Stéphane de Kermoal (Rothschild & Co AM) : « L’hiver va être un moment de vérité »
Scala Patrimoine a confié à la société de gestion Rothschild & Co AM Europe la gestion d'un fonds patrimonial dédié, le fonds Monacia, qui constitue le cœur de portefeuille de ses clients. Celui-ci est géré avec l’advisory du pôle « gestion financière » de Scala Patrimoine. Au-delà de notre rôle de contrôle dans la gestion du fonds, nous exerçons ainsi une fonction de conseil dans les prises de décisions d’investissement. Les échanges entre nos équipes respectives étant permanents, pour faire les choix les plus adaptées.
Le fonds Monacia nous, en effet, permet de réagir rapidement aux évolutions du marché, car il simplifie le processus d’arbitrage. L’exposition du fonds sur le marché des actions et le marché des obligations peut varier entre 30 et 70 %. Nous avons dans ce cas la possibilité d’utiliser des produits de couverture, afin de stopper l’exposition au marché.
Et la stratégie de gestion déployée ces derniers mois a porté ses fruits. Le portefeuille se positionne parmi les meilleurs de sa catégorie. Monacia est ainsi classé par Quantalys dans le premier quartile en matière de performance, à la date du 31 aout 2022. Stéphane de Kermoal, Responsable pôle investment advisory chez Rothschild & Co Asset Management Europe, vous décrypte la gestion du fonds.
Scala patrimoine. Pouvez-vous nous présenter Rothschild & Co Asset Management Europe ?
Stéphane de Kermoal. Rothschild & Co Asset Management Europe, société de gestion d’actifs du groupe Rothschild & Co, regroupe 150 collaborateurs dans 9 pays européens et compte 23 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Ses expertises sur l’ensemble des zones géographiques et classes d'actifs lui permettent de proposer des solutions d'investissement dédiées, adaptées aux besoins de ses clients, que ce soit en gestion directe ou en architecture ouverte.
Scala Patrimoine a logé au sein de votre société de gestion un fonds patrimonial dédié, le fonds Monacia. Quel est son profil ? Sur quelles classes d’actifs est-il positionné ?
Monacia est un fonds à vocation patrimoniale, diversifié sur toutes les classes d’actifs. Il peut investir sur les 400 fonds analysés et référencés par l’équipe de multigestion de Rothschild & Co Asset Management Europe. Aujourd’hui, Monacia est positionné sur une vingtaine de lignes, offrant ainsi aux investisseurs une grande diversification. Ce fonds a, par ailleurs, un profil prudent. Depuis le début d’année 2020, l’exposition nette aux marchés actions est, en moyenne, de 28 %.
« Monacia est positionné sur une vingtaine de lignes, offrant ainsi aux investisseurs une grande diversification »
Scala patrimoine. Les marchés financiers ont marqué le pas au cours du premier semestre. Comment gérez-vous le fonds dans ce contexte ? Où est aujourd’hui placé le curseur du risque ?
Notre vigilance à l’égard des marchés précède le déclenchement de la guerre en Ukraine. La remontée de l’inflation dès l’été 2021 nous incitait déjà à la prudence. Les événements en Ukraine n’ont fait qu’accélérer une tendance bien installée. Les premières tensions inflationnistes sont en effet apparues lors de la réouverture post-covid des économies mondiales et causées par un choc d’offre. L’environnement macroéconomique actuel milite à notre sens pour la prudence. Notre exposition nette aux marchés actions est aujourd’hui de 38 %, contre 60% pour l’indice de référence (60% MSCI World NTR + 40% Bloomberg Euro-Aggregate Total Return EUR).
Scala patrimoine. Monacia est investi sur des stratégies décorrélées des marchés financiers, dans le but de réduire le risque global du portefeuille. Comment fonctionnent-elles concrètement ?
Une partie du fonds est, en effet, gérée de façon plus tactique. Nous avons ainsi pris, dès décembre 2021, des positions vendeuses sur les marchés actions et obligataires qui, je le rappelle, ont connu au 1er semestre 2022 leur pire performance depuis près de 50 ans. Nous avons également investi sur des fonds de performance absolue qui présentent des stratégies différentes. Au sein de notre portefeuille, nous avons ainsi Candriam Absolute Return Equity Market Neutral, Fonds alternatif long/short market neutre, BNY Mellon Global Real Return Fund, Fonds multi-stratégies ou encore Helium Fund, Fonds d’arbitrage de fusions et acquisitions. Enfin, nous nous sommes positionnés dès mi-2021 sur un ETF reproduisant la hausse de l'inflation, qui a jusqu’ici parfaitement rempli son office.
« Les États-Unis restent un marché incontournable »
Scala patrimoine. Quelles sont les thématiques d’investissement les plus pertinentes sur le long terme ?
23% des actifs du fonds sont positionnés sur des thématiques de long terme. Le fonds Monacia est ainsi investi sur le thème de l’agriculture, de l’eau, du bois, de la santé, de l’immobilier durable et de l’impact social. Nos équipes ont également de fortes convictions sur les entreprises des secteurs associés au développement de technologies automatiques et robotiques. Ces investissements représentent des enjeux d’avenir sur lesquels nous décelons un potentiel de croissance assez important et une décorrélation intéressante aux principaux indices.
Scala patrimoine. L’économie américaine marque actuellement le pas. Cette situation entame-t-elle l’attractivité des marchés US ?
Sur le plan économique, les États-Unis sont supposés être entrés en récession technique. Cette situation s’explique notamment par la baisse des stocks et des investissements en immobilier résidentiel. Le retour à une situation de plein emploi et la robustesse de la consommation des ménages ne sont pas cohérents, à notre sens, avec une économie en récession. En augmentant drastiquement ses taux directeurs, la Réserve Fédérale a pour objectif de casser l’inflation - qui est à ses plus hauts en 40 ans - en freinant l’activité, même au prix d’une récession.
Scala Patrimoine. L’économie américaine était aussi clairement en surchauffe, sous l’effet des plans de relance de Donald Trump puis de Joe Biden.
Les États-Unis seront cependant probablement les premiers à sortir de la crise et reprendront très vite le chemin de la croissance. Qu’on le veuille ou non, l’économie américaine est l’une des plus dynamiques au monde. L’innovation et l’esprit d’entreprise y occupent une place prépondérante. Dans le pays de l’Oncle Sam, 5% de la population mondiale crée 25 % de la richesse mondiale (Source : L’Economie américaine – Anton Brender, Florence Pisani. Editions la Découverte 2018) ! Les États-Unis restent donc un marché incontournable.
« Nous avons pris, dès décembre 2021, sur le fonds Monacia, des positions vendeuses sur les marchés actions et obligataires »
Scala patrimoine. Qu’en est-il des marchés émergents ?
Je distinguerais les pays producteurs de matières premières et ceux qui les achètent. Les premiers se portent très bien. Les seconds, au contraire, pâtissent du renchérissement des cours des matières premières et du dollar. La Chine souffre, quant à elle, de sa stratégie « Zéro Covid-19 » pour lutter contre la remontée des contaminations au variant omicron. Le pays dirigé par Xi Jinping a ainsi mis à l’arrêt des pans entiers de l’économie. Shanghai, premier port du monde, a été notamment confiné pendant plus de 50 jours. Les conséquences sur le commerce mondial ont été très importantes en aggravant les dysfonctionnements sur les chaines d’approvisionnement, mais en alimentant aussi les pressions inflationnistes.
Pour apporter une bouffée d’oxygène à son économie, et en particulier au secteur de l’immobilier qui connaît une grave crise, la Banque de Chine a baissé plusieurs de ses taux. Et à quelques jours du XXe Congrès du Parti Communiste Chinois, Pékin multiplie les mesures de relance.
Scala Patrimoine. Cela peut-il redonner de l'attrait aux marchés émergents ?
Ce contexte nous amène à nous réintéresser petit à petit à la Chine et aux autres pays de l’Asie. Ces derniers vont, à notre sens, profiter du redéploiement des outils de production mondiaux. La crise sanitaire et la guerre en Ukraine ayant montré la vulnérabilité de nos chaines d’approvisionnement et la nécessité de diversifier nos partenaires commerciaux. L’Inde devrait d’ailleurs en être l’un des grands bénéficiaires. Le pays dispose d’une population bien formée, notamment aux nouvelles technologies. Preuve de son attractivité, le géant taïwanais Foxconn, surtout installé à Shenzhen, va y investir près de 20 milliards de dollars pour fabriquer des semi-conducteurs. (Source : Les Echos – 13 septembre 2022).
« L’environnement macroéconomique actuel milite pour la prudence »
Scala patrimoine. Confiance ou méfiance : quel état d’esprit vous anime pour cette fin d’année ?
L’environnement reste très incertain en raison des nombreux facteurs de risque : l’inflation galopante, la crise énergétique, le resserrement monétaire généralisé, le ralentissement de la croissance mondiale, la pénurie de denrées alimentaires, le changement climatique, la guerre en Ukraine, etc… Nous sommes rentrés dans un Bear Market (marché baissier), ponctué de rebonds techniques en attendant l’arrivée de véritables catalyseurs à la hausse. La fin du conflit en Ukraine en sera un.
Scala Patrimoine. Ces derniers mois, les équilibres géopolitiques ont été bouleversés. Quelles en seront les conséquences ?
On constate ainsi l’émergence d’un front anti-occidental organisé par les Russes et les Chinois. En face l’alliance États-Unis et Europe retrouve une jeunesse, et la construction européenne accélère pour faire face à de nouveaux enjeux. Cette dernière pourrait être mise à l’épreuve dès cet hiver si les Russes ferment définitivement le robinet du gaz. Les conséquences ne seront alors pas les mêmes pour tous les pays. L’hiver va être un moment de vérité à bien des égards, mais nous restons néanmoins confiants.
Source : Rothschild & Co Asset Management Europe – 09/2022
Les informations ci-dessus ne constituent pas un conseil placement ou une recommandation d’investissement. Les allocations et répartitions, géographiques et sectorielles, ne sont pas figées et sont susceptibles d’évoluer dans le temps, dans les limites du prospectus du fonds.
Le niveau de risque de cet OPCVM est de 4 (volatilité comprise entre 5% et 10%) en raison de sa gestion discrétionnaire et de son exposition diversifiée sur les marchés de taux et d’actions internationaux sans contraintes de zones géographiques. Les données historiques utilisées pour le calcul de cet indicateur synthétique pourraient ne pas constituer une indication fiable du profil de risque futur de l'OPCVM. La catégorie de risque associée à l'OPCVM n’est pas garantie et pourra évoluer dans le temps à la hausse comme à la baisse. La catégorie la plus faible ne signifie pas sans risque.
L'OPCVM n’est pas garanti en capital.
Risque de crédit : Risque de dégradation de la qualité du crédit ou risque de défaut d'un émetteur pouvant impacter négativement le prix des actifs en portefeuille.
Risque de liquidité : Risque lié à la faible liquidité des marchés sous-jacents, qui les rend sensibles à des mouvements significatifs d’achat / vente.
La survenance de l’un de ces risques pourra entraîner une baisse de la valeur liquidative de l'OPC.
Pour de plus amples informations sur le profil de risque et ses principaux contributeurs, merci de vous référer au prospectus et/ou au DICI à l’adresse suivante : https://am.fr.rothschildandco.com/fr/nos-fonds/monacia/
Les informations/opinions/données contenues dans ce document, considérées comme légitimes et correctes le jour de leur publication, conformément à l'environnement économique et financier en place à cette date, sont susceptibles d’évoluer à tout moment. Bien que ce document ait été préparé avec le plus grand soin à partir de sources réputées fiables par Rothschild & Co Asset Management Europe, il n’offre aucune garantie quant à l’exactitude et à l’exhaustivité des informations et appréciations qu’il contient, qui n’ont qu’une valeur indicative et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis. La présente analyse n’est valable qu’au moment de la rédaction du présent rapport. Les caractéristiques/objectifs/stratégies mentionnés (ci-dessus) sont indicatifs et peuvent être modifiés sans préavis. Rothschild & Co Asset Management Europe ne saurait être tenu responsable d’aucune décision prise sur le fondement des éléments contenus dans ce document ou inspirée par eux.
En cas de doute, et avant toute décision d’investir, nous vous recommandons de prendre contact avec votre conseiller financier ou fiscal. Les informations/opinions/données contenues dans ce document, considérées comme légitimes et correctes le jour de leur publication, conformément à l'environnement économique et financier en place à cette date, sont susceptibles d’évoluer à tout moment. Bien que ce document ait été préparé avec le plus grand soin à partir de sources réputées fiables par Rothschild & Co Asset Management Europe, il n’offre aucune garantie quant à l’exactitude et à l’exhaustivité des informations et appréciations qu’il contient, qui n’ont qu’une valeur indicative et sont susceptibles d'être modifiées sans préavis.
Les parts ou actions de l’OPC présenté dans ce document ne sont pas et ne seront pas enregistrées aux Etats Unis en application du U.S. Securities Act de 1933 tel que modifié (« Securities Act 1933 ») ou admis en vertu d’une quelconque loi des Etats-Unis. Ces parts ou actions ne doivent ni être offertes, vendues ou transférées aux Etats-Unis (y compris dans ses territoires et possessions) ni bénéficier, directement ou indirectement, à une « U.S. Person » (au sens du règlement S du Securities Act de 1933) et assimilées (telles que visées dans la loi Américaine dite « HIRE » du 18/03/2010 et dans le dispositif FATCA).
Guillaume Lucchini évoque l’intérêt d’un fonds dédié dans la revue Citywire
Pour répondre à l’alourdissement des obligations administratives et la nécessité de gagner en réactivité sur les marchés financiers, les professionnels du patrimoine font appel, de plus en plus souvent, aux fonds dédiés.
Auguste Grignon Dumoulin, journaliste chez Citywire France, est donc allé à la rencontre du président de Scala Patrimoine, Guillaume Lucchini, pour évoquer le développement de ces véhicules d'investissement.
Les fonds dédiés : la réactivité avant tout
Dans un article intitulé « Fonds dédiés aux CGP : une solution face à la volatilité des marchés », Guillaume Lucchini détaille les principaux atouts des fonds dédiés, mais rappelle également les précautions à prendre avant de se lancer dans sa structuration.
Voici les principales citations de Guillaume Lucchini :
- « Les sociétés de gestion peuvent avoir un conflit d’intérêts lorsqu’il s’agit de couper des positions puisqu’elles touchent une rémunération quand l’argent est placé. Mais nous tenions à être en capacité de le faire quand de bonnes raisons, validées par la société, se présentaient »
- Fin février 2020, peu avant que l’épidémie n’éclate en Europe, le cabinet a choisi de réduire les expositions de son fonds Monacia, géré par Rothschild & Co. Au temps fort de la crise, il cédait 5,91 % quand le CAC 40 abandonnait 37,67 %. « Dans de telles périodes, la création d’un véhicule dédié est plus qu’intéressante, mais encore faut-il avoir l’accord de la société de gestion pour faire ces changements ».
- « En dessous de 5 millions d’euros, un fonds sur mesure ne va pas vraiment intéresser les assureurs. Pour eux, ce sont des frais administratifs, des frais de suivi, qui ne sont d’ailleurs pas non plus rentables pour la société de gestion. »
- « L’environnement actuel, couplé à la baisse des rémunérations, des rétrocessions, peut pousser certains CGP à se lancer sur le sujet pour tenter de gagner de l’argent ou du moins conserver leur marge. De notre côté, nous avons fait le choix de refuser de toucher des rétrocessions de la part de la société de gestion et d’utiliser ce fonds comme un vrai outil de gestion patrimoniale. Acheter un fonds dédié ressemblant à un fonds déjà existant ne présente aucun intérêt, il faut qu’il ait une valeur ajoutée. »
Guillaume Lucchini explique où placer sa trésorerie d’entreprise, sur B Smart TV
Comment les entreprises peuvent placer leur trésorerie ? Pour y répondre, le journaliste de B Smart TV, Nicolas Pagniez, a reçu Guillaume Lucchini (Scala Patrimoine) et Mehdi Ali-Larbi (FOBS Family Office) dans l'émission B Smart Patrimoine.
Le contexte économique
Sur fond de crise énergétique et de ruptures des chaines d’approvisionnement, l’inflation atteint aujourd’hui des sommets. Dans la zone euro, l’inflation annuelle s’est établie à 9,1 % au mois d’aout.
Afin de lutter contre cette flambée inflationniste, la banque centrale européenne n’a pas d’autres choix que de remonter ses taux directeurs. L’institution européenne vient d’ailleurs de relever son de taux dépôt de 0 % à 0,75 %, ce qui marque la plus forte hausse de son histoire.
Dans un tel contexte, les entreprises doivent bien étudier leurs besoins et leurs projets de développement avant de placer leur trésorerie sur le long terme.
Ce qu'il faut en retenir
Le développement de l'activité passe devant les questions liées au placement de la trésorerie
- "Pour les PME, les questions liées aux placements de la trésorerie d’exploitation sont finalement peu abordées. Les entrepreneurs étant davantage préoccupés par la gestion de leur business"
- "La trésorerie est une réserve de liquidité que la PME ou l'ETI peut placer à moyen ou long terme. Placer ce cash sur une période inférieure à 6 mois pourrait, selon les cas, avoir peu d'intérêts."
- "Les entreprises bien structurées et dont l’activité est dynamique ont intérêt à conserver leurs lignes de trésorerie pour financer des projets de développement ou réaliser des acquisitions"
Pour battre l'inflation, il faut prendre des risques
- "Avec la remontée des taux, les rémunérations des placements de trésorerie à court terme redeviennent positives. Pour un compte à terme, placé sur 6 mois le taux nominal annuel brut est de 0,601 %. Sur 12 mois, celui-ci est proche de 1 %. Les taux remontent également sur les marchés obligataires. La Société Générale a, par exemple, émise en juillet 2022 une obligation à échéance Juillet 2024 proposant 4 % de rendement."
- « Les performances des placements sans risques et à court terme restent très éloignées des derniers chiffres de l’inflation. "
https://www.youtube.com/watch?v=Ehz2QR9EYok
Le rendez-vous des marchés financiers - Septembre 2022
Marchés financiers : les points clés
- Les marchés financiers ont souffert. Jerome Powell a douché l’enthousiasme des investisseurs en réitérant sa volonté d’accélérer la politique de resserrement monétaire de la Fed ;
- Les relations entre l’Europe et la Russie se détériorent. Le pays dirigé par Vladimir Poutine a réagi aux sanctions prises par l’Union européenne en fermant le gazoduc Nord Stream 1. Les pays européens se préparent donc à vivre une grave crise énergétique.
- La Chine n’a pas apprécié la visite de l’Américaine Nancy Pelosi à Taiwan, c’est un euphémisme. En réponse, l'agence officielle chinoise Xinhua a publié un communiqué demandant aux « politiciens américains de cesser de jouer avec le feu sur la question de Taïwan. »
Un été difficile pour les marchés financiers
L'inflation, ennemi numéro 1
L’inflexibilité de la banque centrale américaine a pesé sur le moral des investisseurs. Les marchés financiers craignent, en effet, que sa détermination à lutter contre l'inflation vienne fragiliser la croissance économique mondiale. Et ce n’est pas le discours de Jerome Powell, lors du Symposium annuel réunissant un panel de banquiers centraux mondiaux à Jackson Hole, qui va calmer les inquiétudes. Le président de la Fed ayant laissé clairement entendre que le resserrement monétaire serait plus long et plus important que prévu.
La réaction des investisseurs ne s’est pas fait attendre. Les principaux indices boursiers sont orientés à la baisse. Choc inflationniste, conflits géopolitiques, ralentissement de la croissance et goulot d’étranglement sur les chaines de production … les raisons de s’inquiéter sont, il est vrai, très nombreuses. Ce constat vaut particulièrement pour le Vieux-Continent, très dépendant du gaz russe. Surtout qu’après six mois de guerre en Ukraine, aucun signe de cessez-le-feu n’est venu éclaircir l’horizon.
Résultat, l'indice MSCI World a baissé de 4,1 % au cours du mois d’août. Sans surprise, ce sont les marchés européens qui ont le plus souffert de la situation. À l’inverse, les marchés émergents retrouvent quelques couleurs, après plusieurs mois difficiles.
Les marchés obligataires ont, quant à eux, subi de plein fouet la hausse des rendements souverains. La dette des marchés émergents et les obligations européennes à haut rendement ont, de leurs côtés, surperformé.
Performance des principaux indices pour le mois d’août et depuis le début de l’année civile, sur les marchés financiers :
– Europe -5.15% sur le mois d’août, -18.17% YTD
– Marchés émergents 1.44% sur le mois d’août, -8.75% YTD
– États-Unis : -2.90% sur le mois d’août, -6.16% YTD
– Japon -1.50% sur le mois d’août, -8.26% YTD
– Obligation euro : -4.87 sur le mois d’août, -12.95% YTD
– Obligation US : -1.46% sur le mois d’août, 0.93% YTD
Le mauvais temps boursier n’épargne aucune valeur. Même les sociétés de croissance les plus emblématiques sont touchées. Depuis le début de l’année civile, Amazon a perdu près de 25 %, Microsoft a cédé 24 % tandis que L’Oréal abandonne près de 21 %.
Europe : The winter is coming
Le spectre d’une crise énergétique
Pour reprendre le nom du premier épisode de la mythique série « The Game of Thrones », l’hiver vient. Et avec lui, le spectre d’une pénurie d’énergie et d’un rationnement en Europe, et notamment en France.
Témoin des inquiétudes européennes, le prix de l’électricité (marché à terme pour 2023) a littéralement explosé. En France, celui-ci a atteint les 1 000 € le mégawatt-heure. Il était de « seulement » 85 € en septembre 2021. Pour contrer cette envolée, le gouvernement a mis en place un bouclier tarifaire plafonnant à 4 % l'augmentation des tarifs de l'électricité. Le coût de cette mesure mise en place à l’automne dernier ? 24 Md€ ! Le renchérissement très violent du prix de l’énergie devrait avoir un impact encore plus important sur les comptes publics au cours des prochains mois. Dans ces conditions, maintenir le bouclier tarifaire en l’état apparait, sur le plan financier, difficilement tenable.
En ce sens, Emmanuel Macron prépare un plan de sobriété « dans lequel il sera demandé à tous nos compatriotes de s'engager et de conclure un plan de délestage sur le gaz et l'électricité avec nos entreprises ». Cet effort a pour objectif d’éviter une rupture d’approvisionnement de sites sensibles comme les hôpitaux ou les écoles.
Europe Vs Poutine
Hélàs, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochaines semaines. Vladimir Poutine ayant décidé de jouer avec les nerfs des gouvernements européens, pour se venger des sanctions prises à l’encontre de son pays. Dans un premier temps, il a ainsi fait suspendre le gazoduc Nord Stream pour « maintenance » avant de le fermer définitivement. Une annonce qui a eu l’effet d’une bombe sur les marchés des matières premières. Le prix du gaz s’est, en effet, envolé de 30 % en seulement quelques heures.
Heureusement, l’Union européenne a pris les devants en se constituant un stock de gaz conséquent. Près de 80% des besoins hivernaux étant, à ce jour, couverts.
Le PIB de la zone euro résiste
Le PIB de la zone euro pour le deuxième trimestre vient d’être publié. Les mesures budgétaires déployées par l’Union européenne écartent - pour l’instant - le spectre d’une récession. L’augmentation du PIB de 0,7 % en rythme trimestriel cache toutefois d'importantes divergences entre les États membres. L’économie des pays du sud, l’Italie et l’Espagne en tête ont plutôt bien résisté. A contrario, l'économie allemande, extrêmement dépendante des importations de gaz russe, s'est grippée.
Il ne faut toutefois pas attendre de miracles. Les risques de récession restent élevés, comme le montre la faiblesse de l'euro, qui est tombé sous la parité avec le dollar américain, et celle de l’activité globale qui s’est de nouveau contractée.
Liz Truss, nouvelle première ministre du Royaume-Uni
Liz Truss, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a été choisie pour succéder à Boris Johnson comme Première ministre du Royaume-Uni. Les membres du parti conservateur l’ont préféré à Rishi Sunak, auparavant ministre des Finances. C’est la troisième femme à occuper le poste de chef du gouvernement au Royaume-Uni, après Margaret Thatcher et Theresa May. Connue pour son franc-parler, elle avait fait campagne pour le « non » lors du référendum sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), en 2016, avant de se raviser lors de son arrivée dans le gouvernement de Boris Johnson. Depuis ce jour, elle est devenue une partisane du Brexit et s’est montrée particulièrement rigide dans ses négociations avec l’Union européenne.
Ses débuts au 10 Downing Street s’annoncent animés. Selon la Banque centrale britannique, le pays devrait entrer en récession au quatrième trimestre.
Jerome Powell allume la mèche sur les marchés financiers
La Fed durcit (encore) le ton
Comme chaque année, à la fin de l’été, les banquiers centraux du monde entier se réunissent pour échanger avec des économistes et des politiques lors d’un Symposium à Jackson Hole (USA). Jerome Powell, le président de la Fed, y a fait un très rapide discours, moins de dix minutes montre en main. Il ne lui en a cependant pas fallu beaucoup plus pour mettre le feu aux poudres. Dans la lutte opposant les Dove (Colombe) et les Hawk (faucon), il a définitivement pris le parti de ces derniers. Autrement dit, il s’est positionné en faveur d’un resserrement drastique de la politique monétaire orchestrée par la Fed : « Nous utiliserons vigoureusement tous les moyens disponibles pour lutter contre l’inflation galopante. La stabilité des prix est la responsabilité de la Réserve fédérale et constitue le fondement de notre économie. »
Le 8 septembre, la Fed devrait ainsi augmenter de 75 points de base ses taux directeurs, portant les taux dans une fourchette de 3 % à 3,25 %. Le rythme du resserrement quantitatif est, quant à lui, multiplié par deux ce mois-ci. Un arsenal de mesure qui doit permettre de stopper la spirale inflationniste, flashé à 8,5 % en rythme annuel.
Heureusement, les États-Unis peuvent compter sur leur incroyable résilience économique.
Malgré la récession technique (deux trimestres consécutifs de croissance économique négative) dans laquelle le pays de l’Oncle Sam est tombé, les chiffres de l’emploi continuent à impressionner. Les créations d’emplois dans le secteur agricole ont dépassé la barre des 500 000. Un chiffre bien supérieur aux anticipations des économistes. Le taux de chômage américain se situe aujourd’hui à 3,5 %. De quoi faire rêver un grand nombre de pays européens.
Une loi pour le climat
Les États-Unis ont adopté cet été l’Inflation Reduction Act : une loi favorisant les investissements dans la production de semi-conducteurs sur le territoire américain, mais comportant également un paquet de mesures destiné à accélérer la transition climatique. 160 milliards de dollars vont ainsi être dirigés vers la génération d’électricité décarbonée.
Portée par Joe Biden, cette loi devrait permettre aux USA de s’approcher de l’objectif d’une baisse de 50 % des émissions de gaz à effet de serre entre 2005 et 2030, sans toutefois l’atteindre.
Parmi les mesures les plus emblématiques, on notera notamment l’instauration :
- de crédits d’impôt lié aux énergies propres, éolien, biomasse et solaire, ainsi que pour la séquestration de carbone (l’usine doit capturer au moins 50 % de leur émission de Co2) et en faveur de la production d’hydrogène vert ;
- d’une récompense pour les entreprises qui réduiront leur émission de méthane ;
- de la constitution d’une banque verte qui cofinancera des projets d’énergie renouvelable ;
- d’une aide pour l’achat de véhiculer électrique.
Taiwan : la poudrière du pacifique ?
Sur le plan géopolitique, la guerre opposant l’Ukraine et la Russie est peut-être un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre à Taiwan. La Chine se montrant particulièrement déterminée à récupérer ce petit état insulaire situé à 180 km à l’est de ses cotes.
Une action qui pourrait avoir un impact majeur sur le marché hautement stratégique des semi-conducteurs. Marché pour lequel Taiwan est dans une situation de quasi-monopole. Mais les États-Unis font partie, depuis très longtemps, de leurs alliés stratégiques. La visite de courtoisie de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, à Taiwan a été vue comme une véritable provocation par la Chine.
Peut-on cependant espérer un apaisement de leur relation dans les mois à venir ? Ce scénario semble très peu probable. Les États-Unis se préparent, en effet, à vendre pour plus d’un milliard de dollars des missiles et radars à Taiwan.
La question chinoise
Le 20e congrès du Parti communiste chinois qui se tiendra le 16 octobre prochain est particulièrement attendu. Le programme s’annonce comme sacrement épicé ! La politique stricte menée par l’État chinois pour lutter contre la propagation du Covid-19 a anesthésié l’économie chinoise, désormais loin de ses standards habituels. Les statistiques macroéconomiques déçoivent. Les ventes au détail ne sont pas aussi élevées qu'attendu, tandis que l'activité dans le secteur des services manque de souffle. Autre mauvaise nouvelle, l’affaissement du secteur technologique. Le gouvernement chinois ayant souhaité limiter le pouvoir des plus grands acteurs du pays (Alibaba, Tencent, Xiaomi …), ces derniers ne sont plus en mesure de jouer le rôle de moteur. Pire, ils ont même commencé à procéder à des licenciements.
Le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, devra aussi apporter des réponses à la grave crise de l’immobilier. Ces difficultés ont d’ailleurs déclenché une vague de boycott dans le pays. Des milliers d’acquéreurs ont refusé de payer les échéances mensuelles liées à leur prêt hypothécaire, en raison des retards (ou dans certains cas des suspensions) de la livraison de leur logement, consécutifs à l’arrêt de plusieurs chantiers de construction.
Pour éteindre l’incendie, la Banque populaire de Chine (PBoC) a de nouveau assoupli sa politique monétaire en abaissant son taux directeur. De nouvelles mesures, d'une valeur de 1 000 milliards de yuans, vont également être déployées pour soutenir l'économie.
Ajoutez à cela la visite de Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants des États-Unis, à Taiwan, et vous comprendrez que Xi Jinping est attendu au tournant.
Les convictions de Scala patrimoine sur les marches financiers
Alors que les données économiques d'août étaient mitigées, le message belliciste de la Fed a nui aux marchés financiers. Les inquiétudes concernant l'impact de la crise énergétique en Europe ont également pesé sur les rendements.
Dans ce contexte, où rechercher les opportunités sur les marchés financiers ?
La croissance asiatique et les thèmes d’investissement ESG pourraient être intéressants sur le long terme, après la récente baisse des marchés financiers. Nous avons ainsi intégré dans nos portefeuilles des investissements sur la thématique de l’eau et du bois, mais aussi pris des positions sur la robotisation et la digitalisation.
À cause de la crainte de l’inflation et de la hausse des taux, nous pensons que les produits de taux protégeront moins les portefeuilles.
Enfin, nous conservons une allocation aux investissements alternatifs pour 30% du portefeuille. Nous nous sommes à cet effet positionnés sur des fonds Long/Short neutres aux marchés, sur des fonds de stratégies décorrélées des marchés financiers (fusions/acquisitions, fonds de performances absolues) et sur l’inflation que nous renforçons progressivement. La dette privée et le private equity offrent aussi des opportunités sur le long terme, à condition d’être sélectif.
Réforme du Label ISR : quelles sont les grandes orientations ?
Le label ISR a malheureusement été victime de son succès. 1048 fonds sont aujourd’hui labélisés, représentant plus de 650 milliards d’euros sous gestion. Des chiffrent très importants qui soulèvent bien évidemment la question de sa crédibilité. Il y a quelques mois, l'inspection générale des finances (IGF) avait d’ailleurs publié un rapport au vitriol sur le sujet. Les auteurs estimant que « si le label n’évoluait pas radicalement, il s’exposait à une perte inéluctable de crédibilité ».
Ces derniers semblent avoir été entendus. Le Comité du label ISR, présidé par Michèle Pappalardo, œuvre actuellement sur les contours d’une future réforme. Il vient d'ailleurs d’en présenter les grandes lignes, avec en toile de fond la volonté de rendre le label plus exigeant, plus lisible et plus efficace.
Les fondamentaux du Label ISR
Lancé dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat lors de la COP21, le label ISR (Investissement socialement Responsable) est un label d’État français visant à appliquer à l’investissement les principes du développement durable. Au-delà des considérations financières habituelles, les gérants prennent ainsi en compte des critères extra financiers. Des critères "ESG" qui concernent le respect de l’environnement, le bien-être des salariés ou la bonne gouvernance de l’entreprise. Relevant d’une approche large, le label repose sur les processus d’analyse et la méthodologie de notation ESG des entreprises. Celui-ci n’a donc pas vocation à encadrer les investissements mêmes des portefeuilles.
Une réforme très attendue
Sous l’impulsion du ministère de l’Économie et des Finances, le comité du label ISR travaille sur une nouvelle mouture. Une version finalisée devrait ainsi être présentée en septembre.
En attendant, Michèle Pappalardo, la présidente du Comité du label ISR, vient de dévoiler les principales orientations envisagées. L’idée serait notamment de créer un « label à niveaux », avec un socle de base et plusieurs niveaux d’exigence optionnels. Des déclinaisons thématiques sur le climat, l'emploi ou la santé pourraient même y être intégrées.
Parmi les principaux axes de travail présentés figurent :
- Le maintien du caractère généraliste ESG du label, visant à valider des démarches équilibrées dans les domaines de l’environnement, du social et de la gouvernance. Le Label ISR n’ayant pas vocation à devenir un « label vert » ou un « label climat ».
- La confirmation du rôle d’accompagnement du label, reposant une méthode de « best in class », et réduisant de 20 % l’univers d’investissement ;
- La concrétisation d’une approche de double matérialité prenant en compte les effets financiers sur les portefeuilles des dimensions environnementales, sociales et de gouvernance, mais aussi l’incidence de l’activité des émetteurs sur les dimensions ESG.
- L’exclusion de certaines énergies fossiles (Charbon, énergies fossiles non conventionnelles comme le gaz et le pétrole de schiste).
- L’adaptation des exigences selon la classe d’actif (private equity, fonds monétaires…), dans l’optique de juger au mieux les acteurs du marché selon leurs réalités.
Le nouveau référentiel devrait s’appliquer au début de l’année prochaine, une fois les arbitrages rendus par le ministre.
Si vous souhaitez participer aux différentes réflexions en cours, n’hésitez pas à faire part au Comité du label de vos réactions et commentaires à l’adresse infos@lelabelisr.fr, avant le vendredi 9 septembre au soir.
L’œil de Scala Patrimoine
Une réforme du label ISR nous semble indispensable. L’intégration de certaines exclusions sectorielles est d’ailleurs une excellente idée.
Les mesures qui seront prises ne devront cependant pas apporter une trop grande rigidité au dispositif. Les entreprises ont besoin d’être accompagnées dans leur transformation et d’être confrontées à des objectifs réalistes.
La proposition de la présidente du nouveau comité du label ISR, Michèle Pappalardo, de créer un « label à un label à niveaux », avec un socle de base et plusieurs niveaux d’exigence optionnels constitue, à notre sens, un bon compromis.
Scala Patrimoine remporte le Prix des Choix de la Rencontre d’Occur
Le 9 juin dernier a eu lieu "La Rencontre Occur"*, réunissant plus de 250 professionnels. Un événement qui s’est déroulé dans un cadre idyllique, au Chalet des Iles, en plein cœur du Bois de Boulogne. Un lieu chargé d’histoire, très en vogue au début du XXe siècle, où se déplaçait le tout Paris de la Belle époque. Un lieu de culture et d’idées également. D’illustres auteurs, comme Marcel Proust ou Emile Zola, venaient, en effet, y partager leurs convictions.
Un jury composé d’entrepreneurs et d‘investisseurs privés
Près d’un siècle plus tard, ce sont les acteurs de la gestion de patrimoine qui s'y sont retrouvés. À cette occasion, Occur a organisé les « Choix de la Rencontre », récompensant les meilleurs acteurs du métier.
Scala Patrimoine a eu l’honneur d’être récompensé dans la catégorie « Conseil en gestion de patrimoine ».
Stéphane Fragues, le fondateur d’Occur, a remis le trophée à Guillaume Lucchini, Associé-Fondateur de Scala Patrimoine et Sarah Menoud, Directrice Générale de Scala Mécénat qui avaient présenté le cabinet aux membres du jury lors d’un grand oral, le matin même.

Indépendance & éthique
En faisant ce choix, le Jury - composé d'entrepreneurs et d'investisseurs privés - a souhaité mettre en avant :
- notre modèle économique disruptif et éthique ;
- notre indépendance, notre transparence et notre engagement responsable ;
- la cohérence totale de notre modèle financier, 100 % en honoraires de conseil ;
- notre développement, tourné vers des enjeux d'avenir.
Nous profitons de ces quelques lignes pour remercier chaleureusement les membres du Jury pour cette récompense. Mais aussi l’ensemble des équipes d’Occur pour l’organisation de ce très bel événement et nos clients pour la confiance qu’ils nous accordent depuis tant d’années.
Nous tenons également à associer toutes nos équipes à cette récompense.
Les réactions de Guillaume Lucchini et de Sarah Menoud
Guillaume Lucchini, Associé-Fondateur de Scala Patrimoine :
« Après avoir été primé à de nombreuses reprises par des experts de la gestion de patrimoine, ce trophée présente une symbolique très forte à nos yeux, car il nous a été remis par un jury composé d’investisseurs privés et d’entrepreneurs. Cette récompense vient également mettre en lumière les valeurs sur lesquelles nous avons construit Scala Patrimoine : la transparence et l’engagement sociétal.
La transparence, car en choisissant de créer un cabinet indépendant, au sens réglementaire, nous n’avons surement pas opté pour la voie la plus simple. À peine 5% des acteurs du marché du conseil en gestion de patrimoine ont d’ailleurs décidé d’épouser ce modèle économique. Mais c’est, à notre avis, le seul modèle qui place les clients au centre de toutes les attentions. Un modèle qui leur assure également un conseil totalement impartial, grâce à la facturation d’honoraires de conseil.
L’engagement sociétal, car nous avons à cœur de promouvoir une gestion de patrimoine responsable et solidaire et concilier performance et responsabilité. »
Sarah Menoud, Directrice Générale de Scala Mécénat :
« Comme l’a très bien souligné Guillaume, nous avons placé l’engagement sociétal au cœur de l’activité de Scala Patrimoine, et nous sommes très heureux de l’intérêt porté par les membres du jury à ces questions.
Il nous semble, en effet, aujourd’hui essentiel d’appréhender les enjeux patrimoniaux et philanthropiques de manière intégrée. C’est fort de cette conviction que nous souhaitons participer à la diffusion d’un mouvement global de philanthropie individuelle et collective et que nous accompagnons tous nos clients dans leurs volontés d'engagement auprès du monde associatif, mais également, auprès des acteurs de l'économie réelle qui ont notamment fait le choix de l'impact dans le cadre de leur objet social.
En réconciliant la générosité et le profit, nous pourrons ainsi favoriser l’émergence de véritables investisseurs-philanthropes recherchant l’impact social et/ou environnemental, en cohérence avec leurs valeurs. »
* Occur est le premier réseau social dédié à la gestion de patrimoine
Prix de la Finance Verte 2022 : qui sont les lauréats ?
Le dernier rapport publié par le GIEC nous rappelle qu’il nous faut agir, dès maintenant et de manière radicale, pour limiter la hausse des températures à 1,5 degré et ainsi garder une planète « vivable ». La tâche qui nous attend est donc immense. Pour réussir cette transition climatique, il est cependant indispensable que le secteur de la finance s’investisse avec force et conviction pour faire bouger les lignes. C’est en suivant cette volonté que Scala Patrimoine a lancé le Prix de la Finance Verte.
Qu’est-ce que le Prix de la Finance Verte ?
Scala Patrimoine est, depuis de nombreuses années, engagé en faveur d’une finance plus responsable, plus durable. Toutes les équipes du cabinet ont, en effet, à cœur d’accompagner la transformation des gestionnaires d’actifs et encourager les investissements vers les grands projets de développement durable.
Fort de cette conviction, nous organisons chaque année, en partenariat avec Décideurs Magazine, le Prix de la Finance Verte*. Un trophée qui récompense la société de gestion la plus impliquée sur les questions climatiques et environnementales**.
L’année dernière, lors de la première édition, Sycomore AM avait reçu le trophée d’Or et Ecofi une « Mention Spéciale ».
Comment est désigné le vainqueur ?
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Une analyse qualitative et quantitative
Un comité d’investisseurs fut chargé d’établir une première sélection. Une démarche qui a été réalisée en suivant une double lecture :
- qualitative : en regardant notamment leur capacité d’innovation, leurs votes aux assemblées d’actionnaires et leur méthodologie d’investissement ESG ;
- et quantitative : en sélectionnant les sociétés les mieux référencées chez les assureurs et dont l'encours est supérieur à 1 Md€.
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Un Grand Oral devant un jury d'experts
Nous avons, à cet égard, veillé à ce qu’une large diversité d’acteurs puisse s’exprimer. Des grands groupes bancaires, des sociétés de gestion entrepreneuriales et des acteurs étrangers ont ainsi été mis en lumière.
Cette année, Amundi, Crédit Mutuel Asset Management, Degroof Petercam, La Financière de l'Échiquier, Meeschaert Amilton AM, Pictet Asset Management, Tikehau Capital et Robeco ont été invitées à concourir.
Tout au long du processus, ces asset-managers ont fait preuve d’une très grande transparence, en remplissant un dossier confidentiel et structuré autour de 5 grandes thématiques (Verdissement de la gamme de fonds, Philosophie d’investissement, Politique actionnariale, Reporting & Initiatives pédagogiques et Engagement en faveur de l’environnement). Ils se sont également prêtés au jeu d’un Grand Oral, en soutenant leur candidature face à un jury d’experts.
Qui étaient les membres du Jury du Prix de la Finance Verte ?
« La diversité des profils fait la richesse des échanges ». Suivant cette maxime, nous avons constitué un jury d’experts de la finance responsable, chargés d’évaluer la qualité des candidatures. Comme nous, leurs membres ont la volonté de lutter contre le greenwashing et de valoriser les meilleures pratiques et initiatives.
Audrey Tcherkoff (Institut de l'Économie Positive), Emmanuel du Ché (Eligest), Marguerite Culot - Horth (Finance for Tomorrow), Yasmine Puteaux (Acteurs de la Finance Responsable), Julien Garrone (Décideurs Gestion d'Actifs & Patrimoine) et Aurélien Florin (Scala Patrimoine) nous ont ainsi fait le plaisir de participer à ce jury.
Celui-ci a été placé sous la présidence de Brune Poirson (Accor). Sa présence était essentielle à nos yeux, et ce à double titre. Lorsqu’elle était Secrétaire d'État à la Transition écologique, elle avait participé au lancement du label d'État « Greenfin » qui garantit la qualité verte des fonds. Éloignée de la politique, Brune Poirson mène aujourd’hui des actions concrètes pour limiter l’impact environnemental des hôtels du Groupe Accor dont elle est la Directrice du Développement Durable.
Édition 2022 : Pictet AM, Meeschaert-Amilton et Tikehau Capital récompensées
Il ne pouvait y avoir un plus bel écrin pour remettre le Prix de la Finance Verte 2022. C’est en effet à la lisière de Paris, au Pavillon d’Armenonville***, que les lauréats ont été appelés à recevoir leur trophée.
Pour cette seconde édition, Pictet AM (trophée d’Or), Meeschaert-Amilton (Trophée d’argent) et Tikehau Capital (Mention spéciale) ont eu le bonheur d’être distinguées, au cours d’une cérémonie rassemblant plus de 500 professionnels de la gestion de patrimoine et de la gestion d’actifs.

Quelles ont été les "raisons de la victoire" ?
Voici les principales initiatives mises en avant par le Jury.
« Trophée d’Or » pour Pictet AM :
- L’ensemble des associés et collaborateurs du groupes portent les valeurs liées à l’investissement responsable ;
- Un engagement actionnarial important. Leurs équipes votent à 100% des assemblées générales pour leurs fonds ISR et à 98% pour l’ensemble de leurs investissements
- Une tradition philanthropique très forte, en cohérence avec les engagements du groupe.
« Trophée d’Argent » pour Meeschaert Amilton AM :
- Son rôle dans le cadre du réseau européen d'engagement "Shareholders for Change" et de Climate Action 100+ ;
- Les actions menées en faveur de la préservation des océans et les solutions apportées par le fonds MAM Transition Durable Actions.
« Mention spéciale » pour Tikehau Capital :
- Un développement exponentiel de leur activité en finance durable. Leur plateforme « impact » a pour objectif de gérer au moins 5 Md€ dédiés à la transition énergétique d’ici 2025 ;
- L’entreprise veut réduire son empreinte carbone. Tikehau Capital va ainsi compenser 10 000 tonnes de CO2 équivalent, mesurées au niveau des opérations.
*Le Prix de la Finance Verte se déroule dans le cadre du Sommet du Patrimoine et de la Performance ;
** Le Prix de la Finance Verte concerne les sociétés de gestion qui sont investies sur les marchés financiers cotés et qui disposent d'une gamme de fonds actions.
***Le Pavillon d’Armenonville est un lieu chargé d’histoire, bâti au XVIIIe siècle, qui est également reconnu pour son engagement environnemental. Leurs équipent entretiennent plus de 3 000 espèces végétales autour du Pavillon.
Associations : combien les Français ont-ils donné en 2021 ?
Les Français savent se montrer très généreux pour les causes qui leur tiennent à cœur. Ils l’ont d’ailleurs encore démontré au cours des derniers mois. Selon une étude de France Générosités*, le syndicat professionnel des associations et fondations, les dons sont en hausse de 4,5% en 2021.
Au total, ce sont près de 8,5 milliards d’euros qui ont été versés par les particuliers et les entreprises.
Bonne nouvelle, les donateurs se montrent également de plus en plus fidèles, et confirment leur engagement dans la durée. L’année dernière, leur contribution aux organisations d’intérêt général a ainsi augmenté de 8,1 %. C’est aujourd’hui près d’un ménage français sur deux qui apporte un soutien financier à une organisation caritative.
Seule ombre au tableau, on note une diminution inquiétante du nombre de nouveaux donateurs. Le syndicat professionnel évalue cette baisse à 9 % au cours des dix dernières années.
Quelles sont les causes les plus plébiscitées par les Français ?
Le syndicat « France Générosités » a souhaité en savoir plus sur la nature des causes soutenues par les Français. En partenariat avec Kantar Média, elle a donc publié en septembre 2020 le « Baromètre du comportement donateur ». Sans surprise, la protection de l’enfance arrive en première position. Elle témoigne du rôle primordial des associations qui œuvrent en ce sens, parmi lesquelles on retrouve l’association Petits Princes, La Fondation Apprentis d'Auteuil, Mécénat Chirurgie Cardiaque, La Fondation de France ou encore Premiers de Cordée.
Voici, le classement des causes les plus plébiscitées :
1 - La protection de l’enfance ;
2 - La lutte contre l’exclusion et la pauvreté ;
3 - Le soutien à la recherche médicale ;
4 - La protection des animaux.
Le thème de la protection de la biodiversité et de l’environnement progresse également chaque année et apparait désormais en sixième position de ce classement.
Les critères d’incitation au don restent, quant à eux, relativement stables : l’efficacité des actions demeure le premier critère, devant la cause soutenue et la transparence financière.
Quel est le montant moyen des dons effectués aux associations ?
En philanthropie, ce sont bien les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. En 2021, la majeure partie de la collecte des fonds a été constituée par des petits dons, inférieurs à 150 €. Ceux-ci représentant près de 45 % de l’ensemble de la collecte ! À l’opposé, 10 % de la collecte est alimentée grâce à des dons d'un montant supérieur à 10 000 € !
France générosité vient, par ailleurs, de publier le montant moyen des dons réalisés, selon le canal de distribution :
- Les dons réalisés par chèque ou téléphone font l’objet d’une hausse de 6,4 % en 2021 pour atteindre 81 € ;
- Les dons en ligne sont en hausse de 3,7% par rapport à 2020, et s’élèvent désormais à 133 € ;
- Les prélèvements automatiques ont connu une augmentation de 2 % en 2021, pour un don moyen annuel de 149 €.
Comment encourager la générosité ?
Les associations souhaitent apporter un nouveau souffle au secteur de la philanthropie. France Générosités vient, en ce sens, d'adresser plusieurs propositions à nos femmes et hommes politiques.
Le syndicat professionnel suggère notamment :
- d’inscrire l’éducation à la générosité et à l’engagement dans le parcours citoyen, dès l’école ;
- de développer les dons de congés payés et de RTT au profit des organismes sans but lucratif ;
- de renforcer et élargir le dispositif du congé d’engagement qui permet de poser des congés non rémunérés pour exercer une fonction de responsable-bénévole au sein d’une association ;
- de faciliter et encourager les legs et donations en faveur des organismes à but non lucratif.
Le département Mécénat de Scala Patrimoine se tient à votre disposition pour vous accompagner sur l'ensemble de vos projets philanthropiques, notamment si vous souhaitez réaliser des dons et vous assurer de la bonne utilisation de ces sommes d’argents par les associations ou fondations sélectionnées.
*Réalisée par Novos, avec le soutien de la Banque Postale, cette étude se base sur les données de la collecte de dons des particuliers de 56 associations et fondations membres de France générosités de 2004 à 2021, panel représentant plus d’1 milliard d’euros de dons en 2021, soit près d’1/3 de la collecte annuelle nationale.
Le rendez-vous des marchés financiers - Juin 2022
Les points clés sur les marchés financiers :
- 100 jours de conflits, au moins 46 000 morts, 15 millions de personnes déplacées, la guerre en Ukraine est une véritable tragédie. Jusqu’où est prêt à aller le président russe, Vladimir Poutine ? Certains spécialistes pensent qu’il va désormais se concentrer sur son objectif initial : la région du Donbass.
- La BCE officialise sa nouvelle doctrine monétaire. Par la voix de sa présidente, Christine Lagarde, l’institution européenne a annoncé que la première hausse des taux interviendrait quelques semaines après l'arrêt des achats d'actifs, prévu en juin.
- Au cours du 1er trimestre, les entreprises ont publié des résultats financiers globalement supérieurs aux attentes des analystes. Les acteurs économiques anticipent cependant un second semestre plus difficile.
- Malgré une volatilité plus importante, les marchés financiers font du surplace.
- En France, les élections législatives ont confirmé la montée des extrêmes, déjà largement entrevue lors des élections présidentielles. Le parti de Marine Le Pen, le rassemblant national, a obtenu 89 sièges. La « Nouvelle union populaire écologique et sociale » (NUPES) a, quant à elle, remporté 131 sièges. Renaissance (ex-LREM) ne dispose ainsi que d’une Majorité relative à l'Assemblée Nationale.
Marchés financiers : des performances en dents de scie
Les marchés financiers jouent depuis quelques semaines avec les nerfs des investisseurs. Aucune tendance claire ne semble se profiler à l’horizon. Les principaux indices boursiers faisant du yoyo, au gré des dernières publications économiques.
Une certaine nervosité est même en train de gagner les investisseurs. Celle-ci s’est notamment traduite par des chutes étourdissantes de certaines valeurs ou classes d’actifs.
Snapchat, l’un des titres les plus emblématiques de la Tech américaine, a connu une baisse de plus de 30 %, en une seule journée, après avoir émis un avertissement sur ses résultats. Même le géant de la distribution américaine, Walmart a subi les foudres des investisseurs. L’action du groupe a cédé près de 11 % en raison de résultats trimestriels décevants.
Et que dire des cryptomonnaies ? Le Terra USD a ainsi perdu plus de 80 % de sa valeur en l’espace d’une semaine. Après avoir franchi la barre des 56 000 € en 2021, le Bitcoin a cédé plus de 50 % de sa valeur et s’échange désormais autour de 24 000 €.
Guerre en Ukraine : un conflit sans fin ?
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La Russie concentre ses forces sur le Donbass
Cela fait désormais plus de 100 jours que la guerre en Ukraine a débuté. Alors que Vladimir Poutine anticipait une guerre-éclair, son armée se retrouve finalement enlisée dans un conflit extrêmement sanglant. Selon les différents chiffres publiés par la communauté internationale, plus de 46 000 personnes ont déjà perdu la vie. 15 millions d’Ukrainiens ont été contraints de fuir leur maison. Un tiers d’entre eux ont même dû quitter le pays. À ce drame humain, le pays dirigé par Volodymyr Zelensky doit faire face à une crise économique sans précédente. Le PIB de l’Ukraine a chuté 30 %, soit la pire contraction constatée depuis la Deuxième Guerre mondiale.
La situation peut-elle évoluer dans les prochaines semaines ? Selon certains spécialistes, l’armée russe semble concentrer ses forces autour de la région minière du Donbass, dans l'est de l'Ukraine. Les villes hautement stratégiques de Sievierodonetsk et Lyssytchansk pourraient rapidement tomber aux mains des forces russes. Selon les officiels Ukrainiens, la situation s’est « largement aggravée » dans cette zone, et ce malgré le soutien matériel des forces occidentales.
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La guerre redessine la carte géopolitique
Loin de renforcer l’influence russe en Europe, la politique impérialiste orchestrée par Vladimir Poutine pousse de nombreux États du Nord et de l’Est de l’Europe dans les bras de son meilleur ennemi, les États-Unis. La Finlande et la Suède ont ainsi soumis, le mercredi 18 mai dernier, leurs demandes d’adhésion à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN)
Autre effet domino, le Danemark a voté par référendum en faveur de son entrée dans la politique de sécurité et de défense commune de l'Union européenne. Le « oui » l’ayant même emporté à une écrasante majorité (66,9 %).
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Les matières premières toujours sous pression
En parallèle, les sanctions visant à mettre au ban de l’économie mondiale la Russie continuent de pleuvoir. Les 27 membres sont parvenus à un compromis sur le pétrole russe en adoptant un embargo « partiel et progressif ». Sous la pression de la Hongrie, l’UE a toutefois établi une distinction entre le pétrole transporté par voie maritime et celui par oléoduc. Le premier devrait être interdit d’ici 6 mois. Le second fait l’objet d’un calendrier plus nébuleux. L’Europe s’étant seulement accordée pour le stopper « aussi vite que possible ». On peut également constater que ces décisions ne concernent pas le gaz russe, dont l’économie européenne est encore très dépendante.
Cette mesure a - bien évidemment - des conséquences sur les prix du Pétrole. Le Brent a ainsi grimpé de 2 % à 124 dollars le jour suivant l’annonce. Au même moment, l’Europe a évalué le coût de son indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Il faudra ainsi investir la coquette somme de 195 milliards d'euros pour pouvoir se passer des matières premières russes et financer la transition vers les sources d'énergie renouvelable.
Les États-Unis et l’Europe : un combat contre l’inflation
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La BCE change de ton
La décision tant attendue est enfin arrivée. La présidente de l’institution monétaire européenne vient de dévoiler sa feuille de route pour les mois à venir. Elle se devait de relever ses taux d’intérêt. Cela sera bientôt chose faite. Selon Christine Lagarde, la première hausse des taux en zone euro pourrait intervenir « quelques semaines seulement » après la fin des achats nets d'actifs.
Le resserrement de sa politique monétaire était rendu inéluctable. Provoquée par la flambée des prix de l'énergie, les difficultés sur les chaines d’approvisionnement et une forte « demande » post covid, l’inflation a de nouveau battu des records en mai en zone euro. Elle est estimée à 8,1% en rythme annuel, contre 7,4% en avril, selon une étude publiée par Eurostat.
En France, l’inflation française s’est appréciée de 4,8% en avril, sur un an glissant, contre +4,5% le mois précédent. Outre l’énergie (+26,5%), l’alimentation (+3,8%) et les produits manufacturés (+2,6%) sont durement touchés. En Allemagne, les tensions inflationnistes sont encore plus marquées. L’inflation atteint, en effet, 7,4% sur un an.
Mais sur quel rythme sera mené le durcissement de la politique monétaire de la BCE ? En remontant trop vite ses taux, elle pourrait affaiblir le pouvoir d’achat des ménages, déjà sévèrement touché par l'inflation. Cette question sera, à n’en pas douter, l’un des principaux enjeux de la seconde partie de l’année.
Au Royaume-Uni, le chômage est au plus bas depuis les années 70, c’est un record absolu. Cette extraordinaire dynamique du marché de l’emploi a soutenu une accélération de la croissance des salaires. Hélas, avec une inflation très élevée, les salaires réels sont restés négatifs.
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La FED poursuit sa hausse des taux
Au pays de l’Oncle Sam, l’inflation est aujourd’hui l’ennemi numéro 1. Et les chiffres économiques publiés pour le mois d’avril ne risquent pas de faire changer cette posture. L’inflation reste à des niveaux très élevés, à 8,3 %. Pour enrayer cette spirale infernale, la Réserve fédérale américaine (FED) a sorti l’artillerie lourde. Depuis le début de l'année, elle a déjà relevé ses taux de trois quarts de points et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Lael Brainard, la vice-présidente de l’institution américaine, vient ainsi de préciser qu'il n'y avait pas de raison à ce stade d'envisager une pause dans la hausse des taux. « Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour ramener l'inflation à notre objectif de 2% ». Pour le mois de Juin, la BCE a relevé ses taux directeurs de 0,75 %, une augmentation totalement inédite par son ampleur. Le marché prévoit désormais une hausse des taux de 50 points de base en juillet.
Heureusement, l’économie américaine demeure en bonne santé. Un rapport publié par le département américain du Travail montre que les créations d'emplois aux États-Unis ont été supérieures aux attentes en mai, tandis que le taux de chômage est resté stable. Il ne faudra cependant pas que les prix augmentent trop vite, au risque de fragiliser le pouvoir d’achat des Américains.
Pour prévenir tout dérapage, Joe Biden a reçu le patron de la Fed. En organisant cet entretien, le président américain a voulu s’assurer que la politique menée par la banque centrale américaine ne vienne pas contrecarrer ses positions en faveur de l’emploi et du pouvoir d’achat.
Chine : des assouplissements sanitaires bienvenus
Le gouvernement chinois s’était enfermé dans une politique zéro covid qui n’avait plus de sens sur le plan sociétal et économique. Réduite au silence, la population ne supportait plus ces décisions politiques privatives de liberté. L’économie allait, quant à elle, droit dans le mur. Les ventes au détail ont baissé de 11 % en un an. Pire, le taux de chômage dépasse désormais les 6 %.
La ville de Shanghai vient heureusement de lever les plus importantes de ses restrictions. Le gouvernement chinois compte-t-il prendre des mesures exceptionnelles de soutien en faveur de l’économie, comme l’on fait les pays occidentaux ? A priori, non. Xi Jinping ne souhaite pas, à ce stade, alimenter artificiellement l’activité économique chinoise. Il faut plutôt le pari d’un rebond naturel, soutenu par le rattrapage de la consommation des ménages et les investissements des entreprises.
Conclusion sur les marchés financiers
Les résultats du premier trimestre publiés par les entreprises sont rassurants. Plus de 70 % des sociétés européennes et US sont allés au-delà des attentes des analystes ! L’inflation galopante obscurcit cependant le tableau. Les dirigeants préfèrent donc jouer la carte de la prudence sur les perspectives de la deuxième partie de l’année. Ils sont notamment nombreux à faire part de leurs difficultés d’approvisionnement.
Depuis le début de l’année, sur les marchés financiers, on note une surperformance de la « value » grâce à l'inflation élevée impactant les multiples et réduisant les bénéfices futurs des sociétés de croissance. L'écart de valorisation est cependant loin d'être comblé compte tenu du nouvel environnement économique. À y regarder de plus près, on se rend compte qu’une grande partie de cette surperformance a - en réalité - été menée par les valeurs de l'énergie, qui semblent maintenant à des niveaux trop élevées.
Sur le plan politique, Emmanuel Macron a été réélu pour un deuxième mandat de cinq ans en tant que Président des Français. Mais il ne pourra pas compter sur une majorité absolue pour mener « librement » sa politique. Les élections législatives le placent ainsi dans une situation moins confortable que lors de son premier mandat. Renaissance (ex-LREM) n’obtient qu’une majorité relative avec 245 sièges. La « Nouvelle union populaire écologique et sociale » (NUPES), fruit du rapprochement entre les Verts, La France insoumise et le Parti Socialiste, obtient 131 sièges. Enfin, le Rassemblement National (RN) de Marine Le Pen devient le premier parti d’opposition avec 89 sièges.
Les convictions de Scala Patrimoine
Une approche prudente sur les marchés financiers
« En période de prospérité : prudence ; dans l’adversité : patience. ». Suivant ce célèbre proverbe américain, nous appliquons une approche constructive dans la constitution de nos portefeuilles.
Nous conservons une stratégie très prudente sur les marchés financiers. Nous investissons de manière diversifiée, en évitant les comportements dictés par la peur. Le potentiel de performance de la zone asiatique et les thèmes d'investissement ESG demeurent, selon nous, toujours intact.
Nous sommes également investis sur des fonds de performance absolue et des fonds flexibles.
A contrario, à cause de la crainte de l’inflation et de la hausse des taux, nous pensons que les produits de taux protégeront moins les portefeuilles.
Notre fonds patrimonial Monacia : les thématiques du bois et de l’eau ciblées
L'allocation de notre fonds Monacia reste, en partie, protégée. Nous continuons à reprendre de l’exposition en particulier sur les secteurs et régions fortement touchés depuis le début de l’année. L’exposition nette cible sur les marchés actions pour le mois de mai était de 43 %. Nous avons repris des positions sur des thématiques qui ont souffert depuis le début de l’année. Des fonds thématiques sur l’eau et le bois ont ainsi été ajoutés à notre portefeuille. Nous avons aussi pris des positions sur la robotisation et la digitalisation.
Enfin, nous conservons une allocation aux investissements alternatifs pour 30% du portefeuille, ce qui nous a permis de générer un peu de performance dans ce contexte incertain et a contribué à accroître la résilience du portefeuille. Nous nous sommes à cet effet positionnés sur des fonds Long/Short neutres aux marchés, sur des fonds de stratégies décorrélées des marchés financiers (fusions/acquisitions, fonds de performances absolues) et sur l’inflation que nous renforçons progressivement.
Nous pensons continuer à prendre des expositions sur les marchés financiers afin de profiter des points d’entrée. Après la forte baisse de ce début d’année, il sera nécessaire de sélectionner avec soins les régions et les secteurs les mieux à même à rebondir. Afin de limiter les risques, nous augmenterons au fur et à mesure les expositions si nous jugeons que des opportunités existent.
Les Investissements alternatifs
Par ailleurs, dans un souci de diversification, nous proposons des investissements alternatifs pour sécuriser vos portefeuilles et réduire les risques en cas de secousses des marchés financiers. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez plus d’informations sur ces placements.
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Assurance-vie luxembourgeoise : le Fonds d'Assurance Spécialisé (FAS)
L’utilisation du FAS présent en assurance-vie luxembourgeoise nous permet de travailler en architecture ouverte et ainsi sélectionner les meilleurs gérants mondiaux, sans aucune contrainte.
Sur ce véhicule, nous privilégions les thématiques de longs termes à impact, en particulier celles suivant les objectifs de développement durable (ODD), adoptés par les Nations Unies et qui participent à un développement économique soucieux de respecter les populations et la planète. Ce choix matérialise nos convictions en faveur d’un investissement plus responsable et durable.
Nous avons constitué le portefeuille sur la base des 17 ODD en sélectionnant les fonds les plus performants. La plus grande partie des Objectifs de Développement durable sont d’ailleurs aujourd’hui représentés.
En parallèle, Scala Patrimoine travaille sur des investissements alternatifs (cryptomonnaies, métavers, hydrogène …), qui ont vocation à représenter 10% du portefeuille.
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Dette privée & private equity : des classes d'actifs à regarder de près
Nous disposons ponctuellement d’investissement en dette privée sur des durées courtes et avec des taux attractifs. De même, nous avons ciblé des fonds de private equity dont la stratégie d’investissement nous semble créatrice de valeurs, à long terme.
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Produits structurés : des investissements à manier avec précaution
Nous proposons aussi des produits structurés sur mesure avec des conditions très avantageuses pour les clients. En effet, nous optimisons les rendements en travaillant directement avec les salles de marchés et en ne prenant aucune commission sur les montants souscrits, en tant qu’indépendant, nous nous rémunérons en effet exclusivement aux honoraires.
N'hésitez pas à nous solliciter si vous souhaitez plus d'informations sur le sujet
Yasmine Puteaux (AFR) : "L’Écolabel propose un périmètre d’investissement trop limité"
En 2018, la Commission Européenne avait présenté sa feuille de route en faveur d’une finance plus durable. Pour orienter les investissements vers une économie décarbonée, l’institution œuvre notamment à la création d’un Écolabel Européen. Où en est aujourd’hui le projet ? Comment ce label devrait-il fonctionner ? Yasmine Puteaux, membre Ambassadeur de l’association « des Acteurs de la Finance Responsable » et membre du Jury du Prix de la Finance Verte 2022, nous dresse un état des lieux du projet.
Scala Patrimoine. Où en est le projet d’Écolabel européen ?
Yasmine Puteaux. Il a pris beaucoup de retard. L’Écolabel fait, en effet, référence à des textes publiés très récemment, et même à des travaux toujours en cours. Cette situation soulève de nombreuses interrogations pratiques. Comment les professionnels peuvent-ils interpréter des dispositions qui n’ont pas encore été officialisées ? Il faut également trouver un consensus au niveau européen. Tous les pays n’ont pas les mêmes avancées, les mêmes envies. La France et l’Allemagne ont, par exemple, des points de vue très différents concernant le charbon et le nucléaire. Une mise en œuvre anticipée de l’Écolabel ne serait donc pas une bonne nouvelle. Intimement lié à la Taxonomie verte européenne, ce label risque - in fine - de proposer un périmètre d’investissement trop limité.
Scala Patrimoine. Justement, le projet d’Écolabel européen se concentre sur les financements d’activités vertes telles que définies par la taxonomie européenne. Cette vision n’est-elle pas trop restrictive ?
Le principal problème repose sur le calendrier d’application des réglementations (Taxonomie, CSRD..). Pour orienter les investissements vers une épargne plus soucieuse de l’impact environnemental, il me parait essentiel que les sociétés de gestion puissent se positionner sur une panoplie d’entreprises suffisamment large. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui. Toutes les entreprises ne publient pas des données permettant de vérifier l’engagement des émetteurs. Leur alignement à la taxonomie ne sera pas effectif avant plusieurs années. Cela veut dire que les fonds ne pourront pas proposer une véritable diversification de leurs investissements et seront, par ricochet, concentrés sur un nombre restreint de secteurs d’activités et de valeurs. En lançant l’Écolabel trop tôt, je crains aussi les effets dévastateurs d’une éventuelle controverse sur l’un des émetteurs. La crédibilité du label serait alors mise à rude épreuve.
« L’Écolabel va permettre de fixer des règles communes au niveau européen »
Scala Patrimoine. La Commission européenne a intégré le gaz fossile et l’énergie nucléaire à la taxonomie européenne. Est-ce une erreur de sa part ?
Je n’irais pas jusque-là. Je dirais simplement que les enjeux politiques ont pris le pas sur les questions purement environnementales. Tout le monde a dû faire des compromis. L’Allemagne est très dépendante des énergies fossiles. La France a investi massivement dans le nucléaire pour gagner son indépendance énergétique. Chacun a donc défendu ses intérêts nationaux. Au sein de l’Association des Acteurs de la Finance Responsable, nous regrettons surtout que l’on n’ait pas exclu - purement et simplement - l’investissement dans les énergies fossiles. De telles positions sont un non-sens total pour les épargnants qui souhaitent mettre leurs capitaux au service de la transition énergétique et climatique.
Scala Patrimoine. Vous êtes quand même favorable à l’émergence de l’Écolabel européen ?
Nous ne pouvons que nous féliciter d’un tel projet, car il va permettre de fixer des règles communes au niveau européen. Aujourd’hui, les règles ne sont pas interprétées de la même manière par chaque régulateur national. Prenons le cas des fonds « SFDR ». Les exigences ne sont pas identiques en France, au Luxembourg ou en Irlande. L’Écolabel va pouvoir mettre en œuvre un référentiel très strict et une équivalence pour chaque fonds européen. Cette transparence est plus que nécessaire pour mener une lutte efficace contre le greenwashing.
« Les enjeux politiques ont pris le pas sur les questions purement environnementales »
Scala Patrimoine. Quelles doivent être, pour vous, les priorités du futur Écolabel européen ?
Sa réussite dépendra de plusieurs éléments. D’une part, la mise en œuvre d’un calendrier cohérent avec les textes et la data disponibles. D’autre part, le retrait des énergies fossiles du texte. Et enfin, l’utilisation d’indicateurs clés (KPI) simples et efficaces. Il ne faut, en effet, pas perdre de vue que les documents doivent rester compréhensibles pour le grand public.
Scala Patrimoine. Serait-il possible d’avoir un jour un seul label « ISR » européen, regroupant notamment les labels français et belges ?
C’est mon souhait. Le seul Écolabel serait, à mon avis, trop restrictif. Son objectif étant exclusivement tourné vers les enjeux environnementaux. Un deuxième label européen me semble donc indispensable, afin de proposer une solution plus large, intégrant également les questions d’ordre sociales et de gouvernance. Techniquement, je m’attends à ce que les discussions soient aussi longues et difficiles que pour l’Écolabel européen, dont la date de sortie n’est d’ailleurs toujours pas prévue. Des labels européens permettraient également une meilleure compréhension pour les épargnants. De plus, les démarches des sociétés de gestion seraient également facilitées, On voit que certains fonds ont plusieurs labels, cela est nécessaire pour leur commercialisation dans plusieurs pays européens, mais incompréhensible pour les épargnants.










