Devenir rentier : les pièges à déjouer selon Guillaume Lucchini pour Mieux Vivre Votre Argent
Devenir rentier ne consiste pas simplement à disposer d’un capital important. Encore faut-il savoir le préserver, le faire fructifier et transformer les revenus qu’il génère en une rente durable. Fiscalité, diversification, choix des enveloppes, liquidité des placements : une fois le patrimoine constitué, les arbitrages changent de nature. Et lorsque l’essentiel de la fortune repose sur des actifs financiers, ils deviennent particulièrement déterminants.
Comment construire une rente dans la durée sans sacrifier la liquidité, prendre des risques excessifs ou laisser une part trop importante de la performance à la fiscalité ?
Pour répondre à ces questions, le journaliste Léo Monégier a interrogé Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine, dans un entretien publié par Mieux Vivre Votre Argent.
Distinguer rendement brut et rendement net
Après des années consacrées à constituer un patrimoine, vient, pour certains, le moment d’en vivre. Un changement de perspective qui n’a rien d’anodin. Il ne s’agit plus seulement pour le rentier de rechercher de la performance, mais de trouver le bon équilibre entre revenus, préservation du capital et fiscalité.
Comment dégager des revenus réguliers sans entamer trop rapidement son capital ? Comment continuer à le faire fructifier tout en conservant suffisamment de liquidités ? Et que devient cette stratégie lorsqu’un projet d’expatriation entre en ligne de compte ?
Ces questions se posent à de nombreux chefs d’entreprise après une cession, à des sportifs de haut niveau au moment de mettre un terme à leur carrière, à des héritiers qui viennent de recevoir une succession importante, mais aussi, plus simplement, à ceux qui préparent leur retraite.
Premier enseignement de Guillaume Lucchini : le rendement affiché n’est pas nécessairement celui qui compte. « Ce qui compte vraiment, c’est ce que vous gardez après impôts », rappelle-t-il.
Avant même de comparer les performances, le choix de l’enveloppe fiscale mérite donc d’être posé. L’assurance-vie conserve, à ce titre, des atouts importants, notamment grâce à son régime fiscal qui permet de distinguer la part de capital de celle correspondant aux gains lors des retraits. La holding patrimoniale peut, quant à elle, trouver sa pertinence dans certaines situations, notamment après la cession d’une entreprise.
Quand la structuration finit par immobiliser le patrimoine
Mais une stratégie patrimoniale peut aussi devenir contre-productive pour le rentier lorsqu’elle fait perdre de vue un élément essentiel : la disponibilité du capital.
Guillaume Lucchini revient notamment sur le cas d’un couple ayant vendu son entreprise de pompes funèbres pour 4 millions d’euros, avant de voir l’essentiel de son patrimoine immobilisé dans des investissements de private equity illiquides dans le cadre d’un dispositif de réemploi.
Une situation qui rappelle une règle souvent oubliée : un montage patrimonial ne devrait jamais dicter les besoins du client. C’est l’inverse.
Dernier volet de l’entretien : l’expatriation. Île Maurice, résidence fiscale, contrat luxembourgeois… Autant de sujets qui peuvent ouvrir de nouvelles possibilités patrimoniales, mais qui exigent aussi de regarder de près les règles fiscales applicables. Car quitter la France ne suffit pas, à lui seul, à effacer les liens avec l’administration fiscale française.
Report d’imposition et private equity : les mises en garde de Guillaume Lucchini dans Les Echos
Le private equity a changé de visage. Longtemps chasse gardée des grandes fortunes, il s’invite désormais dans les contrats d’assurance-vie du plus grand nombre, avec des tickets d’entrée de plus en plus accessibles, parfois à peine 100 euros.
Dans une interview menée par la journaliste Laurence Boccara pour Les Echos, Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi-family office Scala Patrimoine, revient sur les ressorts de cet engouement, mais aussi sur ses zones d’ombre. Et alerte sur les risques d’une démocratisation parfois poussée à l’extrême de cette classe d’actifs.
Les questions autour du dispositif de réemploi
Premier sujet abordé : le dispositif 150-0 B ter, ce mécanisme fiscal qui permet de reporter l’imposition d’une plus-value de cession, sous réserve de respecter certaines conditions de réinvestissement dans des fonds éligibles.
Séduisant sur le papier, le dispositif n’en demeure pas moins un exercice d’équilibriste pour les sociétés de gestion. « Ils sont peu nombreux, car il y a, dans cette disposition, souvent trop de contraintes à respecter », explique Guillaume Lucchini. Avant d’ajouter un avertissement qui mérite d’être entendu : « Si une seule participation venait à perdre son éligibilité en cours de route, c’est l’intégralité du fonds qui basculerait hors du dispositif. »
Private Equity : quelle place dans une allocation d’actifs ?
Autre fil rouge de l’entretien : la juste place à accorder au private equity dans un patrimoine.
La réponse, évidemment, ne peut être la même selon la taille du patrimoine, l’âge du souscripteur, son profil - entrepreneur, sportif de haut niveau ou membre d’une grande famille - et son niveau de risque.
Mais, de manière générale, pas question, pour le fondateur de Scala Patrimoine, de céder à l’euphorie ambiante. Sa recommandation s’inscrit dans une fourchette de « 5 % à 20 % d’un patrimoine financier », même si certains profils spécifiques, notamment les serial entrepreneurs, peuvent naturellement aller bien au-delà.
Cette prudence à l’égard des investisseurs particuliers tient notamment à une contrainte fondamentale : l’absence de liquidité. Dès la souscription, l’épargnant s’engage dans un fonds qui peut immobiliser son capital pendant dix à douze ans. Une durée qui change nécessairement la manière de penser une allocation.
Ce discours de prudence, Guillaume Lucchini le porte d’ailleurs au-delà des colonnes des Echos. Interrogé par le passé par le média Jurisportiva sur l’accompagnement des sportifs de haut niveau, il rappelait déjà qu’il était impossible de raisonner uniquement en termes de private equity ou de retraite, sans inscrire ces sujets dans une stratégie patrimoniale plus globale.
Reste que les rendements affichés - parfois à deux chiffres - continuent d’attirer les épargnants. À chacun, dès lors, de ne pas confondre performance espérée et gain garanti.
L’immobilier, une classe d’actifs toujours incontournable pour les grandes fortunes ?
Au cours d’un entretien accordé à Nahid Lenormand pour Citywire, Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office Scala Patrimoine, revient sur la place qu’occupe encore l’immobilier dans la stratégie patrimoniale des grandes familles, des entrepreneurs et des sportifs de haut niveau.
Une classe d’actifs toujours plébiscitée
Malgré les soubresauts des dernières années - remontée des taux d’intérêt, incertitudes fiscales et politiques mais aussi environnement économique dégradé - les grandes fortunes continuent de manifester un intérêt marqué pour l’immobilier.
C’est ce que souligne Guillaume Lucchini dans cet entretien à retrouver dans Citywire.
Face à la volatilité des marchés financiers, la pierre continue de rassurer. « Nos clients, grandes familles, entrepreneurs, sportifs de haut niveau, ont en commun une appétence marquée pour l’immobilier parisien », observe-t-il.
Cet attrait ne doit rien au hasard. L’immobilier répond à plusieurs objectifs patrimoniaux : détenir un actif tangible, valoriser un patrimoine dans la durée, bénéficier de l’effet de levier du crédit ou encore générer des revenus complémentaires. Il peut également, dans certaines situations, s’inscrire dans une stratégie de transmission familiale.
Autrement dit, lorsqu’il est choisi et structuré avec discernement, l’immobilier coche de nombreuses cases. Là où les instruments financiers, plus abstraits, peuvent parfois sembler moins rassurants.
Un attrait certain pour l’immobilier parisien
Paris, en particulier, continue de cristalliser les attentes. Au-delà du prestige de la capitale, c’est surtout la profondeur de son marché qui séduit les investisseurs les plus avertis. La demande locative y reste structurellement soutenue.
« Un bien de qualité, bien situé, ne reste pas vacant », résume Guillaume Lucchini. Trouver un locataire solvable ? « Ce n’est pas un sujet. » Une mécanique, précise-t-il, que « les investisseurs aguerris savent apprécier à sa juste valeur ».
Mais l’accompagnement de Scala Patrimoine ne s’arrête pas à l’acquisition d’un bien.
Le multi family office construit également des montages financiers sophistiqués articulés autour de l’immobilier, notamment dans le cadre d’opérations de remploi éligibles au dispositif 150-0 B ter. Un savoir-faire particulièrement mobilisé dans le secteur hôtelier, où le cabinet conçoit des solutions sur mesure, adaptées à chaque situation patrimoniale.
Île Maurice : Guillaume Lucchini décrypte les atouts fiscaux du paradis de l’océan Indien
Dans les colonnes du Magazine Gestion de Fortune, Guillaume Lucchini, président-fondateur de Scala Patrimoine, décortique les mécanismes qui font de l’Île Maurice une destination prisée des grandes fortunes françaises, sans pour autant en éluder les zones grises.
Taux unique de 15 %, exonération des plus-values, absence d’impôt sur la fortune immobilière : sur le papier, l’Île Maurice a tout du paradis fiscal. Mais dans l’interview qu’il a accordée au journaliste Jonathan Blondelet, Guillaume Lucchini prend soin de nuancer le tableau. Car s’installer sur l’île ne suffit pas, à lui seul, à couper les ponts avec l’administration fiscale française.
Les charmes de l’assurance-vie
Premier sujet abordé : les contrats d’assurance-vie internationaux, dont les rachats échappent à l’impôt mauricien comme aux cotisations sociales. Mieux encore : certains peuvent survivre à un retour en France. « Certains contrats internationaux permettent par ailleurs d’être conservés lors d’un changement de résidence fiscale », explique Guillaume Lucchini. Une souplesse rare, qui transforme l’enveloppe en véritable outil de mobilité patrimoniale, plutôt qu’en pari à sens unique.
Les holdings, entre optimisation et prudence
Sur le terrain des sociétés, le président-fondateur de Scala Patrimoine évoque les Global Business Companies, ces structures qui peuvent, dans certaines configurations, alléger sensiblement la facture fiscale. « Les Global Business Companies peuvent bénéficier d’un régime d’exonération partielle sur certains revenus internationaux, permettant dans certaines situations de ramener le taux effectif d’imposition à un niveau proche de 3 % », précise-t-il.
Un dispositif séduisant, certes. Mais qui ne s’improvise pas. Derrière l’optimisation fiscale se trouve une ingénierie patrimoniale exigeante, qui suppose de respecter des conditions précises. Là encore, un simple changement d’adresse ne suffit pas.
La résidence fiscale, nerf de la guerre
Reste le point sur lequel Guillaume Lucchini insiste : la résidence fiscale effective. C’est elle qui détermine, en premier lieu, la possibilité de s’affranchir réellement de la fiscalité française. « L’administration fiscale regarde d’abord le foyer fiscal, puis le centre des intérêts économiques », rappelle-t-il. Et d’ajouter : « La détermination de la résidence fiscale repose sur un faisceau d’indices prévu par les législations nationales et, le cas échéant, par la convention fiscale régissant les échanges entre les deux pays. »
Autrement dit, pas de formule magique. Une expatriation fiscale se prépare, se documente et se construit avec méthode, bien avant de faire ses valises pour l’océan Indien.
Guillaume Lucchini évoque les coulisses de l’accompagnement des sportifs de haut niveau
Dans une interview accordée au Brief Patrimonial, média indépendant fondé par Gillet Petit et spécialisé dans l’actualité économique et patrimoniale, Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine, revient d’abord sur onze années de développement du multi family office indépendant. Il évoque ensuite les enjeux très particuliers de l’accompagnement des sportifs de haut niveau. Et la manière dont leur patrimoine doit être pensé et protégé au fil d’une carrière souvent aussi brillante que brève.
Scala Patrimoine : l’indépendance pour signature
Fondé en 2014 par Guillaume Lucchini, le multi family office indépendant a bâti sa réputation sur un principe qui, dans un secteur nourri aux rétrocommissions, est valeur de provocation : être rémunéré exclusivement par ses clients, sous forme d’honoraires de conseil. Dans l’interview accordée au Brief Patrimonial, l’associé fondateur lève le voile sur les coulisses de cette maison, où entrepreneurs, familles fortunées et sportifs professionnels sont accompagnés depuis Paris, Marseille et Genève.
Au cours de l’entretien, Guillaume Lucchini revient également sur les contours de l'offre dédiée au mécénat. Un département qui est né de sa rencontre avec Francis Charhon, ancien dirigeant de la Fondation de France.
Cette expertise permet ainsi d’intégrer la dimension philanthropique à l’organisation et à la structuration du patrimoine des clients du family office.
« Chez nos clients, la question du sens donné à leur patrimoine finit tôt ou tard par s’imposer autour de la table. Comme une évidence qui dépasse les seules considérations financières. Avec ce pôle d’expertise, nous les aidons à structurer leur démarche philanthropique : création de fondations ou de fonds de dotation, organisation de la gouvernance, sélection des projets à soutenir, suivi de l’impact… Le tout en mobilisant des expertises juridiques et fiscales pointues » souligne ainsi Guillaume Lucchini.
L’accompagnement des sportifs de haut niveau : une méthode éprouvée
Dans le cadre de cette interview, Gillet Petit a également souhaité revenir sur l’une des particularités de Scala Patrimoine : sa capacité à accompagner des athlètes de haut niveau, dont les carrières, aussi brillantes soient-elles, demeurent par nature éphémères.
« La gestion patrimoniale d’un sportif de haut niveau répond à des enjeux singuliers », résume Guillaume Lucchini. Quinze années de carrière, souvent moins, constitue finalement une fenêtre étroite pour bâtir un patrimoine équilibré, dont la vocation est de durer bien plus longtemps.
La méthode, elle, ne change pas. D’abord, sécuriser les fondamentaux : résidence principale, investissement locatif, épargne de précaution. Ensuite, seulement, envisager des placements plus ambitieux - marchés financiers, private equity, projets entrepreneuriaux - en fonction des aspirations et du profil de chacun.
Guillaume Lucchini alerte notamment sur les dérives qu’il observe chez certains athlètes confrontés à des difficultés financières : « des dettes contractées sur des durées qui dépassent leur carrière. Quand les revenus s’effondrent, les charges restent. C’est une mécanique redoutable. »
Il y a aussi le corps, qui peut trahir à tout moment. « Une blessure peut tout remettre en question du jour au lendemain », rappelle le fondateur de Scala Patrimoine. Le cabinet met ainsi ses clients en relation avec des experts indépendants de la performance, afin de les accompagner sans conflit d’intérêts.
L’enjeu consiste aussi à considérer la notoriété comme un actif à part entière. Une logique de brand equity se dessine alors, pensée pour préparer, bien avant qu’elle ne survienne, la transition vers l’après-carrière.
Un accompagnement qui, comme le souligne Guillaume Lucchini dans cet entretien au Brief Patrimonial, dépasse largement le seul conseil financier.
Aura Aero : 340 M€ pour construire un avion bas carbone d’ici 2030
Les principaux enseignements
- Aura Aero a sécurisé un tour de table de 340 millions d'euros. Celle-ci combine 50 M€ en série B, 120 M€ de subventions et 170 M€ de dette.
- L'entreprise positionne ses activités civiles comme militaires comme des contributions directes à l'autonomie stratégique française et européenne.
- Aura Aero vise la toute première certification mondiale d'un avion 100 % électrique en catégorie CS-23.
Le rêve d’un avion bas carbone pourrait-il devenir réalité d’ici 2030 ? Les planètes, en tout cas, semblent s’aligner. À Toulouse, dans les bureaux d’Aura Aero, les projets pourraient bientôt se concrétiser. La direction s’est d’ailleurs donné les moyens de ses ambitions. Le 8 avril dernier, l’avionneur a mené un tour de table de 340 millions d’euros.
Mais derrière l’annonce se joue une partie encore plus stratégique : celle de la capacité française à faire émerger de nouveaux champions industriels. Avec, en point de mire, l’idée de réussir un double pari : gagner en souveraineté et réussir la transition climatique.
Portée par le plan France 2030, la société toulousaine est en passe de réussir cet incroyable tour de force !

La genèse d’un incroyable pari industriel
L’odyssée toulousaine démarre en 2018. Trois anciens d’Airbus - Jérémy Caussade, Fabien Raison et Wilfried Dufaud - posent les bases de ce qui deviendra, sept ans plus tard, le nouveau fleuron tricolore de l’aéronautique bas carbone.
Une activité reposant sur deux piliers : la formation et la voltige ainsi que le transport régional.
Deux appareils incarnent la stratégie de l’entreprise de 250 salariés.
D’une part, l’Integral, biplace destiné à la formation et à la voltige. Une version entièrement électrique devrait bientôt voir le jour. Les certifications étant attendues dans les mois à venir.
Et d’autre part, L’ERA, avion régional hybride-électrique de 19 places. L’appareil affiche une autonomie de 1 500 kilomètres et vise un marché qu’Aura Aero estime à 5 000 appareils dans le monde sur les quinze prochaines années.
L’entreprise revendique une réduction des émissions de CO₂ pouvant atteindre 80 % par rapport aux avions thermiques de sa catégorie. Le calendrier, lui, ne laisse guère de place à l’erreur : premiers essais avec un prototype avant la fin de l’année, premier vol en 2027, certification visée pour 2028.
En ligne de mire : la première certification d’un avion 100 % électrique en catégorie CS-23, une première mondiale que l’entreprise ne compte pas laisser passer.
Une diversification des activités vers les drones civils et militaires
Mais au-delà des activités purement aéronautiques, la société toulousaine a eu la bonne idée de se positionner sur les drones civils et militaires. Une diversification des activités qui répond pleinement aux besoins européens.
Un projet retient toute l’attention des décideurs : Enbata. Ce drone MALE - moyenne altitude, longue endurance - dont le premier vol est prévu fin 2026, devrait entrer en service fin 2028.
Ses caractéristiques techniques ? 55 heures d’endurance, 25 000 pieds d’altitude opérationnelle, 160 ktas de vitesse de croisière (environ 300 Km/h), 17 mètres d’envergure et jusqu’à 1 050 kg de charge utile, carburant et charge mission compris.
Il vise aussi bien la surveillance civile et la gestion des catastrophes naturelles que les besoins militaires.
Mais sa principale particularité tient en un mot : ITAR-free. Sans composant américain, l’appareil peut être commercialisé sans l’aval de Washington. Un atout décisif dans un contexte de réarmement européen face à la menace russe.
Pour piloter cette diversification militaire, Aura Aero a recruté le général Stéphane Mille, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, désormais à la tête d’une branche dédiée aux drones destinés aux armées françaises et à l’export.
Le tour de table : Safran, l’État et une ligne rouge sur les capitaux étrangers
Pour continuer à grandir, Aura Aero a donc annoncé une levée de fonds de 50 millions d’euros en série B. Un montant qui, complété par 120 millions d’euros de subventions et 170 millions d’euros de dette, porte le total sécurisé à 340 millions d’euros.
Depuis sa création, la jeune pousse a ainsi rassemblé près de 500 millions d’euros.
Comme relevé par Les Echos, le tour de table de cette série B rassemble de grands noms industriels et du capital-risque européen. French Tech Souveraineté, le Fonds du Conseil européen de l’innovation, Safran Corporate Ventures, Blast, Innovacom, Florida Opportunity Fund et EDF Groupe font ainsi partie de l’aventure.
« Aura Aero change de dimension. Le financement, les commandes fermes et les usines ne sont plus des perspectives. Ce sont des réalités », se félicite Antoine Blin, Chief of Staff de la société française.
Du côté de la présidence, le ton est similaire, mais l’accent porte davantage sur l’ambition industrielle que financière. « Nous sommes en train de construire bien plus que des avions. Nous construisons un nouvel acteur industriel européen », estime Jérémy Caussade, président et cofondateur.
Un rapprochement entre industriel et start-up ?
Safran, présent au capital via son fonds de venture, justifie son entrée par une logique de filière.
« Cet investissement s’inscrit dans la stratégie de Safran Corporate Ventures, qui vise à soutenir de nouveaux acteurs autour des briques technologiques innovantes de l’aviation décarbonée, comme les chaînes propulsives hybrides-électriques », explique Florent Illat, directeur général de Safran Corporate Ventures.
Une manière, pour l’un des géants historiques de la propulsion aéronautique, de garder un pied dans les technologies émergentes sans en porter seul le risque.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ne cache pas non plus sa satisfaction. Il estime notamment que ce lien entre la start-up et un grand groupe industriel français doit servir d’exemple à l’avenir : « La décarbonation de l’aviation a besoin de grands acteurs industriels établis, elle a aussi besoin de startups et de nouveaux acteurs : la participation de Safran au tour de table démontre qu’il ne faut pas opposer les deux mondes. »
Place à la production en série
Pour Aura Aero, cette levée de fonds doit marquer le passage du développement à la production en série.
À Cugnaux, au sud de Toulouse, sur le site de Francazal, l’« Aura Factory » doit sortir de terre en 2028. Ce site, conçu comme un ensemble intégré de plus de 40 000 m² sur près de 12,5 hectares, réunira la conception, l’assemblage et la livraison des appareils.
À terme, la capacité de production sera d’une centaine d’ERA et d’une cinquantaine d’Integral par an, avec environ 1 600 salariés.
De l’autre côté de l’Atlantique, le mouvement est déjà engagé. Un premier site a été inauguré en octobre 2025 à Daytona Beach, en Floride, pour l’assemblage final de l’Integral.
Une seconde usine, dédiée cette fois à l’ERA et dotée de 50 000 mètres carrés, doit voir le jour d’ici 2028 sur un terrain de 16 hectares, avec le soutien de Space Florida.
Cette double implantation n’est pas un hasard. Elle traduit une stratégie assumée de l’entreprise : « disposer des capacités de production au plus près de nos marchés, en Europe comme aux États-Unis », comme l’avait précisé Jérémy Caussade.
Un carnet de commandes qui commence à se remplir
Sur le plan commercial, les chiffres avancés par l’entreprise tranchent avec la prudence habituelle du secteur en phase de développement : plus de 700 intentions d’achat et 20 commandes fermes pour l’ERA.
Côté chiffre d’affaires, Aura Aero reste pour l’instant un acteur modeste : 2 millions d’euros en 2025, avec une prévision proche de 10 millions d’euros pour 2026, portée par les ventes d’Integral et les travaux sur le drone Enbata.
Un écart entre ambitions industrielles et revenus actuels qui rappelle combien la phase qui s’ouvre reste risquée.
L’atout « souveraineté »
Alors que l’Europe se bat pour exister dans de nombreux secteurs face aux puissances chinoises et américaines, la montée en puissance d’Aura Aero est perçue comme une bénédiction par les responsables politiques.
Il faut dire que c’est un sujet sur lequel Jérémy Caussade se montre particulièrement offensif. Dès 2023, il alertait sur la fragilité du financement européen dans l’aéronautique décarbonée :
« Si on continue à avoir des fonds qui sont aussi peu à la hauteur, il y a deux solutions. Soit les sociétés vont mourir et se rendront à l’étranger. Soit elles se retrouveront, comme 90 % des sociétés européennes dans notre secteur, avec des fonds chinois au capital. »
Une ligne qu’il revendique comme une singularité.
« La raison est simple. Nous sommes la seule scale-up européenne à ne pas avoir de fonds chinois dans notre capital », affirmait-il, se targuant par ailleurs du siège obtenu par AURA AERO au comité directeur de l’Alliance for Zero Emission Aviation, aux côtés d’Airbus, pour représenter les constructeurs européens.
Trois ans plus tard, le discours n’a pas varié d’un pouce, quand bien même l’entreprise a considérablement grossi.
« Il n’est pas question pour Aura Aero d’accepter de se faire racheter par une entreprise chinoise, turque ou indienne », tranche-t-il aujourd’hui.
« Nous travaillons sur des projets touchant à la souveraineté du pays, que ce soit pour le civil ou le militaire. Nous traçons notre voie, dans l’idée de grossir, de mener à bien nos développements actuels, d’aller conquérir des marchés et de développer, dans le futur, de nouveaux produits. »
Et de se féliciter, à propos du tour de table qui vient de se boucler : « Le principe de la souveraineté est garanti avec ces actionnaires. Il n’y a pas de fonds exotiques. La liberté n’a pas de prix. »
Prochaine levée de fonds programmée pour 2028 ?
Cette accélération financière s’accompagne d’un mouvement de croissance externe. Aura Aero a repris VoltAero, autre acteur français de la propulsion hybride-électrique. Un rapprochement qui est fondé, selon la direction de l'entreprise, sur des complémentarités technologiques.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Antoine Blin, directeur général adjoint, prévient déjà la suite : « Une autre levée de fonds sera nécessaire début 2028 pour la production. »
Une manière de rappeler qu’entre la promesse d’un avion bas carbone et sa production en série, le chemin reste long et extrêmement coûteux.
Kings League : 63 M$ pour conquérir le monde du divertissement sportif
Les principaux enseignements
- La Kings League révolutionne le football en proposant un format pensé pour les nouveaux usages numériques, plus spectaculaire.
- La levée de fonds de 63 millions de dollars menée en début d’année par Alignment Growth doit permettre à la Kings League d’accélérer son développement.
- Avec des ambitions de développement aux États-Unis et en Asie, la Kings League entend poursuivre son expansion mondiale.
Francesco Totti, Ronaldinho, Eden Hazard… Trois noms qui ont fait vibrer des stades entiers, de Rome à Barcelone, de Lille à Paris, et des millions de supporters à travers le monde. Aujourd'hui encore, le public prend plaisir à les voir enchaîner dribbles et gestes de génie. Mais cette fois, ce n'est plus sur les pelouses des grands championnats : c'est sur celles de la Kings League.
La Kings League ? C’est cette compétition de football à sept imaginée par Gerard Piqué, sous l'impulsion de sa société Kosmos. En quelques années, le projet a pris une ampleur considérable. Dernière illustration en date : une levée de fonds de 63 millions de dollars (Journal L'Equipe) menée par le fonds américain Alignment Growth. Depuis 2023, plus de 100 millions de dollars ont ainsi été réunis pour accélérer le déploiement international d'un modèle conçu, dès le premier jour, pour les usages du streaming et des plateformes numériques.
Pour comprendre les ressorts de cette ascension fulgurante, les équipes de Scala Patrimoine sont donc allées à la rencontre d'Emmanuel Seugé, fondateur et managing partner de Cassius, investisseur historique de la Kings League.

Le football nouvelle génération
Tout commence en 2022. Porté par l'ancien international espagnol Gerard Piqué, un projet prend forme. sortir des sentiers battus du football traditionnel et inventer un format taillé pour les nouvelles habitudes de consommation sportive. Des rencontres plus courtes, des récits centrés sur les personnalités et des scénarios de match toujours plus spectaculaires.
Emmanuel Seugé, dont le fonds d'amorçage Cassius est basé à Atlanta et investit dans le sport, le divertissement et les plateformes digitales, se souvient des prémices du dossier : « Cela faisait plusieurs années que l'on voyait émerger des ligues sportives privées, principalement aux États-Unis. Des compétitions indépendantes, entièrement contrôlées par leurs organisateurs, où la ligue détient aussi bien les droits d'image que le modèle économique. Il s’agit d’un modèle plus prévisible et plus scalable pour le sport, ce qui le rend, en conséquence, plus intéressant financièrement. Et surtout, le potentiel de développement est immense. »
Dans cette configuration, les entrepreneurs et les investisseurs gardent en effet la main sur les règles et le fonctionnement, qu'ils peuvent faire évoluer à tout moment.
« Rien à voir avec les sports traditionnels, encadrés par des fédérations. Il y a un véritable esprit start-up. C'est cette liberté qui change tout », abonde Emmanuel Seugé. Ces dernières années, de nombreuses ligues privées ont ainsi vu le jour, notamment dans le pickleball, le volley-ball, le snowboard ou encore le padel.
C'est dans ce contexte qu'une première levée de fonds de 40 millions d'euros s'est bouclée en 2023, avec Cassius en tant que premier investisseur. En 2024, l'ont rejoint Left Lane Capital, société de capital-risque internationale, ainsi que Fillip, la holding de l'entrepreneur mexicain Alberto Fasja.
Des créateurs et influenceurs comme ambassadeurs
L'idée de départ de la Kings League est simple. Les jeunes ne regardent plus 90 minutes d’un match de football traditionnel. Ils regardent des highlights, à travers des vidéos de dix ou quinze secondes sur TikTok ou Instagram. C’est cette opportunité que la Kings League cherche à saisir.
Pour Emmanuel Seugé, la réussite de la Kings League tient à un diagnostic simple sur les usages des jeunes générations et à un pari sur les créateurs de contenu : « Il fallait donc réinventer la manière de raconter ce sport. Dans le format imaginé par la Kings League, il se passe quelque chose toutes les deux minutes. Une quinzaine de règles inédites viennent volontairement casser le rythme classique du jeu : des cartes secrètes, des joueurs jokers, des rebondissements permanents. Dès le départ, tout a été pensé pour le digital et le mobile. »
Autre élément décisif : dès le lancement, les fondateurs ont voulu associer des créateurs de contenu en leur donnant la propriété de leurs équipes. En retour, ces personnalités deviennent les premiers ambassadeurs de la compétition.
Gérard Piqué, un entrepreneur hors norme ?
« À mes yeux, c'est un véritable coup de génie », explique Emmanuel Seugé. Avant de se pencher sur l'intérêt suscité auprès des plus jeunes : « Cela garantissait une audience dès le premier jour. Quand des créateurs suivis par trois, cinq ou parfois dix millions d'abonnés sur Twitch ou YouTube parlent de leur équipe, ils touchent immédiatement un public considérable. C'est une ressource extrêmement précieuse. Par ailleurs, ces créateurs n’apportent pas seulement leur audience : ils reçoivent une véritable équipe, deviennent propriétaires et sont pleinement investis dans le succès du projet. »
Sur la figure fondatrice de la ligue, l'investisseur ne tarit d'ailleurs pas d'éloges : « Gerard Piqué est un entrepreneur hors normes, un visionnaire. Qu'un joueur ayant évolué à un tel niveau - champion du monde, triple vainqueur de la Ligue des champions - soit capable d'exceller ensuite dans le business et la création, c'est extrêmement rare. »
Un modèle économique déjà rentable
Le succès d'audience - 150 millions d'heures de streaming en direct et 13 milliards d'impressions sur les réseaux sociaux en 2025, pour un public dont 85 % a moins de 35 ans - s'est traduit par un modèle économique structuré.
Celui-ci est fondé sur les partenariats, le sponsoring, le merchandising et la billetterie.
« Aujourd'hui, près de 80 % des revenus proviennent du sponsoring », confirme le fondateur de Cassius.
Adidas et le Crédit Agricole, notamment, font partie des partenaires, avec des montants très significatifs, comparables à ceux du sport professionnel.
« À cela s'ajoutent les recettes de billetterie. Les événements organisés au Camp Nou de Barcelone (80 000 billets vendus), au Metropolitano de Madrid (60 000 billets vendus) ou encore au stade Azteca, à Mexico, ont rencontré un immense succès populaire. Enfin, il y a les revenus liés à l'audience générée sur YouTube, Twitch et les autres plateformes. À terme, rien n'empêche la Kings League de conclure des accords avec de grands diffuseurs internationaux », précise Emmanuel Seugé.
Aujourd'hui, la Kings League compte environ 170 collaborateurs.
Alignment Growth mène un tour de table de 63 millions de dollars
En février 2026, la Kings League a annoncé un nouveau tour de table de 63 millions de dollars (Journal Les Echos), mené par le fonds américain Alignment Growth, avec la participation des actionnaires historiques : Left Lane, Kosmos, Bolt Ventures, Cassius ainsi qu’Antifund, fondé par Jake Paul, qui deviendra le premier propriétaire d’équipe aux États-Unis. Ce nouveau financement porte à plus de 160 millions de dollars le total levé par la ligue depuis sa création et doit accélérer son expansion internationale.
Le marché le plus performant est sans conteste l'Amérique du sud, tant en matière d’audience que de revenus de sponsoring, en particulier au Brésil et au Mexique. Le Brésil connaît un succès spectaculaire, avec notamment Neymar comme propriétaire d'une équipe. L'écosystème local est solide, les partenaires sont puissants et l'audience est immense.
Interrogé sur l'ambition mondiale du projet, Emmanuel Seugé livre ainsi une géographie précise des relais de croissance. « L'Europe fonctionne également très bien. Même si la concurrence y est beaucoup plus forte sur le terrain des contenus, ce qui impose d'innover en permanence. Les États-Unis et l'Asie constitueront les prochains grands relais de croissance. Ce type de format y trouvera naturellement sa place, dans des marchés très sensibles à l'entertainment, aux célébrités et au spectacle. Autant d'éléments qui sont au cœur de l'ADN de la Kings League. »
Poursuivre l'expansion internationale
Sur les leviers de développement futurs, entre croissance organique et opérations de croissance externe. « La chaîne de valeur du sport est immense. Aujourd'hui, la Kings League occupe une position de leader sur son segment. La croissance reposera notamment sur la poursuite du développement organique, en exportant son modèle vers d’autres sports, par exemple. La Kings League n'est pas encore implantée en Asie ni en Afrique et s'apprête à se lancer aux États-Unis. Le terrain de jeu est presque sans limite. » estime le fondateur de de Cassius.
Fidéliser un public volatil
Reste une question qui taraude régulièrement les observateurs du secteur : la Kings League vise-t-elle à concurrencer le football classique ?
Emmanuel Seugé balaie l'hypothèse, tout en esquissant une vision plus large de l'économie de l'attention. « Une concurrence avec le football traditionnel ? Gerard Piqué rappelle souvent que le football restera toujours le sport roi. La Kings League n'a pas vocation à le remplacer, mais à proposer autre chose. Nous sommes convaincus que, dans un monde où l'intelligence artificielle dégagera progressivement du temps libre en améliorant la productivité, le contenu et les événements en direct feront partie des secteurs auxquels les gens consacreront le plus de temps… et d'argent. L'idée est donc d'offrir un format complémentaire du football traditionnel. Plus rapide, plus facile à consommer, plus innovant, avec une dimension spectaculaire assumée. »
Une Kings League qui se développerait aux côtés des championnats traditionnels, en s'appuyant sur des clubs ou des villes ? « Rien n'est off the table, comme on dit », nous répond Emmanuel Seugé.
Reste, pour la ligue, un défi de fond. Transformer l'effet de curiosité en fidélité durable auprès d'une audience jeune et volatile. Un point sur lequel Emmanuel Seugé ne se fait guère d'illusions. « Une fois l'effet de curiosité passé, le véritable défi sera de fidéliser une génération dont l'attention reste particulièrement volatile. Il faudra sans cesse se réinventer. »
Ce que le projet de loi Relance Logement prévoit pour les investisseurs immobiliers
Les principaux enseignements
- Le projet de loi Relance Logement assouplit les conditions d'accès au dispositif fiscal Jeanbrun.
- Les propriétaires de logements classés F ou G pourraient les remettre en location, à condition de s'engager à réaliser des travaux de rénovation.
- Malgré des avancées réelles, le texte ne convainc pas les professionnels du patrimoine.
La reprise du marché immobilier est-elle déjà compromise ? Alors que les banques semblaient enfin disposées à rouvrir les vannes du crédit, le secteur retombe dans ses travers. Rien qu'à Paris, les transactions reculent de 24 % en 2026. La faute à un contexte international qui s'est brutalement tendu. Mais aussi à un rebond des taux d'intérêt que personne n'avait vraiment anticipé. Et si les acheteurs disposent aujourd'hui de marges de négociation élargies, les vendeurs, eux, s'accrochent à des prix qui résistent encore à la logique du marché.
Le résultat est donc sans appel. En dix ans, les Français ont perdu en moyenne 25 m² de pouvoir d'achat immobilier. Une érosion silencieuse, aggravée par un ralentissement marqué de la construction neuve qui prive le marché des volumes dont il aurait besoin pour respirer.
C'est dans ce contexte sous tension que le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté un projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement.
Le texte a déjà franchi l'étape du Sénat. Comme le relève Les Echos, il sera examiné par l'Assemblée nationale en septembre. Parmi les mesures les plus directement lisibles pour les propriétaires et les investisseurs : un assouplissement notable des règles d'interdiction de location des logements énergivores et une réforme du dispositif de défiscalisation Jeanbrun.
Dispositif Jeanbrun : un assouplissement du cadre fiscal de l'investissement locatif privé ?
« Nous avons fixé un cap clair, celui de produire deux millions de logements d'ici 2030. Mais aussi bâtir le cadre de vie qui les accompagne. » L'ambition affichée par Vincent Jeanbrun est considérable. Pour la concrétiser, le ministre mise notamment sur l’assouplissement du dispositif fiscal baptisé à son nom. L'objectif fixé ? Faire sortir de terre 50 000 logements locatifs privés supplémentaires par an.
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Le statut du bailleur privé, mode d'emploi pour le logement en France
Le Pinel a tiré sa révérence en 2025. Pour le remplacer, le législateur a imaginé un autre mécanisme de défiscalisation, disponible depuis le 21 février 2026. Le dispositif Jeanbrun permet d'investir dans l'immobilier locatif - ancien comme neuf - en bénéficiant d'un traitement fiscal plus avantageux. La contrepartie : les loyers doivent rester abordables, c'est-à-dire plafonnés.
L'investisseur peut, en effet, déduire de ses revenus locatifs une fraction du prix d'acquisition, mais aussi l'ensemble des charges attachées à la location - travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière - et imputer le déficit ainsi constitué sur son revenu global. Dans l'ancien, l'éligibilité est conditionnée à la réalisation de travaux, histoire de contribuer à la rénovation d'un parc immobilier vieillissant.
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Ce que le Sénat a assoupli
Le projet de loi initial prévoyait d'abaisser le seuil minimal de travaux de 30 % à 20 % du prix du bien. Les sénateurs ont fait un choix bien plus tranché : la suppression pure et simple de ce seuil. Celui-ci étant jugé trop contraignant par la plupart des acteurs du secteur.
Ils sont allés plus loin encore en révisant à la baisse l'objectif de performance énergétique à atteindre. Un logement rénové devra désormais atteindre au minimum l'étiquette D du DPE - ou E s'il était initialement classé G - contre l'étiquette B prévue dans la version initiale du texte.
La maison individuelle, jusqu'ici absente du dispositif dans l'ancien, ferait son entrée dans le champ d'application, offrant la perspective de remettre sur le marché de nombreux biens rénovés.
Autre inflexion notable, introduite contre l'avis du ministre : la possibilité de louer le logement à un membre de sa famille, sous réserve que celui-ci remplisse les conditions de ressources requises et appartienne à un foyer fiscal distinct.
Les plafonds de loyers, eux, demeurent en vigueur.
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Un dispositif qui laisse les professionnels sceptiques ?
Ces assouplissements suffisent-ils à rendre le mécanisme réellement attractif ? Guillaume Lucchini, associé fondateur du multi family office indépendant Scala Patrimoine, en doute encore. « L'expression « statut du bailleur privé » est, à mon sens, source de confusion. Elle laisse penser qu'il s'agit d'un cadre juridique pérenne. Alors que le dispositif instaure en réalité un avantage fiscal temporaire, soumis à des conditions et à des contraintes importantes, notamment en matière de plafonnement des loyers. Pour beaucoup d'investisseurs, ces contreparties réduisent sensiblement l'intérêt du mécanisme. Il est essentiel que chacun comprenne que la fiscalité est un outil d'accompagnement d'un projet patrimonial. Et non une finalité en soi. »
Passoires thermiques : louer un logement malgré le classement F ou G, sous condition de travaux
700 000 logements. C'est le nombre de biens énergivores qui pourraient retrouver le marché locatif grâce à une dérogation encadrée, en échange d'un engagement ferme de rénovation.
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Ce que la loi interdit actuellement
Depuis 2021, la réglementation a engagé l'interdiction progressive de mise en location des logements les plus gourmands en énergie. Les biens classés G sont déjà visés. Ceux classés F devaient suivre à partir de 2028. Une trajectoire sévère, dont les effets concrets se sont révélés contraires à l'objectif initial.
Vincent Jeanbrun l'a dit sans détour sur BFM TV : « L'objectif au départ, c'était de faire en sorte que ces logements soient rénovés avant d'être remis à la location. L'incitation était claire : rénover pour pouvoir louer. Or on voit que ce stock de 700 000 logements n'est pas rénové parce qu'il y a des difficultés, notamment dans les copropriétés. »
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Une dérogation sous conditions
La réponse du législateur est pragmatique : permettre la remise en location des logements F et G, à condition que le propriétaire s'engage formellement à réaliser des travaux d'amélioration énergétique. Concrètement, cela passe par la signature d'un contrat avec une entreprise, un engagement sur papier, donc, et non une promesse en l'air. Les travaux devront être réalisés dans un délai de trois ans pour les maisons individuelles, cinq ans pour les copropriétés.
Une dérogation supplémentaire est prévue lorsque les travaux s'avèrent objectivement impossibles : refus de l'assemblée générale de copropriété, contraintes techniques, patrimoniales ou architecturales, ou décision administrative bloquante. Les sénateurs ont élargi le dispositif aux situations où le coût des travaux incombant au propriétaire « apparaît manifestement disproportionné » soit lorsqu'il excède 50 % de la valeur vénale du bien.
Ils ont par ailleurs souhaité que le locataire ne puisse pas invoquer devant le juge le non-respect de l'obligation de décence par le bailleur s'il a lui-même fait obstacle à la réalisation des travaux.
La rénovation s'impose désormais comme un objectif politique de premier rang. Vincent Jeanbrun le formule sans ambiguïté : « Face à la pire crise du logement depuis l'après-guerre, nous faisons un choix assumé, celui de construire davantage, mais aussi rénover massivement. Parce qu'il n'y aura pas de relance durable du logement sans un immense effort de rénovation de notre parc immobilier. »
Les autres mesures du projet de loi Relance Logement : urbanisme, La Défense et confort d'été
Le texte ne se limite pas aux seuls bailleurs. Il s'attaque aussi à la lenteur des procédures d'aménagement, régulièrement dénoncée par les acteurs du secteur comme un frein à la construction de logements. Les délais pouvant aujourd'hui s'étirer de huit à dix ans avant qu'un projet ne sorte de terre.
Pour y remédier, le projet de loi crée les Opérations d'intérêt local (OIL). Un dispositif permettant de déroger à certaines règles d'urbanisme pour répondre plus rapidement aux besoins en matière de logement, d'aménagement et de réindustrialisation. Portés par les collectivités et validés par le préfet, ces projets bénéficieront d'un cadre administratif allégé. Le rôle des Architectes des Bâtiments de France est maintenu, mais leur avis devient consultatif dans ce cadre, afin de réduire les délais sans sacrifier les enjeux patrimoniaux.
Le quartier de La Défense fait l'objet d'un volet spécifique. L'enjeu : transformer progressivement ce territoire hyperspécialisé en espace plus mixte, en favorisant notamment la conversion de bureaux vacants en logements. Les pouvoirs de l'établissement public Paris La Défense sont renforcés et ses outils d'aménagement modernisés pour accélérer des projets de long terme.
Enfin, l'examen du texte a été l'occasion d'intégrer des mesures d'adaptation aux canicules, poussées par le Sénat. La notion de « confort d'été » entre dans les critères d'une « rénovation performante » et dans les plans pluriannuels de travaux des copropriétés. L'avis des Architectes des Bâtiments de France pour l'installation de protections solaires extérieures serait par ailleurs rendu non contraignant. Une simplification attendue par nombre de propriétaires confrontés aux lenteurs administratives.
Conclusion : ce projet de loi suffira-t-il à relancer le marché immobilier français ?
Pour Guillaume Lucchini, la réponse est clairement non. « Ce projet de loi ressemble davantage à un pansement sur une jambe de bois qu'à une réforme de fond. Pour relancer durablement le marché immobilier, il faut avant tout restaurer la confiance des investisseurs. Celle-ci repose sur quatre piliers : une stabilité juridique et fiscale, un environnement économique favorable, des conditions de financement attractives et une meilleure sécurité pour les bailleurs. Ce qui a progressivement détourné de nombreux investisseurs de l'immobilier, ce sont l'accumulation des contraintes, le plafonnement des loyers, ainsi que les difficultés rencontrées pour recouvrer les loyers impayés ou récupérer un bien lorsque le locataire ne respecte plus ses obligations. Si ces mesures vont dans le bon sens, elles ne sont pas, à elles seules, de nature à inverser la dynamique du marché immobilier. »
Un verdict sévère, mais lucide. Le projet de loi ne refermera donc probablement pas la crise.
Source : Projet de loi relance logement 2026
Assurance-vie, PER : le vrai coût de votre épargne en 2025
Les principaux enseignements
- Le Plan d’épargne retraite (PER) coûte structurellement plus cher que l'assurance-vie, selon le rapport OPEF 2025. Les frais sur versements y sont en moyenne deux à 2,6 fois plus élevés selon les supports.
- Les rétrocessions restent l’angle mort du conseil financier. Lorsque c'est la société de gestion qui rémunère directement le conseiller, l'intérêt de l'épargnant et celui de l'intermédiaire ne pointent pas nécessairement dans la même direction.
- Les ETF creusent l'écart, avec des frais moyens de 0,29 % contre 1,80 % pour les fonds actions classiques.
L'épargne des Français coûte cher. Pas forcément là où on le croit, pas toujours de façon visible, mais elle coûte cher. Derrière les contrats d'assurance-vie, les plans d'épargne retraite ou les PEA, une mécanique tarifaire complexe grignote, année après année, les rendements.
Le législateur l'a compris. En étendant les compétences du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), il lui a confié une mission de surveillance des frais et de la performance des produits d'épargne financière.
De cette décision est né l'Observatoire des produits d'épargne financière (OPEF), sobrement intitulé « Transparence, pédagogie et information au service des épargnants ». Nous en sommes à la deuxième édition. Et le périmètre impressionne : près de 2 132 milliards d'euros d'épargne financière passés au crible, répartis entre contrats d'assurance-vie, plans d'épargne retraite individuels (PERin), comptes-titres ordinaires, plans d'épargne en actions (PEA et PEA-PME).
Frais d'épargne : qui les perçoit et comment sont-ils répartis ?
Avant d'entrer dans les chiffres, il faut comprendre l'anatomie des prélèvements.
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Qui prélève et perçoit les frais ?
Deux acteurs se partagent la mise. D'un côté, le producteur - assureur, mutuelle, banque ou société de gestion - qui perçoit sa rémunération en contrepartie de la conception, de la structuration et de la gestion du produit. De l'autre, le distributeur - banque, courtier ou conseiller en gestion de patrimoine - qui touche, le plus souvent, des rétrocessions prélevées directement sur les frais du produit.
C'est précisément ce deuxième circuit qui pose problème.
Guillaume Lucchini, fondateur de Scala Patrimoine, un multi-family office dont le modèle repose à 100 % sur les honoraires, ne mâche pas ses mots : « Le système des rétrocessions est, à mon sens, dangereux pour les épargnants, car c'est la société de gestion et/ou l'assureur qui rémunère directement le conseiller en gestion de patrimoine en échange de la vente de ses produits. On comprend dès lors très bien la perversité potentielle du système, où le conseiller peut avoir intérêt à vendre les produits qui le rétribuent le mieux. Et je ne parle même pas des groupes bancaires ou assureurs, qui n'ont d'intérêt qu'à vendre les produits maison, naturellement plus gourmands en frais. Lorsqu'on audite les portefeuilles de clients de grands groupes bancaires, il n'est pas rare de voir des contrats investis à près de 80 % dans des fonds maison. »
Un chiffre qui en dit long. Il entre en contradiction frontale avec l'un des principes cardinaux de la gestion de patrimoine : diversifier non seulement ses actifs, mais aussi les sociétés de gestion auprès desquelles l'épargnant investit son capital.
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Frais sur versements, frais de gestion, rétrocessions : comment ça fonctionne ?
Les frais se déclinent en trois grandes familles.
- D'une part, les frais ponctuels, au premier rang desquels figurent les frais d'entrée, de sortie et d'arbitrage ;
- D'autre part, les frais récurrents, prélevés périodiquement sous forme de frais de gestion ;
- Enfin, les frais conditionnels, enfin, tels que les frais de surperformance.
Le piège est classique : les frais les plus élevés ne sont pas toujours les plus lisibles. La question de la transparence tarifaire est donc essentielle.
Pour Guillaume Lucchini : « Le débat ne doit pas seulement porter sur le montant des frais, mais aussi sur leur transparence. Des frais clairement présentés créent la confiance, permettent aux épargnants de comparer les accompagnements qui leur sont proposés et de prendre leur décision en toute sérénité. C'est tout l'intérêt du travail mené par l'Observatoire des produits d'épargne financière (OPEF), qui participe à rendre le marché plus lisible et plus vertueux. »
Frais assurance-vie : les chiffres du rapport de l'OPEF décryptés
L'assurance-vie reste le placement préféré des Français, et de loin. Mais derrière la familiarité du produit se cache une architecture tarifaire qu'il vaut mieux connaître : frais sur versement, frais de gestion et frais d'arbitrage.
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Les frais sur versement
Les frais perçus sur les versements effectués s'établissent en moyenne à :
- 0,55 % pour les fonds en euros ;
- 0,57 % pour les unités de compte ;
- 0,72 % pour les produits structurés.
Ces frais sont globalement stables, voire en légère baisse pour les fonds en euros, dont le niveau moyen passe de 0,60 % à 0,55 %. La plus forte hausse concerne les produits structurés : les frais sur versement atteignent en moyenne 0,72 % en 2025, contre 0,69 % en 2024, soit une augmentation de 3 points de base.
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Les frais de gestion
En 2025, les frais de gestion annuels moyens des contrats d'assurance-vie s'établissent à :
- 0,67 % pour les fonds en euros ;
- 0,80 % pour les unités de compte en gestion libre ;
- 1,08 % pour les unités de compte relevant d'un autre mode de gestion (gestion pilotée, profilée ou sous mandat) ;
- 0,81 % pour les produits structurés.
Les niveaux observés demeurent globalement stables. Les écarts d'une année sur l'autre restent limités, ce qui traduit une relative stabilité de la politique tarifaire des assureurs.
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Les frais d'arbitrage
Les frais d'arbitrage restent limités. En moyenne, ils représentent 0,13 % du montant des opérations.

PER : des frais jusqu'à 2,6 fois plus élevés qu'en assurance-vie
Les chiffres du plan d'épargne retraite individuel (PERin) racontent une tout autre histoire. Dans l'ensemble, les frais y sont sensiblement plus élevés que dans les contrats d'assurance-vie.
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Les frais sur versement
En 2025, les frais moyens sur les versements s'élèvent à :
- 1,09 % pour le fonds en euros ;
- 1,51 % pour les unités de compte ;
- 1,76 % pour les produits structurés.
Les auteurs du rapport le soulignent sans détour : le niveau de facturation du PERin est nettement supérieur à celui observé en assurance-vie, dans des proportions variant de deux à 2,6 fois selon les supports d'investissement.
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Les frais de gestion
Les frais de gestion confirment cet écart.
Ils s'établissent en moyenne à :
- 0,76 % pour les fonds en euros ;
- 0,91 % pour les unités de compte ;
- 0,94 % pour les produits structurés.
Une légère amélioration est toutefois observable sur les fonds en euros, dont les frais reculent d'un point de base.
En matière d'arbitrage, le PERin fait en revanche mieux que l'assurance-vie : les frais moyens ressortent à 0,07 %, contre 0,13 % pour cette dernière, soit près de deux fois moins.
Il existe par ailleurs une catégorie de frais que beaucoup d'épargnants ignorent : les frais sur arrérages de rente, prélevés à chaque échéance de versement.
Ils couvrent des coûts très spécifiques - gestion des paiements, déclarations fiscales, prise en compte des options de réversion - et s'élèvent en moyenne à 2,20 % du montant de chaque rente en 2025, contre 2,19 % un an plus tôt. Sur les 21 assureurs interrogés par l'ACPR, 14 déclarent appliquer ce type de frais.
Guillaume Lucchini ne dissimule pas son agacement face à ces niveaux tarifaires. « Le plan d'épargne retraite étant un placement à très long terme, avec un horizon bien souvent supérieur à dix ou quinze ans, les épargnants sont peut-être moins sensibilisés à la politique tarifaire. Or les sociétés de gestion et les compagnies d'assurance, mais aussi les intermédiaires, se montrent très gourmandes sur les frais appliqués. Une bonne partie du monde de la gestion de patrimoine et de la gestion d'actifs vit grassement de ce placement. C'est vraiment dommageable, tant la place de ces contrats est essentielle dans le paysage financier. »
Le vent tourne du côté des frais de gestion des fonds
Sur les supports d'investissement sous-jacents, la dynamique est différente et plus encourageante. Sous la pression des ETF, de la prise de conscience progressive des épargnants et du travail mené par plusieurs acteurs pour améliorer la transparence tarifaire, les frais de gestion des sociétés de gestion s'orientent désormais à la baisse.
En 2025, la moyenne pondérée des coûts récurrents des fonds en unités de compte s'établit à 1,60 %, en recul de 2 points de base par rapport à 2024. L'amplitude demeure toutefois très large : de 0,29 % en moyenne pour les fonds monétaires à 2,50 % pour les fonds de capital-investissement.
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Les fonds actions
Les ETF actions - qui représentent désormais 10 % des encours des unités de compte actions - affichent des coûts moyens de seulement 0,29 %, contre 1,80 % pour les fonds actions classiques. Un différentiel qui ne passe plus inaperçu et qui explique, en grande partie, la montée en puissance de la gestion passive.
Du côté des fonds actions actifs, les frais varient sensiblement selon les marchés :
- 1,72 % pour les fonds investis sur les actions américaines ;
- 2,22 % pour les fonds exposés aux petites et moyennes capitalisations françaises.
Comme l'expliquent les auteurs du rapport : « Ces niveaux de frais reflètent plusieurs facteurs. D'une part, l'expertise requise du gérant, la liquidité plus ou moins réduite des marchés. Et d'autre part, la complexité des stratégies mises en œuvre et la rareté des actifs suivis. Ces éléments expliquent notamment pourquoi les fonds de petites et moyennes capitalisations présentent des frais plus élevés, compte tenu des spécificités de cette classe d'actifs et de son mode de gestion. »
Des arguments recevables, mais que les épargnants ont tout intérêt à examiner avec attention.

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Les autres gestions
Les fonds obligataires affichent des niveaux de frais compris entre 0,68 % pour les obligations en euros à court terme et 1,64 % pour les obligations des pays émergents.
De leurs cotés, les fonds diversifiés se situent entre 1,38 % et 1,85 %. Les fonds monétaires restent les supports les moins coûteux du marché, avec des frais moyens de 0,10 %.
Conclusion : ce que les épargnants doivent retenir du rapport de l'OPEF
Ces chiffres ne doivent pas, pour autant, conduire les épargnants à rechercher systématiquement les frais les plus faibles. Certains coûts peuvent être justifiés par la nature du produit, la qualité de la gestion ou l'accompagnement proposé.
Mais ils rappellent une évidence : les frais doivent être compris, comparés et intégrés dans la décision d'investissement.
Car sur le long terme, quelques dixièmes de points de frais supplémentaires peuvent peser lourdement sur la performance finale d'un placement. « L'enjeu n'est donc pas de supprimer tous les frais, mais de savoir précisément ce qu'ils rémunèrent, et de ne jamais les subir aveuglément. » conclut le fondateur du multi-family office indépendant.
Source : Rapport annuel de l’Observatoire des produits d’épargne financière, 2026
Les convictions d’investissement de Scala Patrimoine - Juillet 2026
Les principaux enseignements
- L’investissement sur les marchés financiers exige, plus que jamais, une diversification rigoureuse.
- La désescalade des tensions au Moyen-Orient soutient les marchés actions, mais la dynamique reste marquée par une forte rotation sectorielle.
- Les banques centrales restent actives (hausse des taux de la BCE et de la BoJ), dans un contexte de normalisation des anticipations d’inflation.
- Avec des marchés actions proches de leurs sommets et une volatilité difficile à lire, la stratégie globale repose sur la diversification
Les marchés actions profitent de la désescalade des tensions au Moyen-Orient
Le mois de juin s'est révélé plus volatil que mai. Toutefois, l'annonce d'une désescalade des tensions au Moyen-Orient, comme évoqué par le Journal La Tribune, a apporté un éclaircissement significatif sur les marchés actions, aussi bien aux États-Unis qu'en Europe et en Asie.
Un sentiment d'incertitude subsiste néanmoins autour des valeurs technologiques américaines.
Leur rallye, porté depuis plusieurs mois par un nombre restreint de titres, continue de montrer des signes de rotation plutôt que de véritable essoufflement.
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Une rotation sectorielle se confirme
Une rotation sectorielle est en train de s'opérer au sein même de la thématique technologique. Les segments des large caps, dominés par les « Magnificent Seven », ainsi que celui des éditeurs de logiciels, continuent de nettement sous-performer au profit des valeurs liées aux semi-conducteurs et à la mémoire, soutenues par la progression des bénéfices attendus.
« En parallèle, les valeurs défensives, notamment dans la santé, ainsi que les valeurs financières, en particulier les banques, retrouvent des couleurs. Ces dernières bénéficient pleinement de la rotation sectorielle anticipée dans un contexte de détente géopolitique », précise Romane Azzopardi, responsable de la gestion financière au sein du multi family office indépendant Scala Patrimoine.
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Les marchés européens reprennent leur marche en avant
L'Europe surperforme les États-Unis, portée par les valeurs cycliques qui retrouvent de l'élan après l'annonce de la désescalade.
En Asie, le Japon surperforme également. Cette performance s'explique davantage par l'évolution de la devise que par les fondamentaux locaux, le yen s'étant nettement déprécié face au dollar.
« Sur les marchés émergents, la thématique technologique orientée vers les semi-conducteurs continue de surperformer, notamment en Corée du Sud et à Taïwan, qui demeurent les deux marchés émergents les plus performants devant la Chine et l'Inde », explique Francesco Baiano, chargé d'investissement chez Scala Patrimoine.
À l'inverse, la Chine connaît une nouvelle phase de faiblesse. Les annonces de soutien budgétaire n'ont pas été suivies de mesures concrètes, ce qui déçoit les investisseurs, tandis que l'économie reste largement orientée vers les exportations plutôt que vers la consommation domestique.
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Des besoins de financement toujours plus importants pour les géants de la technologie
Le principal risque identifié demeure le financement des investissements massifs (capex) annoncés par les grandes entreprises technologiques.
Si les taux longs venaient à se maintenir durablement à des niveaux élevés, voire à remonter, le coût de financement de ces investissements pèserait sur les marges et les valorisations.
Romane Azzopardi va plus loin : « Un retournement du secteur technologique - qu'il soit provoqué par un durcissement réglementaire, une pénurie de composants ou une multiplication des introductions en Bourse - entraînerait un double choc : une baisse des portefeuilles des investisseurs et une contraction de la consommation des ménages américains les plus aisés via l'effet richesse. »
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Notre positionnement : la diversification reste privilégiée
La diversification, en dehors des grandes valeurs technologiques américaines, demeure privilégiée dans le cadre d'un investissement sur les marchés boursiers.
Cette logique s'applique également au niveau sectoriel. Dans le contexte actuel, les valeurs défensives constituent toujours une source de diversification pertinente.
Investissement sur les marchés obligataires : détente sur la courbe des taux
L'annonce de la désescalade au Moyen-Orient s'est traduite par une détente des courbes de taux et par des anticipations d'inflation mieux maîtrisées, notamment après la première réunion de la Réserve fédérale suivant cette accalmie, au cours de laquelle les taux directeurs ont été maintenus inchangés.
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La BCE relève ses taux
La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt de 25 points de base, à 2,25 %.
Dans le même temps, les taux courts européens ont poursuivi leur remontée, les marchés continuant d'anticiper de nouveaux resserrements monétaires sur la partie courte de la courbe.
Les spreads du crédit investment grade sont revenus sur des niveaux comparables à ceux observés avant les tensions géopolitiques, traduisant un net regain de confiance des investisseurs.
Au Japon, la Banque du Japon a également procédé à une hausse de ses taux directeurs. L'économie japonaise demeure toutefois plus fragile que l'économie américaine. « La dépréciation du yen face au dollar s'explique davantage par la vigueur du billet vert que par une faiblesse intrinsèque de la devise japonaise, qui reste relativement stable face à l'euro », explique Romane Azzopardi.
À ce stade, le ministre japonais des Finances n'est pas intervenu malgré un niveau historiquement faible du yen face au dollar.
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Notre positionnement : privilégier la partie courte de la courbe
Notre allocation obligataire privilégie la partie courte de la courbe, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis, avec une surpondération du crédit corporate investment grade par rapport aux emprunts souverains.
Dans un contexte où le portage demeure attractif, l'incertitude entourant l'évolution des taux longs justifie une gestion prudente de la duration.
Métaux précieux et cryptoactifs
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L'or en léger repli
La remontée des taux aux États-Unis et en Europe pèse à court terme sur les métaux précieux.
L'or poursuit ainsi son repli, les rendements obligataires redevenant plus attractifs.
Les facteurs structurels de long terme demeurent néanmoins inchangés, notamment les achats des banques centrales, en particulier asiatiques, qui continuent de soutenir la thèse d'une diversification à moyen et long terme.
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Réouverture du détroit d'Ormuz : vers une baisse sur les cours des métaux industriels ?
Une vigilance particulière demeure sur la volatilité des métaux précieux dans cet environnement marqué par l'évolution des taux. Le Bitcoin continue de se comporter davantage comme un actif de diversification comparable à l'or que comme un actif fortement corrélé aux valeurs technologiques. Les volumes échangés sur les cryptoactifs restent proches de leurs plus bas niveaux depuis plusieurs années, traduisant un marché encore peu dynamique.
« Une opportunité potentielle existe à ces niveaux, mais sans conviction forte à court terme », tempère toutefois Romane Azzopardi.
Du côté des métaux industriels, plusieurs demeurent proches de leurs plus hauts niveaux depuis 2022, soutenus par les enjeux de souveraineté énergétique, technologique et de défense.
La détente des tensions géopolitiques a toutefois réduit les risques de perturbation des chaînes d'approvisionnement, notamment au niveau du détroit d'Ormuz.
Ces actifs conservent leur place, à titre minoritaire, dans les portefeuilles diversifiés.
Produits structurés : une personnalisation du couple rendement/risque
Notre analyse privilégie désormais une stratégie acheteuse de volatilité plutôt qu'une stratégie vendeuse de volatilité, tout en conservant quelques positions tactiques sur certains marchés jugés plus attractifs, comme la Corée du Sud ou le Japon.
Ce positionnement s'inscrit dans un contexte de baisse de la volatilité et de préoccupations macroéconomiques relativement limitées à court terme, notamment à l'approche des élections de mi-mandat américaines, historiquement favorables aux marchés actions.
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Produits à participation ou produits de rendement ?
Dans ce contexte, les produits à participation redeviennent plus attractifs que les produits de rendement de type Phoenix ou autocall.
Pour Francesco Baiano, « la situation reste néanmoins délicate. L'investissement dans des produits à participation intervient alors que les marchés actions se situent proches de leurs plus hauts niveaux, ce qui suppose une forte conviction sur leur évolution à l'horizon de placement. »
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Notre positionnement : une personnalisation du couple rendement/risque
Les produits structurés demeurent un outil privilégié pour personnaliser précisément le couple rendement/risque dans un environnement de marché toujours incertain.
Ils permettent de maintenir une exposition aux marchés actions tout en intégrant, selon les solutions retenues, une protection partielle ou totale du capital.
Stratégies alternatives : un véritable outil de diversification de votre investissement
Dans le contexte actuel - marchés actions proches de leurs plus hauts, marché obligataire sensible aux décisions des banques centrales et volatilité réelle toujours difficile à appréhender malgré le recul de la volatilité implicite - les stratégies alternatives conservent pleinement leur rôle de diversification.
Elles permettent de réduire la corrélation globale des portefeuilles, notamment en cas de choc simultané sur les marchés actions et obligataires.










