Les marchés financiers prouvent une nouvelle fois leur dépendance aux décisions des banques centrales. L'économie résiste, quant à elle, trés bien.

Le rendez-vous des marchés financiers - Novembre 2022

Marchés financiers : les points clés

  • Les banquiers centraux poursuivent leur politique de hausse des taux. La BCE et la FED venant d’augmenter de 75 points de base leurs principaux taux directeurs.
  • Les entreprises du secteur de la tech américaine ont présenté des résultats trimestriels bien en deçà des attentes des investisseurs.
  • La réélection pour un nouveau mandat de Xi Jinping confirme la dérive autoritaire de l’exécutif chinois.
  • Au cours du mois d'octobre, les marchés financiers ont fortement rebondi.

Marchés financiers : les banques centrales gardent la main

Les marchés financiers se sont refait une belle santé en octobre. En France, le CAC 40 a clôturé le mois à + 8,75 % tandis qu’aux États-Unis, le S&P 500 s’envolait de 7,82 %. Globalement, l’optimisme prédomine donc chez les investisseurs. Ces derniers reprenant espoir dans un ralentissement de la politique de remontée des taux d’intérêt menée par les banques centrales.

Comment se sont comportés les principaux indices boursiers ?
L'évolution des marchés financiers - Octobre 2022

À l’inverse, les valeurs de la tech américaines et les marchés financiers émergents ne sont guère à la fête. Les premières ont annoncé des résultats trimestriels très décevants. Les seconds ont baissé de près de 2 %. Et que dire du Bitcoin ? Alors qu’il s’échangeait encore contre plus de 55 000 € en novembre 2021, son cours est aujourd’hui à peine supérieur à 20 000 €.

Géopolitique : une fin d’année sous haute tension ?

L’évolution des marchés financiers dépendra, en partie, de certains événements géopolitiques. Le conflit le plus important opposant bien évidemment l’Ukraine à la Russie. Tous les appels à la paix lancés jusqu’ici sont malheureusement restés lettre morte. Au Sud de l’Ukraine, dans la région de Kherson, les forces armées du pays poursuivent leurs actions militaires, visant notamment à neutraliser les infrastructures russes enjambant le Dniepr, l’un des fleuves les plus importants d’Europe.

Dans ce contexte particulièrement difficile, les principaux chefs d’État internationaux veulent éviter toute escalade. Même le ministre russe des Affaires étrangères a communiqué en ce sens en affirmant que « la principale priorité du pays était de prévenir tout affrontement entre puissances nucléaires ». Des propos qui n’ont cependant pas empêché les Russes d’accuser l’Angleterre d’être à l’origine des attaques contre des navires russes en mer Noire et des gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique.

En Corée du Nord, la situation se tend également. Pyongyang a lancé une vingtaine de missiles dont l'un est tombé près des eaux territoriales sud-coréennes. C’est la première fois depuis la séparation de la péninsule, en 1953, qu’un missile franchit la ligne de limite du Nord. Séoul a logiquement riposté en lançant trois missiles vers la mer.

Enfin, ce ne sont pas les propos tenus par le Président chinois, lors du 20e Congrès du Parti communiste chinois, qui viendront rassurer les investisseurs. Xi Jinping ayant fait de la poursuite de l’unification avec Taïwan l’une de ses principales priorités. Si celui-ci privilégie, pour cela, la voie pacifique, l’homme fort du régime chinois a cependant refusé de renoncer à l’usage de la force au cas où Taïwan déclarerait son indépendance.

Détente sur les prix des matières premières

Le choc provoqué par le début de la guerre en Ukraine sur les marchés des matières premières est en train de se dissiper. Preuve en est, les cours des matières premières poursuivent leur baisse, alors même que l'Europe vient d’annoncer que ses stocks de gaz naturel étaient quasiment remplis et devraient permettre de répondre aux besoins hivernaux.

En Europe, le prix du gaz naturel est, par exemple, tombé sous les 100 € par megawatt heure, soit une baisse de 70% par rapport à son plus haut niveau atteint durant l’été. Son cours demeure toutefois en hausse de 40 % depuis le 1 er janvier.

Concernant l’Or noir, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) a réduit son objectif de production de deux millions de barils par jour pour novembre. Le baril de pétrole Brent s'échange actuellement autour de 96 $, alors qu’il était encore de 124 $ en juin dernier.

Cette tendance peut-elle se poursuivre dans les mois à venir ? C’est fort possible, car dans le même temps la croissance mondiale ralentit. Les besoins en matières premières étant, de ce fait, moins importants.

La hausse des taux se poursuit

Les banques centrales continuent d’animer les marchés financiers. Chaque annonce, chaque rumeur, chaque bribe d'information est scrutée de près par les investisseurs. Si les banques centrales européennes et américaines poursuivent le même objectif : lutter contre l’inflation, elles doivent cependant composer avec un environnement économique bien différent. Bien malin qui pourra anticiper leurs décisions.

La BCE temporise déjà ?

Sur le vieux continent, l’inflation dérape. L’Union européenne payant notamment au prix fort sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. L'inflation a ainsi atteint le niveau record de 10,7% sur un an. À plus long terme, les économistes pensent même qu’elle devrait rester au-dessus de 2% … au moins jusqu’en 2024. Une fois n’est pas coutume, la France fait toutefois partie des moins mauvais élèves. Selon Eurostat, elle doit composer avec une hausse des prix de 6,2% sur un an, contre respectivement 10,9 % et 17,2% pour nos voisins allemands et hollandais.

Quoi qu’il en soit, cette hausse des prix fragilise dangereusement la consommation des ménages et la balance commerciale européenne. Dans ces conditions, la banque centrale européenne (BCE) n’avait pas d’autres solutions que de remonter ses taux d’intérêt. Elle a donc relevé, le 27 octobre dernier, une nouvelle fois ses taux directeurs de 0,75 %. Le principal taux de refinancement est désormais à 2%.

Dans une récente interview, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France s’est confié sur l’action des banquiers centraux en soulignant que « sa boussole était l'inflation », tout en ajoutant « qu’une inflation trop élevée était mauvaise pour la croissance ». Est-ce à dire que les taux vont continuer à remonter au cours des prochains mois ? En réalité, rien n’est moins sûr !

Car dans le même temps, Christine Lagarde a temporisé, privilégiant une approche pragmatique « réunion par réunion ». La Présidente de la Banque centrale européenne évite ainsi soigneusement de s'engager à l'avance sur le rythme et la vitesse des futures hausses. Celle-ci craint, à raison, l'impact potentiel d'une récession. Il est vrai que les chiffres économiques sont mal orientés. Le PMI (indice des directeurs des achats) composite de la zone euro est passée de 48,1 en septembre à 47,1 en octobre. Tous les indicateurs sont inférieurs au niveau neutre de 50, ce qui témoigne d’une baisse du niveau d’activité des entreprises.

La FED lutte fermement contre l’inflation

L’inflation américaine est d’une nature totalement différente de celle subie par l’Union européenne. Les États-Unis s’appuient, en effet, sur une économie florissante et un marché de l’emploi particulièrement dynamique. Au cours du troisième trimestre 2022, le PIB américain a grimpé de 2,6 %. Pour contrer une inflation toujours aussi soutenue (6,2% sur un an), le comité de politique monétaire de la Fed a procédé à une nouvelle hausse de ses taux directeurs de 0,75 point. Le taux directeur est désormais compris entre 3,75 % et 4 %.

La FED vient d'annoncer une nouvelle remontée de ses taux d'interet.
La FED poursuit sa politique de remontée des taux d'intérêt.

Durant sa conférence de presse, le président de la FED a ensuite douché les espoirs des investisseurs qui espéraient une pause dans sa politique de hausse des taux. Jay Powell a en effet précisé qu’il était aujourd’hui « très prématuré » d’envisager une inclinaison de sa politique monétaire. Selon lui, « il est nécessaire de poursuivre les hausses de taux. Nous avons encore du chemin à parcourir et nous le ferons ». Pour finir la conférence, Jérôme Powell a été interrogé sur la potentielle récession et les chances d’un atterrissage en douceur pour l’économie : « la situation de l’inflation est devenue de plus en plus difficile, la politique doit devenir plus restrictive, ce qui réduit la possibilité d’un atterrissage en douceur ». Le ton est donné !

Ces propos s’inscrivent, par ailleurs, dans un calendrier politique particulièrement chargé. Les élections de mi-mandat sont, en effet, prévues le 8 novembre. Et le président démocrate Joe Biden, en mauvaise posture, pourrait bien perdre sa faible majorité au Congrès.

USA : coup de froid chez les Gafam ?

GAFAM est l'acronyme des géants de la tech américaine — Google (Alphabet), Apple, Facebook (Meta), Amazon et Microsoft. Des sociétés qui jouent un rôle de moteur de l’économie US. Pourtant, depuis quelques mois, celles-ci montrent des signes de faiblesses, assez inattendus.

Alors qu’on les pensait à l’abri des tempêtes macroéconomiques et géopolitiques, les GAFAM souffrent d’un environnement particulièrement difficile. La hausse du coût des matières premières essentielles met, en effet, leurs marges opérationnelles sous pression.

Le géant du e-commerce Amazon vient ainsi de publier des résultats décevants. Son bénéfice d'exploitation a quasiment été divisé par deux par rapport au troisième trimestre 2021. Même son de cloche du côté d’Alphabet dont le résultat net est ressorti en dessous des attentes. Microsoft n’est pas non plus épargné. Les revenus du groupe ont connu leur plus faible progression depuis 5 ans. Mais que dire de Meta ? La firme dirigée par Mark Zuckerberg paye au prix fort sa stratégie très controversée d’investir massivement dans le métavers. Reality Labs, sa branche dédiée à cette activité, enregistre cette année des pertes de 9,44 milliards de dollars. Depuis le 1er janvier, le titre boursier a déjà perdu les deux tiers de sa valeur.

Dans cet environnement, seul le groupe Apple trouve grâce aux yeux des investisseurs. L'entreprise a, en effet, publié un chiffre d'affaires record de 90 milliards de dollars pour le quatrième trimestre fiscal, en hausse de 8 % par rapport au même trimestre de l'année précédente.

Royaume-Uni : Sunak In, Truss Out !

C’est un scénario que seuls les Anglais peuvent nous proposer. 44 jours après son arrivée au 10 Downing Street, la nouvelle première ministre britannique Liz Truss a déjà pris la porte !

Très affaiblie par un programme économique considéré comme intenable par les investisseurs, Liz Truss avait rapidement dû faire volteface en laissant son ministre des Finances Jeremy annoncer aux marchés l’annulation de presque toutes les baisses d’impôts promises. Mais le mal était fait. Lâchée par sa ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, et les députés de son propre camp, la Première ministre a dû se résoudre à démissionner, battant ainsi le record du mandat le plus court de l’histoire moderne du Royaume-Uni.

Désigné chef du Parti conservateur, Rishi Sunak remplace Liz Truss à la tête du gouvernement britannique. Ancien banquier et ministre des Finances, il devient ainsi, à 42 ans, le plus jeune premier ministre de l’histoire contemporaine du Royaume-Uni. Dès son arrivée au pouvoir, il s’est évertué à rassurer les investisseurs : « je place la stabilité et la confiance économique au cœur du programme de ce gouvernement. Cela signifie que des décisions difficiles devront être prises ». Pour rééquilibrer le budget britannique, il travaille d’ores et déjà sur une hausse des impôts de 50 milliards de livres et une baisse des dépenses publiques.

Son arrivée a donc été très bien accueillie par les marchés financiers. Sur le segment obligataire, les emprunts d’État britanniques à 10 ans se sont ainsi largement détendus, repassant sous la barre des 3,5 %, après avoir dépassé les 4,4 % au cœur de la tempête.

Les marchés financiers sanctionnent la dérive autoritaire chinoise

À l’autre bout du monde, le 20e Congrès du Parti communiste chinois vient de s’achever. Le président Xi Jinping a été élu pour un troisième mandat à la tête du Parti. Une réélection qui témoigne « de la rigidification du pouvoir et une volonté toujours plus affirmée d’administration autoritaire de l’économie. »

Dans son premier discours officiel, Xi Jinping a rappelé ses priorités pour les cinq ans à venir, avec notamment la poursuite des réformes et de l’ouverture de la Chine vers le monde extérieur, un engagement sur la réduction des émissions carbone avec pour objectif une neutralité en 2060 ou encore la poursuite de l’unification avec Taïwan.

Une politique sanctionnée très rapidement par les investisseurs. Les places boursières de HongKong (-6.1%) et de Shanghai (-2.9%) clôturé ainsi en forte baisse, dès le lendemain de ces annonces. Sur fond de nouvelles mesures de confinement, la croissance chinoise montre des signes de faiblesse, à 3,9 % pour le troisième trimestre. Sur l’ensemble de l’année, elle s’établira « officiellement » autour de 3,0 %, loin des 5 % attendus.

Les convictions de Scala patrimoine sur les marches financiers

Les fortes baisses depuis le début de l'année montrent que les mauvaises nouvelles sont déjà bien intégrées dans les valorisations boursières. Les points d'entrée pour des investissements de long terme nous paraissent donc intéressants, malgré la hausse récente des marchés actions.

4 thèmes d'investissements attirent ainsi particulièrement notre attention sur les marchés financiers :

- Les thématiques de long terme, en particulier l'environnement. Les états devant investir massivement au cours des prochaines années pour gagner leur indépendance énergétique.

- Dans une optique de diversification géographique et une vision à très long terme, les Marchés émergents présentent un certain intérêt. Les marchés chinois se traitent actuellement autour de leurs plus bas niveaux historiques en termes de valorisation.

- Les fonds sélectionnant des actions offrant aux investisseurs un haut niveau de dividendes. Un positionnement qui nous semble plus sécurisant dans un contexte économique incertain.

- L’inclinaison des politiques des banques centrales a changé la donne sur les marchés obligataires ! Ces derniers peuvent receler quelques opportunités, à condition d’être sélectifs.

Les produits structurés, la dette privée et le private equity offrent aussi des opportunités à condition d’être sélectif.

N’hésitez pas à nous solliciter si vous avez des questions. Nos équipes se tiennent à votre disposition pour vous conseiller au mieux dans la gestion de vos placements financiers.


Le fonds Monacia est géré avec prudence, dans une optique de long terme.

Stéphane de Kermoal (Rothschild & Co AM) : « L’hiver va être un moment de vérité »

Scala Patrimoine a confié à la société de gestion Rothschild & Co AM Europe la gestion d'un fonds patrimonial dédié, le fonds Monacia, qui constitue le cœur de portefeuille de ses clients. Celui-ci est géré avec l’advisory du pôle « gestion financière » de Scala Patrimoine. Au-delà de notre rôle de contrôle dans la gestion du fonds, nous exerçons ainsi une fonction de conseil dans les prises de décisions d’investissement. Les échanges entre nos équipes respectives étant permanents, pour faire les choix les plus adaptées.

Le fonds Monacia nous, en effet, permet de réagir rapidement aux évolutions du marché, car il simplifie le processus d’arbitrage. L’exposition du fonds sur le marché des actions et le marché des obligations peut varier entre 30 et 70 %. Nous avons dans ce cas la possibilité d’utiliser des produits de couverture, afin de stopper l’exposition au marché.

Et la stratégie de gestion déployée ces derniers mois a porté ses fruits. Le portefeuille se positionne parmi les meilleurs de sa catégorie. Monacia est ainsi classé par Quantalys dans le premier quartile en matière de performance, à la date du 31 aout 2022. Stéphane de Kermoal, Responsable pôle investment advisory chez Rothschild & Co Asset Management Europe, vous décrypte la gestion du fonds.

Scala patrimoine. Pouvez-vous nous présenter Rothschild & Co Asset Management Europe ?

Stéphane de Kermoal. Rothschild & Co Asset Management Europe, société de gestion d’actifs du groupe Rothschild & Co, regroupe 150 collaborateurs dans 9 pays européens et compte 23 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Ses expertises sur l’ensemble des zones géographiques et classes d'actifs lui permettent de proposer des solutions d'investissement dédiées, adaptées aux besoins de ses clients, que ce soit en gestion directe ou en architecture ouverte.

Scala Patrimoine a logé au sein de votre société de gestion un fonds patrimonial dédié, le fonds Monacia. Quel est son profil ? Sur quelles classes d’actifs est-il positionné ?

Monacia est un fonds à vocation patrimoniale, diversifié sur toutes les classes d’actifs. Il peut investir sur les 400 fonds analysés et référencés par l’équipe de multigestion de Rothschild & Co Asset Management Europe. Aujourd’hui, Monacia est positionné sur une vingtaine de lignes, offrant ainsi aux investisseurs une grande diversification. Ce fonds a, par ailleurs, un profil prudent. Depuis le début d’année 2020, l’exposition nette aux marchés actions est, en moyenne, de 28 %.

 

« Monacia est positionné sur une vingtaine de lignes, offrant ainsi aux investisseurs une grande diversification »

 

Scala patrimoine. Les marchés financiers ont marqué le pas au cours du premier semestre. Comment gérez-vous le fonds dans ce contexte ? Où est aujourd’hui placé le curseur du risque ?

Notre vigilance à l’égard des marchés précède le déclenchement de la guerre en Ukraine. La remontée de l’inflation dès l’été 2021 nous incitait déjà à la prudence. Les événements en Ukraine n’ont fait qu’accélérer une tendance bien installée. Les premières tensions inflationnistes sont en effet apparues lors de la réouverture post-covid des économies mondiales et causées par un choc d’offre. L’environnement macroéconomique actuel milite à notre sens pour la prudence. Notre exposition nette aux marchés actions est aujourd’hui de 38 %, contre 60% pour l’indice de référence (60% MSCI World NTR + 40% Bloomberg Euro-Aggregate Total Return EUR).

Scala patrimoine. Monacia est investi sur des stratégies décorrélées des marchés financiers, dans le but de réduire le risque global du portefeuille. Comment fonctionnent-elles concrètement ?

Une partie du fonds est, en effet, gérée de façon plus tactique. Nous avons ainsi pris, dès décembre 2021, des positions vendeuses sur les marchés actions et obligataires qui, je le rappelle, ont connu au 1er semestre 2022 leur pire performance depuis près de 50 ans. Nous avons également investi sur des fonds de performance absolue qui présentent des stratégies différentes. Au sein de notre portefeuille, nous avons ainsi Candriam Absolute Return Equity Market Neutral, Fonds alternatif long/short market neutre, BNY Mellon Global Real Return Fund, Fonds multi-stratégies ou encore Helium Fund, Fonds d’arbitrage de fusions et acquisitions. Enfin, nous nous sommes positionnés dès mi-2021 sur un ETF reproduisant la hausse de l'inflation, qui a jusqu’ici parfaitement rempli son office.

 

« Les États-Unis restent un marché incontournable »

 

Scala patrimoine. Quelles sont les thématiques d’investissement les plus pertinentes sur le long terme ?

23% des actifs du fonds sont positionnés sur des thématiques de long terme. Le fonds Monacia est ainsi investi sur le thème de l’agriculture, de l’eau, du bois, de la santé, de l’immobilier durable et de l’impact social. Nos équipes ont également de fortes convictions sur les entreprises des secteurs associés au développement de technologies automatiques et robotiques. Ces investissements représentent des enjeux d’avenir sur lesquels nous décelons un potentiel de croissance assez important et une décorrélation intéressante aux principaux indices.

Scala patrimoine. L’économie américaine marque actuellement le pas. Cette situation entame-t-elle l’attractivité des marchés US ?

Sur le plan économique, les États-Unis sont supposés être entrés en récession technique. Cette situation s’explique notamment par la baisse des stocks et des investissements en immobilier résidentiel. Le retour à une situation de plein emploi et la robustesse de la consommation des ménages ne sont pas cohérents, à notre sens, avec une économie en récession. En augmentant drastiquement ses taux directeurs, la Réserve Fédérale a pour objectif de casser l’inflation - qui est à ses plus hauts en 40 ans - en freinant l’activité, même au prix d’une récession.

Scala Patrimoine. L’économie américaine était aussi clairement en surchauffe, sous l’effet des plans de relance de Donald Trump puis de Joe Biden.

Les États-Unis seront cependant probablement les premiers à sortir de la crise et reprendront très vite le chemin de la croissance. Qu’on le veuille ou non, l’économie américaine est l’une des plus dynamiques au monde. L’innovation et l’esprit d’entreprise y occupent une place prépondérante. Dans le pays de l’Oncle Sam, 5% de la population mondiale crée 25 % de la richesse mondiale (Source : L’Economie américaine – Anton Brender, Florence Pisani. Editions la Découverte 2018) ! Les États-Unis restent donc un marché incontournable.

 

« Nous avons pris, dès décembre 2021, sur le fonds Monacia, des positions vendeuses sur les marchés actions et obligataires »

 

Scala patrimoine. Qu’en est-il des marchés émergents ?

Je distinguerais les pays producteurs de matières premières et ceux qui les achètent. Les premiers se portent très bien. Les seconds, au contraire, pâtissent du renchérissement des cours des matières premières et du dollar. La Chine souffre, quant à elle, de sa stratégie « Zéro Covid-19 » pour lutter contre la remontée des contaminations au variant omicron. Le pays dirigé par Xi Jinping a ainsi mis à l’arrêt des pans entiers de l’économie. Shanghai, premier port du monde, a été notamment confiné pendant plus de 50 jours. Les conséquences sur le commerce mondial ont été très importantes en aggravant les dysfonctionnements sur les chaines d’approvisionnement, mais en alimentant aussi les pressions inflationnistes.

Pour apporter une bouffée d’oxygène à son économie, et en particulier au secteur de l’immobilier qui connaît une grave crise, la Banque de Chine a baissé plusieurs de ses taux. Et à quelques jours du XXe Congrès du Parti Communiste Chinois, Pékin multiplie les mesures de relance.

Scala Patrimoine. Cela peut-il redonner de l'attrait aux marchés émergents ?

Ce contexte nous amène à nous réintéresser petit à petit à la Chine et aux autres pays de l’Asie. Ces derniers vont, à notre sens, profiter du redéploiement des outils de production mondiaux. La crise sanitaire et la guerre en Ukraine ayant montré la vulnérabilité de nos chaines d’approvisionnement et la nécessité de diversifier nos partenaires commerciaux. L’Inde devrait d’ailleurs en être l’un des grands bénéficiaires. Le pays dispose d’une population bien formée, notamment aux nouvelles technologies. Preuve de son attractivité, le géant taïwanais Foxconn, surtout installé à Shenzhen, va y investir près de 20 milliards de dollars pour fabriquer des semi-conducteurs. (Source : Les Echos – 13 septembre 2022).

 

« L’environnement macroéconomique actuel milite pour la prudence »

 

Scala patrimoine. Confiance ou méfiance : quel état d’esprit vous anime pour cette fin d’année ?

L’environnement reste très incertain en raison des nombreux facteurs de risque : l’inflation galopante, la crise énergétique, le resserrement monétaire généralisé, le ralentissement de la croissance mondiale, la pénurie de denrées alimentaires, le changement climatique, la guerre en Ukraine, etc… Nous sommes rentrés dans un Bear Market (marché baissier), ponctué de rebonds techniques en attendant l’arrivée de véritables catalyseurs à la hausse. La fin du conflit en Ukraine en sera un.

Scala Patrimoine. Ces derniers mois, les équilibres géopolitiques ont été bouleversés. Quelles en seront les conséquences ?

On constate ainsi l’émergence d’un front anti-occidental organisé par les Russes et les Chinois. En face l’alliance États-Unis et Europe retrouve une jeunesse, et la construction européenne accélère pour faire face à de nouveaux enjeux. Cette dernière pourrait être mise à l’épreuve dès cet hiver si les Russes ferment définitivement le robinet du gaz.  Les conséquences ne seront alors pas les mêmes pour tous les pays. L’hiver va être un moment de vérité à bien des égards, mais nous restons néanmoins confiants.

 

Source : Rothschild & Co Asset Management Europe – 09/2022
Les informations ci-dessus ne constituent pas un conseil placement ou une recommandation d’investissement. Les allocations et répartitions, géographiques et sectorielles, ne sont pas figées et sont susceptibles d’évoluer dans le temps, dans les limites du prospectus du fonds.
Le niveau de risque de cet OPCVM est de 4 (volatilité comprise entre 5% et 10%) en raison de sa gestion discrétionnaire et de son exposition diversifiée sur les marchés de taux et d’actions internationaux sans contraintes de zones géographiques. Les données historiques utilisées pour le calcul de cet indicateur synthétique pourraient ne pas constituer une indication fiable du profil de risque futur de l'OPCVM. La catégorie de risque associée à l'OPCVM n’est pas garantie et pourra évoluer dans le temps à la hausse comme à la baisse. La catégorie la plus faible ne signifie pas sans risque.
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Le média Citywire a interrogé Guillaume Lucchini sur la fin des rétrocessions

Guillaume Lucchini évoque l’intérêt d’un fonds dédié dans la revue Citywire

Pour répondre à l’alourdissement des obligations administratives et la nécessité de gagner en réactivité sur les marchés financiers, les professionnels du patrimoine font appel, de plus en plus souvent, aux fonds dédiés.

Auguste Grignon Dumoulin, journaliste chez Citywire France, est donc allé à la rencontre du président de Scala Patrimoine, Guillaume Lucchini, pour évoquer le développement de ces véhicules d'investissement.

Les fonds dédiés : la réactivité avant tout

Dans un article intitulé « Fonds dédiés aux CGP : une solution face à la volatilité des marchés », Guillaume Lucchini détaille les principaux atouts des fonds dédiés, mais rappelle également les précautions à prendre avant de se lancer dans sa structuration.

Voici les principales citations de Guillaume Lucchini :

- « Les sociétés de gestion peuvent avoir un conflit d’intérêts lorsqu’il s’agit de couper des positions puisqu’elles touchent une rémunération quand l’argent est placé. Mais nous tenions à être en capacité de le faire quand de bonnes raisons, validées par la société, se présentaient »

- Fin février 2020, peu avant que l’épidémie n’éclate en Europe, le cabinet a choisi de réduire les expositions de son fonds Monacia, géré par Rothschild & Co. Au temps fort de la crise, il cédait 5,91 % quand le CAC 40 abandonnait 37,67 %. « Dans de telles périodes, la création d’un véhicule dédié est plus qu’intéressante, mais encore faut-il avoir l’accord de la société de gestion pour faire ces changements ».

-  « En dessous de 5 millions d’euros, un fonds sur mesure ne va pas vraiment intéresser les assureurs. Pour eux, ce sont des frais administratifs, des frais de suivi, qui ne sont d’ailleurs pas non plus rentables pour la société de gestion. »

- « L’environnement actuel, couplé à la baisse des rémunérations, des rétrocessions, peut pousser certains CGP à se lancer sur le sujet pour tenter de gagner de l’argent ou du moins conserver leur marge. De notre côté, nous avons fait le choix de refuser de toucher des rétrocessions de la part de la société de gestion et d’utiliser ce fonds comme un vrai outil de gestion patrimoniale. Acheter un fonds dédié ressemblant à un fonds déjà existant ne présente aucun intérêt, il faut qu’il ait une valeur ajoutée. »


B Smart TV Patrimoine

Guillaume Lucchini explique où placer sa trésorerie d’entreprise, sur B Smart TV

Comment les entreprises peuvent placer leur trésorerie ? Pour y répondre, le journaliste de B Smart TV, Nicolas Pagniez, a reçu Guillaume Lucchini (Scala Patrimoine) et Mehdi Ali-Larbi (FOBS Family Office) dans l'émission B Smart Patrimoine.

Le contexte économique

Sur fond de crise énergétique et de ruptures des chaines d’approvisionnement, l’inflation atteint aujourd’hui des sommets. Dans la zone euro, l’inflation annuelle s’est établie à 9,1 % au mois d’aout.

Afin de lutter contre cette flambée inflationniste, la banque centrale européenne n’a pas d’autres choix que de remonter ses taux directeurs. L’institution européenne vient d’ailleurs de relever son de taux dépôt de 0 % à 0,75 %, ce qui marque la plus forte hausse de son histoire.

Dans un tel contexte, les entreprises doivent bien étudier leurs besoins et leurs projets de développement avant de placer leur trésorerie sur le long terme.

Ce qu'il faut en retenir

Le développement de l'activité passe devant les questions liées au placement de la trésorerie

- "Pour les PME, les questions liées aux placements de la trésorerie d’exploitation sont finalement peu abordées. Les entrepreneurs étant davantage préoccupés par la gestion de leur business"

- "La trésorerie est une réserve de liquidité que la PME ou l'ETI peut placer à moyen ou long terme. Placer ce cash sur une période inférieure à 6 mois pourrait, selon les cas, avoir peu d'intérêts."

- "Les entreprises bien structurées et dont l’activité est dynamique ont intérêt à conserver leurs lignes de trésorerie pour financer des projets de développement ou réaliser des acquisitions"

Pour battre l'inflation, il faut prendre des risques

- "Avec la remontée des taux, les rémunérations des placements de trésorerie à court terme redeviennent positives. Pour un compte à terme, placé sur 6 mois le taux nominal annuel brut est de 0,601 %. Sur 12 mois, celui-ci est proche de 1 %. Les taux remontent également sur les marchés obligataires. La Société Générale a, par exemple, émise en juillet 2022 une obligation à échéance Juillet 2024 proposant 4 % de rendement."

- « Les performances des placements sans risques et à court terme restent très éloignées des derniers chiffres de l’inflation. "

https://www.youtube.com/watch?v=Ehz2QR9EYok

 


Les Sofica sont des solutions de défiscalisation

Défiscalisation : investir dans le cinéma avec les Sofica

Quel est le point commun entre « L'Arnacoeur », « Titane », Palme d’or au Festival de Cannes, « Le Bureau des Légendes » et « Oggy et les Cafards » ? A priori, pas grand-chose. Et pourtant, toutes ces œuvres ont été financées par … des Sofica.

Créées à l’initiative des pouvoirs publics au milieu des années 80, les Sociétés de financement de l'industrie cinématographique et de l'audiovisuel (Sofica) sont chargées de collecter de l’argent auprès des particuliers afin de financer la production de films et de séries télévisées français.

Investir dans l’industrie audiovisuelle est toutefois rarement rentable. C’est un doux euphémisme. Pour motiver les épargnants à y placer leur argent, les pouvoirs publics adossent donc à ces investissements un avantage fiscal substantiel ! Et le succès est au rendez-vous. Les enveloppes de souscription sont - chaque année - prises d’assaut.

Les Sofica au soutien de l’industrie audiovisuelle française

Disons-le d’emblée, en investissant dans une Sofica, vous ne financerez pas les blockbusters internationaux, comme Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux. Les sommes collectées sont destinées à la production audiovisuelle française et principalement « les petits budgets », inférieurs à 8 M€.

Le nombre de véhicules est, par ailleurs, limité par l’État. En 2021, seulement 12 Sofica avaient ainsi bénéficié d’un agrément, les autorisant à collecter 71 M€ au total. Depuis leur création, elles ont tout de même investi 1,9 milliard d’euros et permis de financer 2 800 œuvres.

Des sources de revenus plus diversifiées

Une fois la collecte terminée, la Sofica dispose d'un an pour investir les sommes versées par les épargnants. Mais quelles sont leurs sources de revenus ? En pratique, lorsqu’elle finance une œuvre, la société négocie la perception d’une partie des futures recettes. La Sofica reçoit alors des revenus issus des entrées en salle, des ventes internationales, des DVD ou encore de la vente des droits aux Chaines TV.

Et depuis quelques années, les plateformes de streaming (Netflix, Amazon Prime …) se placent parmi les principaux acheteurs de contenus audiovisuels. Surtout que depuis le 1er juillet 2021, elles sont dans l’obligation de financer le cinéma français. 20 à 25% de leur chiffre d’affaires réalisé en France doit être réinvesti dans cette économie. Une véritable aubaine pour le secteur !

Un dispositif de défiscalisation 

Malgré tout, acquérir des parts de Sofica présente un risque de perte en capital. Pour en masquer les effets, le législateur permet donc aux investisseurs de bénéficier d’un avantage fiscal très important. Ces derniers disposent, en effet, d’une réduction d’impôt à hauteur de 48% (1) du montant de leur souscription, en contrepartie d’un blocage des fonds pour une durée comprise entre 5 ans (2) et 10 ans. Et si les contribuables venaient à céder leur part avant 5 ans, l’avantage fiscal serait remis en cause.

Les contribuables étant, par ailleurs, dans l’obligation d’investir au moins 5 000 € pour bénéficier de l’avantage fiscal.

Si la réduction d’impôt est applicable dès la première année, l’avantage fiscal est cependant :

- limité au plus faible des deux montants suivants : 25 % du revenu net global et 18 000 €, soit une réduction maximale de 8 640 € ;

- intégré à un plafonnement global des niches fiscales spécifique de 18 000 €, commun avec le dispositif Girardin outre-mer (au lieu de 10 000 € pour les autres dispositifs de défiscalisation).

Gardez également à l’esprit que lorsque la somme des avantages fiscaux de l’année dépasse ces montants, l’excédent est perdu et ne peut être reporté sur les impôts des années suivantes.

Pour toutes ces raisons, ce dispositif de défiscalisation s’adresse exclusivement aux personnes les plus fortement imposées, dans une optique de diversification de leur patrimoine.

L’œil de Scala Patrimoine

Le capital placé dans une Sofica n’étant pas garanti, loin de là. Historiquement, les gains retirés d’un tel investissement viennent exclusivement de l’avantage fiscal acquis lors de la souscription.

Selon les cas, le souscripteur récupère entre 60 % et 70 % des sommes engagées. Le rendement de ce dispositif de défiscalisation étant limité à 4 % ou 5 % par an, avantage fiscal compris.

Leur succès est, cependant, tel que l’accès aux Sofica demeure toutefois limité. Chaque année, seule une dizaine de véhicules sont agréés par le ministère du Budget.

N’hésitez pas à nous solliciter très rapidement, avant la fin du mois d’octobre, si vous souhaitez réserver votre investissement.


Les marchés financiers prouvent une nouvelle fois leur dépendance aux décisions des banques centrales. L'économie résiste, quant à elle, trés bien.

Le rendez-vous des marchés financiers - Septembre 2022

Marchés financiers : les points clés

  • Les marchés financiers ont souffert. Jerome Powell a douché l’enthousiasme des investisseurs en réitérant sa volonté d’accélérer la politique de resserrement monétaire de la Fed ;
  • Les relations entre l’Europe et la Russie se détériorent. Le pays dirigé par Vladimir Poutine a réagi aux sanctions prises par l’Union européenne en fermant le gazoduc Nord Stream 1. Les pays européens se préparent donc à vivre une grave crise énergétique.
  • La Chine n’a pas apprécié la visite de l’Américaine Nancy Pelosi à Taiwan, c’est un euphémisme. En réponse, l'agence officielle chinoise Xinhua a publié un communiqué demandant aux « politiciens américains de cesser de jouer avec le feu sur la question de Taïwan. »

Un été difficile pour les marchés financiers

L'inflation, ennemi numéro 1

L’inflexibilité de la banque centrale américaine a pesé sur le moral des investisseurs. Les marchés financiers craignent, en effet, que sa détermination à lutter contre l'inflation vienne fragiliser la croissance économique mondiale. Et ce n’est pas le discours de Jerome Powell, lors du Symposium annuel réunissant un panel de banquiers centraux mondiaux à Jackson Hole, qui va calmer les inquiétudes. Le président de la Fed ayant laissé clairement entendre que le resserrement monétaire serait plus long et plus important que prévu.

La réaction des investisseurs ne s’est pas fait attendre. Les principaux indices boursiers sont orientés à la baisse. Choc inflationniste, conflits géopolitiques, ralentissement de la croissance et goulot d’étranglement sur les chaines de production … les raisons de s’inquiéter sont, il est vrai, très nombreuses. Ce constat vaut particulièrement pour le Vieux-Continent, très dépendant du gaz russe. Surtout qu’après six mois de guerre en Ukraine, aucun signe de cessez-le-feu n’est venu éclaircir l’horizon.

Résultat, l'indice MSCI World a baissé de 4,1 % au cours du mois d’août. Sans surprise, ce sont les marchés européens qui ont le plus souffert de la situation. À l’inverse, les marchés émergents retrouvent quelques couleurs, après plusieurs mois difficiles.

Les marchés obligataires ont, quant à eux, subi de plein fouet la hausse des rendements souverains. La dette des marchés émergents et les obligations européennes à haut rendement ont, de leurs côtés, surperformé.

Performance des principaux indices pour le mois d’août et depuis le début de l’année civile, sur les marchés financiers :

– Europe -5.15% sur le mois d’août, -18.17% YTD

– Marchés émergents 1.44% sur le mois d’août, -8.75% YTD

– États-Unis : -2.90% sur le mois d’août, -6.16% YTD

– Japon -1.50% sur le mois d’août, -8.26% YTD

– Obligation euro : -4.87 sur le mois d’août, -12.95% YTD

– Obligation US : -1.46% sur le mois d’août, 0.93% YTD

Le mauvais temps boursier n’épargne aucune valeur. Même les sociétés de croissance les plus emblématiques sont touchées. Depuis le début de l’année civile, Amazon a perdu près de 25 %, Microsoft a cédé 24 % tandis que L’Oréal abandonne près de 21 %.

Europe : The winter is coming

Le spectre d’une crise énergétique

Pour reprendre le nom du premier épisode de la mythique série « The Game of Thrones », l’hiver vient. Et avec lui, le spectre d’une pénurie d’énergie et d’un rationnement en Europe, et notamment en France.

Témoin des inquiétudes européennes, le prix de l’électricité (marché à terme pour 2023) a littéralement explosé. En France, celui-ci a atteint les 1 000 € le mégawatt-heure. Il était de « seulement » 85 € en septembre 2021. Pour contrer cette envolée, le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire plafonnant à 4 % l'augmentation des tarifs de l'électricité. Le coût de cette mesure mise en place à l’automne dernier ? 24 Md€ ! Le renchérissement très violent du prix de l’énergie devrait avoir un impact encore plus important sur les comptes publics au cours des prochains mois. Dans ces conditions, maintenir le bouclier tarifaire en l’état apparait, sur le plan financier, difficilement tenable.

En ce sens, Emmanuel Macron prépare un plan de sobriété « dans lequel il sera demandé à tous nos compatriotes de s'engager et de conclure un plan de délestage sur le gaz et l'électricité avec nos entreprises ». Cet effort a pour objectif d’éviter une rupture d’approvisionnement de sites sensibles comme les hôpitaux ou les écoles.

Europe Vs Poutine

Hélàs, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines semaines. Vladimir Poutine ayant décidé de jouer avec les nerfs des gouvernements européens, pour se venger des sanctions prises à l’encontre de son pays. Dans un premier temps, il a ainsi fait suspendre le gazoduc Nord Stream pour « maintenance » avant de le fermer définitivement. Une annonce qui a eu l’effet d’une bombe sur les marchés des matières premières. Le prix du gaz s’est, en effet, envolé de 30 % en seulement quelques heures.

Heureusement, l’Union européenne a pris les devants en se constituant un stock de gaz conséquent. Près de 80% des besoins hivernaux étant, à ce jour, couverts.

Le PIB de la zone euro résiste

Le PIB de la zone euro pour le deuxième trimestre vient d’être publié. Les mesures budgétaires déployées par l’Union européenne écartent - pour l’instant - le spectre d’une récession. L’augmentation du PIB de 0,7 % en rythme trimestriel cache toutefois d'importantes divergences entre les États membres. L’économie des pays du sud, l’Italie et l’Espagne en tête ont plutôt bien résisté. A contrario, l'économie allemande, extrêmement dépendante des importations de gaz russe, s'est grippée.

Il ne faut toutefois pas attendre de miracles. Les risques de récession restent élevés, comme le montre la faiblesse de l'euro, qui est tombé sous la parité avec le dollar américain, et celle de l’activité globale qui s’est de nouveau contractée.

Liz Truss, nouvelle première ministre du Royaume-Uni

Liz Truss, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a été choisie pour succéder à Boris Johnson comme Première ministre du Royaume-Uni. Les membres du parti conservateur l’ont préféré à Rishi Sunak, auparavant ministre des Finances. C’est la troisième femme à occuper le poste de chef du gouvernement au Royaume-Uni, après Margaret Thatcher et Theresa May. Connue pour son franc-parler, elle avait fait campagne pour le « non » lors du référendum sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), en 2016, avant de se raviser lors de son arrivée dans le gouvernement de Boris Johnson. Depuis ce jour, elle est devenue une partisane du Brexit et s’est montrée particulièrement rigide dans ses négociations avec l’Union européenne.

Ses débuts au 10 Downing Street s’annoncent animés. Selon la Banque centrale britannique, le pays devrait entrer en récession au quatrième trimestre.

Jerome Powell allume la mèche sur les marchés financiers

La Fed durcit (encore) le ton

Comme chaque année, à la fin de l’été, les banquiers centraux du monde entier se réunissent pour échanger avec des économistes et des politiques lors d’un Symposium à Jackson Hole (USA). Jerome Powell, le président de la Fed, y a fait un très rapide discours, moins de dix minutes montre en main. Il ne lui en a cependant pas fallu beaucoup plus pour mettre le feu aux poudres. Dans la lutte opposant les Dove (Colombe) et les Hawk (faucon), il a définitivement pris le parti de ces derniers. Autrement dit, il s’est positionné en faveur d’un resserrement drastique de la politique monétaire orchestrée par la Fed : « Nous utiliserons vigoureusement tous les moyens disponibles pour lutter contre l’inflation galopante. La stabilité des prix est la responsabilité de la Réserve fédérale et constitue le fondement de notre économie. »

Le 8 septembre, la Fed devrait ainsi augmenter de 75 points de base ses taux directeurs, portant les taux dans une fourchette de 3 % à 3,25 %. Le rythme du resserrement quantitatif est, quant à lui, multiplié par deux ce mois-ci. Un arsenal de mesure qui doit permettre de stopper la spirale inflationniste, flashé à 8,5 % en rythme annuel.

Heureusement, les États-Unis peuvent compter sur leur incroyable résilience économique.

Malgré la récession technique (deux trimestres consécutifs de croissance économique négative) dans laquelle le pays de l’Oncle Sam est tombé, les chiffres de l’emploi continuent à impressionner. Les créations d’emplois dans le secteur agricole ont dépassé la barre des 500 000. Un chiffre bien supérieur aux anticipations des économistes. Le taux de chômage américain se situe aujourd’hui à 3,5 %. De quoi faire rêver un grand nombre de pays européens.

Une loi pour le climat

Les États-Unis ont adopté cet été l’Inflation Reduction Act : une loi favorisant les investissements dans la production de semi-conducteurs sur le territoire américain, mais comportant également un paquet de mesures destiné à accélérer la transition climatique. 160 milliards de dollars vont ainsi être dirigés vers la génération d’électricité décarbonée.

Portée par Joe Biden, cette loi devrait permettre aux USA de s’approcher de l’objectif d’une baisse de 50 % des émissions de gaz à effet de serre entre 2005 et 2030, sans toutefois l’atteindre.

Parmi les mesures les plus emblématiques, on notera notamment l’instauration :

- de crédits d’impôt lié aux énergies propres, éolien, biomasse et solaire, ainsi que pour la séquestration de carbone (l’usine doit capturer au moins 50 % de leur émission de Co2) et en faveur de la production d’hydrogène vert ;

- d’une récompense pour les entreprises qui réduiront leur émission de méthane ;

- de la constitution d’une banque verte qui cofinancera des projets d’énergie renouvelable ;

- d’une aide pour l’achat de véhiculer électrique.

Taiwan : la poudrière du pacifique ?

Sur le plan géopolitique, la guerre opposant l’Ukraine et la Russie est peut-être un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre à Taiwan. La Chine se montrant particulièrement déterminée à récupérer ce petit état insulaire situé à 180 km à l’est de ses cotes.

Une action qui pourrait avoir un impact majeur sur le marché hautement stratégique des semi-conducteurs. Marché pour lequel Taiwan est dans une situation de quasi-monopole. Mais les États-Unis font partie, depuis très longtemps, de leurs alliés stratégiques. La visite de courtoisie de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, à Taiwan a été vue comme une véritable provocation par la Chine.

Peut-on cependant espérer un apaisement de leur relation dans les mois à venir ? Ce scénario semble très peu probable. Les États-Unis se préparent, en effet, à vendre pour plus d’un milliard de dollars des missiles et radars à Taiwan.

La question chinoise

Le 20e congrès du Parti communiste chinois qui se tiendra le 16 octobre prochain est particulièrement attendu. Le programme s’annonce comme sacrement épicé ! La politique stricte menée par l’État chinois pour lutter contre la propagation du Covid-19 a anesthésié l’économie chinoise, désormais loin de ses standards habituels. Les statistiques macroéconomiques déçoivent. Les ventes au détail ne sont pas aussi élevées qu'attendu, tandis que l'activité dans le secteur des services manque de souffle. Autre mauvaise nouvelle, l’affaissement du secteur technologique. Le gouvernement chinois ayant souhaité limiter le pouvoir des plus grands acteurs du pays (Alibaba, Tencent, Xiaomi …), ces derniers ne sont plus en mesure de jouer le rôle de moteur. Pire, ils ont même commencé à procéder à des licenciements.

Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, devra aussi apporter des réponses à la grave crise de l’immobilier. Ces difficultés ont d’ailleurs déclenché une vague de boycott dans le pays. Des milliers d’acquéreurs ont refusé de payer les échéances mensuelles liées à leur prêt hypothécaire, en raison des retards (ou dans certains cas des suspensions) de la livraison de leur logement, consécutifs à l’arrêt de plusieurs chantiers de construction.

Pour éteindre l’incendie, la Banque populaire de Chine (PBoC) a de nouveau assoupli sa politique monétaire en abaissant son taux directeur. De nouvelles mesures, d'une valeur de 1 000 milliards de yuans, vont également être déployées pour soutenir l'économie.

Ajoutez à cela la visite de Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants des États-Unis, à Taiwan, et vous comprendrez que Xi Jinping est attendu au tournant.

Les convictions de Scala patrimoine sur les marches financiers

Alors que les données économiques d'août étaient mitigées, le message belliciste de la Fed a nui aux marchés financiers. Les inquiétudes concernant l'impact de la crise énergétique en Europe ont également pesé sur les rendements.

Dans ce contexte, où rechercher les opportunités sur les marchés financiers ?

La croissance asiatique et les thèmes d’investissement ESG pourraient être intéressants sur le long terme, après la récente baisse des marchés financiers. Nous avons ainsi intégré dans nos portefeuilles des investissements sur la thématique de l’eau et du bois, mais aussi pris des positions sur la robotisation et la digitalisation.

À cause de la crainte de l’inflation et de la hausse des taux, nous pensons que les produits de taux protégeront moins les portefeuilles.

Enfin, nous conservons une allocation aux investissements alternatifs pour 30% du portefeuille. Nous nous sommes à cet effet positionnés sur des fonds Long/Short neutres aux marchés, sur des fonds de stratégies décorrélées des marchés financiers (fusions/acquisitions, fonds de performances absolues) et sur l’inflation que nous renforçons progressivement. La dette privée et le private equity offrent aussi des opportunités sur le long terme, à condition d’être sélectif.


Le comité du label ISR a présenté les grands axes de la réforme du label.

Réforme du Label ISR : quelles sont les grandes orientations ?

Le label ISR a malheureusement été victime de son succès. 1048 fonds sont aujourd’hui labélisés, représentant plus de 650 milliards d’euros sous gestion. Des chiffrent très importants qui soulèvent bien évidemment la question de sa crédibilité. Il y a quelques mois, l'inspection générale des finances (IGF) avait d’ailleurs publié un rapport au vitriol sur le sujet. Les auteurs estimant que « si le label n’évoluait pas radicalement, il s’exposait à une perte inéluctable de crédibilité ».

Ces derniers semblent avoir été entendus. Le Comité du label ISR, présidé par Michèle Pappalardo, œuvre actuellement sur les contours d’une future réforme. Il vient d'ailleurs d’en présenter les grandes lignes, avec en toile de fond la volonté de rendre le label plus exigeant, plus lisible et plus efficace.

Les fondamentaux du Label ISR

Lancé dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat lors de la COP21, le label ISR (Investissement socialement Responsable) est un label d’État français visant à appliquer à l’investissement les principes du développement durable. Au-delà des considérations financières habituelles, les gérants prennent ainsi en compte des critères extra financiers. Des critères "ESG" qui concernent le respect de l’environnement, le bien-être des salariés ou la bonne gouvernance de l’entreprise. Relevant d’une approche large, le label repose sur les processus d’analyse et la méthodologie de notation ESG des entreprises. Celui-ci n’a donc pas vocation à encadrer les investissements mêmes des portefeuilles.

Une réforme très attendue

Sous l’impulsion du ministère de l’Économie et des Finances, le comité du label ISR travaille sur une nouvelle mouture. Une version finalisée devrait ainsi être présentée en septembre.

En attendant, Michèle Pappalardo, la présidente du Comité du label ISR, vient de dévoiler les principales orientations envisagées. L’idée serait notamment de créer un « label à niveaux », avec un socle de base et plusieurs niveaux d’exigence optionnels. Des déclinaisons thématiques sur le climat, l'emploi ou la santé pourraient même y être intégrées.

Parmi les principaux axes de travail présentés figurent :

- Le maintien du caractère généraliste ESG du label, visant à valider des démarches équilibrées dans les domaines de l’environnement, du social et de la gouvernance. Le Label ISR n’ayant pas vocation à devenir un « label vert » ou un « label climat ».

- La confirmation du rôle d’accompagnement du label, reposant une méthode de « best in class », et réduisant de 20 % l’univers d’investissement ;

- La concrétisation d’une approche de double matérialité prenant en compte les effets financiers sur les portefeuilles des dimensions environnementales, sociales et de gouvernance, mais aussi l’incidence de l’activité des émetteurs sur les dimensions ESG.

- L’exclusion de certaines énergies fossiles (Charbon, énergies fossiles non conventionnelles comme le gaz et le pétrole de schiste).

- L’adaptation des exigences selon la classe d’actif (private equity, fonds monétaires…), dans l’optique de juger au mieux les acteurs du marché selon leurs réalités.

Le nouveau référentiel devrait s’appliquer au début de l’année prochaine, une fois les arbitrages rendus par le ministre.

Si vous souhaitez participer aux différentes réflexions en cours, n’hésitez pas à faire part au Comité du label de vos réactions et commentaires à l’adresse infos@lelabelisr.fr, avant le vendredi 9 septembre au soir.

L’œil de Scala Patrimoine

Une réforme du label ISR nous semble indispensable. L’intégration de certaines exclusions sectorielles est d’ailleurs une excellente idée.

Les mesures qui seront prises ne devront cependant pas apporter une trop grande rigidité au dispositif. Les entreprises ont besoin d’être accompagnées dans leur transformation et d’être confrontées à des objectifs réalistes.

Convaincre les sociétés qui émettent le plus de CO2 de faire évoluer leur modèle constitue, en effet, un levier d’action important. Imposer de trop nombreuses exclusions pourrait, dans certains cas, s’avérer contre-productif.

La proposition de la présidente du nouveau comité du label ISR, Michèle Pappalardo, de créer un « label à un label à niveaux », avec un socle de base et plusieurs niveaux d’exigence optionnels constitue, à notre sens, un bon compromis.


Les marchés financiers prouvent une nouvelle fois leur dépendance aux décisions des banques centrales. L'économie résiste, quant à elle, trés bien.

Le rendez-vous des marchés financiers - Juillet 2022

Les points clés sur les marchés financiers

  • Les craintes d’une récession aux États-Unis s’amplifient. La confiance des consommateurs s’érode alors que l’inflation bat des records ;
  • Le risque d'une pénurie de gaz en Europe et le retard pris par la BCE vis-à-vis de la FED sur sa politique de normalisation monétaire amènent les investisseurs à se détourner de la monnaie unique européenne. L’Euro est d’ailleurs tombé sous les 1,02 dollar ;
  • La croissance française ralentit dangereusement. La Banque de France a réduit sa prévision de croissance de 2,8 % à 2,3 % en 2022 et n’écarte pas le scénario d’une récession en 2023.

Marchés financiers : le pire semestre depuis 50 ans

Le premier semestre 2022 n’a pas été de tout repos sur les marchés financiers. C’est même le pire depuis près de 50 ans. Une situation d’autant plus difficile que les investisseurs n’ont pas pu profiter de la protection offerte par les marchés obligataires, eux aussi durement touchés. Les craintes liées à l’inflation et la politique de resserrement monétaire des Banques Centrales pèsent, en effet, encore sur le moral des investisseurs. L’Asie, plus particulièrement le Japon, jouit cependant d’une surperformance vis-à-vis des pays occidentaux qui peut s'expliquer par des craintes inflationnistes moindres et des politiques monétaires plus accommodantes.

Performance des principaux indices pour le mois de juin et depuis le début de l’année civile :

- Europe -8.1% sur le mois de juin, -10% YTD

- Marchés émergents -4.3% sur le mois de juin, -5% YTD

- États-Unis : -6% sur le mois de juin, -16% YTD

- Japon -5.6% sur le mois de juin, -3.7% YTD

- Obligation euro : -2.3% sur le mois de juin, -9.5% YTD

- Obligation US : 0.9% sur le mois de juin, -6.9% YTD

Enfin, depuis leur plus haut historique, les cryptomonnaies ont vu leur capitalisation globale baisser de 75%, ce qui pourrait représenter un point d’entrée intéressant pour certaines d’entre elles, dans une optique d’investissement à long terme. Nous vous conseillons cependant de faire preuve d’une extrême prudence sur cet univers d’investissement, avant tout réservé aux initiés. Il est, en effet, essentiel d’en comprendre les fondamentaux et d’en percevoir les principaux enjeux avant d’investir sur ces actifs.

L’économie américaine se grippe 

Pour ceux qui l’avaient oublié, Jerome Powell a tenu à rappeler la priorité de la Réserve fédérale américaine (FED) : maîtriser l'inflation et assurer la stabilité des prix. Suivant cette mission à la lettre, le président de l’institution américaine a décidé de mettre un gros coup de frein à l’économie US. En réponse à une inflation qui s’est établie à 8,6% sur un an, la Réserve fédérale américaine a remonté ses taux d'intérêt à la mi-juin, de 0,75 point.

Et maintenant ? Les analystes anticipent plusieurs augmentations pour amener les taux jusqu’à 3,4% l’année prochaine, contre 1,75% actuellement. Mais entre la théorie et la pratique, il y a parfois un monde. Plusieurs obstacles pourraient venir se dresser sur le chemin de la Réserve fédérale américaine.

Le premier porte sur la croissance américaine. La crainte de voir son économie plonger dans une récession prend de l’ampleur. Au cours du premier trimestre de l’année, le PIB américain a reculé de 1,6%. Pour l’instant, Bloomberg évalue à 38 % les risques de récession en 2023 …

Le second obstacle pourrait venir du moral des consommateurs. Comment vont-ils réagir à la détérioration du contexte économique ? Entre les pressions inflationnistes, la hausse des prix de l’essence et une chute des indices boursiers, les sources d’inquiétudes ne manquent pas. Malheureusement, les dernières enquêtes publiées laissent présager des lendemains qui déchantent. Selon l'Université du Michigan, l’indice de confiance des consommateurs s’est nettement détérioré en juin, avec une chute de 14% par rapport à mai.

Autre mauvaise nouvelle, le marché immobilier commence - lui aussi - à subir les contrecoups de cette politique monétaire, avec un ralentissement significatif. Toutefois, à ce stade, la FED semble accepter les dommages collatéraux provoqués par la remontée des taux.

La Chine desserre l’étau 

La politique sanitaire radicale mise en œuvre par les autorités chinoises a mis à mal la patience de la population. Excédés par les multiples confinements qui se sont succédé, les 25 millions d’habitants de la ville de Shanghai ont protesté …. en frappant leurs casseroles aux fenêtres.  Mais c’est bien en raison de la moindre dangerosité des nouveaux variants du Covid-19, que les dirigeants du pays ont décidé d’assouplir légèrement leur politique sanitaire.

Une levée des mesures de confinement salutaire qui devrait permettre de libérer les chaines d’approvisionnements et de soulager, en partie, l’inflation. Les premiers signes d’une reprise économique sont d’ailleurs déjà visibles, comme en témoigne la bonne orientation des PMI (indices d’activité).

Les autorités sont toutefois bien conscientes que leur politique « zéro covid » a fragilisé le tissu économique du pays. Elles vont donc intensifier leurs efforts pour accélérer la mise en œuvre d’un programme de relance économique. Le ministère chinois des Finances va même financer de nouvelles dépenses d’infrastructures pour un montant proche de 220 milliards de dollars.

L’Europe paye sa dépendance aux matières premières russes

Près de 140 jours après le début du conflit armé opposant la Russie et l’Ukraine, les forces russes continuent tant bien que mal leur progression dans la région du Donbass. La prochaine cible des hommes de Vladimir Poutine serait la ville de Sloviansk, où d’intenses bombardements ont lieu actuellement.

Sur le plan humain et économique, la situation de l'Ukraine est dramatique. Le pays a déjà perdu « un quart de ses terres cultivables ». Le coût de la reconstruction du pays est aujourd’hui estimé à au moins 750 milliards de dollars par le Premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal. Et ce bilan est très probablement provisoire. Vladimir Poutine ayant encore remis de l’huile sur le feu, en affirmant que la Russie n’avait « pas encore commencé les choses sérieuses » en Ukraine.

La guerre a des conséquences directes sur l’économie du vieux continent. Prix des matières premières en hausse, difficulté d’approvisionnement en gaz et en pétrole, le cocktail est détonant et participe aux poussées inflationnistes. La Banque Centrale Européenne (BCE) marche donc sur des œufs, tiraillée entre la nécessité de lutter contre les pressions inflationnistes et de ne pas fragiliser la (faible) croissance. L’institution dirigée par Christine Lagarde a fait le choix d’adopter un rythme de hausse des taux d’intérêt bien moins élevé que la Fed.

Cette pusillanimité s’explique notamment par les fragilités économiques de la zone euro. L’Allemagne, leader économique de la région, est ainsi entrée en déficit commercial pour la première fois depuis 1991.

La monnaie unique européenne est, elle aussi, attaquée. Le risque d'une pénurie de gaz dans la zone euro amène ainsi les investisseurs à s’en détourner. Selon plusieurs analystes, il y a désormais 60% de chance que l’euro atteigne la parité avec le dollar, ce qui serait une première depuis plus de 20 ans.

L'économie française déçoit 

En France, l’économie nationale continue de décevoir. Dans son dernier rapport sur l’état de l’économie française, la Banque de France a revu en très nette baisse ses prévisions de croissance. L’institution table désormais sur une croissance de 2,3 % du PIB national en 2022, contre 2,8 % initialement. En 2023, la croissance du PIB serait de + 1,2 % en moyenne, du fait d’une certaine persistance des chocs actuels. La Banque de France n’écarte toutefois pas le scénario d’une récession l'an prochain.

Par ailleurs, l’inflation continue de poser des problèmes. Selon l’Insee, la hausse des prix à la consommation a atteint + 5,8 % en juin sur un an, contre +5,2% en mai.

De l’autre côté de la Manche, la multiplication des démissions au sein du gouvernement de Boris Johnson l'a lui-même poussé à démissionner de la tête du parti conservateur, prélude à un départ du 10 Downing Street. Les nombreux scandales et polémiques au cours des derniers moins avaient rendu son maintien à la tête du gouvernement britannique quasiment intenable. Le premier ministre britannique attend désormais qu’un remplaçant soit nommé par son parti.

Vers une hausse de la production de pétrole ?

Sous l’impulsion de l’Europe et des États-Unis, de nombreux pays se sont mis d’accord pour sanctionner la Russie. Parmi les décisions prises, celles de réduire drastiquement les importations de pétrole et de gaz Russe ont des incidences économiques très concrètes. Résultat, les prix de l’essence et du gaz explosent. Hélas, les options pour les remplacer ne sont pas légion. L’une des solutions pourrait être de négocier avec L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) une hausse de leur production. Bien que cette coalition se soit engagée à revenir à sa production appliquée avant la crise du covid-19, soit 9.7 millions de barils par jour, peu de membres (hormis l’Arabie Saoudite et les Emirats-Arabe-Unis) tiennent aujourd’hui leurs engagements.

De plus, les exportations de la Libye sont à un tiers du niveau de leur niveau habituel. La crise politique ayant provoqué la suspension des expéditions des deux plus grands ports du pays. À ce stade, une baisse des prix du pétrole viendrait donc probablement d’une baisse de la demande.

Les convictions de Scala Patrimoine sur les marchés financiers

Les crises géopolitiques ont souvent eu un impact brutal, mais relativement court sur les marchés financiers et il est important de ne pas céder à la panique. Une approche constructive consiste à diversifier ses investissements et à identifier des thèmes crédibles à long terme, en évitant les comportements dictés par la peur. La croissance asiatique et les thèmes d'investissement ESG pourraient, à notre sens, offrir de plus grandes opportunités après la récente baisse des marchés financiers. Nous avons ainsi intégré dans nos portefeuilles des investissements sur la thématique de l’eau et du bois mais aussi pris des positions sur la robotisation et la digitalisation.

À cause de la crainte de l’inflation et de la hausse des taux, nous pensons que les produits de taux protégeront moins les portefeuilles.

Enfin, nous conservons une allocation aux investissements alternatifs pour 30% du portefeuille. Nous nous sommes à cet effet positionnés sur des fonds Long/Short neutres aux marchés, sur des fonds de stratégies décorrélées des marchés financiers (fusions/acquisitions, fonds de performances absolues) et sur l’inflation que nous renforçons progressivement. La dette privée et le private equity offrent aussi de belles opportunités sur le long terme, à condition d'être sélectif.

Nous pensons continuer à prendre des expositions sur les marchés financiers afin de profiter des points d’entrée. Après la forte baisse de ce début d’année, il sera nécessaire de sélectionner avec soins les régions et secteurs les mieux à même à rebondir. Afin de limiter les risques, nous augmenterons au fur et à mesure les expositions si nous jugeons que des opportunités existent.


Les cryptomonnaies ont subi de plein fouet le retournement des marchés financiers.

Cryptomonnaies : une correction salutaire ?

« Les cryptomonnaies ne valent rien », les propos sont sans concessions, la charge implacable. En s’exprimant ainsi Christine Lagarde, Présidente de la BCE, témoigne de la grande méfiance des banques centrales vis-à-vis des cryptoactifs. Si sa position est probablement excessive, il faut cependant reconnaitre le caractère hautement spéculatif des cryptomonnaies. Valorisé à 56 000 € le 12 novembre dernier, le bitcoin, la cryptomonnaie originale, a perdu près de 65 % de sa valeur. Son cours étant aujourd’hui légèrement inférieur à 20 000 €. Aucune des 13 000 cryptomonnaies existantes n’a d’ailleurs été épargnée. Comment expliquer une telle baisse ? Faut-il totalement se détourner de cette typologie d’actifs ? Scala Patrimoine vous répond.

Pourquoi les cryptomonnaies ont-elles baissé ?

Le marché mondial des cryptomonnaies a fondu comme neige au soleil. Plus de 1 500 Md$ se sont ainsi évaporés en quelques mois, alors que ce marché était encore valorisé à plus de 3 000 Md$ en novembre dernier. Une chute brutale qui peut s’expliquer par une perte de confiance des investisseurs sur cette classe d’actifs et un contexte économique et financier moins favorable.

  • Des signes de faiblesses

Toujours adepte des bons mots, le génial investisseur américain, Warren Buffett, aime à dire que « c’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus ». Le crypto krach du premier semestre 2022 aura donc eu le mérite de faire tomber les masques. L’effondrement du projet de blockchain Terra (Luna), et de son stablecoin, a provoqué un véritable tremblement de terre dans l’univers des cryptomonnaies. En seulement quelques jours, TerraUSD a ainsi perdu plus de 99 % de sa valeur !

Autre séisme : la chute de la plateforme d’échange Celsius qui a annoncé, le 12 juin dernier, geler les retraits de ses clients. Au bord de la faillite, il semble peu probable que les clients de la plateforme puissent récupérer leurs actifs numériques. Plus globalement, cet épisode met encore un peu plus en avant le risque d’insolvabilité qui pèse sur plusieurs acteurs du secteur. C’est, par exemple, le cas du fonds spéculatif 3 Arrows Capital. Exclusivement investi sur des entreprises spécialisées dans les cryptomonnaies et la blockchain, le hedge fund pèse tout de même 3 Md$. Fragilisé par une série de mauvais investissements, notamment une position de 200 M$ dans le projet Terra, il serait aujourd’hui proche de la banqueroute.

  • Une crise de confiance des investisseurs

Depuis leur création, les cryptomonnaies divisent. Pour leurs thuriféraires, elles se placent comme une alternative crédible aux monnaies traditionnelles et aux établissements bancaires. Mais leurs détracteurs leur opposent une certaine opacité et un univers peu réglementé. Un constat renforcé par la publication, aux États-Unis, d’un rapport du Government Accountability Office dénonçant l’utilisation des cryptomonnaies à des fins criminelles, notamment dans le cadre de trafic de drogue. Autre inquiétude qui pèse dans l’univers des cryptoactifs : la hausse des escroqueries. Selon un rapport de la Federal Trade Commission, plus de 4 000 personnes ont subi une arnaque à la cryptomonnaie depuis 2021, pour un préjudice évalué à plus d’1 Md$. Une multiplication des cas qui freinent les ardeurs de nombreux potentiels investisseurs.

  • Un contexte économique et monétaire moins favorable

Certains analystes ont longtemps pensé que l’évolution des cryptomonnaies était déconnectée des marchés financiers traditionnels. Les 6 derniers mois leur ont démontré tout le contraire. La corrélation entre les cryptoactifs et les titres de sociétés de la tech américaine n’ayant jamais été aussi forte. Loin d’être une valeur refuge, les cryptomonnaies ont amplifié la chute des marchés financiers. Comme eux, elles ont longtemps bénéficié des politiques monétaires très accommodantes menées par les banques centrales pour alimenter l’économie, grippée par la crise du covid-19. Ces torrents de liquidité ont encouragé les investisseurs à se positionner sur des actifs risqués et soutenu les cours des marchés actions et des cryptomonnaies.

Mais l’inflation galopante a obligé les banquiers centraux à mettre fin à leur politique volontariste. Les banques centrales ont, dès lors, réduit progressivement le montant de leurs achats d'actifs sur les marchés financiers avant de remonter leur taux d’intérêt. Cet assèchement n’a pas été sans conséquence. Les investisseurs sont désormais moins enclins à prendre des risques. Et, sans surprise, les cryptoactifs en sont les principales victimes.

Que faut-il faire désormais ?

Les gains exceptionnels réalisés par les investisseurs de la première heure ou les personnes réalisant des activités de minage ont donné des idées à un grand nombre d’épargnants. Pourtant, il ne faut pas oublier le caractère hautement spéculatif de l’investissement sur les cryptomonnaies. Un risque d’autant plus important que la réglementation autour de ces actifs devrait très probablement évoluer au cours des prochaines années.

  • Un terrain de jeu spéculatif

Au-delà des innovations technologiques qu’elles peuvent apporter, les cryptoactifs sont devenus des « placements » spéculatifs, où chacun cherche à faire fortune rapidement. Mais en matière d’investissement, les espoirs de gains sont toujours proportionnels à la prise de risque. Et nombreux sont ceux qui ont perdu beaucoup d’argent. Il faut dire que depuis 2017, le marché des cryptomonnaies se distingue par sa volatilité. Cette année-là, le bitcoin avait subi une première claque. Il s’était ainsi approché des 20 000 dollars avant de chuter lourdement vers les 4 000 dollars. Il s’en était suivi une longue traversée du désert, que les suiveurs avaient appelé « l’hiver crypto ». À partir de septembre 2020, les cryptoactifs avaient profité de l’afflux de liquidité sur les marchés financiers et de l’engouement des investisseurs pour cette classe d’actifs pour atteindre de nouveaux sommets.

  • Entre risques & opportunités

Le marché des cryptomonnaies s’est développé de façon exponentielle au cours des dernières années, créant à la fois des opportunités et des défis. Si les acteurs économiques ne peuvent plus faire fi du potentiel offert par les innovations technologiques, les risques qui y sont associés doivent bien être pris en compte.

Les cryptomonnaies

  •  Revenir aux fondamentaux de la gestion de patrimoine

Nous vous conseillons de faire preuve d’une extrême prudence sur l’univers des cryptomonnaies. C’est un investissement avant tout réservé aux initiés. Il est, en effet, essentiel d’en comprendre les fondamentaux et d’en percevoir les principaux enjeux.

Les investissements sur les cryptoactifs doivent se faire dans le cadre d’une gestion de patrimoine équilibrée et diversifiée. Sauf exception, ces positions ne doivent pas représenter plus de 2 % de votre patrimoine. Gardez aussi à l’esprit d’y placer uniquement l’argent que vous pouvez vous permettre de perdre. Pensez également à lisser vos investissements et à vous positionner au fil de l’eau. Cela vous permettra d’éviter les à-coups et de ne pas placer 100 % de vos investissements dans une période de forte turbulence.

Enfin, lorsque votre portefeuille est en plus-values, n’hésitez pas à céder – totalement ou partiellement - vos positions et à prendre vos profits.

Dans tous les cas, méfiez-vous des promesses de gains trop alléchantes. Il est, à ce titre, vivement conseillé de prendre connaissance de la liste noire publiée par l’autorité des marchés financiers (AMF), répertoriant les acteurs non autorisés à exercer leurs activités en France, avant de se lancer.

Les équipes de Scala Patrimoine sont à votre disposition pour échanger avec vous sur vos investissements ou vos projets d’investissement dans les cryptomonnaies. Nous avons réuni autour de nous des experts dans le domaine, capable de vous aider à mieux appréhender cette typologie d’actifs.


Organisé par Scala Patrimoine et Décideurs Magazine, Le prix de la Finance Verte 2022 a été remporté par Pictet AM.

Prix de la Finance Verte 2022 : qui sont les lauréats ?

Le dernier rapport publié par le GIEC nous rappelle qu’il nous faut agir, dès maintenant et de manière radicale, pour limiter la hausse des températures à 1,5 degré et ainsi garder une planète « vivable ». La tâche qui nous attend est donc immense. Pour réussir cette transition climatique, il est cependant indispensable que le secteur de la finance s’investisse avec force et conviction pour faire bouger les lignes. C’est en suivant cette volonté que Scala Patrimoine a lancé le Prix de la Finance Verte.

Qu’est-ce que le Prix de la Finance Verte ?

Scala Patrimoine est, depuis de nombreuses années, engagé en faveur d’une finance plus responsable, plus durable. Toutes les équipes du cabinet ont, en effet, à cœur d’accompagner la transformation des gestionnaires d’actifs et encourager les investissements vers les grands projets de développement durable.

Fort de cette conviction, nous organisons chaque année, en partenariat avec Décideurs Magazine, le Prix de la Finance Verte*. Un trophée qui récompense la société de gestion la plus impliquée sur les questions climatiques et environnementales**.

L’année dernière, lors de la première édition, Sycomore AM avait reçu le trophée d’Or et Ecofi une « Mention Spéciale ».

Comment est désigné le vainqueur ?

  • Une analyse qualitative et quantitative

Un comité d’investisseurs fut chargé d’établir une première sélection. Une démarche qui a été réalisée en suivant une double lecture :

- qualitative : en regardant notamment leur capacité d’innovation, leurs votes aux assemblées d’actionnaires et leur méthodologie d’investissement ESG ;

- et quantitative : en sélectionnant les sociétés les mieux référencées chez les assureurs et dont l'encours est supérieur à 1 Md€.

  • Un Grand Oral devant un jury d'experts

Nous avons, à cet égard, veillé à ce qu’une large diversité d’acteurs puisse s’exprimer. Des grands groupes bancaires, des sociétés de gestion entrepreneuriales et des acteurs étrangers ont ainsi été mis en lumière.

Cette année, Amundi, Crédit Mutuel Asset Management, Degroof Petercam, La Financière de l'Échiquier, Meeschaert Amilton AM, Pictet Asset Management, Tikehau Capital et Robeco ont été invitées à concourir.

Tout au long du processus, ces asset-managers ont fait preuve d’une très grande transparence, en remplissant un dossier confidentiel et structuré autour de 5 grandes thématiques (Verdissement de la gamme de fonds, Philosophie d’investissement, Politique actionnariale, Reporting & Initiatives pédagogiques et Engagement en faveur de l’environnement). Ils se sont également prêtés au jeu d’un Grand Oral, en soutenant leur candidature face à un jury d’experts.

Qui étaient les membres du Jury du Prix de la Finance Verte ?

« La diversité des profils fait la richesse des échanges ». Suivant cette maxime, nous avons constitué un jury d’experts de la finance responsable, chargés d’évaluer la qualité des candidatures. Comme nous, leurs membres ont la volonté de lutter contre le greenwashing et de valoriser les meilleures pratiques et initiatives.

Audrey Tcherkoff (Institut de l'Économie Positive), Emmanuel du Ché (Eligest), Marguerite Culot - Horth (Finance for Tomorrow), Yasmine Puteaux (Acteurs de la Finance Responsable), Julien Garrone (Décideurs Gestion d'Actifs & Patrimoine) et Aurélien Florin (Scala Patrimoine) nous ont ainsi fait le plaisir de participer à ce jury.

Celui-ci a été placé sous la présidence de Brune Poirson (Accor). Sa présence était essentielle à nos yeux, et ce à double titre. Lorsqu’elle était Secrétaire d'État à la Transition écologique, elle avait participé au lancement du label d'État « Greenfin » qui garantit la qualité verte des fonds. Éloignée de la politique, Brune Poirson mène aujourd’hui des actions concrètes pour limiter l’impact environnemental des hôtels du Groupe Accor dont elle est la Directrice du Développement Durable.

Édition 2022 : Pictet AM, Meeschaert-Amilton et Tikehau Capital récompensées

Il ne pouvait y avoir un plus bel écrin pour remettre le Prix de la Finance Verte 2022. C’est en effet à la lisière de Paris, au Pavillon d’Armenonville***, que les lauréats ont été appelés à recevoir leur trophée.

Pour cette seconde édition, Pictet AM (trophée d’Or), Meeschaert-Amilton (Trophée d’argent) et Tikehau Capital (Mention spéciale) ont eu le bonheur d’être distinguées, au cours d’une cérémonie rassemblant plus de 500 professionnels de la gestion de patrimoine et de la gestion d’actifs.

Pictet AM remporte le prix de la finance verte 2022
Brune Poirson remet à Hervé Thiard de Pictet AM le Prix de la Finance Verte 2022

Quelles ont été les "raisons de la victoire" ?

Voici les principales initiatives mises en avant par le Jury.

« Trophée d’Or » pour Pictet AM :

- L’ensemble des associés et collaborateurs du groupes portent les valeurs liées à l’investissement responsable ;

- Un engagement actionnarial important. Leurs équipes votent à 100% des assemblées générales pour leurs fonds ISR et à 98% pour l’ensemble de leurs investissements

- Une tradition philanthropique très forte, en cohérence avec les engagements du groupe.

« Trophée d’Argent » pour Meeschaert Amilton AM :

- Son rôle dans le cadre du réseau européen d'engagement "Shareholders for Change" et de Climate Action 100+ ;

- Les actions menées en faveur de la préservation des océans et les solutions apportées par le fonds MAM Transition Durable Actions.

« Mention spéciale » pour Tikehau Capital :

- Un développement exponentiel de leur activité en finance durable. Leur plateforme « impact » a pour objectif de gérer au moins 5 Md€ dédiés à la transition énergétique d’ici 2025 ;

- L’entreprise veut réduire son empreinte carbone. Tikehau Capital va ainsi compenser 10 000 tonnes de CO2 équivalent, mesurées au niveau des opérations.

*Le Prix de la Finance Verte se déroule dans le cadre du Sommet du Patrimoine et de la Performance ;
** Le Prix de la Finance Verte concerne les sociétés de gestion qui sont investies sur les marchés financiers cotés et qui disposent d'une gamme de fonds actions.
***Le Pavillon d’Armenonville est un lieu chargé d’histoire, bâti au XVIIIe siècle, qui est également reconnu pour son engagement environnemental. Leurs équipent entretiennent plus de 3 000 espèces végétales autour du Pavillon.