmentée, éclatée entre blocs antagonistes, où les alliances se font et se défont au gré des intérêts immédiats. Cette configuration rend l’adoption d’une ligne politique claire presque impossible. Le feuilleton du budget 2025 en a donné une illustration éclatante : incapable de rassembler une majorité, le gouvernement a dû recourir à une loi de finances exceptionnelle en début d’année 2025, signe de paralysie institutionnelle.

À cette incertitude s’ajoute la perspective d’un tour de vis fiscal. Le projet de budget 2026, déjà marqué par un déficit public annoncé à 4,6 % du PIB, prévoit de solliciter plus fortement encore les hauts revenus et les détenteurs de patrimoine. Sous l’impulsion de Sébastien Lecornu, fidèle allié du président, l’exécutif envisage à la fois de prolonger la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) et d’instaurer une nouvelle taxe sur le patrimoine financier logé dans les holdings familiales. De quoi nourrir la méfiance des entrepreneurs et des grandes familles qui craignent d’être, une fois de plus, en première ligne pour renflouer les caisses de l’État.

Le Luxembourg et la Suisse, valeurs refuges

C’est dans ce climat d’instabilité politique et fiscale que les grandes fortunes françaises se tournent vers des solutions d’investissement hors de l’Hexagone. Selon Guillaume Lucchini pour le Financial Times, la tendance est nette : « La majorité des actifs que nous gérons ne sont plus en France. En matière de contrats d’assurance-vie au Luxembourg, le mouvement s’accélère réellement. »

Le Luxembourg séduit en effet par son régime d’assurance-vie particulièrement avantageux. Ces contrats offrent une grande souplesse dans la gestion des actifs, une protection renforcée des capitaux grâce au fameux « triangle de sécurité » – qui garantit la séparation stricte entre les avoirs des souscripteurs, la compagnie d’assurance et la banque dépositaire – ainsi qu’un large choix d’investissements accessibles à l’échelle européenne et internationale. Pour les familles fortunées, c’est l’assurance d’une diversification optimale et d’une protection accrue, tout en bénéficiant d’une fiscalité compétitive.

Mais le Grand-Duché n’est pas le seul à attirer ces flux financiers. La Suisse demeure une destination privilégiée. Comme le souligne Lucchini, « une somme folle de capital » y est actuellement transférée. La place helvétique, réputée pour la solidité de son système bancaire et la confidentialité de ses relations clients, conserve un pouvoir d’attraction intact. Au-delà de la stabilité politique et monétaire du pays, la Suisse propose une expertise de gestion de patrimoine parmi les plus sophistiquées au monde, ainsi qu’une palette d’outils de structuration internationale recherchés par les entrepreneurs et les investisseurs.


Assemblée Nationale, Loi spéciale 2025 pour assurer la continuité des services publics

Projet de Loi de Finances pour 2026 : les mesures qui concernent votre patrimoine

Enfin ! Le gouvernement Lecornu II a levé le voile sur son projet de loi de finances pour 2026. Ce budget, très attendu, reprend dans ses grandes lignes le texte élaboré par François Bayrou avant sa chute politique.

Selon le Haut Conseil des finances publiques, les nouvelles mesures fiscales devraient générer 13,7 milliards d’euros de recettes supplémentaires, réparties entre entreprises et ménages.

L’objectif affiché est clair : réduire le déficit public. L'idée étant de le ramener de 5,4 % en 2025 à 4,7 % en 2026.

Les plus fortunés mis à contribution

L’essentiel de l’effort reposera sur les ménages les plus aisés. Le projet prévoit en effet la création d’une taxe sur le patrimoine financier, visant notamment les holdings, doublée d’un impôt complémentaire sur les très hauts revenus. Montant attendu : 2,5 milliards d’euros.

À ces mesures s’ajoutera la poursuite de la rationalisation des niches fiscales et sociales. Celle-ci devrait rapporter près de 5 milliards d’euros.

Certaines propositions alternatives, comme la mise en place d’une « taxe Zucman » sur les plus grandes fortunes, n’ont finalement pas été retenues. Le statut du bailleur privé ne verras pas non plus le jour. Les députés lui préférant un nouveau dispositif de soutien à l'investissement locatif.

Reste que la route s’annonce périlleuse. Dans un climat d’instabilité chronique, le gouvernement devra faire preuve d’une grande habileté pour maintenir sa trajectoire budgétaire. Les débats parlementaires promettent d’être houleux, et nul doute que le texte subira de nombreux amendements avant son adoption définitive, prévue au 31 décembre 2025.

Gel du barème de l’imposition sur le revenu ?

Le barème de l’IR est - habituellement - indexé chaque année sur l’inflation, afin de tenir compte des effets de la hausse des prix.

Pour assurer une contribution de chacun, les barèmes de l’impôt sur le revenu et de la CSG devaient etre maintenus en 2026 à leur niveau actuel. Cela aurait eu pour conséquences d’augmenter mécaniquement les impôts de certains ménages, et de rendre imposable de nouveaux ménages qui ne l’étaient pas. Le législateur attendait de 2,2 Md€ de cette disposition. Mais les députés ont décidé de revenir sur cette disposition. Le barème serait ainsi bien indexé sur l'inflation.

Suppression de l’abattement forfaitaire de 10 % pour les retraités ?

Le projet de loi de finances pour 2026 initial prévoyait de supprimer l’actuel abattement proportionnel de 10 % sur les pensions de retraite. Celui-ci sera toutefois remplacer par un abattement forfaitaire de 2 000 € pour un célibataire et 4 000 € pour un couple. Cette réforme devait en principe protéger les contribuables touchant les pensions les plus faibles. Mais par amendement, les députés ont choisi de ne pas appliquer cette disposition.

Création d’une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales

Le gouvernement entend frapper au cœur des stratégies d’optimisation fiscale avec la mise en place d’une nouvelle taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales. Inspiré de dispositifs existant déjà aux États-Unis ou en Irlande, ce mécanisme vise à contrer la pratique des « cash box » : ces sociétés servant de réceptacle à des revenus non distribués, échappant ainsi à l’impôt.

Concrètement, la taxe s’appliquerait aux holdings dont l’activité est majoritairement patrimoniale, caractérisée par une prépondérance de revenus passifs, et dans lesquelles une personne physique – ou son cercle familial – détient au moins un tiers des droits.

Le budget préliminaire fixe le taux à 2 % de la valeur vénale des actifs non professionnels détenus dans ces holdings, à condition que leur bilan excède 5 millions d’euros. Seules les structures percevant plus de 50 % de revenus passifs seraient concernées, les actifs qualifiés d’« outils professionnels » restant exclus du dispositif.

Par souci d’équité, la taxe ne se limiterait pas aux holdings françaises : les résidents fiscaux de l’Hexagone détenant de telles structures à l’étranger seraient également redevables.

Selon les estimations de Bercy, près de 4 000 ménages vont etre concernés par cette mesure. Mais la complexité technique du dispositif, les risques de contentieux et les difficultés d’application suscitent déjà de vifs débats. Les discussions parlementaires s’annoncent donc déterminantes pour préciser les contours et la portée réelle de cette nouvelle fiscalité patrimoniale.

Prorogation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)

Le gouvernement Lecornu II a confirmé, dans son projet de loi de finances pour 2026, la prorogation d’un an de la contribution différentielle sur les hauts revenus.

Instauré par la loi de finances pour 2025, ce dispositif vise à garantir un taux d’imposition effectif minimal de 20 % pour les contribuables les plus aisés. Il s’applique aux ménages dont le revenu annuel atteint au moins 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple.

Initialement conçue comme une mesure temporaire, limitée à l’année 2025, cette contribution exceptionnelle sera finalement maintenue en jusqu'à ce que le déficit public tombe en dessous de 3 % du PIB.

Réforme du statut des jeunes entreprises innovantes (JEI)

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale introduit un resserrement des conditions d’accès au statut de jeune entreprise innovante (JEI). Désormais, la part des dépenses de recherche et développement (R&D) exigée dans la masse salariale pour bénéficier de ce régime passerait de 20 % à 25 %.

Cette modification, en apparence technique, aura des conséquences concrètes : elle devrait réduire le nombre de start-up éligibles à ce dispositif particulièrement prisé. Actuellement, près de 4 500 entreprises en bénéficient en France.

Elargissement du Dispositif « Coluche » en faveur des associations

Le gouvernement prévoit de doubler le plafond des dons éligibles au dispositif « Coluche », qui offre une réduction d’impôt de 75 %. Le plafond passerait ainsi de 1 000 à 2 000 euros par donateur.

Cette mesure vise à soutenir les associations d’intérêt général sans but lucratif œuvrant en faveur des plus démunis. Elle concernerait notamment les organismes qui accompagnent les personnes en difficulté, fournissent repas et soins médicaux, ou facilitent le relogement des victimes de violences domestiques.

Suppression de niches fiscales jugées inefficaces

Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit la suppression de 23 niches fiscales, jugées « obsolètes ou inefficaces », parmi les 474 existantes. Certains dispositifs concernent un grand nombre de foyers.

• Réduction d’impôt pour frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur

Aujourd’hui, les parents d’enfants au collège, au lycée ou dans l’enseignement supérieur bénéficient d’une réduction d’impôt de 61 €, 153 € ou 183 € selon le niveau d’études. Si cette réduction reste modeste pour chaque foyer, elle touche 4,5 millions de contribuables et coûte plus de 240 millions d’euros aux finances publiques. Le projet de loi de finances pour 2026 proposait donc de la supprimer. Mais l'Assemblée nationale est revenue sur ce projet. En l'état actuel des choses, cette réduction d'impôt est donc maintenue.

• Défiscalisation des indemnités journalières pour affection longue durée (ALD)

Les malades reconnus en ALD bénéficient d’une prise en charge intégrale par l’Assurance Maladie. Actuellement, en cas d’arrêt maladie, ils peuvent déduire de leur impôt sur le revenu l’intégralité des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, un avantage fiscal représentant 700 millions d’euros pour l’État. Le projet de loi prévoyait la suppression de cette exonération. Par amendement, les députés ont finalement maintenu la défiscalisation de ces indemnités journalières.

• Crédits d’impôts pour la formation des chefs d’entreprise et pour le rachat d’une entreprise par ses salariés

• Déductions des dépenses engagées par les sportifs professionnels pour leur reconversion

Ces mesures s’inscrivent dans une logique de rationalisation fiscale et de maîtrise des dépenses publiques. Mais elles devraient susciter aussi de vifs débats, tant elles touchent des catégories de contribuables très diverses.

Suspension de la réforme des retraites

Le gouvernement Lecornu a annoncé la suspension de la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028. Concrètement, cela signifie aucun relèvement de l’âge légal de départ ni allongement de la durée d’assurance pendant cette période.

Cette pause, si elle répond à des préoccupations sociales fortes, aura cependant un coût estimé à 1,8 milliard d’euros d’ici 2027.

Le statut du bailleur privé ne verra pas le jour

Écarté lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2026, le statut du bailleur privé ne verra finalement pas le jour. Les députés lui préférant un nouveau dispositif d’incitation. À partir du 1er janvier 2026 et jusqu’au 31 décembre 2028, les particuliers acquérant un bien neuf ou en VEFA pour le louer en nu à une personne extérieure à leur foyer fiscal pourront amortir 2 % du prix d’acquisition (dans la limite de 5 000 euros par an et par foyer fiscal). Les biens doivent être loués sous deux ans, pour au moins neuf ans, avec possibilité de prolongation de l’amortissement.

Contribution additionnelle sur certains avantages sociaux

Le projet de loi de finances 2026 prévoit également de taxer certains avantages accordés par les employeurs. Sont concernées les sommes versées sous forme de titres-restaurant, de chèques vacances, de chèques cadeaux ou d’autres avantages sociaux et culturels.

Le législateur appliquerait ainsi une contribution patronale additionnelle de 8 % à ces dispositifs.

Projet de Loi de Finances pour 2026

Transmission d'un patrimoine immobilier

Comment repenser un patrimoine immobilier concentré ?

Contexte familial & patrimoine immobilier

Une dame âgée de plus de 90 ans au patrimoine conséquent, quasi exclusivement investi en immobilier, a souhaité rencontrer les équipes de Scala Patrimoine, accompagnée de son fils unique, lui-même père de quatre enfants.

Titulaire de l’usufruit d’un ensemble immobilier évalué à 12 millions d’euros, Madame détient notamment une résidence principale estimée à 1,7 million d’euros, ainsi que deux locaux commerciaux situés à Paris, d’une valeur totale de 8 millions d’euros. Ces actifs lui assurent 531 000 € de revenus locatifs hors taxes et charges, soit un revenu foncier global de 581 000 € par an.

Le patrimoine est détenu en démembrement de propriété : Madame conserve l’usufruit, tandis que son fils en détient la nue-propriété.

Objectifs patrimoniaux des clients

Soucieuse de préparer sa succession et d’assurer l’avenir de ses petits-enfants, Madame souhaite, avec son fils, engager une stratégie de transmission transgénérationnelle. L’objectif : anticiper la transmission du patrimoine en transférant progressivement la propriété aux quatre petits-enfants, tout en optimisant la fiscalité et en sécurisant les flux financiers de chaque génération.

Par ailleurs, si madame dispose d’un patrimoine conséquent, celui-ci présente une forte concentration sur une seule classe d’actifs. La détention quasi exclusive de biens immobiliers, d’une valeur estimée à 12 millions d’euros, assure des revenus réguliers mais pose un véritable problème d’illiquidité, mais aussi de simplicité et de tranquillité dans la gestion au quotidien. En effet, l’immobilier est par nature un actif difficile à céder rapidement sans subir une décote, ce qui limite la flexibilité financière en cas de besoin de liquidités.

Enfin, cette exposition massive au secteur immobilier entraîne un manque de diversification patrimoniale, accroissant les risques liés aux fluctuations du marché et réduisant les marges de manœuvre pour optimiser la transmission et sécuriser durablement le capital au profit des générations futures.

Situation fiscale de la cliente

Au-delà des problématiques purement patrimoniales, la cliente fait face à une fiscalité particulièrement lourde. En effet, ses revenus se décomposent comme suit

- Pension de retraite : environ 45 000 €

- Revenus fonciers : 531 000 €

- Revenu imposable (après déduction de la CSG) : 537 000 €

  • Impôt sur le revenu

Ce niveau de revenu la place dans les tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu, avec les conséquences suivantes :

- Impôt sur le revenu (barème progressif) : environ 219 000 €

- Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) : 9 000 €

- Impôt total avant crédits d’impôt : 228 000 €

À cela s’ajoutent :

  • Prélèvements sociaux (revenus du patrimoine) : 91 000 €

Au total, la cliente supporte une pression fiscale globale de près de 60 % sur ses revenus, soit environ 319 000 € d'impôts et prélèvements.

  • Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

Par ailleurs, le contribuable subissait une fiscalité importante au titre de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Il est redevable d’un impôt proche de 120 000 €. Une économie d’impôt estimée à 60 000 € par an pourrait être réalisée grâce à une stratégie d’optimisation adaptée (réduction de la base taxable, structuration du patrimoine immobilier, etc.).

Patrimoine et revenus de Madame
Patrimoine et revenus de Madame

Stratégie patrimoniale mise en œuvre : la redéfinition du patrimoine financier et immobilier

Pour l’accompagner dans cette stratégie patrimoniale, les équipes de Scala Patrimoine lui ont proposé de créer une SAS à l’impôt sur les sociétés (IS), réunissant dans un premier temps son fils et elle-même, de façon très minoritaire. Dans un second temps, son fils se chargeant de transmettre en démembrement les parts de cette société à ses quatre enfants.

Cette société a pour vocation d’acquérir les actifs immobiliers aujourd’hui détenus par la famille, dans le cadre d’une opération d’OBO (Owner Buy Out).

L’achat des biens, valorisés à 8,09 millions d’euros, étant financé via un emprunt bancaire de 6,5 millions d’euros, complété par un compte courant d’associé des vendeurs à hauteur de 2 millions d’euros. Les annuités du prêt (450 000 €) restent inférieures aux loyers générés par les locaux commerciaux (527 000 €), ce qui permet à la SAS de dégager une trésorerie annuelle de 79 000 €, utilisable notamment pour rembourser le compte courant d’associé de Madame et de son fils.

La structuration juridique et fiscale
La structuration juridique et fiscale
  • Une structuration fiscale et financière optimisée

À la suite de la cession des biens à la SAS, le prix de vente (8,09 M€) a été réparti selon les droits de chacun :

- 884 000 € pour Madame (usufruit - 10 %)

- 7 956 000 € pour son fils (nue-propriété - 90 %)

Madame a choisi de réinvestir le produit de la vente dans un contrat de capitalisation démembré, conservant l’usufruit, avec nantissement à son bénéfice. Cela lui permet de percevoir des revenus complémentaires d’environ 100 000 € par an, tout en simplifiant la gestion quotidienne de son patrimoine.

Son fils, quant à lui, a mobilisé 3,2 M€ pour l’apport personnel et les frais de notaire. Le reliquat d’environ 4,5 M€ a été investi dans un contrat de capitalisation qui sera au bénéfice des petits-enfants, assurant ainsi une transmission optimisée et pérenne du capital familial.

  • Maintien du train de vie et réduction de la pression fiscale sur le patrimoine immobilier

Grâce à cette stratégie, Madame bénéficie de revenus annuels de 267 595 €, se composant de :

- Revenus fonciers et pension : 97 595 €

- Produits de placement : 100 000 €

- Remboursement de compte courant : 70 000 €

Plus de 60 % de ces revenus sont faiblement fiscalisés, permettant de préserver son niveau de vie tout en réduisant significativement son impôt sur le revenu et son IFI (économie estimée à 60 000 €).

  • Une réponse sur mesure

La stratégie patrimoniale mise en place a permis à Madame de transformer une partie de son patrimoine immobilier, jusque-là concentré et peu liquide, en capitaux disponibles et diversifiés. Grâce à l’opération de cession à la SAS et au réinvestissement dans un contrat de capitalisation démembré, elle bénéficie désormais de revenus complémentaires réguliers et faiblement fiscalisés, tout en conservant la sécurité nécessaire pour financer son train de vie.

Le choix du contrat de capitalisation était à ce titre très bien réfléchi, eu égard à ses nombreux atouts patrimoniaux. Il offre, en effet, une gestion souple de l’épargne, avec un cadre fiscal similaire à celui de l’assurance-vie, tout en permettant des arbitrages financiers adaptés aux objectifs de l’investisseur. Atout majeur : il n’est pas dénoué au décès du souscripteur, ce qui facilite la transmission et permet de le donner de son vivant, avec conservation de l’antériorité fiscale. Il constitue ainsi un outil efficace de diversification et d’optimisation successorale.

Parallèlement, cette structuration assure une préparation efficace de la transmission en intégrant dès aujourd’hui ses petits-enfants dans le dispositif, garantissant une gestion harmonieuse et transgénérationnelle du patrimoine familial.

Les atouts du contrat de capitalisation
Les atouts du contrat de capitalisation

L’expertise de Scala Patrimoine

La réussite de cette opération repose sur une coordination rigoureuse et une expertise transversale, rendue possible par l’intervention des équipes de Scala Patrimoine.

Jouant le rôle de Chef d’Orchestre, notre family office a ainsi réunit les principaux experts ayant permis de structurer l’opération dans les meilleures conditions :

- Notaire

- Avocat fiscaliste

- Expert en immobilier

- Banque partenaire en charge du refinancement

Grâce à une analyse fine du patrimoine, à une structuration juridique et fiscale sur-mesure, et à une approche centrée sur les objectifs familiaux à long terme, Scala Patrimoine a su proposer une solution innovante, sécurisée et fiscalement efficiente, tout en préservant les intérêts de chaque génération.

Conclusion

Au-delà des problématiques patrimoniales, la cliente subissait une fiscalité très importante. Elle était donc redevable de près de 219 000 € au titre de l’impôt sur le revenu.

C’est une somme colossale, surtout qu’elle est aussi redevable de la contribution sur les hauts revenus. D'où un impôt total de 228 K€ (avant crédits d'impôts). Et enfin les prélèvements sociaux pour un montant de 91 K€. Cela l’amenait à une imposition de près de 60 % de taux d'imposition.

En conclusion, ces opérations présentent de nombreux avantage :

- Libérer de nombreuses liquidités utilisables à titre personnel par la famille,

- Limiter la fiscalité inhérente aux revenus locatifs grâce au passage à une société à l’IS, et ce d’autant plus que la dette souscrite par la SAS pour acquérir les biens immobiliers créer une charge déductible fiscalement du résultat.

Cette opération illustre parfaitement le savoir-faire de Scala Patrimoine dans la gestion de dossiers complexes à fort enjeu familial et patrimonial. Grâce à une approche globale, à la maîtrise des mécanismes de démembrement et de structuration sociétaire, et à une écoute attentive des besoins de ses clients, Scala Patrimoine transforme une problématique successorale en opportunité patrimoniale transgénérationnelle.

Les équipes de Scala Patrimoine se tiennent d'ailleurs à votre entière disposition pour vous accompagner dans la gestion et le développement de votre patrimoine, et vous aider à trouver des solutions adaptées à vos enjeux et problématiques.


Les marchés financiers prouvent une nouvelle fois leur dépendance aux décisions des banques centrales. L'économie résiste, quant à elle, trés bien.

Le rendez-vous des marchés financiers – Septembre 2025

Marchés financiers & économie : les points clés

  • Les marchés financiers poursuivent leur belle dynamique, aux États-Unis et en Europe ;
  • La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain, Donald Trump, ont scellé un accord commercial portant sur les droits de douane ;
  • En France, l’hypothèse de nouvelles élections législatives gagne du terrain. Une perspective qui alimente l’incertitude et ravive les inquiétudes des investisseurs quant à la stabilité des institutions ;
  • Depuis Jackson Hole, le président de la Réserve fédérale américaine a entrouvert la porte à une nouvelle baisse des taux d’intérêt.

Quelles performances sur les marchés financiers ?

  • Rencontre entre Trump et Poutine en Alaska

Le 15 août dernier, sur la base interarmées d’Elmendorf-Richardson à Anchorage, en Alaska, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont retrouvés pour une rencontre très attendue. En terre américaine, le président des États-Unis et son homologue russe ont échangé pendant près de trois heures.

Au cœur des discussions : la guerre en Ukraine. Mais ni cessez-le-feu, ni avancée concrète n’en sont sortis. Tout au plus, une invitation à Moscou, qui a laissé les observateurs sur leur faim.

D’après le politiste russe Andreï Kolesnikov, Vladimir Poutine aurait surtout cherché à gagner du temps, tout en maintenant un lien de proximité avec Donald Trump. « Un temps dont il a besoin pour repousser la ligne de front le plus à l’ouest possible, avant de figer la situation dans un accord ultérieur », analyse-t-il.

Trois jours plus tard, le 18 août, c’était au tour de Volodymyr Zelensky de s’entretenir avec le président américain à Washington. Là encore, la réunion n’a pas permis d’avancer notable. Seules les « garanties de sécurité » pour l’Ukraine ont été évoquées, sans qu’aucun engagement formel ne soit scellé.

Quant au prix Nobel de la paix auquel Donald Trump semble aspirer avec insistance, il lui faudra encore patienter.

  • USA – Europe : un accord commercial déséquilibré ?

Après des mois de tractations intenses, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain, Donald Trump, ont scellé, le 27 juillet dernier en Écosse, un accord commercial sur les droits de douane.

L’enjeu est colossal : chaque jour, plus de 4,2 milliards d’euros de biens et de services traversent l’Atlantique. L’Europe représentant le deuxième déficit commercial le plus important pour les États-Unis, juste après la Chine.

- Les contours de l’accord transatlantique

Les principales dispositions sont les suivantes :

- Les États-Unis imposent désormais un tarif douanier de 15 % sur la majorité des produits européens, notamment l’automobile, les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques.

- L’aéronautique bénéficie d’une exemption totale.

- L’acier et l’aluminium restent soumis à un droit de 50 %.

En contrepartie, l’Union européenne s’engage à :

- Supprimer toutes les taxes sur les produits manufacturés américains.

- S’approvisionner en énergie aux États-Unis pour un montant de 750 milliards de dollars sur les trois prochaines années.

- Ouvrir son marché agricole à certaines exportations américaines dites « non sensibles », pour 7,5 milliards d’euros (huile de soja, semences, céréales, fruits à coque, cacao, ketchup, biscuits, etc.).

- Investir 600 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2028, notamment dans le secteur militaire, tout en facilitant l’accès aux produits agricoles et maritimes américains.

- Un accord asymétrique, mais diplomatiquement utile

À première vue, l’accord semble déséquilibré, taillé sur mesure pour Washington qui a imposé ses conditions. Mais il doit davantage être lu comme un compromis diplomatique que comme une simple victoire commerciale. « Si cet accord peut sembler décevant pour l’Europe, il a néanmoins le mérite de fixer un cadre clair aux échanges transatlantiques. Il offre de la visibilité aux entreprises et, in fine, aux investisseurs », souligne un gérant d’actifs.

Même tonalité du côté d’Apolline Menut, économiste chez Carmignac : « L’Europe a réussi à protéger certains secteurs stratégiques des surtaxes les plus lourdes. Cela réduit l’incertitude sur les chaînes d’approvisionnement, même si des zones d’ombre subsistent. » Elle rappelle aussi que l’accord s’inscrit dans le contexte de la guerre en Ukraine : « Le lobbying européen a permis deux avancées : Trump a donné un ultimatum sévère de 50 jours à la Russie et a accepté de poursuivre les livraisons d’armes financées par l’UE. »

Pour Robert Schramm-Fuchs, gestionnaire de portefeuille, il était important d’offrir une certaine stabilité aux entreprises : « Même s’il ne s’agit pas d’un accord commercial parfait, il a évité l’escalade des droits de douane, ce qui garantit une certaine stabilité aux industries clés des deux côtés. »

- Premiers effets : l’Allemagne en première ligne

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’excédent commercial européen a chuté de 37 milliards à 26 milliards d’euros en un an au deuxième trimestre 2025. L’Allemagne, pilier industriel de l’Europe, encaisse le choc : ses exportations vers les États-Unis reculent de 3,9 % au premier semestre, avec des plongeons spectaculaires dans l’automobile (–8,6 %) et les machines-outils (–7,9 %).

Après un record de 71 milliards d’euros d’excédent en 2024, Berlin accuse déjà une baisse de 13 %. Selon Commerzbank, les exportations européennes vers les États-Unis pourraient dégringoler de 20 à 25 % d’ici deux ans.

- Japon, Vietnam… et la Chine en suspens

L’Europe n’est pas la seule à céder du terrain. Quelques semaines plus tôt, le Japon avait conclu un accord similaire avec Washington : droits réciproques de 15 %, investissements nippons de 550 milliards de dollars et ouverture accrue de son marché aux produits américains, y compris automobiles et agricoles.

Le Vietnam a, lui aussi, obtenu un compromis : la taxe américaine initialement fixée à 46 % sur ses exportations a été réduite à 20 %, mais un droit de 40 % reste appliqué aux produits soupçonnés d’être réexportés depuis des pays tiers.

Quant à la Chine, le bras de fer reste en suspens. Donald Trump a signé un décret prolongeant la trêve commerciale jusqu’au 10 novembre 2025. Les discussions se poursuivent donc entre les deux superpuissances.

  • Les marchés actions prolongent leur dynamique

Les principaux indices boursiers mondiaux ont poursuivi leur ascension tout au long du mois d’août. En tête, le Shanghai Composite, emblème des marchés chinois, s’offre un bond spectaculaire de près de 9 %. Derrière lui, l’EuroStoxx 50 et le Nasdaq affichent une progression solide de 3,9 % sur la même période. Le CAC 40, malgré une tendance positive, peine à suivre le rythme effréné de ses homologues et ne progresse « que » de 2,5 %.

Performance des marchés financiers en aout 2025
Performance des marchés financiers en aout 2025
  • Nvidia : encore et toujours au sommet sur les marchés financiers

La saison des résultats du deuxième trimestre a confirmé la bonne santé des entreprises américaines. Les sociétés du S&P 500 affichent une croissance bénéficiaire d’environ 9 %, un rythme légèrement supérieur à la moyenne des dix dernières années. Près de 80 % d’entre elles dépassent ainsi les attentes des analystes. Pour l’heure, les groupes américains ont su contenir la hausse des droits de douane en réorganisant leurs chaînes d’approvisionnement, en ajustant leurs prix et en appliquant une discipline stricte en matière de coûts. Il s’agit de la meilleure performance enregistrée depuis le troisième trimestre 2023.

Dans ce contexte favorable, un nom s’impose encore et toujours : Nvidia. La pépite de Santa Clara a franchi un cap historique le 9 juillet dernier en devenant la première entreprise mondiale à voir sa capitalisation boursière dépasser les 4 000 milliards de dollars (environ 3 400 milliards d’euros).

Au cours du dernier trimestre, le chiffre d’affaires de 46,74 milliards de dollars est légèrement au-dessus des anticipations de Wall Street. La firme réalise 26 milliards de bénéfices nets sur 3 mois ! La division consacrée aux data centers — véritable moteur de l’intelligence artificielle grâce à ses processeurs surpuissants — enregistre à elle seule une croissance fulgurante de 56 %, à 41,1 milliards de dollars. Quant au bénéfice ajusté par action, il atteint 1,05 dollar, dépassant le consensus de 4 cents. Une performance qui confirme, une fois de plus, la domination sans partage du géant californien.

  • Les taux français sous pression

La menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale et de nouvelles élections législatives plane sur la France et inquiète les investisseurs. Cette incertitude politique se traduit directement sur le marché obligataire.

Le rendement de l’emprunt d’État français à 30 ans a progressé de 4,5 points de base, pour atteindre 4,444 % — un sommet inédit depuis novembre 2011. Sur l’échéance à 10 ans, la hausse s’établit à 3 points de base, à 3,532 %. Un contraste frappant avec l’Allemagne : le Bund à 10 ans, valeur refuge et étalon de la zone euro, a reculé de 1,5 point de base pour s’établir à 2,707 %.

Outre-Atlantique, le mouvement est également à la baisse. Les rendements des bons du Trésor américain se sont repliés, avec un taux à 10 ans glissant de 2,6 points de base, à 4,24 %.

Les États-Unis : la Fed assouplie sa position

À Jackson Hole, Jerome Powell a entrouvert la porte à une baisse des taux, ravivant l’optimisme des marchés financiers. Mais derrière les sourires de Wall Street, l’économie américaine envoie des signaux contrastés. Inflation tenace, industrie en berne, emploi vacillant.

  • Le rendez-vous annuel de Jackson Hole

Comme chaque été, au mois d’août, le petit village de Jackson Hole, niché au cœur des montagnes du Wyoming, a concentré l’attention du monde financier. C’est là que, selon la tradition, les banquiers centraux se retrouvent pour un symposium devenu incontournable.

Cette année encore, le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a livré un discours scruté à la loupe par les investisseurs. S’il a reconnu que le marché de l’emploi montrait désormais des signes de fragilité et que la croissance pouvait ralentir, il a aussi laissé entrevoir une perspective qui réjouit Wall Street : l’ouverture possible d’un nouveau cycle de baisse des taux.

Les marchés ne s’y sont pas trompés : ils anticipent désormais, à plus de 87 %, une réduction des taux directeurs dès septembre. « Powell a indiqué que les perspectives de base pourraient justifier un ajustement de la politique monétaire, invoquant des risques croissants pour l’emploi, tout en qualifiant la situation actuelle d’inhabituelle », analyse Valentin Bissat, chef économiste chez Mirabaud Asset Management.

  • Vers une politique monétaire plus accommodante ?

Toutefois, le patron de la Fed a nuancé les espoirs d’un assouplissement rapide et massif. En affirmant que l’institution « procéderait avec prudence », il a écarté l’hypothèse d’une baisse agressive de 50 points de base, comme le suggérait le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Car un obstacle persiste : l’inflation.

Les chiffres en témoignent : l’inflation annuelle a accéléré pour le deuxième mois consécutif, atteignant 2,7 % en juillet 2025, son plus haut niveau depuis février, légèrement au-dessus des prévisions (2,6 %). L’inflation sous-jacente (core CPI) progresse, elle, à 2,9 % sur un an.

Cette tendance est confirmée par les chiffres du PCE, l’indicateur d’inflation préféré de la Fed. Les économistes anticipent +0,3% en juillet, ce qui ferait grimper l’inflation annuelle à 2,9%, voire 3% selon certains — son plus haut niveau depuis mars 2024.

En cause, notamment, la flambée des droits de douane décidés par Donald Trump, qui commence à se refléter dans les prix. « Le narratif reste celui d’un effet ponctuel (“one-off”) lié aux tarifs douaniers, qui ne devrait pas générer de vague durable », estime Théodore Crouslé, analyste cross-asset chez SILEX. Mais il ajoute avec prudence : « Powell a néanmoins rappelé que tant que ces tarifs continuent de s’accumuler, on ne peut écarter le risque que leur répercussion sur les prix se prolonge. »

  • Des signes tangibles de ralentissement

Les premiers effets du durcissement de la politique commerciale internationale voulue par Donald Trump commencent à se faire sentir. En juin, le déficit commercial des biens et services américains s’est réduit à 60,2 milliards de dollars, selon les chiffres du département du Commerce publiés mardi, soit une contraction de 16 % par rapport au mois précédent.

Une amélioration sur le papier, certes, mais qui ne parvient pas à masquer les signes tangibles de ralentissement de l’économie américaine.

L’indice ISM des services est ressorti à 50,1 en juillet, en recul par rapport aux 50,8 de juin et loin du consensus à 51,5. Un chiffre qui frôle dangereusement le seuil des 50, en dessous duquel l’activité est réputée entrer en contraction.

Même tendance dans l’industrie : l’ISM manufacturier a déçu les marchés en tombant à 48,0, après 49,0 le mois précédent. Les économistes sondés par Reuters anticipaient au contraire un léger rebond à 49,5.

À cela s’ajoute un autre signal inquiétant : la confiance des consommateurs. Pour la première fois en quatre mois, elle s’est nettement repliée en août, selon l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan, tombant à 58,6 contre 61,7 en juillet — bien en-deçà des attentes du consensus, fixé à 62.

  • L’emploi bat de l’aile

Les signaux de faiblesse du marché du travail américain se confirment. Les chiffres publiés début août sont sans appel : les créations d’emplois de juillet se sont effondrées à seulement 73 000, soit 27 % en deçà des prévisions. Pire encore, les données de mai et juin ont été lourdement révisées, avec un total de 258 000 postes retranchés.

« C’est un véritable signal d’alarme. L’économie ne crée quasiment plus d’emplois », alerte Heather Long, économiste en chef de la Navy Federal Credit Union, citée par Le Monde.

Quelques indicateurs offrent toutefois un tableau plus nuancé. Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont reculé de 5 000, à 229 000, après avoir atteint un pic de huit semaines. Un chiffre légèrement meilleur qu’attendu. Côté salaires, la progression reste solide : +0,3 % sur un mois et +3,9 % sur un an, en ligne avec les anticipations.

Mais l’ombre domine toujours la lumière. Le taux de chômage est remonté de 4,1 % à 4,2 %, et le taux élargi — incluant les travailleurs à temps partiel contraint et les personnes découragées — s’est alourdi de 0,3 point, à 7,9 %.

Le secteur immobilier, quant à lui, a réservé une surprise positive : les mises en chantier ont bondi de 5,2 % en juillet, alors que les analystes attendaient une contraction de 1,8 %. Une embellie cependant ternie par le recul des permis de construire (-2,8 %) et la baisse continue de la confiance des promoteurs immobiliers, tombée de 33 à 32 en août.

  • Le LEI : un indicateur qui inquiète

L’indice avancé de l’économie américaine (LEI – Leading Economic Index) retient plus que jamais l’attention des analystes. Conçu comme un baromètre de la conjoncture à venir, il compile dix indicateurs clés : nouvelles commandes industrielles, inscriptions au chômage, moral des ménages… autant de signaux censés tracer la trajectoire de l’économie américaine dans les prochains mois.

Or, le verdict est préoccupant. En juin, le LEI a reculé de 4 % sur un an, enregistrant sa 38ᵉ baisse au cours des 40 derniers mois. C’est le troisième mois consécutif qu’il envoie un signal de récession. La faiblesse des commandes industrielles et la chute de la confiance des consommateurs en sont les principaux moteurs. Résultat : l’indice plonge désormais à son plus bas niveau depuis 11 ans.

Entre prudence monétaire et pressions politiques, la Réserve fédérale avance sur une ligne de crête. Le ralentissement de l’activité et la fragilité du marché du travail rappellent l’urgence d’agir, tandis que l’inflation et les tensions commerciales imposent de ne pas céder trop vite. Dans ce climat d’incertitude, chaque statistique devient un test grandeur nature pour l’économie américaine. Et le moindre mot de Jerome Powell, une boussole fragile pour les investisseurs.

Zone euro : une croissance atone

Malgré la guerre commerciale qui l’oppose aux États-Unis, l’économie européenne se maintient tant bien que mal en territoire positif. Au deuxième trimestre 2025, le PIB de la zone euro a progressé de 0,1 %. Une croissance infime, qui illustre surtout la fragilité d’un moteur économique déjà ralenti et désormais assiégé par des vents contraires.

  • Des indicateurs en berne

La détérioration des relations commerciales transatlantiques commence à laisser des traces visibles. En juin 2025, l’excédent commercial de la zone euro s’est établi à 7 milliards d’euros, soit trois fois moins qu’un an plus tôt (20,7 milliards en juin 2024).

Même constat du côté de l’industrie : selon Eurostat, la production industrielle a reculé de 1,3 % en juin par rapport à mai. Un signal préoccupant qui s’ajoute à l’affaiblissement de la consommation des ménages : -0,2 % au premier trimestre, après une hausse de 0,4 % en fin d’année 2024.

La confiance des ménages s’érode également. L’indicateur de la Commission européenne ressort à -15,5 en août, là où les économistes espéraient -14,9. L’indice du sentiment économique (ESI) confirme cette tendance, tombant à 95,2 points contre 95,7 en juillet, bien en deçà de son seuil de long terme (100).

Seule éclaircie : en Allemagne, l’indice Ifo du climat des affaires a progressé légèrement en juillet (88,6 points contre 88,4 en juin), atteignant son plus haut niveau depuis l’été dernier. Une amélioration timide, mais encore trop fragile pour rassurer les marchés.

  • Quelques signaux positifs

Deux données viennent toutefois tempérer ce tableau assombri. D’une part, l’indice PMI composite, baromètre de l’activité globale dans la zone euro, s’est redressé pour le troisième mois consécutif, à 51,1 en août, au-dessus du seuil de 50 qui marque la frontière entre expansion et contraction.

D’autre part, le marché du travail résiste mieux que prévu. L’emploi a progressé de 0,1 % au deuxième trimestre, après +0,2 % au premier. Le chômage reste contenu à 6,2 %, tandis que les salaires négociés ont bondi de 4 % sur un an, après +2,5 % au trimestre précédent.

  • La BCE lève le pied

Dans ce contexte contrasté, la Banque centrale européenne adopte une posture d’attente. Après avoir ramené son taux de dépôt de 4 % à 2 % au fil de huit baisses successives, l’institution de Francfort annonce désormais qu’elle se contentera d’« ajustements marginaux » d’ici la fin de l’année.

L’objectif est clair : donner du temps aux baisses de taux pour se diffuser pleinement dans l’économie réelle, alors même que l’inflation converge vers la cible de 2 %. Selon Eurostat, l’inflation annuelle s’est établie à 2,0 % en juillet, stable par rapport à juin et nettement en retrait par rapport aux 2,6 % de l’été 2024.

Si la zone euro évite pour l’instant la récession, elle demeure vulnérable, coincée entre la faiblesse de la demande interne, la fragilité industrielle et un environnement géopolitique sous tension.

Économie française : un optimisme fragile face aux vents contraires

Les dernières prévisions de la Banque de France invitent à l’optimisme : au troisième trimestre, le produit intérieur brut devrait progresser de 0,3 %. Un signe encourageant qui témoigne d’une résilience de l’économie hexagonale malgré un climat politique et social chargé d’incertitudes. Mais derrière cette façade de croissance, plusieurs indicateurs rappellent que la reprise reste fragile

  • Le moral des ménages vacille

Premier signal d’alerte : l’automobile. Les ventes de voitures neuves s’enfoncent dans le rouge, avec une baisse de près de 8 % au premier semestre. Juin a même marqué le sixième mois consécutif de recul, affichant une chute de 6,7 % par rapport à l’an dernier. Face à la conjoncture et au flou entourant l’avenir du véhicule électrique, les ménages reportent leurs achats.

Le moral des Français reflète cette prudence. Après trois mois de stabilité, la confiance des ménages a reculé en août, perdant un point pour s’établir à 87, son plus bas niveau depuis octobre 2023. Un affaissement qui illustre le malaise grandissant face à l’incertitude politique.

  • Une crise institutionnelle à venir

Car au-delà des chiffres, c’est bien le climat institutionnel qui pèse sur les perspectives. L’appel de François Bayrou à un vote de confiance accentue l’impression d’instabilité. Et la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale, évoquée par l’Élysée, semble désormais le scénario le plus probable aux yeux des gérants d’actifs. De nouvelles élections législatives pourraient donc être convoquées d’ici quarante jours.

Dans ce contexte, les marchés se préparent à une période de fortes turbulences. « La volatilité pourrait être intense, au gré des sondages et jusqu’aux élections », avertit Wilfrid Galand, directeur et stratégiste chez Montpensier Arbevel. Selon lui, « l’ensemble des actifs de la zone euro, y compris l’euro lui-même, pourraient être affectés, la France restant en première ligne. Le rendement des obligations d’État françaises à dix ans (OAT) pourrait même frôler la barre des 4 % ».

Les gérants d’Altitude IS rappellent cependant que la prime de risque exigée par les investisseurs reste inférieure aux pics atteints en 2012, en pleine crise de la dette européenne. « Quant au coût d’une assurance contre un défaut français, mesuré par le Credit Default Swap (CDS), il demeure contenu à 35 points de base, dans la moyenne de la zone euro. »

Ainsi, l’économie française avance sur un fil : soutenue par une croissance qui résiste, mais menacée par une instabilité politique qui pourrait, à tout moment, enterrer les derniers espoirs d’un rebond durable.

Chine : entre deux eaux

Malgré la guerre commerciale menée par l’administration Trump, l’économie chinoise continue d’afficher une solidité surprenante. Si l’on en croit les chiffres officiels transmis par Pékin, le pays affiche une croissance du PIB de 5,2 % au deuxième trimestre 2025, contre 5,4 % trois mois plus tôt. Un léger fléchissement, certes, mais qui permet au pays de rester dans la trajectoire fixée par les autorités : « environ 5 % » sur l’année. Le gouvernement déploie tous les leviers à sa disposition pour préserver cette dynamique.

  • Une trêve fragile avec Washington

Forts avec les faibles, faibles avec les forts. Donald Trump, qui a su imposer sa loi à ses partenaires commerciaux les moins puissants, se heurte à une tout autre résistance face à la Chine de Xi Jinping. Contrainte de négocier, la Maison-Blanche a accordé à Pékin un sursis : une trêve commerciale de 90 jours, repoussant l’échéance au 10 novembre.

Les surtaxes douanières restent en place — 30 % côté américain, 10 % côté chinois —, mais le climat est loin des tensions les plus explosives du printemps. Pékin, anticipant le risque d’un accès restreint au marché américain, a rapidement diversifié ses débouchés. L’Asie du Sud-Est et l’Europe absorbent désormais une part croissante des exportations chinoises. Résultat : un excédent commercial record en juin, frôlant les 115 milliards de dollars. Les exportations, elles, ont bondi de 5,8 % sur un an, selon les chiffres des douanes.

Mais ce répit pourrait être de courte durée. L’accord signé entre Washington et Hanoï menace d’ouvrir un nouveau front. Le texte prévoit une taxation de 40 % sur les produits « réexportés », c’est-à-dire peu transformés localement, contre 20 % pour les autres biens. Une disposition qui vise explicitement les pratiques de contournement reprochées à Pékin.

  • Relance massive, fragilités persistantes

Pour maintenir une croissance supérieure à 5 %, Pékin a mis en œuvre un plan de relance d’envergure. Déficit public porté à un niveau inédit de 4 % du PIB, investissements massifs, assouplissement monétaire : l’arsenal est impressionnant. Le gouvernement a également ciblé la consommation en accordant jusqu’à 15 % de rabais sur des biens allant de l’électronique aux automobiles.

Derrière ce volontarisme se dessinent pourtant des signes de vulnérabilité. Les indicateurs avancés signalent un essoufflement. En juillet, le PMI composite est tombé à 50,2 (contre 50,7 le mois précédent), frôlant la zone de contraction. Le PMI manufacturier a reculé à 49,3, en deçà des prévisions. À l’inverse, les services ont montré un sursaut, grimpant à 52,6, au-delà des attentes.

Les échanges extérieurs, eux, ont surpris positivement : +7,2 % d’exportations en rythme annuel, contre 5,6 % anticipés. Mais la consommation intérieure donne des signaux moins positifs. Les ventes au détail ont reculé de 0,14 % en juillet, tandis que les immatriculations automobiles ont chuté de 1,5 %. Les subventions incitant au remplacement des voitures thermiques par des modèles électriques semblent déjà perdre de leur efficacité.

Autre ombre au tableau : les investissements en immobilisations des entreprises privées — hors immobilier — ont diminué de 1,5 % sur un an, confirmant un climat d’incertitude et de prudence.

La Chine continue donc de défier les pronostics en affichant une croissance vigoureuse malgré l’hostilité commerciale américaine. Mais sous la surface, la mécanique s’essouffle : consommation hésitante, investissement privé en repli, dépendance accrue aux mesures de soutien public.

Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers

Le mois d'août a clôturé en territoire positif pour les marchés actions, tant aux États-Unis qu'en Europe, défiant la saisonnalité historiquement difficile de cette période. Cette performance est attribuable à une saison des résultats d'entreprises robuste, avec plus de 82 % des sociétés du S&P 500 dépassant les estimations. Sur les marchés obligataires, la France est, quant à elle, sous pression.

  • Les marchés actions se maintiennent

Aux États-Unis, la saison des résultats a surpassé toutes les attentes : les bénéfices ont bondi de 11,7 %, bien au-delà des prévisions initiales, tandis que la révision de la croissance du PIB au deuxième trimestre est venue renforcer la dynamique. L’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle continue de jouer le rôle de catalyseur, porté par les performances éclatantes des « Magnificent Seven » et de Nvidia, qui consolident la conviction des investisseurs dans la solidité de ce secteur.

- La Fed en soutien de l’économie américaine ?

Du côté macroéconomique, les signaux apparaissent plus contrastés. Si les indicateurs restent mitigés de part et d’autre de l’Atlantique, les anticipations d’une baisse des taux directeurs par la Fed alimentent l’optimisme des marchés.

À Washington, l’hypothèse d’une détente monétaire dès septembre gagne du terrain, portée par la dégradation des derniers rapports sur l’emploi. Une telle décision pourrait redonner de l’élan à l’économie américaine, à condition que le regain d’inflation lié aux nouveaux tarifs douaniers ne soit qu’un feu de paille.

En Europe, le PMI manufacturier est repassé au-dessus du seuil des 50 points en août, signe d’une reprise de l’activité pour la première fois depuis trois ans. La BCE s’apprête quant à elle à publier de nouvelles projections de croissance et d’inflation, intégrant les récents accords commerciaux. En France, deux échéances politiques et financières retiendront particulièrement l’attention : le vote de confiance et la révision potentielle de la note souveraine par Fitch.

- Des accords commerciaux en demi-teinte

Les négociations commerciales progressent, mais demeurent semées d’incertitudes. L’Europe a accepté de supprimer une partie de ses droits de douane sur les produits industriels en échange d’une réduction des taxes américaines sur les véhicules, ramenées de 27,5 % à 15 %. Une concession jugée déséquilibrée, puisque près de 70 % des exportations européennes restent soumises à des droits.

Les médicaments, eux, seront finalement taxés à 15 %, après la menace de Donald Trump de porter ces droits à 250 %. Le secteur aéronautique européen obtient en revanche une exemption, évitant une escalade potentiellement explosive.

L’Inde, de son côté, subit de plein fouet les nouveaux droits américains – 50 % sur une large part de ses exportations – ce qui pousse New Delhi à se rapprocher de Pékin. Les États-Unis restant son premier partenaire commercial, les secteurs clés comme le textile et les pierres précieuses risquent de payer le prix fort. La croissance indienne pourrait même repasser sous la barre des 6 %, selon certaines estimations.

La Chine, en revanche, tire parti de ce bras de fer : ses marchés financiers affichent des performances à deux chiffres depuis le début de l’année, dépassant ceux des États-Unis en devise locale. Pékin semble sortir renforcé de l’épreuve, même si des fragilités demeurent, notamment dans la consommation intérieure et l’immobilier.

- Diversification, maître-mot sur les marchés

Dans cet environnement incertain, le positionnement sur les marchés actions reste neutre. Septembre est historiquement un mois volatil, et la prudence s’impose malgré la solidité des résultats d’entreprise. La diversification demeure essentielle, même si certaines préférences sectorielles se dessinent, en particulier du côté des valeurs technologiques américaines, encore dopées par l’IA.

Les résultats du deuxième trimestre confirment que l’intelligence artificielle constitue désormais un moteur structurel de croissance. Les sociétés actives dans ce domaine continuent de capter une demande soutenue et seraient parmi les principales bénéficiaires d’une baisse de taux. À l’inverse, les secteurs sensibles aux tarifs douaniers, comme la pharmacie européenne, restent fragiles.

Les banques européennes – et tout particulièrement les Françaises – pâtissent, elles, du climat politique et du spectre d’une dégradation de la note souveraine. Si leur solidité n’est pas remise en cause, la pression pourrait persister à court terme.

Quant aux marchés émergents, l’heure est à la sélectivité. Les tensions commerciales poussent à la multiplication d’accords qui pourraient, à terme, profiter à certaines zones. Mais l’Inde reste lourdement pénalisée, et la Chine, malgré ses récents succès boursiers, conserve des faiblesses structurelles. Autant de raisons qui plaident pour une allocation diversifiée et mesurée.

  • Les marchés obligataires : la France scrutée, la Fed attendue

Entre incertitudes politiques en France et attentes fébriles d’une décision de la Fed, les marchés obligataires traversent une phase de tension. Tandis que le souverain français voit ses taux longs s’écarter, l’Investment Grade européen apparaît comme un refuge solide. Aux États-Unis, les anticipations de baisse de taux entretiennent l’attrait, mais le risque de change impose une prudence accrue aux investisseurs en euros.

- Les regards tournés vers la France

En Europe, les marchés obligataires évoluent sous la pression d’un climat politique français délicat. Le vote de confiance du 8 septembre, suivi de la révision de la note de Fitch le 12, pourrait s’avérer décisif pour la préservation du double A de la France. Les inquiétudes budgétaires persistent : l’objectif de ramener le déficit à 4,6 % du PIB en 2026 semble de plus en plus incertain. Déjà, les taux en portent la marque. Le rendement du 10 ans français s’est de nouveau écarté de celui de l’Allemagne, frôlant les 80 points de base observés lors de la dissolution. La nervosité se concentre surtout sur la partie longue de la courbe : le 30 ans a progressé beaucoup plus fortement que les maturités courtes.

Pourtant, malgré cette tension sur la dette souveraine, les fondamentaux des marchés demeurent solides. L’élargissement des spreads pourrait même être perçu comme une opportunité d’achat sur certaines signatures. Dans ce contexte, l’Investment Grade reste à privilégier : il permet de bénéficier d’une revalorisation mécanique via les taux, tout en offrant un portage attractif pour l’investisseur en euros en quête de revenus réguliers et stables.

- États-Unis : un équilibre fragile

Outre-Atlantique, la stabilité du 10 ans contraste avec la baisse marquée des taux courts, portée par l’espoir d’une réduction de taux de la Fed dès septembre. Mais le marché pourrait vite être rattrapé par la réalité. Les chiffres récents de l’emploi ne confirment pas la détérioration attendue, ce qui va à l’encontre du discours de Jerome Powell à Jackson Hole, plaidant pour un assouplissement monétaire. Avec des anticipations de marché qui intègrent déjà près de 80 % de probabilité de baisse, un statu quo ferait l’effet d’une douche froide et nourrirait la volatilité.

Si les obligations américaines offrent un attrait certain en valeur absolue, elles restent périlleuses pour un investisseur en euros. Le risque de change peut en effet effacer tout avantage de rendement, comme l’ont montré les performances décevantes du premier semestre. Les stratégies de couverture existent, mais leur coût réduit fortement l’intérêt d’un portefeuille obligataire libellé en dollars.

- L’Europe, toujours au centre du jeu

Le paysage obligataire demeure marqué par l’incertitude politique en Europe et par une visibilité réduite aux États-Unis. Dans ce brouillard, nous restons confiants sur le marché obligataire européen. Les obligations américaines conservent un rôle de diversification à long terme, mais pour un investisseur en euros, le risque de change rend la stratégie de portage moins pertinente.

L’Investment Grade européen apparaît, lui, comme un choix solide : les rendements restent attractifs, la stabilité attendue est rassurante et le taux de défaut du segment demeure inférieur à 1 %.

- High Yield : prudence et sélectivité sur les marchés obligataires

Nous maintenons une approche sélective sur le High Yield, plus exposé au cycle économique. Ce segment ne nous paraît justifié que sur des maturités courtes et pour des signatures de qualité, lorsque le surplus de rendement compense réellement le risque.

Du côté des taux, notre préférence va aux souverains européens de court terme, une alternative crédible aux instruments monétaires, grâce à la lisibilité de la politique de la BCE. Nous restons prudents sur les maturités longues européennes et franchement négatifs sur les taux longs américains. La récente adoption par la Chambre des Représentants du “Big Beautiful Bill” — un plan budgétaire ambitieux porté par l’administration Trump — n’a fait qu’accroître les craintes sur l’endettement des États-Unis. Même s’il sera amendé par le Sénat, ce texte illustre le risque grandissant pesant sur les finances fédérales et laisse présager une volatilité persistante sur les taux longs.

- L’attrait du crédit européen Investment Grade

Sur le marché du crédit, notre conviction demeure : le segment Investment Grade européen allie robustesse et résilience. Ses spreads apparaissent plus stables à court terme que ceux du marché américain. Les obligations financières subordonnées offrent, de leur côté, un couple rendement/risque séduisant, soutenu par des fondamentaux bancaires solides et une régulation renforcée. Elles permettent d’améliorer le rendement moyen d’un portefeuille obligataire tout en restant dans l’univers Investment Grade.

En parallèle, nous restons vigilants sur le High Yield, en privilégiant les maturités courtes et les émetteurs les mieux notés, à condition que le rendement additionnel compense pleinement le risque accru.

  • Les stratégies alternatives : exploiter les inefficiences de marché

Nous maintenons une posture de neutralité à l’égard des investissements alternatifs. Toutefois, dans le contexte actuel, les stratégies d’actions long/short nous paraissent particulièrement pertinentes.

Dans un environnement marqué par une volatilité accrue et des rotations sectorielles rapides, ces stratégies tirent leur force de leur capacité à déceler et exploiter les inefficiences de marché. Elles consistent à prendre simultanément des positions longues sur des titres jugés sous-évalués et des positions courtes sur ceux considérés comme surévalués.

Cette mécanique offre un double avantage : une protection face aux mouvements baissiers et une opportunité de surperformance dans les phases d’incertitude. Leur flexibilité constitue un atout majeur, permettant de générer de la valeur dans des conditions de marché contrastées, tout en conservant une décorrélation bienvenue vis-à-vis des indices traditionnels.

  • Les produits structurés : adapter son niveau de risque

Les produits structurés continuent de séduire les investisseurs avertis. Ils offrent une porte d’entrée vers des marchés variés et des segments spécifiques, tout en permettant d’ajuster précisément le niveau de risque et de rendement. Ces instruments se révèlent particulièrement efficaces pour s’exposer à des secteurs porteurs à moyen terme, tout en bénéficiant d’un filet de protection contre les baisses. Dans un contexte de hausse des taux longs, les produits structurés liés aux taux deviennent d’autant plus attractifs, offrant un couple rendement-risque séduisant.

La diversification reste la clé : il s’agit à la fois de varier les sous-jacents et de multiplier les types de structures. Grâce à leur grande flexibilité, les produits structurés constituent une alternative pertinente pour optimiser un portefeuille dans l’environnement actuel. Ils trouvent également toute leur place dans une stratégie de rente, pouvant s’adapter aux besoins spécifiques de distribution de l’investisseur.

  • Actifs non cotés : private equity et private debt

L’intérêt des investisseurs institutionnels pour les marchés non cotés ne faiblit pas, même dans un contexte économique empreint d’incertitudes.

- L’attrait pour les marchés secondaires

Cette dynamique, soutenue par la baisse progressive des taux d’intérêt en 2025, dirige également les flux vers des fonds plus accessibles au grand public. Si le marché montre quelques signes d’attentisme, liés aux aléas politiques et économiques, le potentiel du private equity reste solide. Les stratégies secondaires se distinguent par leurs opportunités de valorisation prometteuses, tandis que les fonds de co-investissement occupent une place centrale, offrant un équilibre entre rendement et maîtrise des coûts.

Les stratégies de dette privée, telles que la dette mezzanine ou le growth buyout, gagnent en popularité pour accompagner les entreprises en pleine croissance. Parallèlement, le capital-risque, particulièrement dans les technologies et la transition énergétique, suscite un regain d’intérêt, offrant des perspectives fascinantes pour les startups innovantes.

- Une allocation stratégique

Pour exploiter pleinement le potentiel des actifs non cotés tout en maîtrisant les risques, une approche diversifiée et de long terme est essentielle. Elle peut inclure :

- Les stratégies secondaires, pour leur stabilité et leurs rendements robustes.

- Une exposition au capital-risque, ciblant des opportunités à haut rendement dans des secteurs innovants.

- Les investissements en LBO (Leveraged Buyout), afin de tirer parti de l’effet de levier.

- Le growth equity, pour bénéficier de la croissance d’entreprises matures à fort potentiel.

- La dette mezzanine, avec ses taux attractifs, comme outil clé de diversification.

Dans un environnement économique en constante évolution, cette allocation vise à concilier performance et gestion proactive des risques. Elle reste attentive aux mutations du marché, tout en capitalisant sur les opportunités offertes, notamment dans les secteurs stratégiques que sont la santé et la transition énergétique.

Nos équipes sont à votre disposition pour échanger sur vos projets d’investissement et évaluer, avec vous, leur intérêt, au regard de l’environnement économique et financier, de la structuration de votre patrimoine et de vos objectifs de vie.

Convictions d'investissement de Scala Patrimoine sur les marchés financiers
Convictions d'investissement de Scala Patrimoine sur les marchés financiers

Les coulisses d'un OBO Immobilier

Transmission et cash-out : les coulisses d’un OBO réussi

Récemment, un couple d’entrepreneurs est venu frapper à la porte de notre multi family office indépendant dans le but de réaliser un état des lieux complet de leur situation patrimoniale. L’objectif était double : restructurer leur patrimoine pour mieux en organiser la transmission à leurs enfants, tout en optimisant leur fiscalité globale.

Un couple à la recherche d'un conseil indépendant 

Le couple, marié sous le régime de la séparation de biens et parent de deux enfants, dispose d’un patrimoine conséquent : un revenu fiscal de référence avoisinant de près de 400 000 euros annuels (dont 81 000 € de revenus fonciers), un patrimoine immobilier évalué à près de 7 millions d’euros (à la fois en biens de jouissance et en immobilier locatif.

Madame, associée-gérante de plusieurs structures, est également propriétaire d’un immeuble de rapport détenu depuis plus de 30 ans dans le cadre d’une transmission familiale et valorisée à près de 1 millions d’euros. Monsieur, salarié et actionnaire d’une entreprise, détient également des participations. La valeur des actifs professionnels du couple étant supérieure à 6 millions d’euros.

Un emprunt étant également en cours dans le cadre de l’acquisition de leur résidence principale. 500 000 € restant à payer.

Au regard de l’organisation de leur patrimoine, le couple subit une pression fiscale importante sur leurs revenus fonciers (voir le tableau ci-dessous). Leurs revenus professionnels suffisent tout juste à maintenir leur train de vie, déjà grevé par la fiscalité liée à leurs revenus fonciers — impôt sur le revenu et impôt sur la fortune immobilière. Surtout, le couple n’a pas la volonté d’accroître les revenus issus de leur activité professionnelle.

Autre enjeu majeur : leur patrimoine professionnel se révèle largement illiquide. Les entrepreneurs ne souhaitant, en effet, absolument pas céder ses actifs. Dès lors, leurs leviers de liquidité résident dans leur patrimoine immobilier, seul véritable actif monétisable.

Les revenus du couple
Les revenus du couple

Un « OBO » pensé dans l’intérêt de la famille

Madame envisageait l’acquisition d’un nouvel actif locatif, un pied à terre à Paris, d’une valeur de 500 000 €. Pour ce bien, une promesse d’achat a déjà été signée. Cet actif dispose déjà d’un contrat de location en cours de validation, pour un montant de loyer net annuel de 39 000 €.

  • Les objectifs du couple

Le couple souhaite saisir l’occasion pour desserrer l’étau fiscal qui pèse sur eux. Leur objectif : réorganiser leurs revenus immobiliers de manière à les encapsuler, afin de réduire la pression des impôts et, par ricochet, d’améliorer leur confort de vie.

Madame souhaitait également anticiper la transmission de ce pied à terre à Paris, ainsi que le bien immobilier d’une valeur d’1 million d’euros dont elle était seule propriétaire, à ses enfants.

À partir de ces éléments, les équipes de Scala Patrimoine ont initié une réflexion patrimoniale approfondie, en menant un audit complet. Ce diagnostic a permis d’évaluer la valeur précise des actifs immobiliers, d’analyser les flux locatifs générés (revenus, charges, taxes foncières, résultats d’exploitation…) et de modéliser les différents scénarios de financement.

L’objectif : projeter la faisabilité d’une opération de type Owner Buy Out (OBO) au travers d’une structure optimisée, tout en sécurisant les flux de trésorerie futurs et en assurant la pérennité de la transmission.

  • Les atouts de l'assurance-vie

L’immobilier de rapport détenu par Madame devient ainsi une véritable clé de voûte : il permet de dégager des liquidités afin d’offrir à la famille un matelas de sécurité, tout en ouvrant la voie aux atouts de l’assurance-vie. Abattements fiscaux réservés aux bénéficiaires et optimisation de la transmission du patrimoine en font un instrument stratégique, à la croisée des chemins entre la protection immédiate de la famille et la préparation de l’avenir.

L’assurance vie permet, en effet, de transmettre un capital avec une fiscalité avantageuse à destination de ses enfants : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis 30 500 € global après 70 ans, hors succession.

Un OBO patrimoniale « autofinancée »

Le schéma retenu prévoit la création d’une Newco, une société civile immobilière (SCI) soumise à l’impôt sur les sociétés, détenue à parts égales par Madame et Monsieur. Cette société a pour vocation d’acquérir à la fois la maison actuellement détenue par Madame, ainsi qu’un nouvel actif immobilier locatif. Cette classe d’actifs présente en outre l’avantage de pouvoir être restructurée grâce à l’effet de levier, offrant ainsi des perspectives d’optimisation et de dynamisation du patrimoine.

La structuration patrimoniale
La structuration patrimoniale liée à l'OBO

La Newco lèvera un financement bancaire amortissable sur 20 ans à hauteur de 1,3 Million d’euros, dont le remboursement sera assuré par les revenus locatifs générés (104 000 € nets annuels). Ce schéma d’autofinancement, basé sur des annuités de 95 000 €, affiche un ratio LTV (loyers/annuités) de 108 %.

Cette opération a ainsi été conçue dans la perspective d’un rendement locatif attractif, avoisinant les 10 %, dans un cadre de location commerciale optimisé. À l’occasion du cash-out, Madame disposera d’une somme conséquente qu’elle pourra, si nécessaire, injecter en compte courant d’associé afin de soutenir le besoin en fonds de roulement de la société. Une stratégie qui vient ainsi renforcer la solidité du projet et en garantir l’autofinancement.

Business Plan de la Newco
Business Plan de la Newco, dans le cadre de l'opération d'OBO
Conséquences fiscales de l'opération
Conséquences fiscales de l'opération d'OBO

L'OBO : un outil pour une transmission patrimoniale anticipée

L’OBO a été pensé dans l’intérêt de la famille.

L’un des aspects clés de cette opération est son anticipation de la transmission. Une fois la structuration achevée, une donation en nue-propriété de 90 % des parts sociales de la Newco se concrétisera au profit des enfants.

Les enfants posséderont 90% la nue-propriété de la Newco, Monsieur et Madame conserveront chacun : 45% en usufruit et 5% en pleine propriété.

Grâce à un actif valorisé à 1,3 million d’euros et une dette équivalente, la valorisation nette de la société sera nulle. Cette mécanique permet une transmission sans frottement fiscal significatif, tout en assurant la conservation du pouvoir de gestion par les parents via l’usufruit.

Conséquences successorales de l'opération
Conséquences successorales de l'opération d'OBO

Un accompagnement global et indépendant par Scala Patrimoine

Tout au long du processus, les équipes de Scala Patrimoine ont assuré un accompagnement rigoureux, structuré et indépendant, de la phase de conseil jusqu’à la mise en œuvre opérationnelle. Appels d’offres bancaires, modélisations financières, coordination des interlocuteurs, centralisation des échanges, sélection des meilleures offres de financement : le multi family office a pris en charge l’intégralité de la structuration, offrant à ses clients un projet « clés en main », sécurisé.

Dans cette mission à forte valeur ajoutée, l’indépendance de Scala Patrimoine a permis de garantir une approche totalement libre de tout conflit d’intérêts, centrée exclusivement sur les objectifs des clients : transmission, optimisation fiscale, diversification patrimoniale et sécurisation du futur.

Les équipes de Scala Patrimoine se tiennent à votre entière disposition pour vous accompagner dans la gestion et le développement de votre patrimoine, et vous aider à trouver des solutions adaptées à vos enjeux et problématiques.


Investissement : Les marchés financiers & placements : les États-Unis négocient des accords commerciaux avec ses principaux partenaires commerciaux

Négociations commerciales avec les États-Unis : le compte à rebours est lancé

Depuis le 1er juillet, les principaux marchés boursiers ont amorcé une progression notable. Aux États-Unis, le S&P 500 a enregistré une hausse d’environ 1,5 %, atteignant de nouveaux sommets historiques.

Nvidia : le ciel comme seule limite

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte favorable. Les dernières données macroéconomiques témoignent de la vigueur de l’économie américaine, tandis que Nvidia bénéficie d’une impulsion positive après avoir obtenu l’autorisation de vendre certaines de ses puces H20 à la Chine.

En Europe, la tendance est similaire. Le CAC 40 a progressé de 2 %. Le DAX allemand a gagné 2,5 %, portés par un rebond de la production industrielle et les espoirs suscités par un éventuel plan de relance budgétaire en Allemagne.

États-Unis : un accord conclu avec le Japon

Cette performance des marchés ne saurait toutefois masquer un climat commercial de plus en plus tendu. Les négociations engagées par Washington n’ont débouché sur des résultats concrets qu’avec une poignée de partenaires — notamment le Vietnam, le Royaume-Uni et la Chine, pour laquelle un accord-cadre a été esquissé.

Dernier développement en date : Donald Trump a annoncé la signature d’un accord avec le Japon, instaurant des « droits de douane réciproques » de 15 %. En contrepartie, Tokyo s’engage à investir 550 milliards de dollars aux États-Unis et à ouvrir davantage son marché aux produits américains, en particulier les automobiles, les poids lourds et les denrées agricoles.

Dans le même temps, Washington menace d’appliquer, dès le 1er août, de nouvelles surtaxes douanières de 30 % sur les importations en provenance de l’Union européenne. Le taux effectif des droits de douane américains pourrait ainsi bondir de 2,5 % (niveau antérieur à avril) à plus de 18 %, bien au-delà des prévisions du marché, en l'absence d'accords rapides.

Sur le plan intérieur, l’administration américaine a par ailleurs adopté, le 3 juillet, un plan de réduction d’impôts qui maintient notamment le taux d’imposition des sociétés à 21 %.

Banques centrales : une prudence calculée

Face à cette recrudescence des tensions commerciales et aux risques qu’elles font peser sur l’inflation, les banques centrales observent une posture de prudence. Aux États-Unis, la Réserve fédérale reste en alerte. Si les derniers chiffres de l’inflation sont conformes aux attentes, les premiers effets des hausses tarifaires se font déjà sentir dans certains secteurs. Une baisse des taux lors de la prochaine réunion semble donc peu probable.

En Europe, la Banque centrale européenne, après avoir réduit ses taux de 100 points de base au premier semestre, devrait maintenir le statu quo cette semaine. Elle attend de nouvelles données pour évaluer l’impact de la politique commerciale américaine sur l’évolution des prix.

Résultats d’entreprise : l'autre baromètre

Au-delà de ces enjeux macroéconomiques, l’attention des investisseurs se tourne vers la santé des entreprises à l’occasion de la saison de publication des résultats du deuxième trimestre. Les prévisions de croissance des bénéfices pour 2025 aux États-Unis ont été révisées à la baisse, aux alentours de 8,8 %, une progression toutefois portée à 41 % par les géants technologiques surnommés les "Magnificent 7".

Le secteur financier américain a ouvert le bal avec des résultats solides. Compte tenu de l’abaissement général des attentes, la probabilité de surprises positives reste significative. Dans ce contexte, nous vous invitons à suivre les perspectives communiquées par les entreprises pour les trimestres à venir, tant elles pourraient façonner le sentiment de marché à moyen terme.

https://www.youtube.com/watch?v=GUhWkJV_EQw&t=3s


Animaj réalise une levée de fonds de 75 M€

Animaj : quand l’IA révolutionne le monde de l’animation

Pendant des années, le Club Dorothée ou encore Les Minikeums ont bercé les matinées d’une génération d’enfants, petits et grands, rythmant leurs semaines avec des héros hauts en couleur.

Aujourd’hui, ces rendez-vous cathodiques nostalgiques ont laissé place à d'autres modes de consommation : YouTube est désormais le terrain de jeu des jeunes téléspectateurs, qui y retrouvent leurs personnages favoris, à la demande, sans contrainte horaire.

C’est dans cette dynamique qu’émerge Animaj, une start-up qui surfe habilement sur cette nouvelle vague.

Les Chiffres clés d'Animaj
Les Chiffres clés d'Animaj

Animaj, au croisement de l’IA et de l’enfance

Fondée en 2022 par Sixte de Vauplane, ancien PDG de la foodtech Nestor, Animaj s’est donnée pour mission de réinventer l’univers audiovisuel pour enfants. Son modèle repose sur un principe audacieux : racheter des franchises existantes à fort potentiel sur YouTube, les moderniser, et les décliner en franchises multi-formats – séries premium, clips musicaux, jeux vidéo, expériences interactives, ou encore produits dérivés.

Au cœur de cette stratégie : l’intelligence artificielle, utilisée à grande échelle pour accélérer la production, en réduire les coûts, et offrir des contenus plus attractifs. « Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de créer un autre studio », confie Sixte de Vauplane. « C’est de repenser le modèle, du script jusqu’à la diffusion, en intégrant l’IA partout où elle apporte une réelle valeur ajoutée à nos artistes. » Selon la start-up, l'IA permettrait, en effet, de réduire jusqu'à 85 % les délais de production.

Des franchises au succès planétaire

Parmi les marques passées dans le giron d’Animaj figurent Kidibli, HeyKids, et plus récemment Pocoyo, célèbre série d’animation espagnole dont certains épisodes cumulent plusieurs millions de vues.

« Nous avons prouvé notre capacité à devenir l’un des acteurs majeurs sur YouTube, dans le segment kids & family », affirme fièrement Sixte de Vauplane.

Et les chiffres lui donnent raison : Animaj est aujourd’hui le premier acteur européen sur YouTube Kids, avec plus de 22 milliards de vues par an et 242 millions d’utilisateurs uniques chaque mois.

Un modèle économique fondé sur la diversification

L’entreprise entend bien monétiser cette popularité. Son modèle économique repose sur les revenus publicitaires générés par YouTube, Spotify ou Apple Music. Mais aussi sur les contrats de licence passés avec des plateformes telles que Netflix ou Disney+. Plus récemment, la vente de produits dérivés est venue compléter ses sources de revenus.

Les contenus développés ou propulsés par Animaj sont aujourd’hui disponibles sur plus de 100 plateformes dans le monde entier. HeyKids, la marque la plus puissance de la firme, est disponible en 22 langues.

« Notre modèle est très capitalistique », admet Sixte de Vauplane. « Mais en misant sur des propriétés intellectuelles déjà existantes et dotées d’une audience en forte croissance, le risque reste mesuré. »

Une ambition internationale pour Animaj

Présente à Paris, Londres et Madrid, la jeune pousse ne compte pas s’arrêter là. En 2022, elle levait 100 millions d’euros dans une opération mêlant dette et capital. Aujourd’hui, elle annonce une nouvelle levée de 75 millions d’euros. Cette opération fut menée par Bpifrance et HarbourView Equity Partners, pour accélérer son développement, notamment à l’international.

Cette série B porte le total des financements levés à plus de 175 millions d’euros. Des investisseurs prestigieux tels que J.P. Morgan, Bootstrap, Left Lane, XAnge, Daphni, Marquee Ventures, mais aussi Kima Ventures (le fonds de Xavier Niel) et Motier Ventures (le family office des propriétaires des Galeries Lafayette), soutiennent déjà la société.

Employant actuellement une soixantaine de collaborateurs, Animaj s’apprête à annoncer le rachat d’une nouvelle franchise. Selon certaines indiscrétions, la firme travaille déjà sur son premier long-métrage.

Avec des marchés clés comme les États-Unis, le Mexique, le Brésil ou l’Argentine, Animaj prépare désormais son implantation outre-Atlantique. L’ouverture d’un bureau en Amérique du Nord figure parmi les priorités de Sixte de Vauplane dans les mois à venir.

Oui, décidément, l’animé, c’est l’Amérique !


Assurance-vie : Rapport de l'Observatoire des produits d'épargne financière

Un rapport inédit lève le voile sur les frais des produits d’épargne

Dans l’univers de l’épargne, les frais jouent un rôle crucial. Aux côtés des classes d’actifs sélectionnées, des zones géographiques ciblées, de la stratégie du gérant ou encore de l’horizon de placement, ils constituent un levier essentiel – sinon décisif – de performance.

Le législateur ne s’y est d’ailleurs pas trompé.

Conscient de cet enjeu, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) s’est vu confier une nouvelle mission : suivre l’évolution des performances et des frais des produits d’épargne financière. Cette initiative s’est concrétisée par la publication du tout premier rapport de l’Observatoire des produits d’épargne financière (OPEF), un document inédit qui dresse un état des lieux clair des politiques tarifaires des acteurs du secteur.

Une tendance à la baisse…

Le rapport met en lumière une dynamique favorable pour les épargnants : la baisse progressive des frais sur les fonds français se poursuit, dans le sillage des tendances observées par l’ESMA à l’échelle européenne. Ainsi, si l’on prend les frais récurrents moyens des fonds actions « monde », ceux-ci sont passés de 1,78 % (moyenne annualisée entre 2014 et 2023) à 1,15 % en 2023.

Une évolution saluée par Guillaume Lucchini, fondateur du multi family office Scala Patrimoine : « À long terme, une étude sénatoriale avait démontré que près de la moitié de la performance d’un placement peut être engloutie par les frais. Voir ces derniers reculer est donc une excellente nouvelle pour les épargnants. L’essor des ETF et des fonds indiciels a contraint les sociétés de gestion à revoir leur copie. Et c’est aussi notre rôle, en tant que professionnels du patrimoine, d’intégrer les frais comme critère clé dans nos recommandations. »

Un empilement de frais toujours déséquilibré

Si la baisse globale est réelle, l’architecture tarifaire des produits reste complexe, et parfois déséquilibrée.

Trois grandes catégories de frais se dégagent :

- Frais d’entrée

Prélevés à chaque versement, ces frais ponctuels sont principalement pratiqués par les établissements bancaires. Leur impact est d’autant plus pénalisant que l’horizon d’investissement est court. En 2023, la moyenne des frais d’entrée est de 0,75 % pour les fonds en euros, et 0,55 % pour les unités de compte. Toutefois, certains acteurs appliquent des taux bien supérieurs, pouvant dépasser les 2 %.

- Frais de contrat

Ces frais récurrents rémunèrent notamment l’assureur pour la gestion du contrat. En 2023, ils s’élèvent en moyenne à 0,64 % pour les fonds en euros, et 0,85 % pour les unités de compte.

- Frais liés aux supports d’investissement

Ils varient selon la nature du support (gestion libre, pilotée, profilée…). D’après une enquête de France Assureurs, les frais sur supports UC en gestion libre sont, en 2023, inférieurs de 0,37 point de pourcentage à ceux des autres modes de gestion. En moyenne, les fonds en unités de compte présentent des frais récurrents de 1,62 %.

Une géographie des frais contrastée

Les frais varient considérablement selon les types de fonds :

- Fonds actions : la moyenne est de 1,85 % par an. Les fonds investis aux États-Unis sont les moins coûteux (1,48 %), tandis que les fonds actions France petites et moyennes capitalisations culminent à 2,09 %.

- Fonds obligataires : de 1,62 % en moyenne, avec des extrêmes allant de 0,63 % (obligations euro court terme) à 1,63 % (obligations émergentes).

- Fonds diversifiés : les frais oscillent entre 1,23 % (profil prudent Europe) et 1,98 % (profil équilibré Europe). Notons que 95 % des encours se situent dans une fourchette de 0,3 % à 3 %.

- Fonds monétaires : les frais sont, en moyenne, de 0,3 %.

- ETF (fonds indiciels) : comme attendu, les frais sont plus faibles. Entre 0,15 % pour les actions américaines et 0,56 % pour les petites/moyennes capitalisations européennes. Côté obligataire, entre 0,18 % et 0,49 % selon les zones géographiques.

Les frais appliqués sur les contrats d'assurance-vie
Les frais appliqués sur les contrats d'assurance-vie

Cette très grande disparité des frais entre les assureurs et les sociétés de gestion, ainsi que la part allouée aux intermédiaires qui commercialisent les contrats traduit le manque de transparence du marché. Guillaume Lucchini dénonce, à ce titre, un modèle économique fondé sur l’opacité : « Une grande partie du marché repose sur un empilement de frais cachés, qui donnent aux épargnants l’illusion de la gratuité. À l’inverse, nous prônons une transparence totale : aucun frais sur les contrats ou placements, uniquement des honoraires de conseil. C’est simple, clair et aligné avec les intérêts du client. »

PER : un produit à succès… mais coûteux

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) séduit : avec plus de 11 millions de titulaires et 120 milliards d’euros d’encours, son succès est indéniable. Pourtant, derrière cette façade se cache un point noir : des frais souvent plus élevés que ceux de l’assurance-vie.

En 2023, les frais d’entrée sur UC atteignent 1,81 % pour les PER, contre 0,55 % pour l’assurance-vie. Idem pour les frais de gestion : 0,91 % pour les PER contre 0,85 % pour l’assurance-vie. Guillaume Lucchini s’en inquiète : « Les avantages fiscaux du PER ont conduit certains acteurs à en profiter pour alourdir la facture. Heureusement, quelques contrats conservent des frais mesurés, mais il faut les chercher. »

Frais appliqués aux PER
Frais appliqués aux PER

Produits structurés : une boîte noire tarifaire

Enfin, le rapport évoque la montée en puissance des produits structurés, dont les encours ont plus que doublé entre 2021 et 2024, pour atteindre 146 milliards d’euros. Mais derrière cette croissance se cache une opacité problématique : l’OPEF n’a pas pu identifier les frais réels, ces derniers étant souvent intégrés dans les mécanismes complexes des formules de calcul.

« Dans certains contextes bien définis, ces produits peuvent être pertinents », tempère le fondateur de Scala Patrimoine. « Mais leur structure de frais est parfois illisible. Certains acteurs n’hésitent pas à en gonfler les coûts. C’est pourquoi nous privilégions une approche directe avec les salles de marché et une facturation fondée uniquement sur des honoraires clairs. »

Rapport de l’Observatoire des produits d’épargne financière

Quels sont les placements privilégiés par les grandes fortunes ?

L’Association Française du Family Office (AFFO), en partenariat avec le cabinet EY, a dévoilé la 10e édition de son baromètre annuel. Cette publication, devenue incontournable, éclaire les sensibilités et les orientations d’investissement des grandes fortunes et des family offices. Cette année, près de 65 répondants – membres et partenaires de l’AFFO – représentant ensemble pas moins de 585 familles, ont partagé leur vision à travers un questionnaire détaillé.

Le règne du capital-investissement

Le capital-investissement s’impose, plus que jamais, comme l’axe central des allocations patrimoniales, représentant 37,5 % des investissements réalisés. Près de la moitié des sondés envisagent même d’accroître encore leur exposition à cette classe d’actifs dans les mois à venir, selon les auteurs du baromètre.

Pour Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office Scala Patrimoine, ce constat ne saurait surprendre : « Le capital-investissement constitue une opportunité stratégique pour les grandes fortunes en quête de diversification au-delà des classes d’actifs traditionnelles. Investir dans des entreprises non cotées, souvent à fort potentiel de croissance, permet non seulement de viser une performance attractive – avec un rendement moyen annuel de 13 % sur les dix dernières années selon France Invest – mais aussi de traverser les cycles économiques grâce à une gestion active et à un horizon d’investissement de long terme. » Par ailleurs : « Ce type d’investissement revêt également une dimension émotionnelle : pour les familles, les entrepreneurs ou les sportifs de haut niveau, il s’agit souvent d’un engagement porteur de sens, leur permettant de prendre part à des aventures entrepreneuriales en y apportant bien plus que des capitaux. »

Baromètre de l'Affo : les classes d'actifs choisies par les grandes fortunes

Des allocations diversifiées mais raisonnées

Si le capital-investissement domine, les autres grandes classes d’actifs conservent leur place dans les portefeuilles. Les actions cotées représentent 17,3 % des investissements, suivies par l’immobilier d’investissement (12,8 %), la dette (cotée ou privée) à 10,8 %, et les liquidités à hauteur de 9 %.

Guillaume Lucchini souligne : « L’immobilier reste une valeur refuge dans l’imaginaire patrimonial français. Il conjugue revenu régulier et valorisation à long terme. Malgré les tensions actuelles du marché, il demeure essentiel de rester exposé à la pierre, un placement tangible et rassurant. »

Il insiste particulièrement sur le marché parisien : « À Paris, la demande locative reste structurellement forte, soutenue par une attractivité internationale, un bassin d’emploi dense, et une offre limitée. Ces fondamentaux assurent au marché une résilience notable, même dans un contexte incertain. »

Au-delà, les infrastructures (2,9 %), les hedge funds et produits structurés (5,3 %), les forêts, vignobles et fonciers agricoles (2,1 %), ainsi que les investissements dits « passion » – art, voitures de collection – (0,9 %), complètent les portefeuilles. Les matières premières, les métaux précieux et les cryptomonnaies, bien que médiatisés, ne représentent qu’une fraction marginale des allocations (respectivement 0,5 %, 0,5 %, et 0,4 %).

Des secteurs porteurs, entre innovation et résilience

En 2024, les investissements se tournent prioritairement vers des secteurs alliant solidité structurelle et fort potentiel d’innovation. En tête : la technologie (63 %), la santé (49 %), l’immobilier (41 %), l’industrie (33 %) et l’énergie (31 %).

Guillaume Lucchini y voit une parfaite résonance avec les attentes des clients de Scala Patrimoine : « La technologie et la santé concentrent l’intérêt des investisseurs en raison de leur capacité d’innovation, mais aussi parce qu’elles répondent à des enjeux sociétaux majeurs. Tandis que la transformation numérique façonne notre quotidien, la santé bénéficie d’une dynamique portée par le vieillissement démographique, les avancées médicales et l’émergence de soins personnalisés. »

Les préoccupations des grandes fortunes

Les priorités des familles et grandes fortunes restent claires. La protection des leurs (100 %) et la transmission intergénérationnelle de leur patrimoine – matériel comme culturel – (98 %) s’affirment comme des préoccupations majeures.

Les évolutions fiscales (89 %), la transformation numérique (83 %), la gouvernance (82 %), ainsi que la sécurité, continuent d’occuper une place centrale dans leurs réflexions. Parallèlement, de nouveaux risques émergent : l’intelligence artificielle (74 %) et la cybersécurité (78 %) suscitent un intérêt croissant.

Les familles demeurent aussi attentives à la philanthropie (71 %), à la transition énergétique et à la neutralité carbone (56 %), autant de sujets inscrits dans une vision patrimoniale de long terme.

Guillaume Lucchini souligne le poids des enjeux fiscaux et géopolitiques dans les stratégies d’allocation : « La dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 a provoqué une onde d’inquiétude chez de nombreux investisseurs, entrepreneurs et sportifs de haut niveau. Le spectre d’une remise en cause du dispositif Dutreil ou d’un retour de l’Impôt de solidarité sur la fortune plane à nouveau. »

Avant d’ajouter : « À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques internationales. Qu’il s’agisse du projet de hausse des droits de douane impulsé par Donald Trump ou du récent conflit entre l’Iran et Israël, ces événements réactivent la prudence des familles, qui cherchent à sécuriser leur patrimoine dans un environnement de plus en plus incertain. »