Performances du private equity

Private equity : pourquoi l’écart de performance entre les meilleurs gérants et les autres se creuse

Les principaux enseignements

  • En private equity, la sélection du gérant est déterminante : l'écart de performance entre les fonds du premier et du dernier quartile atteint 19,2 points, contre 2,9 points pour les actions de grande capitalisation sur la période étudiée.
  • Cette dispersion s'inscrit dans le temps : l'expérience, la qualité du deal flow, l'expertise sectorielle et la capacité à créer de la valeur opérationnelle constituent autant de facteurs susceptibles de différencier durablement les meilleurs gérants.
  • Alors que le private equity se démocratise, l'enjeu pour les investisseurs n'est plus seulement d'accéder au non-coté, mais d'identifier les équipes capables de traverser les cycles.

En private equity, le choix du gérant n’est pas une question secondaire. Il est déterminant. Là où les marchés cotés permettent, à travers les indices et les ETF, d’acheter une exposition relativement large au marché, le non-coté impose de sélectionner des fonds et des stratégies. Avec, à la clé, des écarts de performance qui peuvent être considérables.

Une nouvelle étude publiée par Moonfare, plateforme spécialisée dans les marchés privés, vient rappeler une réalité parfois sous-estimée : en private equity, tous les gérants ne jouent pas dans la même cour.

Capital investissement : pourquoi la dispersion des performances est-elle si forte ?

La différence entre les marchés cotés et non cotés est de taille. Sur les grandes capitalisations boursières, les performances des gérants ont tendance à se concentrer autour d’un indice de référence. Dans le private equity, elles sont beaucoup plus dispersées, selon les équipes de gestion, les millésimes et les stratégies.

  • L’absence d’ETF renforce l’importance du choix du gérant

La raison tient aussi à la nature même de cette classe d’actifs. Il n’existe pas d’équivalent d’un ETF répliquant un grand indice mondial du private equity, comme un ETF peut suivre le MSCI World.

Investir dans les marchés privés ne revient donc pas à acheter « le marché ». Cela consiste à confier son capital à une équipe spécifique. Et cette sélection peut peser lourd.

Selon les données analysées par Moonfare, l’écart de performance entre les gérants du premier et du dernier quartile atteint 19,2 points de pourcentage dans le private equity, contre 2,9 points pour les actions de grande capitalisation sur la période étudiée, entre 2016 et 2026.

Autrement dit, la dispersion observée dans le non-coté est près de sept fois supérieure à celle constatée sur les grandes capitalisations.

Dispersion des performances sur le marché du private equity, et les autres classes d'actifs
Dispersion des performances sur le marché du private equity, et les autres classes d'actifs
  • La sélection des fonds est déterminante

Le phénomène prend une autre dimension sur le long terme.

Dans une classe d’actifs où les capitaux restent immobilisés pendant plusieurs années, quelques points de performance supplémentaires font la différence, grâce au principe de capitalisation.

Moonfare estime ainsi que, sur dix ans, un fonds du premier quartile peut aboutir à une valeur finale environ deux fois supérieure à celle d’un fonds situé autour de la médiane.

« L’écart de performance entre les meilleurs gérants et les autres n’a aucun équivalent sur les marchés cotés. Nos recherches montrent qu’il n’est pas aléatoire, les fonds les plus performants continuent de surperformer », souligne Mike O’Sullivan, chef économiste chez Moonfare.

La taille du marché rend le phénomène d’autant plus important. Avec une pointe d’humour, l’économiste observe qu’il y aurait désormais davantage de fonds de private equity que de restaurants McDonald’s aux États-Unis.

La comparaison prête à sourire. Elle dit pourtant quelque chose de très concret : l’investisseur doit désormais naviguer dans un univers extrêmement fragmenté.

Performance du private equity : des écarts qui peuvent aller du simple au double

Faisant référence à une étude publiée en 2023 sur le buyout américain, Moonfare souligne encore davantage cette dispersion. Les fonds du premier quartile affichent en moyenne un TRI net de 30,6 % et un multiple de 2,74x, contre -1,4 % de TRI net et 1,00x de MOIC pour les fonds du dernier quartile. Soit un écart interquartile de 32 points de pourcentage en TRI et de 1,74x en multiple.

Pour un investisseur, le constat est assez simple : l’exposition au private equity ne suffit pas. Encore faut-il savoir à qui l’on confie son argent.

« Cette étude est pertinente car elle appuie un constat dressé depuis de nombreuses années : en private equity, les investisseurs doivent absolument avoir une composante de leur allocation positionnée sur des fonds disposant d’une forte expérience, avec des gérants ayant démontré leur valeur sur plusieurs millésimes. Mais la sélection du gérant ne suffit pas : il faut aussi construire une allocation diversifiée par millésime et par stratégie, pour ne pas dépendre d'un seul cycle de marché », estime Adrien Tourbet, responsable des investissements non cotés chez Scala Patrimoine.

Le sujet devient d’autant plus sensible que la démocratisation du private equity attire de nouveaux acteurs. À mesure que les particuliers accèdent à cette classe d’actifs, de nouvelles sociétés de gestion peuvent être tentées de se positionner sur ce marché et de capter une partie des flux.

Pour Adrien Tourbet, cette ouverture ne doit donc pas faire disparaître l’exigence de sélection.

« Accéder aux marchés non cotés en sélectionnant des gérants sans expérience, ou ayant réalisé plusieurs millésimes difficiles, peut être contreproductif. La performance pourrait ne pas être au rendez-vous. Et contrairement aux marchés côtés, l’illiquidité peut ensuite empêcher l’investisseur d’arbitrer rapidement. »

C’est toute la difficulté du private equity : une erreur de sélection ne se corrige pas facilement.

Les performances des meilleurs gérants de private equity sont-elles persistantes ?

Reste une question centrale : peut-on réellement identifier les meilleurs gérants à partir de leurs performances passées ?

La réponse apportée par l’étude est nuancée. La persistance existe, mais elle est loin d’être parfaite.

  • L'historique de performance : un critère de sélection parmi d'autres

Les fonds dont le véhicule précédent appartenait au premier quartile ont historiquement affiché, sur leur millésime suivant, des TRI nets compris entre 17 % et 18 %, avec des multiples proches de 2x.

À l’inverse, les fonds succédant à des véhicules du dernier quartile ont dégagé des résultats sensiblement inférieurs, avec des TRI nets proches de 9 % et des multiples autour de 1,45x.

Le passé fournit donc une information utile. Mais pas une garantie.

Moonfare a analysé 647 passages d’un fonds à son successeur parmi des fonds de buyout fermés à durée de vie déterminée. Premier enseignement : un fonds précédemment classé dans le premier quartile ne conserve ce statut qu’environ un tiers du temps.

Autrement dit, deux fonds sur trois ne parviennent donc pas à rééditer cette performance.

  • La sous-performance s'inscrit davantage dans la durée

Pour autant, la chute jusqu’au dernier quartile reste relativement rare : elle ne concerne que 12,6 % des cas. À l’inverse, la sous-performance semble davantage s’inscrire dans la durée. Les fonds dont le véhicule précédent appartenait au dernier quartile y restent dans près de 40 % des cas.

La persistance existe donc, mais elle est asymétrique. « La réputation d’un gérant ne garantit pas son succès, mais elle constitue néanmoins un élément important de l’analyse lorsqu’elle repose sur des performances répétées et sur plusieurs cycles. À l'inverse, l'absence de track record au niveau du véhicule ne doit pas être un signal disqualifiant en soi : une équipe expérimentée qui lance un premier fonds en propre, avec un historique individuel solide, peut représenter une opportunité intéressante », observe Adrien Tourbet du multi family office indépendant Scala Patrimoine.

Pour lui, l’enjeu consiste précisément à ne pas confondre réputation et qualité intrinsèque. Un nom connu ne dispense pas d’analyser le fonds qui est effectivement proposé à l’investisseur, son équipe, ou son portefeuille.

Les performances des fonds de private equity dans la durée
Les performances des fonds de private equity dans la durée

Le véritable avantage des meilleurs gérants : le deal flow

La performance ne tient évidemment pas à un seul facteur. L’étude met en évidence plusieurs avantages structurels susceptibles d’expliquer une partie des écarts observés : capacité de sourcing, accès à des opérations propriétaires, expertise sectorielle, savoir-faire opérationnel ou encore qualité des décisions d’investissement.

Ces avantages peuvent ensuite créer un cercle vertueux.

Un gérant reconnu attire davantage de dirigeants, bénéficie d’un réseau plus dense et peut accéder à des opérations avant qu’elles ne deviennent largement concurrentielles. Une bonne performance renforce sa réputation, qui améliore à son tour son accès aux opportunités.

« L’accès à un flux d’opérations de qualité amplifie encore la dispersion. Les gérants établis, bénéficiant d’une forte réputation, profitent d’un accès préférentiel aux opportunités les plus attractives, ce qui renforce leurs avantages de performance dans le temps », explique Mike O’Sullivan.

Ce phénomène intéresse particulièrement Adrien Tourbet. « Aujourd’hui, il existe une véritable prime aux gérants historiques, à leur capacité à attirer les meilleurs profils et à recruter, au-delà des financiers, des spécialistes capables de comprendre les secteurs dans lesquels ils investissent. Dans le private equity, l’argent ne suffit plus : il faut savoir quoi en faire. »

Cette expertise devient d’autant plus importante dans un environnement où l’effet de levier ne peut plus, à lui seul, porter toute la création de valeur.

Pour créer de la performance, il faut améliorer la performance opérationnelle : développer le chiffre d’affaires, améliorer les marges, transformer réellement l’entreprise. L’expansion des multiples et l’effet de levier peuvent contribuer à la performance, mais ils ne remplacent pas la création de valeur opérationnelle.

Un changement de paradigme qui oblige les investisseurs à regarder au-delà du seul historique de TRI.

L’accès aux meilleurs fonds devient lui-même un enjeu

Il y a toutefois un paradoxe. Plus les investisseurs prennent conscience de l’importance de la sélection, plus les fonds les plus recherchés deviennent difficiles d’accès.

Les meilleurs véhicules sont souvent sursouscrits. Leur capacité d’investissement est limitée et les gérants peuvent donc sélectionner leurs souscripteurs.

L’investisseur doit alors relever deux défis distincts : identifier les équipes capables de créer de la valeur et parvenir à obtenir une allocation auprès d’elles.

« Les meilleurs fonds sont souvent inaccessibles à la plupart des investisseurs particuliers, car structurellement en sursouscription. Identifier les meilleurs gérants n'est donc qu'une partie du défi : la capacité à obtenir une allocation auprès d'eux constitue en elle-même un avantage que l'analyse seule ne peut procurer » souligne Adrien Tourbet.

Pour les investisseurs accompagnés par un multi-family office, cette question de l’accès prend dès lors une place particulière.

« C’est aussi notre travail en tant que multi-family office indépendant : aller chercher, par notre réseau et notre savoir-faire, par notre réseau, notre savoir-faire et le marché secondaire, l’accès aux meilleurs fonds de la place. » abonde le responsable de la gestion non cotée de Scala Patrimoine.

Démocratisation du private equity : la sélection des gérants reste essentielle

Le private equity a longtemps été l’apanage des investisseurs institutionnels et des grandes familles capables d’immobiliser plusieurs millions d’euros pendant une dizaine d’années. Cette frontière est progressivement en train de se déplacer.

L’ouverture de la classe d’actifs aux investisseurs privés constitue une évolution importante. Mais elle pose une question nouvelle : comment éviter que la démocratisation de l’accès ne conduise à une banalisation de la sélection ?

« Pendant longtemps, le private equity est resté réservé aux institutionnels et aux familles capables d’immobiliser plusieurs millions d’euros sur dix ans. Les fonds de premier rang ne s’ouvraient pas au particulier. Cette frontière se déplace. Mais l’hétérogénéité entre les gérants a toujours été très importante et ne va pas cesser de se creuser », estime Adrien Tourbet.

Dans cet univers devenu plus accessible, l’analyse doit donc s’élargir.

L’historique de performance compte. La capacité à traverser plusieurs millésimes aussi. Mais il faut également regarder la provenance du deal flow, la profondeur des équipes, l’expertise sectorielle, les conditions d’entrée dans les participations, la stratégie de création de valeur et, surtout, la capacité à restituer effectivement du capital aux investisseurs.

« Un bon gérant, c'est un gérant qui dispose d'un bon deal flow et qui sait définir des plans stratégiques pour les entreprises qu'il accompagne. C'est aussi, dans une période de gel du marché, un gérant capable de créer de la liquidité et de rembourser les investisseurs » souligne Adrien Tourbet.

Le critère est loin d’être anecdotique dans une classe d’actifs où la durée d’investissement peut s’étendre sur une décennie.

Vers une concentration des capitaux autour des meilleurs gérants ?

La forte dispersion des performances pourrait finalement accélérer une concentration déjà à l’œuvre. Plus les investisseurs prennent conscience des écarts entre les fonds, plus ils cherchent à se tourner vers les équipes ayant démontré leur capacité à créer de la valeur dans la durée.

Et plus ces équipes attirent de capitaux, plus leur accès aux meilleures opérations peut se renforcer.

Pour les investisseurs, le paradoxe est évident : le nombre de fonds augmente, mais l’intérêt de sélectionner rigoureusement les gérants ne diminue pas.

Les périodes de marché difficiles pourraient même accentuer cette différenciation. Les premiers éléments analysés par Moonfare suggèrent que la dispersion tend à s’élargir après les phases de repli, les gérants les plus solides étant mieux armés pour déployer des capitaux lorsque les valorisations deviennent plus attractives.

La prochaine décennie pourrait ainsi être celle d’un private equity à plusieurs vitesses.

Steffen Pauls, fondateur et co-CEO de Moonfare, estime d’ailleurs « que l’on pourrait assister à une concentration progressive des capitaux autour d’un cercle plus restreint de gérants ayant démontré leur capacité à reproduire leur avantage dans le temps. Pour les autres, les levées de fonds pourraient devenir plus longues et plus difficiles. »

En guise de conclusion, Adrien Tourbet tient cependant à préciser que « cette concentration a un revers : plus un gérant est recherché, plus les conditions d'entrée (frais, gouvernance, ticket minimum) se durcissent en sa faveur. Obtenir une allocation à n'importe quel prix n'est donc pas en soi une bonne opération pour l'investisseur. ».

Etude de Moonfare, Septembre 2026

Elixir Aircraft

Elixir Aircraft : l’avion français qui veut réinventer l’aviation légère

Les principaux enseignements

  • Fondée à La Rochelle en 2015, Elixir Aircraft veut bousculer l’aviation légère avec un avion biplace plus léger, plus simple et moins coûteux à exploiter.
  • Après une nouvelle levée de fonds de 45 millions d’euros, la jeune entreprise française accélère son industrialisation et vise désormais le marché américain.
  • La PME rochelaise anticipe un doublement de son chiffre d’affaires, à 10 millions d’euros en 2026

Un élixir est, à l’origine, une substance mystérieuse à laquelle on prête le pouvoir de transformer la matière.

À La Rochelle, la recette n’a pourtant rien de magique. Elle a commencé dans un garage.

En 2015, Arthur Léopold-Léger et ses deux associés, Cyril Champenois et Nicolas Mahuet, y imaginent un avion biplace destiné à bousculer les codes de l’aviation légère : moins lourd, plus robuste et surtout moins coûteux à exploiter.

Ancien skipper de haut niveau, Arthur Léopold-Léger transpose dans l’aviation certaines technologies issues de la voile de compétition, notamment le procédé Carbon OneShot. Celui-ci permet de fabriquer en une seule pièce des éléments majeurs de l’avion, comme le fuselage ou l’aile.

Dix ans plus tard, l’entreprise prend véritablement son envol. Elixir Aircraft vient de lever 45 millions d’euros auprès d’investisseurs publics et privés. De quoi accélérer son industrialisation, mais aussi partir à la conquête du marché américain.

Les chiffres clés d'Elixir Aircraft
Les chiffres clés d'Elixir Aircraft

D’un garage à La Rochelle à une levée de fonds de 45 millions d’euros

Le renouveau de l’industrie française passe aussi par ces projets un peu à part, portés par des entrepreneurs qui acceptent de sortir des sentiers battus. Elixir Aircraft en est une illustration.

  • Repartir d’une feuille blanche pour réinventer l’avion léger

Arthur Léopold-Léger, Cyril Champenois et Nicolas Mahuet sont ainsi partis d’une feuille blanche pour concevoir un biplace de nouvelle génération, construit en matériaux composites.

« La première chose qui nous démarque, c’est l’âge. Nos concurrents, pour la majorité, ont été conçus dans les années 50. Ce sont des avions qui sont faits avec à peu près 15 000 références, 30 000 pièces. Un Elixir, c’est à peu près 800 références et un gros millier de pièces. Donc le client va gagner en coût d’opération. C’est un avion qui coûte moins cher à produire, qui est moins souvent en panne », confie Arthur Léopold-Léger, président d’Elixir Aircraft.

La simplicité est au cœur de l’équation. Elle se retrouve dans le poids de l’appareil, mais aussi dans ses coûts d’exploitation. Elixir Aircraft estime ainsi le coût du carburant et de la maintenance à environ 50 dollars par heure de vol.

L’avion consomme par ailleurs deux fois moins de carburant que les appareils classiques de sa catégorie et émet jusqu’à 70 % de CO₂ en moins. Une performance qui a valu à la société d’être distinguée dans le cadre du programme French Tech 2030.

  • La simplicité comme pari technologique

Mais la légèreté n’est pas le seul argument. La sécurité fait également partie du cahier des charges.

« Au-delà de l’aspect écologique, il y a une dimension de sécurité importante avec la présence d’une technologie résistante à la vrille pour lutter contre la perte de contrôle et d’un réservoir anti-explosion », souligne Cyril Champenois.

Avant d’ajouter : « Le défi technologique, c’est en réalité pour nous celui de la simplicité. On passe d’un avion de plusieurs dizaines de milliers de pièces, à entretenir et sources de défaillances, à un avion de neuf pièces pour toute l’aérostructure. »

Une simplicité qui se retrouve jusque dans les opérations de maintenance. « Elles sont moins complexes, plus courtes et moins coûteuses : 600 000 euros sur dix ans contre 1,2 million d’euros pour un Cessna 152 comparable », poursuit-il.

Elixir Aircraft mise sur la simplicité

La demande pour ces avions de nouvelle génération vient principalement des écoles de pilotage, en France comme aux États-Unis. Leur problème est ancien : les flottes vieillissent. La moyenne d’âge des appareils approche désormais les 50 ans.

Cyril Champenois, cofondateur et directeur commercial du groupe, résume pour le Journal Les Echos la situation avec le sens de la formule qu’on lui connaît : « C’est un peu comme si on apprenait encore à conduire sur une Coccinelle ou une 4L. »

Plus de 300 exemplaires ont déjà été commandés. La PME rochelaise prévoit de réaliser un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros en 2026, contre 5 millions l’année précédente.

Basée à La Rochelle et à Sarasota, en Floride, la start-up compte désormais 240 collaborateurs. Elle vise la rentabilité d’ici deux ans, à condition de parvenir à produire et livrer près de 75 appareils par an. Prix d’entrée : à partir de 400 000 euros.

Un changement d’échelle qui constitue désormais le principal défi de l’entreprise.

45 millions d’euros pour passer de l’innovation à l’industrialisation

En 2024, Elixir Aircraft avait déjà bouclé une première levée de fonds, permettant à l’entreprise de disposer d’un budget de 40 millions d’euros sur cinq ans.

En juillet dernier, elle a franchi une nouvelle étape avec une opération de 45 millions d’euros. Une levée menée par le fonds SPI (Sociétés de Projets Industriels) de Bpifrance, aux côtés d’Odyssée Venture, d’Innovacom (Turenne Groupe) et d’autres investisseurs.

« C’est un bel exploit dans un contexte particulièrement difficile pour lever des fonds ! », souligne Cyril Champenois dans La Tribune.

L’argent doit désormais servir à changer de dimension. « Désormais, nous entrons dans une phase d’industrialisation, où il faut accélérer la production, faire face à tous les défis du développement de l’entreprise, techniques, humains, financiers, commerciaux… Il faut accélérer, produire de plus en plus d’avions », explique Arthur Léopold-Léger pour Radio France.

Elixir Aircraft construit actuellement une nouvelle usine de 15 000 m² à La Rochelle, tandis qu’un site de réassemblage est prévu à Sarasota, en Floride. Dans le même temps, la société prépare l’élargissement de sa gamme avec un moteur plus puissant de 140 chevaux et surtout une version fonctionnant au carburant d’aviation durable (SAF), actuellement en phase de certification.

L’hydrogène est déjà dans les plans. Elixir travaille sur cette technologie avec la DGAC, Safran, Daher et Air Liquide.

Le marché potentiel est, lui, considérable. L’entreprise estime à 230 000 le nombre d’avions monomoteurs à pistons d’ancienne génération susceptibles d’être remplacés.

De quoi donner une autre dimension à cette histoire commencée dans un garage rochelais.

Pour Elixir Aircraft, la magie tient finalement moins au nom qu’à la recette : prendre une idée simple, la pousser jusqu’au bout et parvenir, dix ans plus tard, à en faire une véritable success story industrielle.


Les marchés financiers prouvent une nouvelle fois leur dépendance aux décisions des banques centrales. L'économie résiste, quant à elle, trés bien.

Le rendez-vous des marchés financiers et de l’économie - Septembre 2026

Les marchés financiers & l’économie : les points clés

  • L'économie européenne montre des signes de reprise ;
  • Aux États-Unis, l’inflation et les tensions sur les taux compliquent la tâche de la Fed ;
  • Après les opérations militaires, les États-Unis accentuent la pression sur l’Iran en privilégiant un étranglement de son économie ;
  • La hausse des taux longs et les inquiétudes sur les dettes publiques pèsent sur les marchés obligataires ;

Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers

  • Iran : d’un conflit militaire à une guerre économique

Les yeux des investisseurs restent rivés sur le détroit d’Ormuz, l’une des grandes artères de l’économie mondiale. Près d’un cinquième du pétrole mondial y transite, selon l’EIA. Un passage stratégique dont le moindre ralentissement suffit à faire trembler les marchés.

Avant le conflit avec l’Iran, entre 130 et 140 navires traversaient chaque jour le détroit d’Ormuz. Aujourd’hui, ils sont en moyenne entre 10 et 20 à y circuler, soit une chute de près de 90 % du trafic.

La tension reste donc vive dans la région. Mais la stratégie américaine est, elle aussi, en train d’évoluer. À la pression militaire semble désormais succéder une autre forme de confrontation, plus diffuse mais potentiellement tout aussi redoutable : la guerre économique. Washington cherche à isoler progressivement l'Iran de ses partenaires commerciaux.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a ainsi présenté le « jour J économique » pour faire plier l’Iran, un projet baptisé « Opération Economic Outcast ».

Il a aussi prévenu que les pays qui continueraient à commercer avec Téhéran s’exposeraient à de lourdes sanctions, sans toutefois en préciser, à ce stade, les contours.

L’Iran a promis de riposter à ce durcissement américain. Téhéran affiche néanmoins sa confiance dans la capacité de ses principaux partenaires commerciaux à résister à la pression exercée par Washington.

  • Or : le métal jaune retrouve de l’éclat

L’or semble retrouver quelques couleurs après avoir traversé une période de turbulences au cours du premier semestre.

En juin, le métal jaune était repassé sous la barre des 4 000 dollars l’once, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis novembre 2025.

Pour autant, les fondamentaux restent solides. Le métal jaune bénéficie toujours de puissants facteurs de soutien à long terme. Une demande des investisseurs occidentaux importante, conjuguée à la poursuite des achats massifs des banques centrales, pourrait ainsi continuer à pousser les cours vers de nouveaux sommets.

En août, l’or a grimpé de près de 13,45 %, à 4 652 dollars l’once.

Une dynamique que Goldman Sachs relie également au recul des anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine en septembre. Le maintien des taux par la Fed en juillet, à mettre en parallèle avec la publication de chiffres de l’emploi et de l’inflation plus faibles que prévu, a contribué à renforcer les anticipations d’un assouplissement de la politique monétaire américaine.

  • Les performances des marchés financiers

Les marchés financiers ont soufflé le chaud et le froid au mois d’août. Entre l’enthousiasme suscité par les géants de la technologie américaine et les interrogations persistantes sur la durée du conflit en Iran, les investisseurs ont navigué entre euphorie et prudence.

Aux États-Unis, tous les regards étaient tournés vers Nvidia. Et, une fois encore, le champion des semi-conducteurs a dépassé les attentes.

Le groupe a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 96,2 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 59,7 milliards. Des résultats hors normes, qui témoignent de l’appétit toujours intact des géants de la technologie pour les infrastructures liées à l’IA.

Cerise sur le gâteau, Nvidia anticipe désormais une progression de près de 70 % de son chiffre d’affaires l’an prochain. Les investisseurs ont salué ces perspectives : le titre a gagné plus de 5 % dans la foulée des annonces.

L’entreprise a ainsi franchi le seuil symbolique des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Les grands indices américains ont profité de cet élan. Le S&P 500 progresse de 1,1 %, tandis que le Nasdaq s’adjuge près de 1,7 %, porté par l’ensemble du secteur technologique.

En Europe, la tendance est plus contrastée. Le CAC 40 a inscrit un nouveau record historique à 8 755 points avant de marquer une pause. L’indice parisien recule finalement de 3 %, à 8 360 points.

L’Euro Stoxx 50 recule de 0,1 %, tandis que le DAX allemand gagne 0,6 %, profitant notamment de l’amélioration des perspectives économiques outre-Rhin et du dynamisme des valeurs industrielles.

Même tonalité en Asie. Le Shanghai Composite progresse de 4,4 %, tandis que le Nifty 50 indien subit une baisse de près de 3 %.

Les performances des marchés financiers - Aout 2026
Les performances des marchés financiers - Aout 2026
  • Le marché des taux sous pression

Les investisseurs font désormais payer aux États, et notamment à la France, leurs doutes sur la capacité de ces derniers à retrouver le chemin de l’équilibre budgétaire. Le taux d’emprunt français à 30 ans atteint désormais 4,88 %, son plus haut niveau depuis 2008, en pleine crise financière.

- Le spread entre la France et l'Allemagne s'écarte

D’autres grandes économies européennes sont également concernées. Le taux allemand à 30 ans évolue autour de 3,79 %, contre 5,73 % pour le Royaume-Uni.

L’Allemagne, qui a longtemps bénéficié de sa réputation de sérieux budgétaire pour emprunter à des taux inférieurs à ceux de la plupart de ses voisins, paie désormais le prix de l’envolée de ses dépenses d’infrastructures et de défense.

Parallèlement, le spread - l’écart de rendement entre l’OAT française à 10 ans et le Bund allemand de même maturité - a retrouvé des niveaux élevés, à 0,86 %. Un indicateur particulièrement scruté : il mesure la prime de risque exigée par les investisseurs pour prêter à Paris plutôt qu’à Berlin.

À l’inverse, le Portugal (3,59 %), la Grèce (3,92 %) et l’Italie (4,05 %), encore considérés il y a quelques années comme les « mauvais élèves » de l’Union européenne, bénéficient désormais d’une confiance accrue des marchés.

- La dette américaine dans le viseur des investisseurs

Et que dire des États-Unis ? Le taux à 30 ans a grimpé à 5,18 %, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2007.

La tension est toutefois légèrement retombée après une prise de parole de Scott Bessent, secrétaire au Trésor de Donald Trump. Il a annoncé que Washington doublerait la taille de ses opérations de rachat de dette à longue échéance, les faisant passer de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération.

La publication, début août, de chiffres de l’emploi américain moins bons qu’anticipé a également changé la donne. Une partie des investisseurs en a déduit que la Réserve fédérale pourrait ne pas relever ses taux en septembre, au risque de laisser davantage de prise à l’inflation. Ils ont, en conséquence, exigé une rémunération plus élevée pour prêter à l’État fédéral.

Comme le résume Enguerrand Artaz, de La Financière de l’Échiquier : « Au-delà des craintes d’un retour de l’inflation liées à l’Iran, le marché des taux se trouve au croisement de plusieurs sujets structurants : la dérive des comptes publics et l’augmentation de la charge de la dette dans les pays occidentaux, d’une part ; l’IA et le financement de ses colossales dépenses d’investissement, d’autre part. De nombreux groupes américains font appel aux marchés obligataires pour financer leurs projets. Or cet afflux de papier obligataire peine de plus en plus à être absorbé par les investisseurs. Ou plutôt, il conduit à des arbitrages, dont les premières victimes sont les dettes d’État à long terme. »

États-Unis : une inflation toujours présente

Le FMI a publié en juillet une mise à jour de ses perspectives économiques. La croissance mondiale devrait ralentir à 3,0 % en 2026, contre 3,5 % en moyenne en 2024 et 2025. Dans le même temps, l’inflation mondiale repartirait à la hausse, passant de 4,1 % l’an dernier à 4,7 % cette année.

Mais le scénario du FMI repose sur une hypothèse devenue fragile : la réouverture du détroit d’Ormuz.

Or Washington a intensifié ses sanctions économiques sur l’Iran. Le scénario central pourrait donc déjà être rattrapé par les événements.

Dans cet environnement incertain, l’économie américaine résiste, pour l’instant, plutôt bien. Fitch anticipe désormais une croissance de 1,9 % en 2026 comme en 2027.

  • Une économie américaine qui ralentit sans décrocher

L’économie américaine tient bon, même si le ralentissement est désormais visible. Selon les données publiées par le Bureau of Economic Analysis, la croissance a progressé de 1,5 % au deuxième trimestre, en rythme annualisé, contre 2,1 % au cours des trois premiers mois de l’année.

- Des signes de faiblesse pour la première économie mondiale ? 

Cette dynamique reste largement portée par la consommation des ménages, qui compense le ralentissement des investissements et des dépenses publiques, ainsi que la hausse des importations.

Du côté des prix, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,1 % sur un mois en juillet, tandis que l’indice des prix à la production a rebondi de 0,2 %.

Les signaux sont moins favorables du côté de la demande. Les ventes de détail ont déçu en juillet, reculant de 0,6 %. La confiance des ménages, mesurée par l’Université du Michigan, s’est elle aussi nettement dégradée, passant de 55,2 à 51,7.

Le marché du travail commence également à montrer des signes de faiblesse. L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois en juin, bien en dessous des attentes et des 129 000 créations enregistrées en mai.

Même les indicateurs avancés se dégradent. Après une progression de 0,1 % en mai, l’indice composite des indicateurs avancés (LEI) du Conference Board a reculé de 0,2 % en juin, à 99,1, alors que les économistes anticipaient en moyenne un repli limité à 0,1 %.

- Le spectre d'une nouvelle guerre commerciale ?

Pour autant, les États-Unis semblent encore mieux armés que d’autres économies pour absorber les chocs géopolitiques. « Les États-Unis ont été bien mieux protégés des répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient que d’autres régions du monde », observe James Knightley, économiste en chef pour les affaires internationales chez ING. « Les consommateurs continuent de dépenser et nous assistons à un cycle effréné d’investissements dans le secteur technologique. »

Reste une inconnue : la capacité de l’économie américaine à encaisser la nouvelle salve de droits de douane promise par l’administration Trump. Le Canada figure en première ligne. Le président américain a promis d’imposer une taxe de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a immédiatement annoncé des mesures de rétorsion, notamment sur l’acier, la pâte à papier et les produits laitiers. La guerre commerciale n’est donc pas près de s’éteindre.

  • La Fed face au retour des tensions inflationnistes

L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) a augmenté de 3,7 % sur un an. Sur un mois, il a progressé de 0,2 %, davantage que prévu (+0,1 %), après un recul de 0,1 % en juin.

Une mesure plus étroite de l’inflation, le core PCE, qui exclut les composantes les plus volatiles que sont l’énergie et l’alimentation, ressort à +3,3 % sur un an en juillet.

Ce regain des pressions inflationnistes a ravivé les tensions sur les taux américains. Le rendement du Treasury à 30 ans a ainsi bondi jusqu’à 5,18 %.

Pour changer, les yeux des investisseurs sont tournés vers la Réserve fédérale. En juillet, l’institution dirigée par Kevin Warsh a maintenu ses taux dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, à l’issue d’un vote de 9 voix contre 3.

Les responsables de la Fed ont néanmoins laissé entrevoir la possibilité d’une nouvelle hausse des taux si les tensions inflationnistes venaient à persister.

Ces décisions seront scrutées de près car, dans le même temps, la dette américaine continue de gonfler. Elle a dépassé pour la première fois les 40 000 milliards de dollars, après une hausse de 3 000 milliards sur un an.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s’est pourtant engagé à ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici à la fin du mandat, contre 6,3 % au début. Une ambition considérable. Et, à ce stade, le chemin à parcourir reste long.

  • Le discours de Jackson Hole met fin à la forward guidance

Tous les regards étaient tournés vers Jackson Hole. Mais, fidèle à sa réputation, Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, n’a donné aucune indication claire sur la trajectoire des taux. Il s’est toutefois risqué à reconnaître que l’inflation restait « préoccupante » et s’est refusé à qualifier la politique monétaire actuelle de « restrictive ». Autrement dit, de nouvelles hausses de taux restent possibles, mais aucun calendrier précis n’a été dévoilé.

Sa formule de clôture, elle, vaut le détour : « Je suis engagé envers une discipline, pas envers une décision. » Traduction : ne comptez plus sur la forward guidance pour anticiper les prochaines décisions des banques centrales.

Eric Vanraes, CIO d'Eric Sturdza Asset Management, ne mache pas ses mots sur les premiers pas de Kevin Warsh« Les marchés s’attendaient à une clarification voire à un mea culpa de la part de Kevin Warsh après sa décevante entrée en fonction. En guise de clarification, nous avons eu droit à une confirmation : Warsh enfonce le clou et fait un bras d’honneur en direction du marché obligataire. Visiblement, la pente de la courbe et le niveau des taux longs, ce n’est pas son problème. Aux oubliettes le troisième mandat de la Fed! Nous aurons droit à une version «a minima», avec moins de meetings, l’abandon du forward guidance ainsi que des communications des membres du FOMC. »

Economie européenne : l’éclaircie se confirme, mais la reprise reste fragile

Le Fonds monétaire international a publié ses nouvelles estimations de croissance pour l'économie de la zone euro en 2026. L’institution anticipe désormais une progression du PIB de seulement 0,9 %, soit 0,2 point de moins que dans ses précédentes prévisions.

Et la France dans tout cela ? Elle fait nettement moins bien. La croissance ne devrait atteindre que 0,6 % cette année, soit 0,3 point de moins que prévu en avril.

Pourtant, depuis quelques semaines, l’économie européenne envoie des signaux plus encourageants.

  • Un nouvel élan pour l'économie européenne ?

- L’économie européenne rebondit

Le produit intérieur brut (PIB) a grimpé de 0,4 % au deuxième trimestre, après avoir stagné au cours des trois premiers mois de l’année. Un rebond qui a pris les analystes de court, eux qui n’anticipaient qu’une hausse de 0,2 % pour l'économie européenne.

Dans le même temps, l’emploi a progressé de 0,5 % sur un an.

Ces chiffres trouvent leur prolongement dans plusieurs indicateurs avancés. L’indice ZEW, qui mesure le sentiment des investisseurs à l’égard des perspectives économiques de la zone euro, est ressorti à 23,4 en juillet, très au-dessus du consensus de 11,2 et après 9,5 en juin. Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis février 2026.

En août, l'indicateur de sentiment économique (ESI) a augmenté dans la zone euro de 1,3 point, à 98,4.

Même tonalité du côté du PMI Flash composite de S&P Global : l’indice de l’activité globale s’est établi à 51,9 en juillet, contre 50,0 en juin.

Le PMI manufacturier de la zone euro accélère lui aussi, atteignant 52,8 en août, son plus haut niveau depuis plus de quatre ans.

- L’Allemagne accélère, la France à la traîne

Parmi les économies qui profitent de cette embellie figure l’Allemagne. Le pays a enregistré 0,3 % de croissance au deuxième trimestre, tandis que ses perspectives pour 2026 ont été nettement relevées, de 0,7 % à 1,2 %.

Son PMI manufacturier flash a bondi à 54,1, contre un consensus de 52,0. Soit 2,1 points de plus que prévu. Le chiffre traduit à la fois le rattrapage de l’activité après le conflit iranien et l’effet des budgets de défense, qui alimentent désormais les carnets de commandes.

L’indice du climat des affaires a lui aussi rebondi, gagnant 2,1 points à 88,8, son plus haut niveau depuis un an.

La France, elle, peine davantage à suivre le mouvement. Elle affiche même l’une des révisions les plus sévères de la zone euro : sa prévision de croissance pour 2026 tombe à 0,6 %, soit 0,3 point de moins qu’en avril, avant de plafonner à 0,9 % en 2027.

Ce rebond européen peut-il être durable ? Chris Williamson, Chief Business Economist chez S&P Global Market Intelligence, préfère jouer la carte de la prudence : « Le mois de juillet a été marqué par un rebond de l’activité économique dans la zone euro. Compte tenu du contexte géopolitique particulièrement volatile, la pérennité de cette reprise demeure toutefois incertaine. »

  • La BCE en passe de relever ses taux ?

Dans la zone euro, l’inflation annuelle a légèrement progressé en juillet, à 2,9 %, contre 2,8 % en juin, conformément aux anticipations du marché.

Les coûts de l’énergie et des services ont été les principaux contributeurs à cette remontée. De son côté, l’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles, notamment l’alimentation et l’énergie, est passée de 2,4 % à 2,5 %.

Malgré les conséquences du conflit entre l’Iran et les États-Unis sur les prix de l’énergie, le Conseil des gouverneurs a choisi, lors de sa réunion du 23 juillet, de laisser inchangés les trois taux directeurs de la BCE.

Les taux de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal demeurent ainsi respectivement à 2,25 %, 2,40 % et 2,65 %.

Mais la BCE prend soin de ne fermer aucune porte. Dans sa communication, le Conseil des gouverneurs indique se tenir prêt à ajuster l’ensemble de ses instruments afin de ramener durablement l’inflation vers son objectif de 2 % à moyen terme.

Le message est clair : la banque centrale pense à concrétiser un nouveau resserrement monétaire.

Le marché obligataire commence d’ailleurs à intégrer cette possibilité. Le swap de taux d’intérêt à court terme en euro à cinq ans (Ester OIS), considéré comme un indicateur du taux neutre de la zone euro, a atteint environ 2,85 %, son plus haut niveau depuis novembre 2023.

Le taux neutre correspond au niveau auquel la politique monétaire est censée se stabiliser à moyen terme. Autrement dit, le marché anticipe clairement une hausse des taux de la part de la BCE.


Investissement : Les marchés financiers & placements : les États-Unis négocient des accords commerciaux avec ses principaux partenaires commerciaux

Les convictions d’investissement de Scala Patrimoine - Septembre 2026

Les principaux enseignements

  • Investissement boursier : les marchés actions restent solides, portés par des résultats d’entreprises robustes. Mais la concentration autour de l’IA appelle désormais davantage de vigilance.
  • Sur les marchés obligataires, l’incertitude domine : la persistance des besoins de financement et le niveau des taux plaident pour un positionnement prudent et une duration courte.
  • Face à ces fragilités, la diversification retrouve tout son sens, avec un intérêt renouvelé pour l’or, les actifs tangibles et certains secteurs encore à l’écart de l’euphorie autour de l’IA.

Les marchés actions : la solidité des entreprises face au vertige de l’investissement sur l'IA

  • Les entreprises affichent leur solidité

Le principal fait marquant du mois tient à l’achèvement de la publication des résultats du deuxième trimestre. Ils se révèlent globalement positifs, voire exceptionnels dans certains cas. Les doutes qui pesaient sur le secteur technologique américain et avaient contribué à faire baisser les valorisations se sont largement dissipés après la publication des résultats de Nvidia. Ceux-ci ont dépassé les attentes et entraîné dans leur sillage l’ensemble du secteur. Plus largement, les bénéfices des entreprises du S&P 500 devraient progresser de 34,5 % au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente.

Une ligne de fracture demeure toutefois entre la technologie américaine, aux valorisations élevées, et les marchés émergents, où celles-ci restent très basses. L’effet Chine explique une partie de cet écart, mais pas sa totalité. « La question d’une prime de risque géopolitique, liée notamment aux tensions autour de Taïwan et à la rivalité sino-américaine, reste ouverte », alerte ainsi Francesco Baiano, chargé d’investissement au sein du multi family office Scala Patrimoine.

Le consensus reste globalement positif sur l'investissement sur les marchés actions. Il s’appuie sur des conditions microéconomiques toujours favorables et sur des données macroéconomiques qui, pour l’heure, ne se dégradent pas : enquêtes prospectives ISM solides aux États-Unis, indice PCE sans véritable signal de faiblesse en Europe. Le bruit géopolitique et politique - y compris son impact ponctuel sur le CAC 40 le 27 août, dans le sillage de la situation politique française - n’est pour l’instant guère relayé par les investisseurs. Leur regard reste fixé sur les dynamiques microéconomiques, qui demeurent bonnes. La prudence gagne néanmoins du terrain au fil des mois.

  • Une concentration autour des valeurs de l’IA

« Le principal point de vigilance demeure l’ampleur, difficile à mesurer, de l’exposition indirecte du marché à la thématique de l’IA. Une large partie de la cote non technologique performe également bien, sans qu’il soit possible de trancher entre la vigueur réelle de la consommation sous-jacente et un simple effet d’entraînement de l’IA », avertit Romane Azzopardi, responsable des investissements chez Scala Patrimoine. Lorsqu’on interroge aujourd’hui un gérant sur son exposition à cette thématique, il est souvent incapable d’y répondre précisément. L’IA irrigue désormais l’ensemble des secteurs, y compris certains actifs réputés diversifiants, comme les métaux, l’industrie ou les actifs tangibles.

- Un risque autour du financement data centers ?

Un premier signal d’alerte apparaît du côté des data centers. Les assureurs peinent à couvrir l’intégralité de ces infrastructures, dont les garanties reposent essentiellement sur les hyperscalers, aujourd’hui proches de l’équilibre en matière de free cash-flow. Les prochains trimestres pourraient même les faire basculer en territoire négatif. « Tant qu’aucun événement de rupture ne survient, le marché devrait poursuivre sa dynamique. Mais la moindre inquiétude sur ce segment pourrait provoquer de fortes vagues sur l’ensemble de la cote, compte tenu de son degré d’interconnexion », estime Romane Azzopardi.

La soutenabilité du financement constitue le second volet de cette vigilance. L’annonce récente d’un projet de levée de près de 500 milliards de dollars, financé conjointement par BlackRock, Blackstone, Brookfield, Apollo, KKR et Goldman Sachs, pose une question simple mais lourde de conséquences : le marché est-il en mesure de fournir durablement le capital nécessaire aux ambitions d'investissement de ces acteurs ?

- Des inquiétudes principalement macroéconomiques ?

Enfin, l’interconnexion entre les tendances microéconomiques et macroéconomiques apparaît aujourd’hui bien plus forte qu’il y a 18 à 24 mois. Pour Francesco Baiano, « une correction des marchés pèserait désormais davantage sur la macroéconomie. La consommation américaine repose pour partie sur l’effet richesse, tandis que le PIB est soutenu par les capex technologiques ». Une déception sur ces deux moteurs pourrait enclencher un effet de boule de neige, faisant passer la baisse des marchés à l’activité économique réelle.

  • Qu’attendre des marchés émergents ?

La Chine continue de bien performer sur son marché domestique, moins à Hong Kong. L’Inde, de son côté, n’amorce pas encore de véritable reprise. Plus généralement, le segment technologique émergent affiche de bonnes performances. Tandis que l’Amérique latine évolue sur des niveaux déjà très élevés. En parallèle, l’Europe a retrouvé une dynamique proche de celle observée en début d’année. Le marché américain démontre, une nouvelle fois, sa capacité à évoluer de manière relativement autonome, porté par ses investisseurs domestiques.

  • Investissement boursier : les pistes de diversification 

La priorité des investisseurs doit rester la mise en place d’une véritable diversification. Pas une diversification de façade, mais une recherche de décorrélation réelle. « Cela suppose d’accepter, sur une partie de l’allocation, de sous-performer temporairement le marché - avec une moindre concentration et des secteurs moins porteurs - en échange d’une capacité à prendre le relais en cas de rotation puissante », tient toutefois à préciser le chargé d'investissement de Scala Patrimoine.

Les pistes de diversification restent néanmoins difficiles à identifier sans conserver un lien, plus ou moins direct, avec l’IA.

  • Valeurs bancaires : à distinguer des financières au sens large, elles conservent une décorrélation assez forte, sous réserve du risque souverain, notamment français. Les sociétés de gestion, en revanche, sont fortement impliquées dans le financement de l’IA.
  • Santé : elle constitue une véritable porte de sortie par rapport au reste du marché. Le secteur pharmaceutique, longtemps menacé par le « mur des brevets », a repoussé cette échéance grâce à de nombreuses acquisitions, retrouvant ainsi davantage de visibilité. La santé américaine a, par ailleurs, nettement rebondi.
  • Construction : secteur longtemps délaissé, la construction montre de légers signes de reprise, vraisemblablement soutenus par la logistique et les data centers. Le niveau actuel des taux continue toutefois de peser sur l’immobilier.
  • Segments jugés peu porteurs : la consommation, les utilities - dont les valeurs les plus performantes restent souvent liées à l’IA - et les télécoms méritent également d’être surveillés.

La rotation amorcée en juin n’est pas achevée. Elle continue de profiter à certains segments qui offrent une diversification par rapport à l’IA. « Le retour d’une tendance baissière du dollar profite pour l’instant surtout aux métaux précieux et aux actifs tangibles, sans encore affecter les actifs américains », abonde Francesco Baiano. Un affaiblissement marqué du dollar pourrait toutefois finir par réorienter les flux d'investissement étrangers hors des États-Unis.

  • Les principaux risques qui pèsent sur l'investissement sur les marchés financiers

Deux risques se cumulent. D’un côté, la forte concentration de la performance et l’interconnexion croissante entre microéconomie et macroéconomie. De l’autre, le niveau des taux. Le franchissement de certains seuils pourrait d’abord affecter les secteurs les plus endettés, notamment l’IA, avant de se propager au reste du marché, comme on a pu l’observer en avril 2025. Le pétrole, resté globalement plafonné autour de 90 dollars le baril pour le Brent, ne constitue pas, à ce stade, un facteur de risque immédiat.

Les marchés obligataires : une trajectoire difficile à lire

  • Un stress sur les taux longs ?

La trajectoire des taux reste difficile à lire, en Europe comme aux États-Unis. Un facteur structurel domine : le besoin de financement ne se tarit pas. Il n’est d’ailleurs plus seulement étatique. Les entreprises y contribuent désormais largement, notamment à travers les investissements liés à l’IA. « Les financements engagés étant de long terme, il est difficile d’envisager une inversion de tendance à moyen terme », met en perspective Romane Azzopardi.

Aux États-Unis, le marché obligataire reste étroitement lié au marché des changes. Le stress se concentre sur les taux longs détenus par les investisseurs non domestiques. Lorsque la pression ne peut plus s’exprimer sur les taux, elle se reporte sur la devise. La tentative des autorités - attribuée en réunion au Trésor américain et à Scott Bessent - de contenir le niveau des taux longs s’apparente à une forme de dominance fiscale. Plutôt que de restaurer la crédibilité de l’administration américaine et de soutenir le dollar, cette politique nourrit une crise de confiance. Avec une conséquence inhabituelle : la hausse des taux ne soutient plus la devise.

  • Les avantages du portage obligataire pour l'investissement obligataire

Sur les six premiers mois de l’année, la performance d’un portefeuille obligataire reste décevante. Elle n’a, en réalité, été portée que par le portage, lui-même partiellement érodé par l’impact négatif des valorisations. « Ce portage constitue un véritable matelas de sécurité, d’autant plus précieux qu’aucun resserrement supplémentaire des spreads n’est attendu », explique Francesco Baiano.

Les spreads sont déjà très resserrés sur l’ensemble des segments - seniors, hybrides, corporate et financières - jusqu’au high yield. Les rendements des titres BB se rapprochent désormais de ceux des titres investment grade BBB.

L’attention se porte donc davantage sur le niveau absolu des taux que sur les spreads. Pour l’heure, la hausse des taux ne s’accompagne pas d’un élargissement des spreads. Mais cette mécanique ne pourra pas se poursuivre indéfiniment. « Le risque reste orienté négativement, avec une possibilité d’écartement des spreads si la situation venait à se compliquer, notamment dans les zones exposées à des risques idiosyncratiques », analyse Romane Azzopardi.

Une évolution structurelle se dessine par ailleurs sur les indices investment grade. Aux États-Unis, l’exposition aux hyperscalers devient significative et devrait continuer à progresser. Cette tendance gagne également l’Europe, même si les émetteurs bancaires y conservent encore leur place de premiers émetteurs.

  • Positionnement : une certaine prudence sur les marchés obligataires

La conviction sur les obligations est moins forte que sur les actions, faute de visibilité suffisante sur les taux. Une fin de conflit pourrait toutefois apporter de bonnes nouvelles sur le front de l’inflation et alléger la pression. Les facteurs structurels, eux, demeurent : besoins de financement, crédibilité de l’administration américaine et de l’institution monétaire.

Nous privilégions une faible duration afin de réduire la sensibilité aux taux. Certains seuils psychologiques sont particulièrement surveillés sur les taux à dix ans américain et allemand. Leur franchissement aurait des conséquences qui dépasseraient largement le seul marché obligataire, avec un risque de transmission aux actions.

Les métaux précieux

  • Or et argent

L’or a connu une reprise marquée et se situe désormais sur les niveaux du début de l’année. L’once s’échange autour de 4 600 dollars, effaçant la baisse enregistrée précédemment.

Son statut de valeur refuge est en train de changer de nature. Il joue moins le rôle de protection géopolitique - auquel il est devenu presque insensible - que celui de refuge face au risque de perte de crédibilité. Les inquiétudes liées à l’endettement et au déficit américains, déjà très présentes en 2025, continuent d’alimenter sa progression, en partie sous l’effet indirect de la baisse du dollar.

Tant que ces inquiétudes persisteront et que le dollar restera orienté à la baisse, l’or devrait rester soutenu, quel que soit son niveau. Romane Azzopardi estime ainsi que « pour un investisseur déjà exposé par le passé, la poursuite d’une construction progressive de positions conserve du sens en l’absence de retournement du dollar ».

L’argent, dont la composante spéculative est plus marquée, déçoit légèrement et reste juste en dessous de son niveau de début d’année.

  • Métaux industriels

Les métaux industriels se maintiennent à des niveaux élevés après la progression spectaculaire du cuivre et de l’aluminium au premier semestre. Il est toutefois encore trop tôt pour parler d’un véritable marché haussier.

Dans le contexte actuel, une nouvelle accélération supposerait soit une crise, soit un retournement du scénario macroéconomique, soit une inflexion liée à l’IA, notamment pour les métaux les plus utilisés dans la conception des semi-conducteurs.

  • Matières premières agricoles

Un autre point d’attention concerne la volatilité des matières premières agricoles, largement occultée par les gérants. Les prix ont déjà nettement progressé et pourraient poursuivre leur hausse sous l’effet d’aléas climatiques de plus en plus imprévisibles, notamment liés à El Niño, avec une attention particulière portée à la zone Asie-Pacifique.

Au-delà du risque inflationniste, un risque social ne peut être exclu dans certains pays, dans un contexte où plusieurs échéances électorales pourraient rendre la question particulièrement sensible.

L'investissement sur les produits structurés

La volatilité des marchés actions a nettement reflué après quelques brèves poussées au cours des mois précédents. Combinée à la hausse des taux, cette détente rend l'investissement sur les produits à capital garanti plus attractifs. Des taux plus élevés réduisent le coût de la composante obligataire qui assure la garantie du capital, tandis qu’une volatilité plus faible diminue le coût des options. Une part plus importante du budget peut ainsi être consacrée au financement de la participation à la hausse des marchés.

Nos équipes sont à votre disposition pour échanger sur vos projets d’investissement et évaluer, avec vous, leur intérêt, au regard de l’environnement économique et financier, de la structuration de votre patrimoine et de vos objectifs de vie.


L'Opinion

Produits structurés : Stellantis, le revers d’un rendement trop séduisant

Comme le rappelait récemment la journaliste de L’Opinion Carole Papazian dans un article consacré aux produits structurés, ces placements représentent aujourd’hui entre 5 et 20 % du portefeuille de nombreux clients patrimoniaux.

Sur le papier, les performances affichées ont de quoi séduire, particulièrement lorsque les marchés offrent un terrain favorable. Mais en matière d’investissement, aucun rendement n’arrive sans contrepartie. Un taux élevé signifie aussi, bien souvent, un risque élevé.

Pourquoi les produits structurés Stellantis à décrément ont-ils perdu autant de valeur ?

L’épisode Stellantis en fournit une illustration particulièrement brutale. Derrière le succès commercial des produits structurés se dessine l’une des déconvenues patrimoniales les plus sévères de ces derniers mois : l’effondrement de milliers de produits adossés au constructeur automobile. Avec, en filigrane, une question que l’on aurait tort de réduire à ce seul cas : celle de la diversification lorsqu’un produit repose sur un sous-jacent unique.

Plus de 2 300 produits structurés seraient encore liés à Stellantis en France, selon Structured Retail Products. Longtemps, le titre avait tout du sous-jacent idéal : une forte capitalisation, une liquidité confortable, une volatilité suffisamment généreuse pour permettre de construire des produits attractifs et, surtout, un dividende particulièrement élevé, supérieur à 7,5 %.

Puis le décor s’est brusquement fissuré.

De 1,55 euro en 2024, le dividende est tombé à 0,68 euro, avant d’être purement et simplement suspendu en février dernier. Problème : dans la mécanique du décrément, un dividende théorique continue, lui, de s’appliquer jusqu’à l’échéance du produit, parfois à hauteur de 1,34 à 1,55 euro. Un décalage qui, mois après mois, érode la valeur de l’indice synthétique, indépendamment de ce que l’entreprise verse réellement à ses actionnaires.

Derrière le produit, la question de l’indépendance du conseil

Chez Scala Patrimoine, le constat est sans détour. « Certaines valorisations se sont effondrées à des niveaux parfois inférieurs à 10 % du nominal. Il est encore possible, en théorie, pour certains investisseurs de récupérer leur mise. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions. Sur un produit Stellantis à décrément, récupérer son capital suppose désormais un rebond très important du sous-jacent », explique le multi-family office dans des propos rapportés par L’Agefi.

Reste une leçon, peut-être la plus importante. Le cas Stellantis ne raconte pas seulement l’histoire d’un sous-jacent qui s’est retourné. Il met aussi en lumière les fragilités d’une architecture de distribution dans laquelle les niveaux de rétrocommissions peuvent parfois dépasser 10 %. De quoi poser, une nouvelle fois, une question que l’on ne peut éluder : jusqu’où peut aller l’indépendance d’un conseil lorsque celui qui le dispense est rémunéré par le produit qu’il recommande ?


Médecins libéraux : comment transmettre son patrimoine professionnel à ses enfants ?

Dans une tribune publiée par Mieux Vivre Votre Argent, Guillaume Lucchini, associé-fondateur de Scala Patrimoine, revient sur les stratégies patrimoniales qui peuvent permettre aux professions médicales réglementées de transmettre leur patrimoine professionnel, malgré les contraintes qui encadrent leurs structures d’exercice.

Des contraintes réglementaires fortes pour les médecins libéraux

On parle beaucoup de la fiscalité des entrepreneurs. Beaucoup moins de celle des professions médicales.

C’est précisément ce sujet que Guillaume Lucchini a choisi d’explorer dans une tribune publiée par Mieux Vivre Votre Argent.

La question est aussi simple que délicate. Comment un praticien peut-il faire fructifier puis transmettre le patrimoine professionnel accumulé au sein de sa SEL ou de sa SPFPL, sans se heurter aux contraintes réglementaires propres à son activité ?

Le paradoxe est réel. Les structures qui permettent aux médecins d’exercer et de développer leur activité sont, dans le même temps, soumises à des règles strictes en matière de détention du capital et d’investissement. Au fil des années, une trésorerie peut ainsi s’accumuler, sans que la question de sa transmission ne soit réellement anticipée.

Et lorsque les enfants ne sont pas eux-mêmes médecins, la difficulté devient très concrète. Comment transmettre ce patrimoine lorsque les règles de la profession limitent précisément les personnes susceptibles de le détenir ?

Un cadre contraint, mais pas totalement verrouillé

Guillaume Lucchini revient d’abord sur les limites du cadre actuel. Une ordonnance de 2023 prévoit que plus de la moitié du capital et des droits de vote d’une SEL reste entre les mains de professionnels en exercice. Une règle structurante, qui limite fortement les possibilités de transmission directe.

Mais le même texte prévoit que des décrets propres à chaque profession peuvent permettre à des tiers d’entrer au capital. Pour les médecins, ce plafond a été fixé à 25 % par le décret du 11 décembre 2025. Une possibilité qui n’a, à ce jour, pas été ouverte dans les mêmes conditions aux chirurgiens-dentistes et aux pharmaciens d’officine.

C’est dans cet espace que se situe l’essentiel de la réflexion développée par Guillaume Lucchini.

Apporter de la souplesse à la structuration patrimoniale

Plutôt que de transmettre l’outil professionnel lui-même, le médecin peut avoir intérêt à transmettre la valeur patrimoniale qu’il génère au fil du temps au sein d’une holding dédiée. La SPFPL ne permettant pas d’avoir des associés non exerçants au capital, sauf cas très particuliers, la transmission anticipée des titres de la holding aux enfants ou au conjoint n’apparaît pas possible. Selon la réglementation applicable à chaque type de profession libérale, la pratique a toutefois développé certains schémas permettant d’envisager une telle transmission.

L’interposition d’une holding de droit commun, qui n’est pas soumise aux mêmes restrictions qu’une SPFPL, peut notamment permettre d’accueillir des associés qui ne sont pas eux-mêmes professionnels de santé. Et potentiellement, des membres de la famille du praticien.

Autre outil : les actions de préférence, qui permettent de dissocier les droits financiers des droits de vote. Dans certaines configurations, une SAS peut ainsi attribuer l’essentiel des droits financiers à certains associés. Tout en respectant les contraintes applicables à la détention du capital.

Enfin, le démembrement des titres de cette holding - avec la nue-propriété détenue par les enfants et l’usufruit conservé par le parent - peut offrir une voie de transmission qui resterait impossible à mettre en œuvre directement au niveau de la SEL ou de la SPFPL.

Des mécanismes techniques, parfois complexes, mais qui dessinent une véritable marge de manœuvre.

Car en matière patrimoniale, une règle demeure : le temps ne joue jamais en faveur de celui qui attend.

La tribune complète est à retrouver dans Mieux Vivre Votre Argent et sur Investir Les Echos.


Mieux Vivre Votre Argent

Devenir rentier : les pièges à déjouer selon Guillaume Lucchini pour Mieux Vivre Votre Argent

Devenir rentier ne consiste pas simplement à disposer d’un capital important. Encore faut-il savoir le préserver, le faire fructifier et transformer les revenus qu’il génère en une rente durable. Fiscalité, diversification, choix des enveloppes, liquidité des placements : une fois le patrimoine constitué, les arbitrages changent de nature. Et lorsque l’essentiel de la fortune repose sur des actifs financiers, ils deviennent particulièrement déterminants.

Comment construire une rente dans la durée sans sacrifier la liquidité, prendre des risques excessifs ou laisser une part trop importante de la performance à la fiscalité ?

Pour répondre à ces questions, le journaliste Léo Monégier a interrogé Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine, dans un entretien publié par Mieux Vivre Votre Argent.

Distinguer rendement brut et rendement net

Après des années consacrées à constituer un patrimoine, vient, pour certains, le moment d’en vivre. Un changement de perspective qui n’a rien d’anodin. Il ne s’agit plus seulement pour le rentier de rechercher de la performance, mais de trouver le bon équilibre entre revenus, préservation du capital et fiscalité.

Comment dégager des revenus réguliers sans entamer trop rapidement son capital ? Comment continuer à le faire fructifier tout en conservant suffisamment de liquidités ? Et que devient cette stratégie lorsqu’un projet d’expatriation entre en ligne de compte ?

Ces questions se posent à de nombreux chefs d’entreprise après une cession, à des sportifs de haut niveau au moment de mettre un terme à leur carrière, à des héritiers qui viennent de recevoir une succession importante, mais aussi, plus simplement, à ceux qui préparent leur retraite.

Premier enseignement de Guillaume Lucchini : le rendement affiché n’est pas nécessairement celui qui compte. « Ce qui compte vraiment, c’est ce que vous gardez après impôts », rappelle-t-il.

Avant même de comparer les performances, le choix de l’enveloppe fiscale mérite donc d’être posé. L’assurance-vie conserve, à ce titre, des atouts importants, notamment grâce à son régime fiscal qui permet de distinguer la part de capital de celle correspondant aux gains lors des retraits. La holding patrimoniale peut, quant à elle, trouver sa pertinence dans certaines situations, notamment après la cession d’une entreprise.

Quand la structuration finit par immobiliser le patrimoine

Mais une stratégie patrimoniale peut aussi devenir contre-productive pour le rentier lorsqu’elle fait perdre de vue un élément essentiel : la disponibilité du capital.

Guillaume Lucchini revient notamment sur le cas d’un couple ayant vendu son entreprise de pompes funèbres pour 4 millions d’euros, avant de voir l’essentiel de son patrimoine immobilisé dans des investissements de private equity illiquides dans le cadre d’un dispositif de réemploi.

Une situation qui rappelle une règle souvent oubliée : un montage patrimonial ne devrait jamais dicter les besoins du client. C’est l’inverse.

Dernier volet de l’entretien : l’expatriation. Île Maurice, résidence fiscale, contrat luxembourgeois… Autant de sujets qui peuvent ouvrir de nouvelles possibilités patrimoniales, mais qui exigent aussi de regarder de près les règles fiscales applicables. Car quitter la France ne suffit pas, à lui seul, à effacer les liens avec l’administration fiscale française.

L’intégralité de l’entretien avec Guillaume Lucchini est à retrouver dans Mieux Vivre Votre Argent et sur le site d'Investir Les Echos.


Citywire

L’immobilier, une classe d’actifs toujours incontournable pour les grandes fortunes ?

Au cours d’un entretien accordé à Nahid Lenormand pour Citywire, Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office Scala Patrimoine, revient sur la place qu’occupe encore l’immobilier dans la stratégie patrimoniale des grandes familles, des entrepreneurs et des sportifs de haut niveau.

Une classe d’actifs toujours plébiscitée

Malgré les soubresauts des dernières années - remontée des taux d’intérêt, incertitudes fiscales et politiques mais aussi environnement économique dégradé - les grandes fortunes continuent de manifester un intérêt marqué pour l’immobilier.

C’est ce que souligne Guillaume Lucchini dans cet entretien à retrouver dans Citywire.

Face à la volatilité des marchés financiers, la pierre continue de rassurer. « Nos clients, grandes familles, entrepreneurs, sportifs de haut niveau, ont en commun une appétence marquée pour l’immobilier parisien », observe-t-il.

Cet attrait ne doit rien au hasard. L’immobilier répond à plusieurs objectifs patrimoniaux : détenir un actif tangible, valoriser un patrimoine dans la durée, bénéficier de l’effet de levier du crédit ou encore générer des revenus complémentaires. Il peut également, dans certaines situations, s’inscrire dans une stratégie de transmission familiale.

Autrement dit, lorsqu’il est choisi et structuré avec discernement, l’immobilier coche de nombreuses cases. Là où les instruments financiers, plus abstraits, peuvent parfois sembler moins rassurants.

Un attrait certain pour l’immobilier parisien

Paris, en particulier, continue de cristalliser les attentes. Au-delà du prestige de la capitale, c’est surtout la profondeur de son marché qui séduit les investisseurs les plus avertis. La demande locative y reste structurellement soutenue.

« Un bien de qualité, bien situé, ne reste pas vacant », résume Guillaume Lucchini. Trouver un locataire solvable ? « Ce n’est pas un sujet. » Une mécanique, précise-t-il, que « les investisseurs aguerris savent apprécier à sa juste valeur ».

Mais l’accompagnement de Scala Patrimoine ne s’arrête pas à l’acquisition d’un bien.

Le multi family office construit également des montages financiers sophistiqués articulés autour de l’immobilier, notamment dans le cadre d’opérations de remploi éligibles au dispositif 150-0 B ter. Un savoir-faire particulièrement mobilisé dans le secteur hôtelier, où le cabinet conçoit des solutions sur mesure, adaptées à chaque situation patrimoniale.

Une approche globale que Guillaume Lucchini détaille dans l’intégralité de son entretien accordé à Citywire.


Gestion de fortune : l'Ile Maurice

Île Maurice : Guillaume Lucchini décrypte les atouts fiscaux du paradis de l’océan Indien

Dans les colonnes du Magazine Gestion de Fortune, Guillaume Lucchini, président-fondateur de Scala Patrimoine, décortique les mécanismes qui font de l’Île Maurice une destination prisée des grandes fortunes françaises, sans pour autant en éluder les zones grises.

Taux unique de 15 %, exonération des plus-values, absence d’impôt sur la fortune immobilière : sur le papier, l’Île Maurice a tout du paradis fiscal. Mais dans l’interview qu’il a accordée au journaliste Jonathan Blondelet, Guillaume Lucchini prend soin de nuancer le tableau. Car s’installer sur l’île ne suffit pas, à lui seul, à couper les ponts avec l’administration fiscale française.

Les charmes de l’assurance-vie

Premier sujet abordé : les contrats d’assurance-vie internationaux, dont les rachats échappent à l’impôt mauricien comme aux cotisations sociales. Mieux encore : certains peuvent survivre à un retour en France. « Certains contrats internationaux permettent par ailleurs d’être conservés lors d’un changement de résidence fiscale », explique Guillaume Lucchini. Une souplesse rare, qui transforme l’enveloppe en véritable outil de mobilité patrimoniale, plutôt qu’en pari à sens unique.

Les holdings, entre optimisation et prudence

Sur le terrain des sociétés, le président-fondateur de Scala Patrimoine évoque les Global Business Companies, ces structures qui peuvent, dans certaines configurations, alléger sensiblement la facture fiscale. « Les Global Business Companies peuvent bénéficier d’un régime d’exonération partielle sur certains revenus internationaux, permettant dans certaines situations de ramener le taux effectif d’imposition à un niveau proche de 3 % », précise-t-il.

Un dispositif séduisant, certes. Mais qui ne s’improvise pas. Derrière l’optimisation fiscale se trouve une ingénierie patrimoniale exigeante, qui suppose de respecter des conditions précises. Là encore, un simple changement d’adresse ne suffit pas.

La résidence fiscale, nerf de la guerre

Reste le point sur lequel Guillaume Lucchini insiste : la résidence fiscale effective. C’est elle qui détermine, en premier lieu, la possibilité de s’affranchir réellement de la fiscalité française. « L’administration fiscale regarde d’abord le foyer fiscal, puis le centre des intérêts économiques », rappelle-t-il. Et d’ajouter : « La détermination de la résidence fiscale repose sur un faisceau d’indices prévu par les législations nationales et, le cas échéant, par la convention fiscale régissant les échanges entre les deux pays. »

Autrement dit, pas de formule magique. Une expatriation fiscale se prépare, se documente et se construit avec méthode, bien avant de faire ses valises pour l’océan Indien.


Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office de Scala Patrimoine

Guillaume Lucchini évoque les coulisses de l’accompagnement des sportifs de haut niveau

Dans une interview accordée au Brief Patrimonial, média indépendant fondé par Gillet Petit et spécialisé dans l’actualité économique et patrimoniale, Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine, revient d’abord sur onze années de développement du multi family office indépendant. Il évoque ensuite les enjeux très particuliers de l’accompagnement des sportifs de haut niveau. Et la manière dont leur patrimoine doit être pensé et protégé au fil d’une carrière souvent aussi brillante que brève.

Scala Patrimoine : l’indépendance pour signature

Fondé en 2014 par Guillaume Lucchini, le multi family office indépendant a bâti sa réputation sur un principe qui, dans un secteur nourri aux rétrocommissions, est valeur de provocation : être rémunéré exclusivement par ses clients, sous forme d’honoraires de conseil. Dans l’interview accordée au Brief Patrimonial, l’associé fondateur lève le voile sur les coulisses de cette maison, où entrepreneurs, familles fortunées et sportifs professionnels sont accompagnés depuis Paris, Marseille et Genève.

Au cours de l’entretien, Guillaume Lucchini revient également sur les contours de l'offre dédiée au mécénat. Un département qui est né de sa rencontre avec Francis Charhon, ancien dirigeant de la Fondation de France.

Cette expertise permet ainsi d’intégrer la dimension philanthropique à l’organisation et à la structuration du patrimoine des clients du family office.

« Chez nos clients, la question du sens donné à leur patrimoine finit tôt ou tard par s’imposer autour de la table. Comme une évidence qui dépasse les seules considérations financières. Avec ce pôle d’expertise, nous les aidons à structurer leur démarche philanthropique : création de fondations ou de fonds de dotation, organisation de la gouvernance, sélection des projets à soutenir, suivi de l’impact… Le tout en mobilisant des expertises juridiques et fiscales pointues » souligne ainsi Guillaume Lucchini.

L’accompagnement des sportifs de haut niveau : une méthode éprouvée

Dans le cadre de cette interview, Gillet Petit a également souhaité revenir sur l’une des particularités de Scala Patrimoine : sa capacité à accompagner des athlètes de haut niveau, dont les carrières, aussi brillantes soient-elles, demeurent par nature éphémères.

« La gestion patrimoniale d’un sportif de haut niveau répond à des enjeux singuliers », résume Guillaume Lucchini. Quinze années de carrière, souvent moins, constitue finalement une fenêtre étroite pour bâtir un patrimoine équilibré, dont la vocation est de durer bien plus longtemps.

La méthode, elle, ne change pas. D’abord, sécuriser les fondamentaux : résidence principale, investissement locatif, épargne de précaution. Ensuite, seulement, envisager des placements plus ambitieux - marchés financiers, private equity, projets entrepreneuriaux - en fonction des aspirations et du profil de chacun.

Guillaume Lucchini alerte notamment sur les dérives qu’il observe chez certains athlètes confrontés à des difficultés financières : « des dettes contractées sur des durées qui dépassent leur carrière. Quand les revenus s’effondrent, les charges restent. C’est une mécanique redoutable. »

Il y a aussi le corps, qui peut trahir à tout moment. « Une blessure peut tout remettre en question du jour au lendemain », rappelle le fondateur de Scala Patrimoine. Le cabinet met ainsi ses clients en relation avec des experts indépendants de la performance, afin de les accompagner sans conflit d’intérêts.

L’enjeu consiste aussi à considérer la notoriété comme un actif à part entière. Une logique de brand equity se dessine alors, pensée pour préparer, bien avant qu’elle ne survienne, la transition vers l’après-carrière.

Un accompagnement qui, comme le souligne Guillaume Lucchini dans cet entretien au Brief Patrimonial, dépasse largement le seul conseil financier.