Le rendez-vous des marchés financiers et de l’économie - Septembre 2026
Les marchés financiers & l’économie : les points clés
- L'économie européenne montre des signes de reprise ;
- Aux États-Unis, l’inflation et les tensions sur les taux compliquent la tâche de la Fed ;
- Après les opérations militaires, les États-Unis accentuent la pression sur l’Iran en privilégiant un étranglement de son économie ;
- La hausse des taux longs et les inquiétudes sur les dettes publiques pèsent sur les marchés obligataires ;
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
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Iran : d’un conflit militaire à une guerre économique
Les yeux des investisseurs restent rivés sur le détroit d’Ormuz, l’une des grandes artères de l’économie mondiale. Près d’un cinquième du pétrole mondial y transite, selon l’EIA. Un passage stratégique dont le moindre ralentissement suffit à faire trembler les marchés.
Avant le conflit avec l’Iran, entre 130 et 140 navires traversaient chaque jour le détroit d’Ormuz. Aujourd’hui, ils sont en moyenne entre 10 et 20 à y circuler, soit une chute de près de 90 % du trafic.
La tension reste donc vive dans la région. Mais la stratégie américaine est, elle aussi, en train d’évoluer. À la pression militaire semble désormais succéder une autre forme de confrontation, plus diffuse mais potentiellement tout aussi redoutable : la guerre économique. Washington cherche à isoler progressivement l'Iran de ses partenaires commerciaux.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a ainsi présenté le « jour J économique » pour faire plier l’Iran, un projet baptisé « Opération Economic Outcast ».
Il a aussi prévenu que les pays qui continueraient à commercer avec Téhéran s’exposeraient à de lourdes sanctions, sans toutefois en préciser, à ce stade, les contours.
L’Iran a promis de riposter à ce durcissement américain. Téhéran affiche néanmoins sa confiance dans la capacité de ses principaux partenaires commerciaux à résister à la pression exercée par Washington.
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Or : le métal jaune retrouve de l’éclat
L’or semble retrouver quelques couleurs après avoir traversé une période de turbulences au cours du premier semestre.
En juin, le métal jaune était repassé sous la barre des 4 000 dollars l’once, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis novembre 2025.
Pour autant, les fondamentaux restent solides. Le métal jaune bénéficie toujours de puissants facteurs de soutien à long terme. Une demande des investisseurs occidentaux importante, conjuguée à la poursuite des achats massifs des banques centrales, pourrait ainsi continuer à pousser les cours vers de nouveaux sommets.
En août, l’or a grimpé de près de 13,45 %, à 4 652 dollars l’once.
Une dynamique que Goldman Sachs relie également au recul des anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine en septembre. Le maintien des taux par la Fed en juillet, à mettre en parallèle avec la publication de chiffres de l’emploi et de l’inflation plus faibles que prévu, a contribué à renforcer les anticipations d’un assouplissement de la politique monétaire américaine.
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Les performances des marchés financiers
Les marchés financiers ont soufflé le chaud et le froid au mois d’août. Entre l’enthousiasme suscité par les géants de la technologie américaine et les interrogations persistantes sur la durée du conflit en Iran, les investisseurs ont navigué entre euphorie et prudence.
Aux États-Unis, tous les regards étaient tournés vers Nvidia. Et, une fois encore, le champion des semi-conducteurs a dépassé les attentes.
Le groupe a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 96,2 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 59,7 milliards. Des résultats hors normes, qui témoignent de l’appétit toujours intact des géants de la technologie pour les infrastructures liées à l’IA.
Cerise sur le gâteau, Nvidia anticipe désormais une progression de près de 70 % de son chiffre d’affaires l’an prochain. Les investisseurs ont salué ces perspectives : le titre a gagné plus de 5 % dans la foulée des annonces.
L’entreprise a ainsi franchi le seuil symbolique des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Les grands indices américains ont profité de cet élan. Le S&P 500 progresse de 1,1 %, tandis que le Nasdaq s’adjuge près de 1,7 %, porté par l’ensemble du secteur technologique.
En Europe, la tendance est plus contrastée. Le CAC 40 a inscrit un nouveau record historique à 8 755 points avant de marquer une pause. L’indice parisien recule finalement de 3 %, à 8 360 points.
L’Euro Stoxx 50 recule de 0,1 %, tandis que le DAX allemand gagne 0,6 %, profitant notamment de l’amélioration des perspectives économiques outre-Rhin et du dynamisme des valeurs industrielles.
Même tonalité en Asie. Le Shanghai Composite progresse de 4,4 %, tandis que le Nifty 50 indien subit une baisse de près de 3 %.

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Le marché des taux sous pression
Les investisseurs font désormais payer aux États, et notamment à la France, leurs doutes sur la capacité de ces derniers à retrouver le chemin de l’équilibre budgétaire. Le taux d’emprunt français à 30 ans atteint désormais 4,88 %, son plus haut niveau depuis 2008, en pleine crise financière.
- Le spread entre la France et l'Allemagne s'écarte
D’autres grandes économies européennes sont également concernées. Le taux allemand à 30 ans évolue autour de 3,79 %, contre 5,73 % pour le Royaume-Uni.
L’Allemagne, qui a longtemps bénéficié de sa réputation de sérieux budgétaire pour emprunter à des taux inférieurs à ceux de la plupart de ses voisins, paie désormais le prix de l’envolée de ses dépenses d’infrastructures et de défense.
Parallèlement, le spread - l’écart de rendement entre l’OAT française à 10 ans et le Bund allemand de même maturité - a retrouvé des niveaux élevés, à 0,86 %. Un indicateur particulièrement scruté : il mesure la prime de risque exigée par les investisseurs pour prêter à Paris plutôt qu’à Berlin.
À l’inverse, le Portugal (3,59 %), la Grèce (3,92 %) et l’Italie (4,05 %), encore considérés il y a quelques années comme les « mauvais élèves » de l’Union européenne, bénéficient désormais d’une confiance accrue des marchés.
- La dette américaine dans le viseur des investisseurs
Et que dire des États-Unis ? Le taux à 30 ans a grimpé à 5,18 %, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2007.
La tension est toutefois légèrement retombée après une prise de parole de Scott Bessent, secrétaire au Trésor de Donald Trump. Il a annoncé que Washington doublerait la taille de ses opérations de rachat de dette à longue échéance, les faisant passer de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération.
La publication, début août, de chiffres de l’emploi américain moins bons qu’anticipé a également changé la donne. Une partie des investisseurs en a déduit que la Réserve fédérale pourrait ne pas relever ses taux en septembre, au risque de laisser davantage de prise à l’inflation. Ils ont, en conséquence, exigé une rémunération plus élevée pour prêter à l’État fédéral.
Comme le résume Enguerrand Artaz, de La Financière de l’Échiquier : « Au-delà des craintes d’un retour de l’inflation liées à l’Iran, le marché des taux se trouve au croisement de plusieurs sujets structurants : la dérive des comptes publics et l’augmentation de la charge de la dette dans les pays occidentaux, d’une part ; l’IA et le financement de ses colossales dépenses d’investissement, d’autre part. De nombreux groupes américains font appel aux marchés obligataires pour financer leurs projets. Or cet afflux de papier obligataire peine de plus en plus à être absorbé par les investisseurs. Ou plutôt, il conduit à des arbitrages, dont les premières victimes sont les dettes d’État à long terme. »
États-Unis : une inflation toujours présente
Le FMI a publié en juillet une mise à jour de ses perspectives économiques. La croissance mondiale devrait ralentir à 3,0 % en 2026, contre 3,5 % en moyenne en 2024 et 2025. Dans le même temps, l’inflation mondiale repartirait à la hausse, passant de 4,1 % l’an dernier à 4,7 % cette année.
Mais le scénario du FMI repose sur une hypothèse devenue fragile : la réouverture du détroit d’Ormuz.
Or Washington a intensifié ses sanctions économiques sur l’Iran. Le scénario central pourrait donc déjà être rattrapé par les événements.
Dans cet environnement incertain, l’économie américaine résiste, pour l’instant, plutôt bien. Fitch anticipe désormais une croissance de 1,9 % en 2026 comme en 2027.
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Une économie américaine qui ralentit sans décrocher
L’économie américaine tient bon, même si le ralentissement est désormais visible. Selon les données publiées par le Bureau of Economic Analysis, la croissance a progressé de 1,5 % au deuxième trimestre, en rythme annualisé, contre 2,1 % au cours des trois premiers mois de l’année.
- Des signes de faiblesse pour la première économie mondiale ?
Cette dynamique reste largement portée par la consommation des ménages, qui compense le ralentissement des investissements et des dépenses publiques, ainsi que la hausse des importations.
Du côté des prix, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,1 % sur un mois en juillet, tandis que l’indice des prix à la production a rebondi de 0,2 %.
Les signaux sont moins favorables du côté de la demande. Les ventes de détail ont déçu en juillet, reculant de 0,6 %. La confiance des ménages, mesurée par l’Université du Michigan, s’est elle aussi nettement dégradée, passant de 55,2 à 51,7.
Le marché du travail commence également à montrer des signes de faiblesse. L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois en juin, bien en dessous des attentes et des 129 000 créations enregistrées en mai.
Même les indicateurs avancés se dégradent. Après une progression de 0,1 % en mai, l’indice composite des indicateurs avancés (LEI) du Conference Board a reculé de 0,2 % en juin, à 99,1, alors que les économistes anticipaient en moyenne un repli limité à 0,1 %.
- Le spectre d'une nouvelle guerre commerciale ?
Pour autant, les États-Unis semblent encore mieux armés que d’autres économies pour absorber les chocs géopolitiques. « Les États-Unis ont été bien mieux protégés des répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient que d’autres régions du monde », observe James Knightley, économiste en chef pour les affaires internationales chez ING. « Les consommateurs continuent de dépenser et nous assistons à un cycle effréné d’investissements dans le secteur technologique. »
Reste une inconnue : la capacité de l’économie américaine à encaisser la nouvelle salve de droits de douane promise par l’administration Trump. Le Canada figure en première ligne. Le président américain a promis d’imposer une taxe de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de produits canadiens.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a immédiatement annoncé des mesures de rétorsion, notamment sur l’acier, la pâte à papier et les produits laitiers. La guerre commerciale n’est donc pas près de s’éteindre.
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La Fed face au retour des tensions inflationnistes
L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) a augmenté de 3,7 % sur un an. Sur un mois, il a progressé de 0,2 %, davantage que prévu (+0,1 %), après un recul de 0,1 % en juin.
Une mesure plus étroite de l’inflation, le core PCE, qui exclut les composantes les plus volatiles que sont l’énergie et l’alimentation, ressort à +3,3 % sur un an en juillet.
Ce regain des pressions inflationnistes a ravivé les tensions sur les taux américains. Le rendement du Treasury à 30 ans a ainsi bondi jusqu’à 5,18 %.
Pour changer, les yeux des investisseurs sont tournés vers la Réserve fédérale. En juillet, l’institution dirigée par Kevin Warsh a maintenu ses taux dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, à l’issue d’un vote de 9 voix contre 3.
Les responsables de la Fed ont néanmoins laissé entrevoir la possibilité d’une nouvelle hausse des taux si les tensions inflationnistes venaient à persister.
Ces décisions seront scrutées de près car, dans le même temps, la dette américaine continue de gonfler. Elle a dépassé pour la première fois les 40 000 milliards de dollars, après une hausse de 3 000 milliards sur un an.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s’est pourtant engagé à ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici à la fin du mandat, contre 6,3 % au début. Une ambition considérable. Et, à ce stade, le chemin à parcourir reste long.
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Le discours de Jackson Hole met fin à la forward guidance
Tous les regards étaient tournés vers Jackson Hole. Mais, fidèle à sa réputation, Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, n’a donné aucune indication claire sur la trajectoire des taux. Il s’est toutefois risqué à reconnaître que l’inflation restait « préoccupante » et s’est refusé à qualifier la politique monétaire actuelle de « restrictive ». Autrement dit, de nouvelles hausses de taux restent possibles, mais aucun calendrier précis n’a été dévoilé.
Sa formule de clôture, elle, vaut le détour : « Je suis engagé envers une discipline, pas envers une décision. » Traduction : ne comptez plus sur la forward guidance pour anticiper les prochaines décisions des banques centrales.
Eric Vanraes, CIO d'Eric Sturdza Asset Management, ne mache pas ses mots sur les premiers pas de Kevin Warsh. « Les marchés s’attendaient à une clarification voire à un mea culpa de la part de Kevin Warsh après sa décevante entrée en fonction. En guise de clarification, nous avons eu droit à une confirmation : Warsh enfonce le clou et fait un bras d’honneur en direction du marché obligataire. Visiblement, la pente de la courbe et le niveau des taux longs, ce n’est pas son problème. Aux oubliettes le troisième mandat de la Fed! Nous aurons droit à une version «a minima», avec moins de meetings, l’abandon du forward guidance ainsi que des communications des membres du FOMC. »
Economie européenne : l’éclaircie se confirme, mais la reprise reste fragile
Le Fonds monétaire international a publié ses nouvelles estimations de croissance pour l'économie de la zone euro en 2026. L’institution anticipe désormais une progression du PIB de seulement 0,9 %, soit 0,2 point de moins que dans ses précédentes prévisions.
Et la France dans tout cela ? Elle fait nettement moins bien. La croissance ne devrait atteindre que 0,6 % cette année, soit 0,3 point de moins que prévu en avril.
Pourtant, depuis quelques semaines, l’économie européenne envoie des signaux plus encourageants.
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Un nouvel élan pour l'économie européenne ?
- L’économie européenne rebondit
Le produit intérieur brut (PIB) a grimpé de 0,4 % au deuxième trimestre, après avoir stagné au cours des trois premiers mois de l’année. Un rebond qui a pris les analystes de court, eux qui n’anticipaient qu’une hausse de 0,2 % pour l'économie européenne.
Dans le même temps, l’emploi a progressé de 0,5 % sur un an.
Ces chiffres trouvent leur prolongement dans plusieurs indicateurs avancés. L’indice ZEW, qui mesure le sentiment des investisseurs à l’égard des perspectives économiques de la zone euro, est ressorti à 23,4 en juillet, très au-dessus du consensus de 11,2 et après 9,5 en juin. Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis février 2026.
En août, l'indicateur de sentiment économique (ESI) a augmenté dans la zone euro de 1,3 point, à 98,4.
Même tonalité du côté du PMI Flash composite de S&P Global : l’indice de l’activité globale s’est établi à 51,9 en juillet, contre 50,0 en juin.
Le PMI manufacturier de la zone euro accélère lui aussi, atteignant 52,8 en août, son plus haut niveau depuis plus de quatre ans.
- L’Allemagne accélère, la France à la traîne
Parmi les économies qui profitent de cette embellie figure l’Allemagne. Le pays a enregistré 0,3 % de croissance au deuxième trimestre, tandis que ses perspectives pour 2026 ont été nettement relevées, de 0,7 % à 1,2 %.
Son PMI manufacturier flash a bondi à 54,1, contre un consensus de 52,0. Soit 2,1 points de plus que prévu. Le chiffre traduit à la fois le rattrapage de l’activité après le conflit iranien et l’effet des budgets de défense, qui alimentent désormais les carnets de commandes.
L’indice du climat des affaires a lui aussi rebondi, gagnant 2,1 points à 88,8, son plus haut niveau depuis un an.
La France, elle, peine davantage à suivre le mouvement. Elle affiche même l’une des révisions les plus sévères de la zone euro : sa prévision de croissance pour 2026 tombe à 0,6 %, soit 0,3 point de moins qu’en avril, avant de plafonner à 0,9 % en 2027.
Ce rebond européen peut-il être durable ? Chris Williamson, Chief Business Economist chez S&P Global Market Intelligence, préfère jouer la carte de la prudence : « Le mois de juillet a été marqué par un rebond de l’activité économique dans la zone euro. Compte tenu du contexte géopolitique particulièrement volatile, la pérennité de cette reprise demeure toutefois incertaine. »
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La BCE en passe de relever ses taux ?
Dans la zone euro, l’inflation annuelle a légèrement progressé en juillet, à 2,9 %, contre 2,8 % en juin, conformément aux anticipations du marché.
Les coûts de l’énergie et des services ont été les principaux contributeurs à cette remontée. De son côté, l’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes les plus volatiles, notamment l’alimentation et l’énergie, est passée de 2,4 % à 2,5 %.
Malgré les conséquences du conflit entre l’Iran et les États-Unis sur les prix de l’énergie, le Conseil des gouverneurs a choisi, lors de sa réunion du 23 juillet, de laisser inchangés les trois taux directeurs de la BCE.
Les taux de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal demeurent ainsi respectivement à 2,25 %, 2,40 % et 2,65 %.
Mais la BCE prend soin de ne fermer aucune porte. Dans sa communication, le Conseil des gouverneurs indique se tenir prêt à ajuster l’ensemble de ses instruments afin de ramener durablement l’inflation vers son objectif de 2 % à moyen terme.
Le message est clair : la banque centrale pense à concrétiser un nouveau resserrement monétaire.
Le marché obligataire commence d’ailleurs à intégrer cette possibilité. Le swap de taux d’intérêt à court terme en euro à cinq ans (Ester OIS), considéré comme un indicateur du taux neutre de la zone euro, a atteint environ 2,85 %, son plus haut niveau depuis novembre 2023.
Le taux neutre correspond au niveau auquel la politique monétaire est censée se stabiliser à moyen terme. Autrement dit, le marché anticipe clairement une hausse des taux de la part de la BCE.
Les convictions d’investissement de Scala Patrimoine - Septembre 2026
Les principaux enseignements
- Investissement boursier : les marchés actions restent solides, portés par des résultats d’entreprises robustes. Mais la concentration autour de l’IA appelle désormais davantage de vigilance.
- Sur les marchés obligataires, l’incertitude domine : la persistance des besoins de financement et le niveau des taux plaident pour un positionnement prudent et une duration courte.
- Face à ces fragilités, la diversification retrouve tout son sens, avec un intérêt renouvelé pour l’or, les actifs tangibles et certains secteurs encore à l’écart de l’euphorie autour de l’IA.
Les marchés actions : la solidité des entreprises face au vertige de l’investissement sur l'IA
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Les entreprises affichent leur solidité
Le principal fait marquant du mois tient à l’achèvement de la publication des résultats du deuxième trimestre. Ils se révèlent globalement positifs, voire exceptionnels dans certains cas. Les doutes qui pesaient sur le secteur technologique américain et avaient contribué à faire baisser les valorisations se sont largement dissipés après la publication des résultats de Nvidia. Ceux-ci ont dépassé les attentes et entraîné dans leur sillage l’ensemble du secteur. Plus largement, les bénéfices des entreprises du S&P 500 devraient progresser de 34,5 % au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente.
Une ligne de fracture demeure toutefois entre la technologie américaine, aux valorisations élevées, et les marchés émergents, où celles-ci restent très basses. L’effet Chine explique une partie de cet écart, mais pas sa totalité. « La question d’une prime de risque géopolitique, liée notamment aux tensions autour de Taïwan et à la rivalité sino-américaine, reste ouverte », alerte ainsi Francesco Baiano, chargé d’investissement au sein du multi family office Scala Patrimoine.
Le consensus reste globalement positif sur l'investissement sur les marchés actions. Il s’appuie sur des conditions microéconomiques toujours favorables et sur des données macroéconomiques qui, pour l’heure, ne se dégradent pas : enquêtes prospectives ISM solides aux États-Unis, indice PCE sans véritable signal de faiblesse en Europe. Le bruit géopolitique et politique - y compris son impact ponctuel sur le CAC 40 le 27 août, dans le sillage de la situation politique française - n’est pour l’instant guère relayé par les investisseurs. Leur regard reste fixé sur les dynamiques microéconomiques, qui demeurent bonnes. La prudence gagne néanmoins du terrain au fil des mois.
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Une concentration autour des valeurs de l’IA
« Le principal point de vigilance demeure l’ampleur, difficile à mesurer, de l’exposition indirecte du marché à la thématique de l’IA. Une large partie de la cote non technologique performe également bien, sans qu’il soit possible de trancher entre la vigueur réelle de la consommation sous-jacente et un simple effet d’entraînement de l’IA », avertit Romane Azzopardi, responsable des investissements chez Scala Patrimoine. Lorsqu’on interroge aujourd’hui un gérant sur son exposition à cette thématique, il est souvent incapable d’y répondre précisément. L’IA irrigue désormais l’ensemble des secteurs, y compris certains actifs réputés diversifiants, comme les métaux, l’industrie ou les actifs tangibles.
- Un risque autour du financement data centers ?
Un premier signal d’alerte apparaît du côté des data centers. Les assureurs peinent à couvrir l’intégralité de ces infrastructures, dont les garanties reposent essentiellement sur les hyperscalers, aujourd’hui proches de l’équilibre en matière de free cash-flow. Les prochains trimestres pourraient même les faire basculer en territoire négatif. « Tant qu’aucun événement de rupture ne survient, le marché devrait poursuivre sa dynamique. Mais la moindre inquiétude sur ce segment pourrait provoquer de fortes vagues sur l’ensemble de la cote, compte tenu de son degré d’interconnexion », estime Romane Azzopardi.
La soutenabilité du financement constitue le second volet de cette vigilance. L’annonce récente d’un projet de levée de près de 500 milliards de dollars, financé conjointement par BlackRock, Blackstone, Brookfield, Apollo, KKR et Goldman Sachs, pose une question simple mais lourde de conséquences : le marché est-il en mesure de fournir durablement le capital nécessaire aux ambitions d'investissement de ces acteurs ?
- Des inquiétudes principalement macroéconomiques ?
Enfin, l’interconnexion entre les tendances microéconomiques et macroéconomiques apparaît aujourd’hui bien plus forte qu’il y a 18 à 24 mois. Pour Francesco Baiano, « une correction des marchés pèserait désormais davantage sur la macroéconomie. La consommation américaine repose pour partie sur l’effet richesse, tandis que le PIB est soutenu par les capex technologiques ». Une déception sur ces deux moteurs pourrait enclencher un effet de boule de neige, faisant passer la baisse des marchés à l’activité économique réelle.
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Qu’attendre des marchés émergents ?
La Chine continue de bien performer sur son marché domestique, moins à Hong Kong. L’Inde, de son côté, n’amorce pas encore de véritable reprise. Plus généralement, le segment technologique émergent affiche de bonnes performances. Tandis que l’Amérique latine évolue sur des niveaux déjà très élevés. En parallèle, l’Europe a retrouvé une dynamique proche de celle observée en début d’année. Le marché américain démontre, une nouvelle fois, sa capacité à évoluer de manière relativement autonome, porté par ses investisseurs domestiques.
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Investissement boursier : les pistes de diversification
La priorité des investisseurs doit rester la mise en place d’une véritable diversification. Pas une diversification de façade, mais une recherche de décorrélation réelle. « Cela suppose d’accepter, sur une partie de l’allocation, de sous-performer temporairement le marché - avec une moindre concentration et des secteurs moins porteurs - en échange d’une capacité à prendre le relais en cas de rotation puissante », tient toutefois à préciser le chargé d'investissement de Scala Patrimoine.
Les pistes de diversification restent néanmoins difficiles à identifier sans conserver un lien, plus ou moins direct, avec l’IA.
- Valeurs bancaires : à distinguer des financières au sens large, elles conservent une décorrélation assez forte, sous réserve du risque souverain, notamment français. Les sociétés de gestion, en revanche, sont fortement impliquées dans le financement de l’IA.
- Santé : elle constitue une véritable porte de sortie par rapport au reste du marché. Le secteur pharmaceutique, longtemps menacé par le « mur des brevets », a repoussé cette échéance grâce à de nombreuses acquisitions, retrouvant ainsi davantage de visibilité. La santé américaine a, par ailleurs, nettement rebondi.
- Construction : secteur longtemps délaissé, la construction montre de légers signes de reprise, vraisemblablement soutenus par la logistique et les data centers. Le niveau actuel des taux continue toutefois de peser sur l’immobilier.
- Segments jugés peu porteurs : la consommation, les utilities - dont les valeurs les plus performantes restent souvent liées à l’IA - et les télécoms méritent également d’être surveillés.
La rotation amorcée en juin n’est pas achevée. Elle continue de profiter à certains segments qui offrent une diversification par rapport à l’IA. « Le retour d’une tendance baissière du dollar profite pour l’instant surtout aux métaux précieux et aux actifs tangibles, sans encore affecter les actifs américains », abonde Francesco Baiano. Un affaiblissement marqué du dollar pourrait toutefois finir par réorienter les flux d'investissement étrangers hors des États-Unis.
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Les principaux risques qui pèsent sur l'investissement sur les marchés financiers
Deux risques se cumulent. D’un côté, la forte concentration de la performance et l’interconnexion croissante entre microéconomie et macroéconomie. De l’autre, le niveau des taux. Le franchissement de certains seuils pourrait d’abord affecter les secteurs les plus endettés, notamment l’IA, avant de se propager au reste du marché, comme on a pu l’observer en avril 2025. Le pétrole, resté globalement plafonné autour de 90 dollars le baril pour le Brent, ne constitue pas, à ce stade, un facteur de risque immédiat.
Les marchés obligataires : une trajectoire difficile à lire
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Un stress sur les taux longs ?
La trajectoire des taux reste difficile à lire, en Europe comme aux États-Unis. Un facteur structurel domine : le besoin de financement ne se tarit pas. Il n’est d’ailleurs plus seulement étatique. Les entreprises y contribuent désormais largement, notamment à travers les investissements liés à l’IA. « Les financements engagés étant de long terme, il est difficile d’envisager une inversion de tendance à moyen terme », met en perspective Romane Azzopardi.
Aux États-Unis, le marché obligataire reste étroitement lié au marché des changes. Le stress se concentre sur les taux longs détenus par les investisseurs non domestiques. Lorsque la pression ne peut plus s’exprimer sur les taux, elle se reporte sur la devise. La tentative des autorités - attribuée en réunion au Trésor américain et à Scott Bessent - de contenir le niveau des taux longs s’apparente à une forme de dominance fiscale. Plutôt que de restaurer la crédibilité de l’administration américaine et de soutenir le dollar, cette politique nourrit une crise de confiance. Avec une conséquence inhabituelle : la hausse des taux ne soutient plus la devise.
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Les avantages du portage obligataire pour l'investissement obligataire
Sur les six premiers mois de l’année, la performance d’un portefeuille obligataire reste décevante. Elle n’a, en réalité, été portée que par le portage, lui-même partiellement érodé par l’impact négatif des valorisations. « Ce portage constitue un véritable matelas de sécurité, d’autant plus précieux qu’aucun resserrement supplémentaire des spreads n’est attendu », explique Francesco Baiano.
Les spreads sont déjà très resserrés sur l’ensemble des segments - seniors, hybrides, corporate et financières - jusqu’au high yield. Les rendements des titres BB se rapprochent désormais de ceux des titres investment grade BBB.
L’attention se porte donc davantage sur le niveau absolu des taux que sur les spreads. Pour l’heure, la hausse des taux ne s’accompagne pas d’un élargissement des spreads. Mais cette mécanique ne pourra pas se poursuivre indéfiniment. « Le risque reste orienté négativement, avec une possibilité d’écartement des spreads si la situation venait à se compliquer, notamment dans les zones exposées à des risques idiosyncratiques », analyse Romane Azzopardi.
Une évolution structurelle se dessine par ailleurs sur les indices investment grade. Aux États-Unis, l’exposition aux hyperscalers devient significative et devrait continuer à progresser. Cette tendance gagne également l’Europe, même si les émetteurs bancaires y conservent encore leur place de premiers émetteurs.
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Positionnement : une certaine prudence sur les marchés obligataires
La conviction sur les obligations est moins forte que sur les actions, faute de visibilité suffisante sur les taux. Une fin de conflit pourrait toutefois apporter de bonnes nouvelles sur le front de l’inflation et alléger la pression. Les facteurs structurels, eux, demeurent : besoins de financement, crédibilité de l’administration américaine et de l’institution monétaire.
Nous privilégions une faible duration afin de réduire la sensibilité aux taux. Certains seuils psychologiques sont particulièrement surveillés sur les taux à dix ans américain et allemand. Leur franchissement aurait des conséquences qui dépasseraient largement le seul marché obligataire, avec un risque de transmission aux actions.
Les métaux précieux
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Or et argent
L’or a connu une reprise marquée et se situe désormais sur les niveaux du début de l’année. L’once s’échange autour de 4 600 dollars, effaçant la baisse enregistrée précédemment.
Son statut de valeur refuge est en train de changer de nature. Il joue moins le rôle de protection géopolitique - auquel il est devenu presque insensible - que celui de refuge face au risque de perte de crédibilité. Les inquiétudes liées à l’endettement et au déficit américains, déjà très présentes en 2025, continuent d’alimenter sa progression, en partie sous l’effet indirect de la baisse du dollar.
Tant que ces inquiétudes persisteront et que le dollar restera orienté à la baisse, l’or devrait rester soutenu, quel que soit son niveau. Romane Azzopardi estime ainsi que « pour un investisseur déjà exposé par le passé, la poursuite d’une construction progressive de positions conserve du sens en l’absence de retournement du dollar ».
L’argent, dont la composante spéculative est plus marquée, déçoit légèrement et reste juste en dessous de son niveau de début d’année.
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Métaux industriels
Les métaux industriels se maintiennent à des niveaux élevés après la progression spectaculaire du cuivre et de l’aluminium au premier semestre. Il est toutefois encore trop tôt pour parler d’un véritable marché haussier.
Dans le contexte actuel, une nouvelle accélération supposerait soit une crise, soit un retournement du scénario macroéconomique, soit une inflexion liée à l’IA, notamment pour les métaux les plus utilisés dans la conception des semi-conducteurs.
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Matières premières agricoles
Un autre point d’attention concerne la volatilité des matières premières agricoles, largement occultée par les gérants. Les prix ont déjà nettement progressé et pourraient poursuivre leur hausse sous l’effet d’aléas climatiques de plus en plus imprévisibles, notamment liés à El Niño, avec une attention particulière portée à la zone Asie-Pacifique.
Au-delà du risque inflationniste, un risque social ne peut être exclu dans certains pays, dans un contexte où plusieurs échéances électorales pourraient rendre la question particulièrement sensible.
L'investissement sur les produits structurés
La volatilité des marchés actions a nettement reflué après quelques brèves poussées au cours des mois précédents. Combinée à la hausse des taux, cette détente rend l'investissement sur les produits à capital garanti plus attractifs. Des taux plus élevés réduisent le coût de la composante obligataire qui assure la garantie du capital, tandis qu’une volatilité plus faible diminue le coût des options. Une part plus importante du budget peut ainsi être consacrée au financement de la participation à la hausse des marchés.


